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Les fermes de la commune de Saint-Sever

Dossier IA40001724 réalisé en 2015

Fiche

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Généralités

Dans 95% des cas, le bâtiment d’habitation et de stockage est orienté à l’est. La façade postérieure dirigée vers l’ouest est alors aveugle. L'organisation interne des fermes est valable pour les différentes typologies générales. La porte d'entrée ouvre sur une salle commune équipée de l'évier et de la cheminée. Les chambres se placent soit de part et d'autre de la pièce commune, soit d'un seul côté et à l'arrière.

Toutes les fermes sont dotées d'une étable pour les vaches et d’un grenier à grain situé sous les combles de l'habitation. Les fermes peuvent être organisées en un corps de bâtiments ou bien en plusieurs corps. Les dépendances forment rarement plus de trois bâtiments.

La position de la grange est structurante : elle détermine l'organisation du bâti et peut être placée de différentes façons par rapport à l’habitation. Les annexes les plus fréquentes sont les poulaillers et les porcheries qui constituent généralement une annexe indépendante. Pour 3 fermes, les poulaillers sont intégrés à la grange. Seulement 8 fours à pain ont été repérés. La bouche du four donne dans le fournil. Le cul-de-four à l’arrière peut être inclus dans la bâtiment ou bien en dehors de ce dernier mais abrité par la toiture. Fournil, ferme de Marmounet.Fournil, ferme de Marmounet.

L'analyse du bâti rural a permis de proposer trois grands types différents dans la commune. Ces groupes sont subdivisés en sous-groupes. La structure des fermes saint-séverines est cohérente et bien que différents types se dessinent, la situation géographique de la commune entre Landes, Adour et Chalosse se retrouve dans la variété de l'architecture rurale. Alors que le type A se développe exclusivement dans la vallée de l'Adour, le type C est représentatif de l'architecture rurale chalossaise et se situe au sud de la commune. Le type B ne parait pas issu de traditions constructives locales et est réparti sur l'ensemble du territoire.Cartographie des types de fermes dans la commune de Saint-Sever.Cartographie des types de fermes dans la commune de Saint-Sever.

Les fermes du type A

Le type A se situe à une exception près sur les bords de l’Adour. Le corps d’habitation est composé d’une façade pignon, le nombre de travées oscille entre trois et quatre de façon plutôt égale. Le bâtiment d’habitation est lié à la grange-étable par une cour.

Le groupe se divise en 4 sous groupes. Graphique : répartition des sous-groupes du type A pour les fermes de la commune de Saint-Sever.Graphique : répartition des sous-groupes du type A pour les fermes de la commune de Saint-Sever.

Le type A1

Le type A1 propose un corps de bâtiment et une grange-étable dont les façades pignons ouvrent sur le devant de la cour. Les deux corps de bâtiments sont donc parallèles et reliés par un mur à l’arrière de la cour. Le poulailler et la porcherie sont généralement accolés au mur de la cour. Il est le sous-type majoritaire du type A avec 11 fermes qui le constituent.

Le type A2

Le corps d’habitation du type A2 ouvre par une façade pignon sur la cour alors que la grange-étable ouvre sur l’extérieur. Un mur contre lequel sont appuyés des appentis, ferme la cour à l’arrière et relie la façade principale du corps d’habitation avec la façade postérieure de la grange-étable. 5 fermes du type A lui sont attribuées.

Ferme de type A2, Lassalle.Ferme de type A2, Lassalle.

Le type A3

Le type A3 n’est représenté que par 2 fermes. La façade du corps d’habitation donne sur la cour. La grange-étable ouvre sur sa façade gouttereau, également sur la cour. Les deux corps se font donc face. La cour est fermée à l’arrière par un mur contre lequel sont adossés des appentis.Ferme de type A3, Saint-Sarian.Ferme de type A3, Saint-Sarian.

Le type A4

Le type A4 est également minoritaire, avec 2 fermes. Le corps d’habitation ouvre vers l’extérieur par une façade pignon alors que la grange-étable ouvre sur la cour par sa façade gouttereau. La cour est fermée à l’arrière par un bâtiment servant d’espace de stockage.Ferme de type A4, Peyine le Haut.Ferme de type A4, Peyine le Haut.

