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Le port de Lamarque

Dossier IA33003591 réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiées cale, embarcadère
Dénominations port
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Lamarque
Cadastre : 2009 OA

Le port de « la Marque » est signalé sur une carte de 1691, situé au bout du chenal du même nom. Au 18e siècle, il acquiert une certaine importance : l´abbé Baurein parle en 1776 d´un "petit village composé de trois maisons situées sur le port de Meyre", comme le confirment des cartes du 18e siècle. Celle de Belleyme, levée en 1767, indique également la présence de vignes au sud.

Dans le premier quart du 19e siècle, une maison au port appartient au château de Lamarque, abritant deux chais et composée d’une pièce de terre « limitée par des fossés et haies et par le chenal qui se jette dans la Gironde ». C’est très certainement cette construction en L qui est visible sur le plan cadastral de 1826. Des parcelles de vigne se trouvent à présent au nord de celui-ci, entourant le moulin de Meyre. Sur un plan de 1832, le port est composé d´un peyrat sur lesquels sont déposées les marchandises dont les barriques de vin.

Des travaux d’amélioration sont adjugés en 1848 et effectués sur des terrains communaux en 1850 ; mais ils sont finalement abandonnés en 1851 à la suite de difficultés financières, la commune faisant élever la même année la mairie, l’école, la halle et le clocher de l’église. Ce n’est qu’en 1868 que le port, en mauvais état, est entièrement reconstruit sur les plans de l’ingénieur en chef M. Pairier : des enrochements et des massifs empierrés sont ajoutés, constitués de moellons provenant des carrières situées sur la rive droite de la Gironde et de la Dordogne ; une cale inclinée de 75 mètres de long est construite au nord du peyrat, en bordure du chenal. Ces travaux, conduits par l’entrepreneur M. Chaudru, se poursuivent jusqu´en 1872.

Le port se structure progressivement : les alignements sont fixés en 1873, des maisons avec jardins sont construites à l’ouest, des parcelles de terrains sont aliénées, un puits est creusé, une seconde cale inclinée plus petite est ajoutée au sud du peyrat et des emplacements à usage commercial sont définis sur les terre-pleins et zones de dépôt.

En 1881, les maires des communes avoisinantes émettent un avis favorable sur l´établissement d´un débarcadère avec péage, reconnu d´utilité publique pour rapprocher le Médoc et le Blayais. Cet avis fait étroitement partie du projet de grande envergure qui voit le jour la même année : la création d´une voie ferrée Moulis-Lamarque qui permettrait aux voyageurs et aux marchandises de joindre ensuite la rive droite par un service transfluvial. Durant les travaux, le port est doté d’une bascule construite en 1884 et d’un nouvel emplacement commercial en 1886. En 1889, l´ensemble des travaux est achevé : la maison de garde-barrière et la gare maritime sont bâties, les barrières métalliques sont posées et la voie ferrée est tracée. Le débarcadère, construit en charpente, avance de 84 mètres en mer et est composé d´une passerelle mobile reliant le tablier de l´estacade à un ponton contre lequel pourront accoster les bateaux à vapeur. Cependant, le projet du chemin de fer avortant pour des raisons économiques, le débarcadère n´est pas mis en service et reste à l´abandon.

Le port continue malgré tout son développement : des poteaux de mines et un hangar en bois sont installés en 1892 et les limites sont fixées en 1895 : d’après le plan, les terres au sud et à l’ouest sont plantées en vignes.

Des travaux d´entretien des chaussées et de terre-pleins sont entrepris en 1914. Une conche est creusée en 1926 pour remiser les bateaux de pêche.

Le port est aujourd’hui composé du ponton destiné à l'accostage du bac qui est mis en service en 1934.

Période(s) Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Pairier Jules Marie,
Jules Marie Pairier (1813 - 1883)

ingénieur des Ponts et Chaussées.


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ingénieur des Ponts et Chaussées, attribution par source
Auteur : Chaudru, entrepreneur, attribution par source

Le port est aujourd’hui composé de la cale en béton destinée à l'accostage du bac, construite à l'emplacement de l'ancien peyrat.

