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Les maisons et les fermes de Montignac

Dossier IA24001345 réalisé en 2011

Fiche

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Aires d'études Vallée de la Vézère
Dénominations maison, ferme
Adresse Commune : Montignac

Sur les 103 demeures, maisons de maîtres, maisons ou fermes repérées sur le territoire de la commune (d'une superficie de 3 715 hectares), une très large majorité (99) sont des fermes et beaucoup d'entre elles (72) sont isolées dans la campagne. Hors ce corpus et les limites chronologique de l'Inventaire, les plus anciens vestiges repérés sont ceux d'un important "vicus" sur le site des Olivoux (près du manoir du Chambon, au nord-est de la commune ; cf. Carte archéologique) qui témoigne de l'occupation et de l'exploitation des sols riches de la plaine alluviale de la Vézère au cours de cette période. Mais le bâti le plus ancien conservé ne remonte guère plus qu'au Moyen Age. Il s'agit d'un bâti d'origine seigneuriale ou appartenant à des notables de Montignac et lié à des aménagements agricoles ou proto-industriels. Le plus ancien d'entre eux est peut-être le corps de logis du moulin de Gouny du XIVe siècle. A partir du milieu du XIIIe siècle et surtout au XIVe un véritable essor économique a touché Montignac (Voir : Présentation de la commune), essor qui a certainement bénéficié à la campagne environnante. Il en subsiste cependant peu de vestiges. Après les ravages de la guerre de Cent ans, il faut attendre le XVIe siècle pour voir un "frémissement" de reconstruction (4 maisons et fermes de ce siècle ont été repérées, cf. annexe). Et si ce siècle et le suivant apparaissent comme des siècles de petites transformations, d'agrandissement et de légères améliorations du bâti campagnard antérieur (deux édifices seulement sont datés du XVIIe siècle), tel n'est pas le cas pour les XVIIIe et XIXe siècles pour lesquels on dénombre plus de 45 maisons et fermes. Dans ce phénomène si prégnant d'essor de la construction et de développement agricole a peut-être joué vers le milieu du XVIIIe siècle la création de la nouvelle route de Toulouse à Limoges (via Montignac) qui facilita l'exportation des denrées et produits issus de l'agriculture. Le nombre des dates portées, peu significatif avant la Révolution, suggère que la période suivante (comprise entre le XIXe et la première moitié du siècle suivant) a été marquée, elle-aussi, par une intense activité architecturale. Nombre de bâtiments furent alors construits ; dans ce contexte, la ferme modèle de Lascaux apparaît comme un typicum d'un phénomène régional, voire national, que comme un unicum régional. Après la seconde guerre mondiale, en revanche, l’activité semble décroître très nettement ; nombre de fermes et de maisons s’accompagnent pourtant désormais d’une nouvelle dépendance : un séchoir à tabac (aujourd’hui en voie de disparition), parfois isolé, souvent placé au-dessus d’une remise, d’un hangar ou d’une ancienne grange-étable qu’elle surélève.

Période(s) Principale : 13e siècle , (?)
Principale : 14e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle

Les maisons et fermes de Montignac se caractérisent quasi exclusivement par l'emploi du calcaire comme matériau de gros-œœuvre, sous la forme de moellon équarri (recouvert d'un enduit pour les maisons importantes) pour les murs, et sous la forme de pierre de taille pour les chaînes d'angle et les baies. Le niveau d'habitation est généralement surélevé par une cave (un chai) logée dans un étage de soubassement (pour les constructions à flanc de coteau) ou dans un rez-de-chaussée. Celui-ci est ouvert par une porte cochère et par de faibles jours verticaux. Selon l'importance de la demeure et de ses occupants, l'accès au niveau d'habitation se fait soit par un escalier en vis hors-œœuvre logé dans une tour, soit par un escalier droit extérieur, appelé balet. La couverture traditionnelle des maisons et fermes de Montignac est la lauze. A partir du XVIIIe siècle toutefois, elle est remplacée de plus en plus souvent par de la tuile plate. Au cours de ce siècle également, la demeure de maître se transforme : la façade peut être ordonnancée, rythmée régulièrement par des travées de fenêtres. Les fenêtres du XVIIIe siècle se remarquent aisément par leur linteau délardé ou leur plate-bande en arc segmentaire. Les lucarnes, également cintrées, ont un devant à ailerons (à volutes) et un fronton meublé d'une coquille. A l'intérieur, la demeure possède une cuisine dont le sol est en pisé (galets agencés pour former des motifs géométriques) et les pièces de réception et les chambres sont munies d'une cheminée à linteau chantourné. Les dépendances de la ferme sont majoritairement la grange-étable, mais aussi la porcherie, la grange et le four à pain.

Toits calcaire en couverture, ardoise, tuile creuse, tuile plate, tuile mécanique
Murs calcaire
pisé
bois
enduit partiel
enduit
moellon
pierre de taille
pan de bois
Décompte des œuvres repérées 103
étudiée 1

Références documentaires

Bibliographie
  • GAILLARD Hervé. La Dordogne, 24/1. Michel Provost (Dir.). Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1997 (Carte archéologique de la Gaule).

    p. 166-168
  • FAVALIER Jeanne. Auriac-du-Périgord, Histoire et chronique. Périgueux : COPEDIT / SPP, seconde édition, 2000.

  • FOURNIOUX, Bernard. Montignac au Moyen âge : histoire du peuplement et de l’occupation du sol. Périgueux : Bernard Fournioux, 2002.

Périodiques
  • FOURNIOUX Bernard. « Le paysage agraire de la châtellenie de Montignac et son environnement humain à la fin du Moyen Age ». Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. CXXVII, 2000. p. 139-162.

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