Les fermes du type B

Le type B présente généralement deux corps de bâtiment indépendants séparé sur la parcelle. Il est le type le plus représenté dans la commune avec 32 des fermes repérées (soit 35%). Ce sont donc des ensembles à bâtiments dispersés. Contrairement au type A, surtout présent sur les bords du fleuve, le type B se retrouve dans l’ensemble du territoire, avec tout de même un concentration assez nette dans le quartier d’Augreilh. Il se divise en deux sous-groupes.Graphique : répartition des sous-groupes du type B pour les fermes de la commune de Saint-Sever.Graphique : répartition des sous-groupes du type B pour les fermes de la commune de Saint-Sever.

Le type B1

Le type B1 est donc composé de plusieurs corps de bâtiment dissociés sur la parcelle. Le bâtiment d’habitation a sa façade principale sur le pignon généralement divisée en trois travées. Ce type comprend 20 fermes.

Ferme de type B1, Catalon.Ferme de type B1, Catalon.

Le type B2

Le type B2 reprend les caractéristiques générales du type précédent mais le corps d’habitation ouvre sur la façade gouttereau. Certaines façades gouttereaux (pour 4 fermes) comportent un renfoncement au centre du bâti correspondant à l’emplacement de la porte. Cette variante se trouve sur des fermes datées des années 1905-1910. Ce type comprend 12 fermes.

Ferme de type B2, Lastutes.Ferme de type B2, Lastutes.

Les fermes du type C

Le type C abrite sous le même toit l’espace d’habitation et la grange-étable. Ce type de ferme est qualifié par les géographe de "maison-bloc". Des petites dépendances comme le poulailler, la porcherie et le four à pain complètent parfois le bâtiment principal. Certaines exploitations, de plus grandes dimensions, peuvent avoir une seconde grange indépendante. La réunion de l’habitat et de la grange-étable dans le même bâtiment a pour conséquence des fermes plus amples en largeur avec un toit généralement asymétrique. Le nombre de travées pour la maison-bloc va de trois à six en fonction de la date de construction. Les maisons reconstruites au début du 20e siècle ont plus d’ouvertures en façade que les fermes plus anciennes. Ce type de ferme est caractéristique de la région de la Chalosse. Leur implantation dans le territoire est donc majoritairement au sud, à deux exceptions près. Il se divise en trois sous-groupes.

Graphique : répartition des sous-groupes du type C pour les fermes de la commune de Saint-Sever.Graphique : répartition des sous-groupes du type C pour les fermes de la commune de Saint-Sever.

Le type C1

L’espace d’habitation dans le type C1 est ouvert sur la façade gouttereau. La grange-étable se déploie à l’arrière et en retour sur la façade gouttereau. 2 fermes de ce type ont été repérées.

Ferme du type C1, Cabos.Ferme du type C1, Cabos.

Le type C2

Le type C2 présente un bâti divisé en deux parties. L’espace d’habitation est à l’avant, ouvrant sur la façade pignon et la grange-étable se situe à l’arrière. 2 fermes appartiennent à ce type.

Ferme du type C2, Paris.Ferme du type C2, Paris.

Le type C3

Le type C3 est le type principal des fermes de Chalosse. L’espace d’habitation est ouvert sur la façade pignon et la grange-étable est à l’arrière avec un retour sur la façade principale. 20 fermes sont de ce type.

Ferme de type C3, Loustaou.Ferme de type C3, Loustaou.

Données complémentaires

Les dates portées

Lieu-dit

Date portée

Observations

Crabe

1755

Date gravée sur poutre du four à pain. Certainement remploi.

Bernéde

1856

Date gravée sur la sablière en façade.

Jouandou

1860

Témoignage oral : date gravée sur poutre faitière.

Guillembos

1905

Date gravée sur médaillon façade latérale.

Gabriel

1911

Date sculptée au-dessus de la porte d'entrée du corps de logis.

Techené

1913

Date sculptée au-dessus de la porte d'entrée du corps de logis.

Pélouille

1914

Date sculptée au-dessus de la porte d'entrée du corps de logis.

Dates portées repérées

Étude de la toponymie des fermes repérées

La signification des noms de certaines fermes repérées a pu être retrouvée. Il existe deux grands types de toponymes.

L'étude des plans du terrier des bénédictins a révélé fréquemment une corrélation entre le patronyme des habitants et le nom des fermes. Le nom est précédé sur le plan d'un "a" pour signifier l'appartenance.

De très nombreuses fermes portent un nom à consonance gasconne. Il peut rappeler l'activité de la ferme (Man = main, Chinche = porc gras), son emplacement (Cap du Bos = au bout du bois) ou encore évoquer l'origine géographique des propriétaires (Bourdeou = habitants de Bordeaux, Cabos = habitants d'Amou). Parfois, le choix du nom peut avoir un motif religieux (May de Diou = mère de Dieu).

