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Les demeures et châteaux de Saint-Estèphe

Dossier IA33007296 réalisé en 2013

Fiche

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Aires d'études Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Dénominations château, demeure
Adresse Commune : Saint-Estèphe

Dans ce secteur viticole, la terminologie de "château" est largement employée pour des bâtiments qui peuvent correspondre à de simples maisons. Elle désigne de manière générale un domaine où l'on produit du vin, sans critère architectural particulier.

Toutefois, les domaines les plus prestigieux se sont dotés d'une architecture singulière pour se distinguer et identifier au mieux le cru. Le terme générique de "demeure" a été employé, lorsque l'origine seigneuriale est absente ou s'est estompée au profit du statut viticole.

Ainsi, le "château" le plus connu de la commune, Cos d'Estournel, n'est pas une demeure mais un chai, traité à la manière d'un château à l'architecture orientalisante.

Deux sites correspondent à d'anciennes puissantes seigneuries : le château de Pez, ancienne maison noble de Lasalle de Pez et le château Calon-Ségur, ancienne maison noble de Calon. On peut également noter l'origine ancienne du Château Meyney, issu du prieuré de Couleys qui y disposait de terres et de revenus.

La majorité des terres de Saint-Estèphe dépendaient de la seigneurie de Lesparre ou de celle de Vertheuil.

Quelques grandes familles possédaient les terres de Saint-Estèphe, notamment les familles de Pontac ou de Ségur.

On retrouve des maçonneries anciennes au Château de Pez, même si la demeure a été entièrement remodelée au 19e siècle. La porte du logis de Meyney porte la date 1662. Quant au Château La Haye, que la légende identifie comme un relai de chasse du roi Henri II, il conserve peut-être des éléments du 17e siècle mais a été largement restauré dans la 2e moitié du 19e siècle. Le château Calon Ségur a probablement été construit par Nicolas Alexandre de Ségur (1697-1755) dans le 2e quart du 18e siècle.

D'autres édifices datent probablement de la 2e moitié du 18e siècle mais ont été remaniés au cours du 19e siècle : la chartreuse de Laffite Carcasset, le château Morin (daté 1738, détruit), le château Tronquoy-Lalande remanié au 19e siècle avec l'adjonction de deux tours.

Le 19e siècle correspond à une ère de constructions nouvelles et de remaniements : les propriétaires et les architectes rivalisent d'imagination pour proposer des architectures variées et prestigieuses. C'est le cas à Cos d'Estournel, mais également au Boscq, au Crock, à Marbuzet, à Montrose ou encore à Phélan Ségur.

Quelques noms d'architectes sont rapprochés de ces chantiers : Louis-Alfred Maître aurait construit les dépendances agricoles de Montrose, tandis que la construction du Château Marbuzet est attribuée à Achille Monginoux. L'entrepreneur Guillaume Escarraguel a peut-être contribué aux constructions commanditées par Louis Gaspard d'Estournel, à Cos et à Pomys.

On peut remarquer la reconstruction du Château Lafon-Rochet dans les années 1960 qui conserve le modèle de la "chartreuse" mais utilise des matériaux nouveaux (béton).

Certains domaines ont été détruits récemment, demeure et bâtiments de vinification (Fontpetite, Morin).

Période(s) Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Les demeures et châteaux de Saint-Estèphe correspondent à des domaines viticoles. Elles sont donc accompagnées de bâtiments de dépendance, viticoles et agricoles. Elles sont pour la plupart entourées d'un parc et parfois de leur vignoble.

22 demeures ou châteaux ont été repérés ; 17 étudiés.

L'architecture est variée, du logis en rez-de-chaussée (Meyney, Tronquoy, Lafon-Rochet, Laffitte-Carcasset) aux demeures à étage. Elles se distinguent souvent par la présence de pavillons, de tours d'escalier hors-oeuvre, de porches. Les toitures sont généralement en ardoise.

La pierre de taille de calcaire est le matériau le plus fréquemment utilisé ; le château La Commanderie présente toutefois une maçonnerie en brique et pierre, tandis que la chartreuse de Lafon-Rochet a été reconstruite dans la 2e moitié du 20e siècle en béton.

Les façades présentent un décor soigné avec bandeaux et corniches moulurés, frontons, pilastres, frises...

Toits ardoise, tuile creuse
Murs calcaire pierre de taille
béton
brique
Décompte des œuvres repéré 22
étudié 19

Références documentaires

Bibliographie
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1845, 1850 , p. 197.

  • DANFLOU Alfred. Les grands crus bordelais, Bordeaux : Librairie Goudin, 1867, t. 1 et 2.

  • DETHIER Jean (dir.). Châteaux Bordeaux. Paris : Centre de création industrielle [Centre Georges Pompidou], 1988.

  • GUILLIER Henry. Les grands vins de la Gironde illustrés. Libourne-Bordeaux, s.d. [vers 1910].

  • LORBAC Charles (de). Les richesses gastronomiques de la France. Les vins de Bordeaux. I partie. Crus Classés, illustré par Charles Lallemand. Paris : Hetzel, [vers 1868].

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