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Les chenaux de Saint-Vivien

Dossier IA33007284 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiées digue, vanne, pont
Dénominations chenal, rivière aménagée
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Saint-Vivien-de-Médoc

Ces chenaux ont contribué à l'assèchement des marais du Bas-Médoc, engagé avec les édits d’Henri IV du 8 avril 1599 et de janvier 1607, puis l'édit de Louis XIII du 22 octobre 1611.

La zone appelée Polder de Hollande a été asséchée entre 1639 et 1643 avec les chenaux de Richard (Jau-Dignac-et-Loirac) et du Guy (Bégadan) puis un troisième chenal fut établi : Grand Chenal du Guy.

La carte de Masse de 1706 et celle de l'embouchure de la Garonne en 1759 indiquent le chenal du Gua ou Vieux chenal et le nouveau chenal de Saint-Vivien ; une écluse est également mentionnée.

En 1751, à la suite d'une importante inondation, décision est prise de hausser et de fortifier les digues et de construire un nouveau chenal, réalisé en 1752-1753 par M. Bouchet.

La carte de Belleyme (1763-1764) représente le chenal du Gua (Vieux), le chenal des Flamands (Neuf) et le chenal de la Fosse. L'écluse de la Coulisse est indiquée ; une autre se trouve sur le chenal de la Fosse.

En 1782 est créé le syndicat du marais du Gua, se distinguant du syndicat du marais de Saint-Vivien.

En 1820, les propriétaires des marais de Saint-Vivien et du Gâ décident de reconstruire le Pont des Paysans avec deux portes ouvrantes et fermantes.

Le plan cadastral de 1833 représente le chenal du Gat ou Vieux chenal et le Petit chenal ou Chenal Neuf, ainsi que le chenal de la Fosse : écluses, ponts, digues et passes sont également signalés.

La loi du 16 septembre 1827 réglemente la gestion de ces espaces.

Au cours de deux siècles de travaux, 20 000 ha furent drainés et rendus à l’agriculture.

Dans la 2e moitié du 19e siècle, le redressement du chenal du Gâ fait débat : le financement des travaux par l'Etat, les communes concernées et le syndicat des marais pose problème. Les coudes du chenal sont finalement rectifiés dans les années 1870 et le port est aménagé vers 1890.

Au début du 20e siècle, le marais de Saint-Vivien occupe une superficie -digues comprises- de 913 ha 40 ca, sur le territoire de Vensac (470 ha), de Jau (280 ha), de Queyrac (162 ha).

Les problèmes d'ensablement des chenaux, et donc d'entretien et de curage, sont récurrents. Le 27 juillet 1905, les travaux de creusement du banc de sable des Oiseaux qui obstrue les chenaux de Saint-Vivien ont été adjugés à M. Germain, entrepreneur à Pauillac, et commencés le 16 août de la même année. Ils doivent permettre l'écoulement des eaux.

Dans les années 1950, d'importants travaux sont menés aux débouchés des chenaux dans l'estuaire : on y construit des épis en charpente, moellons et blocs de béton pour dégager le lit du chenal.

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Principale : 17e siècle

La commune de Saint-Vivien est parcourue par trois principaux chenaux alimentés par des ruisseaux secondaires et des fossés de drainage. Ils concourent à l'écoulement des eaux dans cette zone de marais particulièrement humide. Ils sont également soumis aux marées de l'estuaire et dotés de vannes pour gérer le niveau des eaux.

On distingue le chenal du Gua au cours sinueux, le chenal Neuf et le chenal de la Fosse, endigués. Ils rejoignent l'estuaire respectivement au niveau de la plage de Saint-Vivien, à la Petite Canau et à la Pointe aux oiseaux.

A la Coulisse, le chenal du Gua et le chenal Neuf se trouvent côte à côte : deux ponts permettent le passage de la route et plusieurs écluses gèrent le niveau des eaux. Une maison d'éclusier est construite à proximité.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Documentation complémentaire

    AD Gironde. 2 O 3650. Aliénation d'une parcelle pour rectification du chenal, mars-avril 1878.