Murs béton
Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • Documentation complémentaire

    AD Gironde. 3 U 2290. Vente par licitation du domaine de Lamarque. 19 décembre 1825.

    Maison située au port de Lamarque. Le bâtiment est situé au Port de Lamarque, il se compose de trois chambres basses, de deux magasins et de deux chais dans l’un duquel est une ruchelle ( ?) servant de grenier. Il confronte de tous les côtés à la pièce de Pâturage (…) : 5 ares 44 centiares. La maison du bourg et celle-ci sont construites en pierre de taille et moellons. Les charpentes sont couvertes de tuiles creuses.

    AD Gironde. SP 1168. Extrait du rapport général de M. Pairier, en date du 4 août 1866.

    Les travaux d’amélioration de ce port, évalués à 39 565, 85 francs ont été adjugés en 1848. La commune devait y contribuer pour une somme de 10 000 francs. Mais, en 1851, alors qu’une dépense de 38 214, 12 francs était déjà faite, la commune qui avait versé 4 400 francs seulement sur le montant de la subvention, refusa de verser le reste. Dans ces circonstances, l’administration prescrivit la suspension immédiate des travaux qui, depuis lors, sont restés abandonnés à eux-mêmes et sont tombés en ruines. C

    Cependant, dans le courant de 1863, la commune ayant versé les 5 600 francs dont elle était redevable, M. le Ministre des travaux publics a décidé qu’on appliquerait cette somme à l’achèvement du ce port.Mais il est à remarquer que, quoique la presque totalité de la dépense approuvée eut été effectuée au moment de la cessation des travaux, ceux-ci étaient loin d’être achevés.

    En outre, les dégradations causées par le temps sont telles qu’il faudra les recommencer en grande partie. La somme de 5 600 francs versée dernièrement pour la commune, sera donc loin d’être suffisante. La question est de rester à l’étude et nous ne tarderons pas à soumettre nos propositions à l’administration supérieure.

    AD Gironde, SP 2409 : Ligne de Moulis à Lamarque et établissement sur la Gironde d´un ponton destiné à l´embarquement des voyageurs rejoignant à Blaye le réseau de l´État., 26 août 1887.

    Monsieur le préfet, le projet du Ier lot de la ligne de Moulis à Lamarque approuvé par décision du 12 juillet 1883 comprend, pour l´accostage devant la station maritime de Lamarque, l´établissement d´un ponton en vue de l´embarquement des voyageurs qui doivent rejoindre à Blaye, en traversant la Gironde, le réseau des chemins de fer de l´État.

    Ce ponton, dont la dépense est imputable sur la somme à valoir, a été évalué à 3.500 francs. Après s´être adressés à plusieurs constructeurs, M.M. les ingénieurs présentent une soumission souscrite par M. Lagorce fils à Lormont, lequel s´engage à établir dans un délai de 5 mois, pour 14.500 francs, un ponton de 15m de long sur 5m de large et 9m de profondeur.

    La somme à valoir du 1er lot devrait être augmentée de 11 000 francs.

    M.M. les ingénieurs ont, en conséquence, proposé d´approuver la soumission de M. Lagorce fils et de porter de 20.709 francs à 31.709 francs la somme à valoir dont il s´agit.

    Après avoir pris l´avis du Conseil Général des Ponts et Chaussées (3e section), il m´a paru que le ponton ne pourra être commandé que lorsque le mode d´exploitation de la ligne de Moulis à Lamarque aura été arrêté. Il n´y a donc pas lieu de statuer, quant à présent, sur la proposition de M.M. les ingénieurs.

    Je donne connaissance de la présente à M. l´ingénieur en chef Sabra, à qui je renvoie les pièces de l´affaire.

    Recevez, Monsieur le Préfet, l´assurance de ma considération la plus distinguée.

    Le ministre des travaux publics,

    Pour le ministre et par autorisation :

    Le directeur des chemins de fer.