Lieu-dit

Sources

Jeandelamou

Terrier des bénédictins

Jeanconte

Terrier des bénédictins

Labrette

Registre des propriétés bâties, 1811

Jouandeou

Terrier des bénédictins

Magnette

Registre des propriétés bâties, 1811

Crampot

Terrier des bénédictins

Capelle

Plan cadastral de 1809

Lartigue

Registre des propriétés bâties, 1811

Mouret

Terrier des bénédictins

Les toponymies des fermes issues de l'ancien occupant

Lieu-dit

Signification

Man

La main. Nombreuses fermes appelées ainsi en Gascogne.

Mouret

Le brun.

Cabos

Surnom des habitants d'Amou.

Guillembos

Littéralement : le bois de Guillhem.

Pire

Surnom des habitants de Rion.

Campagne

Campagne dans le sens "opposé à la ville".

Chinche

Gras. Peu définir des élevages de porcs gras.

Bourdeou

Surnom des habitants de Bordeaux

Loustalot

Vient de l'oustal : maison.

Cap du Bos

Le bout du Bois.

Grit

Le grillon.

Techené

Le tisserand.

May de Diou

Mère de Dieu.

Rey

Roi.

Bordenave

Borde : métairie. Nave : neuve.

Peyrouat

Pierre rouge.

Pacheras

Manière de planter les vignes "en rang".

Talabot

Ruisseau faisant frontière.

Les toponymies gasconnes des fermes repérées

Aires d'études Saint-Sever
Dénominations ferme
Adresse Commune : Saint-Sever

L'élaboration d'une chronologie du bâti rural de la commune de Saint-Sever s'est heurtée à l'absence de dates portées avant le 20e siècle et de descriptions architecturales dans les sources. Ces contraintes ont nécessité d’éprouver une méthode d’observation directe des matériaux et des formes afin de proposer une typo-chronologie. Cette approche a été complétée par une analyse systématique des plans anciens et des cadastres pour appréhender, si ce n'est l'ancienneté des bâtiments, du moins l'ancienneté de l'implantation des exploitations agricoles.

Le Moyen Âge a été une période essentielle pour la structuration de l'occupation du sol entre le bourg et le territoire rural. Quelques sites sont mentionnés dès cette époque dans les sources, majoritairement dans des actes de vente ou de donations. Ainsi, les terres de Saint-Sarian sont évoquées dans un acte de bornage en 1368. Le lieu de Meignos est citée dès 1510 lors de la donation de la "caverie" par Jeanne Deschats à l'abbaye. Cependant, aucun vestige de bâtiment rural de la période médiévale n'a été repéré.

Les témoignages architecturaux les plus anciens paraissent dater du 17e siècle. Ce sont deux portes à Sort et à Meignos, dont l'encadrement de brique forme un arc surbaissé.

Les nombreux plans levés au 18e siècle, issus du terrier des Bénédictins, ont permis d'identifier des fermes encore présentent sur le territoire. Même si les bâtiments y sont figurées selon un schéma type ne permettant pas une analyse de l'évolution architecturale, ces documents sont précieux car ils mentionnent les propriétaires et le mode de faire-valoir des exploitations. Dans 95% des cas, les propriétaires sont des seigneurs laïcs ayant une résidence en ville ou des communautés religieuses établies à Saint-Sever. Le métayage, qui consiste à confier à un métayer la culture des terres en échange d'une partie de la récolte, existe localement depuis le 16e siècle au moins. A part quelques exemples de fenêtres en arc segmentaire isolées, datables de la première moitié du 18e siècle, un seul édifice, la grange de Calotte, est assurément d'Ancien Régime.

La carte de Cassini dressée au 18e siècle n'apporte, quant à elle, pas d'autre information que la répartition des exploitations sur le territoire.

La superposition du plan cadastral de 1809 avec celui de 1844 révèle beaucoup d'évolutions dans l'emprise des bâtiments, ce qui témoigne d’un mouvement important de construction et de restauration des fermes dans la première moitié du 19e siècle. La comparaison entre le plan de 1844 et le plan cadastral actuel montre, en revanche, peu de modifications.