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Registres de délibérations 1867-1899. Extrait des délibérations de la mairie de Vendays, 5 janvier 1896.

    L’État refuse de prendre à sa charge l'enlèvement d'un banc de sable qui s'est formé dans le fleuve par suite des courants à l'entrée du chenal de Saint-Vivien, que par ce fait les eaux de ce chenal ne peuvent plus s'écouler librement et dont la conséquence est que tous les marais qu'il dessèche ainsi que les prairies de toute cette région, déjà inondés seront entièrement perdus et ne donneront plus aucune récolte.

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Registre des délibérations du conseil municipal, 1955-1998. Travaux de désensablement du Petit Chenal, 8 janvier 1955.

    Obstrué par les sables ; les eaux du marais n'ayant pas d'exutoire se déversent dans les terrains situés dans la commune de Saint-Vivien.

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Registre des délibérations du conseil municipal, 1955-1998. Travaux de construction d'épis en charpente, moellons et blocs de béton, 8 décembre 1957.

    Travaux entrepris en ce moment par le service maritime afin de tenter de remédier à l'ensablement de l'estuaire du chenal. On peut espérer qu'au cours de l'hiver, les eaux du marais du Ga aidant, les sables qui obstruent en ce moment le débouché du chenal se disperseront dans le fleuve, la circulation des bateaux de pêche en serait grandement facilitée.

    BAUREIN Abbé MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd. p. 248-251.

    Le marais de Saint-Vivien est dans le cas de recevoir de grands cours d’eaux pendant l’hiver. Il y a à la vérité, un grand chenal qui les conduit à la rivière ; mais ces eaux se rendent, pendant certains hivers, avec tant d’abondance, que ce chenal n’est suffisant pour les contenir ; en sorte qu’elles inondent quelquefois ce marais.

    FERET Edouard. Statistique générale du département de la Gironde. Bordeaux : Féret, 1878, p.80.

    Port de Saint-Vivien : sur le chenal du Gua, extrêmement tortueux et peu profond, à 3200 m de la rive gauche de la Gironde et à 84 km de Bordeaux. Il n’existe aucun ouvrage d’art dans ce port. Le chenal est alimenté par les eaux du marais du Gua et par celles des Landes, abondantes en hiver et rares en été. Depuis 1857, on s’occupe de l’amélioration de ce port. Le projet dressé à cette époque a été longtemps mis de côté par suite du grand projet de dessèchement du Bas-Médoc, qui empruntait le chenal du Gua et nécessitait son élargissement et son approfondissement. Ce n’est qu’en 1875 que les intéressés ont vu commencer des travaux de redressement du chenal qui ne sont pas encore terminés et qui seront suivis de la construction d’un port. Le mouvement commercial du port de Saint-Vivien a été en 1874 de 6469 tonneaux.

    Le chenal de Saint-Vivien, le plus large du Bas-Médoc, possédant un port à 2200 m de son embouchure, où les barques du plus fort tonnage peuvent charger facilement. Il reçoit, par un petit chenal qui en est le prolongement, les eaux de l’étang de Barreyre. A partir du port de Saint-Vivien, il sert de débouché au canal du littoral.

    Chenal du Gua, prenant ses sources dans les marais du Serge et près des dunes du Pin-Sec, traversant les marais du Gua en partie desséchés, devant former la tête du canal du littoral projeté, 33000 m 10m 50 c d’altitude.

    Le canal du littoral projeté longera la partie haute du Gua, auquel il se réunira près de la route départementale n°14. Ce canal servira à irriguer une partie du Bas Médoc au moyen des eaux des marais d’Hourtins, du Gua et de plusieurs petits ruisseaux des landes. Il recevra, entre autres, sur sa rive droite le Deyre.

  • Historique des marais de Saint-Vivien

    Notice sur le marais de Saint-Vivien : mémoire adressé à Monsieur le Préfet de la Gironde, par la commission syndicale du Marais de St Vivien (Bas-Médoc, Gironde), 18 avril 1907.

    Demande faite par le syndicat du Marais du Gâ, en date du 16 septembre 1906, de contribuer au curage du chenal du Gâ en amont et en aval du Pont des Paysans ; mention de travaux en cours à l'entrée du chenal de Saint-Vivien.

    Origines du marais : d'après une délibération en date du 2 avril 1782, on peut faire remonter les origines de ce marais à l'année 1582. Le syndicat explique, en effet, que le marais lui appartient depuis près de deux siècles en vertu de déclarations et d'arrêts revêtus de lettres patentes enregistrés au Parlement de Bordeaux, arrêts qui ont ordonné le dessèchement. Ces arrêts autorisent l'inféodation faite aux propriétaires par le seigneur de Lesparre.

    En 1829, le Syndicat expose qu'avant le dessèchement, le marais de Saint-Vivien était le réservoir de toutes les eaux qui venaient des dunes, des landes, du marais du Gâ et des costières qui le bordent, et, par conséquent sous l'eau la plus grande partie de l'année. On traversait alors au moyen de batelets du pays, et lorsque pendant l'été, il se trouvait desséché, on passait indistinctement partout. Il n'y avait, à cette époque, ni chemins, ni ponts. Depuis son origine jusqu'en 1782, le Syndicat a la charge du chenal du Gâ et fait tous ses efforts pour arriver à dessécher le marais. Il construit ou améliore les digues, il creuse et élargit le grand chenal du Gâ afin d'écouler plus facilement les eaux venant du marais du Gâ et des landes que l'on défriche chaque jour de plus en plus, ce qui amène dans le marais une quantité immense d'eau. Tous ces travaux utiles s'exécutent, à ses frais, car le Syndicat du marais du Gâ n'existe pas encore. Tout à coup, en 1751, survient une grande inondation. Le syndicat s'émeut, se réunit le 1er avril et décide : que malgré tous les soins qu'il a eu, chaque année, de hausser et de fortifier les digues, les eaux passent par dessus et qu'il y a lieu - pour éviter la ruine totale des marais - de construire un nouveau chenal, qui coûtera dix mille livres. Le syndicat espère que Madame la Duchesse de Grammont contribuera pour moitié dans la dépense. En 1752, ce nouveau chenal - appelé depuis le Chenal Neuf - est donné à l'entreprise à M. Bouchet, baradier, et les travaux sont poussés avec activité pendant le cours des années 1752 et 1753. En 1772, le marais de Saint-Vivien continue à élargir le grand chenal du Gâ jusqu'à la Coudaille. En 1782 et le 15 septembre, les propriétaires du marais du Gâ qui payaient au seigneur "une rente considérable pour des terres qui ne leur rapportaient rien et qui n'avaient ni livres, ni syndic, prient le Syndicat de Saint-Vivien de tenir leurs livres, de dresser une délibération et de la faire homologuer". Le syndicat de Saint-Vivien consent à déposer cette délibération dans ses registres. C'est de cette époque que date la constitution du Syndicat du marais du Gâ. En 1809 et le 13 septembre, Me Tatin, notaire impérial à Bégadan, rédige les conventions suivantes : "Dans les débats qui ont eu lieu, il a été agité la question de savoir si l'entretien du chenal du Gâ, qui est particulier à ce marais du Gâ, qui lui sert directement pour l'écoulement de ses eaux et son dessèchement et qui n'est que de ceinture du marais de Saint-Vivien, qui, lui, a son chenal particulier, qui, à raison de cela, ne sert qu'à garantir le marais de Saint-Vivien des eaux extérieures, doit être entretenu à frais également communs et par moitié entre les deux marais, ou si, au contraire, les propriétaires du marais du Gâ ne doivent pas supporter une portion plus forte dans ces frais d'entretien (...).