Dans la seconde moitié du 19e siècle et au début du 20e siècle, les nombreuses enquêtes agricoles menées par l’État témoignent d'un réel dynamisme pour la commune. Selon le registre des matrices cadastrales, un nombre significatif de fermes sont reconstruites dans les années 1870-1880. Elles reprennent les caractéristiques architecturales des édifices construits à la même période en ville et dans les hameaux : utilisation de la brique et de la pierre pour les encadrements, retour à l’arc segmentaire. Ces éléments se retrouvent encore pour des fermes remaniées dans les années 1910, dont toutes portent la date de construction en façade. Les enquêtes agricoles témoignent du maintien du métayage durant la première moitié du 20e siècle, qui décline après la seconde guerre mondiale.

Période(s) Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle

L’étude des fermes de Saint-Sever porte sur l’ensemble du territoire communal. Bien que la majorité d’entre-elles se situent en dehors de la section A du cadastre actuel, correspondant à l’emprise de la ville, 8 fermes se situent à la limite de l'agglomération. Autrefois aux franges de l'espace urbain, elles témoignent de l'extension de la ville dans les années 1960, avec la création de zones pavillonnaires qui ont repoussé les limites de l’espace rural.

D’une manière générale, les maisons rurales sont isolées. Mis à part le quartier d'Augreilh, le quartier de Sainte-Eulalie et le quartier de Loubart, les différentes fermes ne sont pas regroupées en hameau. Les fermes de la commune présentent les mêmes caractéristiques constructives que les maisons. Dans 87% des cas, elles sont édifiées en matériaux mêlés, avec une prédominance du galet de l’Adour. Pour 66% du bâti, la pierre de taille est réservée aux ouvertures de fenêtres et de portes ainsi qu’aux chaînages. Comme pour les maisons, deux types de calcaire sont utilisés : le calcaire jaune, coquillier et friable, et le calcaire gris-vert, plus dur. Aucune ferme n’est construite entièrement en pierre de taille. Dans 50% des cas, les fermes présentent au moins une ouverture dont l'encadrement est en brique. Ce matériau est donc privilégié dans les constructions rurales. 14 fermes présentent une structure à pans de bois située sous le pignon de la façade principale, orientée à l'est.

Sur les 77 fermes repérées, 44 ont conservé leur couverture traditionnelle de tuiles creuses. Pour 52, les toitures ont été refaites en tuiles mécaniques. 90% des bâtiments d'habitation ont un toit à pente douce à longs pans, permettant de garder le pignon libre pour atteindre le comble servant d’espace de stockage. En revanche, 12 toitures de granges indépendantes sont composées de longs pans et croupes (une arrière et une avant). Sur 10 fermes, au toit à deux pans est associée une troisième pente en croupe, appelée localement "queue de palombe". Ce type de couverture se retrouve pour de nombreuses fermes en Chalosse. Seulement deux fermes (Marmounet et Tchalot) présentent, pour leur toiture, des caractéristiques particulières.

Les fermes de la commune ont classées en trois types généraux subdivisés en sous-types.

Décompte des œuvres étudiées 13
repérées 64

Références documentaires

Documents d'archives
  • Délibération du corps de ville concernant les titres et possessions de la ville, 1519.

    Archives municipales, Saint-Sever : BB 3
  • Terrier des propriétés, 1759.

    Archives départementales des Landes : 3 B 41
  • Rapport des officiers municipaux sur les métairies détenues par les religieuses Ursulines, 22 juillet 1790.

    Archives municipales, Saint-Sever : 1 P 5
  • Enquête sur les salariés agricoles français et étrangers, 1930.

    Archives départementales des Landes : 7 M 128
  • Enquête sur les métairies non exploitées, 1er mai 1932.

    Archives départementales des Landes : 7 M 128
Documents figurés
  • Carte de Cassini, feuille n°107, levée et publiée à partir de 1756, ech. 1/86 400.

    Bibliothèque nationale de France, Paris
  • Plan cadastral napoléonien de Saint-Sever, 1809.

    Archives municipales, Saint-Sever : 1 G 1
  • Plan cadastral napoléonien de Saint-Sever, 1844.

    Archives municipales, Saint-Sever : 1 G 2
Bibliographie
  • DARTIGUE-PEYROU Françoise, FILLACQ Raymond. Constructions rurales en Chalosse, 1999.

  • LOUBERGE Jean. La maison rurale dans les Landes. Nonette : éditions CREER, 1982.

  • TOULGOUAT Pierre. La maison de l'ancienne Lande. Pau : Editions Marrimpouey-Jeune, 1977.

  • LASSERRE Jean-Claude, Peyrehorade. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. 1973. Paris : Imprimerie nationale.

Liens web

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