    Étendue du marais de Saint-Vivien : 830ha 13a 80ca ou 2590 journaux et celui du Gâ de 220ha 83a 8ca ou 694 journaux ; décision de construire une écluse ; en 1820, les propriétaires des marais de Saint-Vivien et du Gâ décident que le Pont des Paysans sera reconstruit aux frais des deux compagnies, avec deux portes ouvrantes et fermantes.

    Situation actuelle du marais de Saint-Vivien : le marais a une superficie - digues comprises - de 913ha 40ca, non compris toutefois le marais de Marlazac, dont la contenance est de 35ha 19a 60ca, et qui paie, en vertu d'une convention spéciale en date du 14 février 1778, une taxe d'abonnement invariable et annuelle de 2 fr 24 par ha. Le marais occupe sur le territoire de Vensac 470ha 77a 25ca, de Jau 280ha 3 a30 ca, de Queyrac 162ha 19a 85 ca. Le syndicat a créé de ses deniers en 1751, 1752 et 1753 un nouveau chenal, appelé le Chenal Neuf, qui part de la Coulisse et se dirige vers la Gironde. Ce chenal est entretenu aux frais du Syndicat.

    Au lieu, appelé la Coulisse, il existe cinq écluses : l'écluse de Jean Clas, l'écluse des Petites Pièces, l'écluse du Hontanet, le Four, l'écluse du Canal des Vingt pieds. Ces écluses sont entretenues par le Marais qui paie chaque année deux gardes éclusiers, chargés également du service du bac cureur. Près de la rivière, il existe une écluse sur le Chenal Neuf avec portes battantes, dénommée Petite écluse, bien qu'elle soit la plus large, la plus massive et la plus grande de notre marais. Le syndicat a l'entretien de cette écluse, ainsi que l'entretien des deux maisons occupées par les gardes éclusiers. Outre cela, le marais s'occupe encore de l'écluse du Polder, située au pont du Corn, et pour laquelle il paie une redevance de 300 fr. par an ; ainsi que de quelques autres écluses de moindre importance. Enfin, le marais a la charge des curages de nombreux canaux intérieurs, y compris celui du Hontanet qui sera plus loin l'objet d'une étude spéciale, tant est grand le préjudice que ses eaux occasionnent à notre marais. Outre ces charges qui le concernent spécialement, le marais de Saint-Vivien soit contribuer pour les deux tiers : 1) dans les frais de curage du Chenal du Gâ ; 2) dans les réparations des écluses du Port de Saint-Vivien ; 3) dans les réparations de l'écluse du Pont des Paysans.

    Question du curage du chenal du Gâ : mention de l'ouvrage de M. Le Terme sur les marais en France publié en 1826. Le chenal du Gâ écoule ses eaux pendant l'hiver et les retient pendant l'été, au moyen des pelles en fer de l'écluse du Pont des Paysans, en vue de favoriser la pousse des roseaux tendres et des rouches destinés à la litière des bestiaux. Ces litières se vendent actuellement 20, 22 et 25 francs le journal de 31 ares 82 ; et près des villages le prix est de 30 à 35 frcs. Le marais du Gâ retire donc bénéfice et utilité de son canal de dessèchement. Dès lors, pourquoi ce marais n'aurait-il pas à sa charge les curages d'un chenal aussi utile pour ses seuls intérêts (...). En 1857 et le 15 octobre, M. Bedel, notre aimable et intelligent directeur, invité à faire voter des fonds pour le redressement du chenal de Saint-Vivien, l'acquisition d'un bac cureur et l'amélioration du port de Saint-Vivien, établissait que notre marais "n'écoulait aucune goutte d'eau dans le chenal de Saint-Vivien". Malgré cela, la commission votait une somme de 1000 frcs. En 1862, le 18 août, M. Bedel constate encore que notre marais est parfaitement desséché depuis qu'il a un chenal à lui, le Chenal Neuf, et que jamais - le marais qu'il dirige - ne fait couler d'eau dans la rigole de dessèchement, c'est-à-dire dans le chenal du Gâ. En conséquence, il refuse de laisser comprendre le marais de Saint-Vivien dans le périmètre du Syndicat du marais du Littoral (...).

    Réparations des écluses du Port de Saint-Vivien : construites toutes les deux sur le chenal du Gâ, à toucher le Port de Saint-Vivien, ces écluses accouplées sont situées à 3km du périmètre du marais de Saint-Vivien et à 500 m de notre chenal, appelé le Chenal Neuf. Elles servent à écouler l'imposante masse des eaux du marais du Gâ et non celles de notre marais, et empêchent l'irruption des eaux salées dans le chenal du Gâ ; mention de réparations aux écluses du Port de Saint-Vivien en 1879.

    Réparations de l’Écluse du Pont des Paysans : cette écluse est construite sur le chenal du Gâ ; en 1797, le 6 juin, les propriétaires des deux marais décident de construire un pont en pierre au Pont des Paysans, avec portes battantes, afin d'empêcher l'accès des eaux de la mer. Cette décision, considérée comme dangereuse, est annulée. En 1820, le 30 juillet, les propriétaires des deux marais décident la construction de ce pont, et le marais du Gâ - pour témoignage de l'union rétablie entre les deux syndicats - déclare prendre à sa charge les deux cinquièmes de la dépense évaluée à 3000 frcs. En 1851, le 26 mars, le conseil municipal de Saint-Vivien demande qu'il soit établi aux frais des communes de Talais, Grayan, Saint-Vivien, Vensac et Vendays, une pelle à coulisse au Port de Saint-Vivien et des portes de flot au Pont des Paysans, pour faciliter les fonctions d'un bac cureur qu'elles se proposent d'établir dans le chenal. Le syndicat donne son autorisation mais ces deux délibérations ont été encore annulées. Enfin en 1895, les conventions suivantes ont été arrêtées d'un commun accord : "une écluse sera établie au Pont des Paysans et l'administration de cette dernière sera confiée aux deux directeurs qui en auront chacune une clef. Le marais de Saint-Vivien s'engage à faire passer par le Four et la Prise d'eau le trop-plein du marais du Gâ, sans que cela puisse porter préjudice au marais de Saint-Vivien, et s'engage aussi à dessécher le marais du Gâ, sauf le cas de force majeure, sans que ce cas de force majeure puisse résulter du mauvais état du marais de Saint-Vivien. Les conditions et engagements précités deviendront nuls du jour où, pour un motif quelconque, l'écluse viendrait à être supprimée". La commission fait observer que si elle a consenti à la construction de cette écluse et accepté les conventions ci-dessus, c'est uniquement en raison de la marche de plus en plus envahissante du banc de sable qui menaçait de priver les deux marais de leur écoulement vers la rivière. Un but d'intérêt commun et de bonne solidarité avait à cette époque réuni et groupé même les communes voisines, tant le danger pour tous était menaçant (...). Le chenal du Gâ, grâce aux travaux de MM. les Ingénieurs du service hydraulique, étant assuré de son écoulement direct vers la Gironde et à travers le banc de sable des Oiseaux, depuis le 3 décembre 1906, la Commission déclare que les dites conventions demeurent dès lors sans objet et qu'il y a lieu de les modifier.

    Écluse appelée le Four : cette écluse est située à la Coulisse et est entretenue aux seuls frais du Syndicat de Saint-Vivien. Bâtie en pénétration de la digue séparative des deux chenaux, elle permet aux eaux du Gâ de s'écouler dans le Chenal Neuf. Cette écluse n'a pas été créée en vue de dessécher le marais du Gâ et de lui procurer un nouvel avantage, mais dans le but unique de parer à un gros danger et de protéger la digue de ceinture depuis le Pont du Gâ jusqu'à la Coulisse. En effet, quand l'énorme quantité d'eau venant du marais du Gâ, des vastes communaux de Vendays, de Naujac et même de Hourtin, s'engouffre dans le chenal du Gâ, et menace par son volume de submerger la digue de ceinture et par sa pression de l'écraser, le Syndicat - dans un but de sage préservation - fait, aux époques de grandes crues ou de raballey, ouvrir cette importantes écluse. Les eaux s'écoulent alors avec une extrême violence, mais peu à peu le volume diminue ainsi que la pression et tout danger se trouve momentanément écarté. Tel est le but principal de cette écluse. Elle sert encore quelquefois à faciliter la manœuvre du bac cureur du Chenal Neuf quand les eaux intérieures du marais de Saint-Vivien n'ont pas assez de force et de vitesse, et dans ce cas, elle dessèche le Gâ et lui procure un avantage passager. Créée en vue de la sauvegarde de notre digue de ceinture, cette écluse ne peut être détournée de sa fonction et servir à dessécher le marais du Gâ gratuitement et sans la moindre compensation.

    Canal du Hontanet : Ce canal commence à la ligne du chemin de fer du Médoc, longe le versant Est de la digue du Gâ et aboutit à la Coulisse. Entre la ligne ferrée et le pont en bois de la Coudaille, il existe, dans le lit du chenal du Gâ, trois sources très puissantes qui, peu à peu, ont miné la digue du Gâ et fini par émerger dans le canal du Hontanet. Comblées en 1756, elles ont reparu un peu plus loin et continué à inonder, chaque année, toutes les prairies voisines notamment les Pailloles, une partie de Lille et de Rigon. Appelée, par les plaintes répétées des propriétaires, à étudier cette question, la Commission a constaté et reconnu que ces sources, pendant l’hiver, servaient souterrainement de dérivation au chenal du Gâ. Les eaux du canal du Hontanet – grâce à cette dérivation - sont tellement abondantes et tellement vives, que l’écluse ne peut suffire à leur rapide écoulement, et que la grande écluse établie sur le canal des Vingt Pieds se trouve paralysée. Frappée de ce grave inconvénient, la commission a entrepris, en septembre 1906, différents travaux à ce sujet et, grâce au concours des riverains, on est arrivé à endiguer sommairement ce canal dangereux. Toutefois de nouveaux travaux seront avant peu nécessaires pour parer au danger que nous occasionne, du reste fort involontairement, le marais du Gâ.

    Observations : évalués à 10000 frcs, dont 5000 fr à la charge de l’Etat et de l’Hydraulique Agricole, les travaux concernant le creusement du banc de sable des Oiseaux ont été adjugés, le 27 juillet 1905, à M. Germain, entrepreneur à Pauillac, et commencés le 16 août de la même année. Après bien des difficultés, le chenal de Saint-vivien a été assuré de son écoulement le 3 décembre 1906, et tout fait espérer que – grâce au dévouement de MM. les ingénieurs - les chenaux du Gâ et du marais de Saint-Vivien écouleront librement leurs eaux vers la Gironde en octobre 1907. Toutefois, pour compléter l’œuvre si bien commencée et si heureusement poursuivie, une somme supplémentaire de 2000 francs est nécessaire pour creuser un rouillon dans les vases et pour exécuter divers travaux de fascinages.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Registre de délibérations 1867-1899.

    Archives communales, Saint-Vivien-de-Médoc
  • Registre des délibérations du conseil municipal, 1955-1998.

    Archives communales, Saint-Vivien-de-Médoc
  • Biens communaux (1857-1878).

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 3650
  • Port de Saint-Vivien (1849-1923).

    Archives départementales de la Gironde : SP 1184
  • Notice sur le marais de Saint-Vivien : mémoire adressé à Monsieur le Préfet de la Gironde, par la commission syndicale du Marais de St Vivien (Bas-Médoc, Gironde), 18 avril 1907.

    Collection particulière
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd .

    p. 249-251
  • DIENNE Édouard (comte de). Histoire du dessèchement des lacs et marais en France avant 1789, Paris : H. Champion, 1891.

    p. 138-142
  • FERET Edouard. Statistique générale du département de la Gironde. Bordeaux : Féret, 1878.

    p. 80
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