    AD Gironde, SP 2911 : Utilisation du débarcadère, 2 décembre 1902.

    Rapport de l´Ingénieur ordinaire.

    Par une délibération ci-jointe, en date du 16 octobre dernier, qui nous a été transmise pour avis, le Conseil municipal de Lamarque sollicite l´autorisation d´utiliser le débarcadère établi à la gare maritime de la ligne de Moulis à la Gironde, pour créer une escale des bateaux à vapeur de la compagnie Bordeaux-Océan.

    Dans un rapport également ci-joint, en date du 11 novembre courant, M. l´Ingénieur en chef du Service maritime de la Gironde, auquel l´affaire a été soumise, fait connaître que, préalablement à l´examen de la question au point de vue de l´installation d´un ponton et de l´établissement des taxes de péage à percevoir, il appartient au service de la construction de la ligne de Moulis à la Gironde, de donner son avis au sujet de l´autorisation régulière relative à l´utilisation du débarcadère.

    Ce n´est pas la première fois que le Conseil municipal de Lamarque sollicite l´autorisation de se servir du débarcadère de la gare maritime de la ligne de Moulis. A deux reprises, en mars 1896 et en août 1898, le service de la construction a déjà eu à donner son avis sur le desideratum de la Commune de Lamarque et dans le dernier rapport produit, celui des 14 septembre, 5/8 Octobre 1898, la question a été examinée depuis son origine.

    On estimait, alors, que vu l´état de vétusté dans lequel se trouvait le débarcadère, il était nécessaire de compter sur une dépense de 18 000 francs, justifiée par un détail estimatif, pour que le débarcadère pût être utilisé. Et M. l´Ingénieur en Chef, dans son avis en date du 8 Octobre 1898, proposait de soumettre l´affaire à M. le Ministre des Travaux Publics, en faisant remarquer que la question relative à la mise en exploitation de la ligne, à laquelle était intimement liée la réparation des ouvrages accessoires de la gare maritime : débarcadère et passerelle, ne paraissait pas de nature à être envisagée comme prochaine et que, par conséquent, il ne semblait pas possible de donner un avis favorable à la demande de Conseil municipal de Lamarque. C´est dans ce sens que l´affaire fut tranchée par une décision de M. le Ministre des Travaux Publics en date du 6 Décembre 1898.

    Depuis cette époque, la situation n´a pas changé, en ce qui concerne la probabilité de mise en exploitation de la ligne ; en revanche, elle s´est aggravée pour l´ouvrage dont il s´agit et ce n´est plus seulement une réparation importante que le débarcadère exige, c´est une reconstruction totale qui s´impose, si l´on doit vraiment l´utiliser. Depuis 4 ans, en effet, il est resté complètement abandonné et n´a reçu aucune réparation, pas plus d´ailleurs que toutes les autres parties de la ligne : terrassements, bâtiments, ouvrages d´art.

    Nous avons donc fait faire une estimation de la dépense nécessaire pour la réfection à peu près totale de l´ouvrage dont il s´agit ; nous disons à peu près totale, car on peut compter sur le maintien de la moitié de la longueur des pieux battus en rivière ; la partie immergée de l´eau paraît bonne, mais la partie supérieure, exposées aux intempéries de l´air extérieur, est hors d´usage.

    Il résulte du détail estimatif que nous joignons au présent rapport, que la dépense de réfection du débarcadère et de sa passerelle mobile est évaluée à 20 000 francs ; nous avons tenu compte, dans cette estimation, du réemploi des fers qui pourront être utilisés pour boulons, étriers, etc.

    Si, ainsi que le faisait remarquer M. l´Ingénieur en Chef, dans son avis précité du 8 octobre 1898, les réparations à faire au débarcadère, pour le mettre en état de servir, étaient peu de chose, et si l´on pouvait envisager comme prochaine l´ouverture à l´exploitation du chemin de fer de Moulis à la Gironde, on pourrait donner satisfaction à la Commune de Lamarque. Mais ce n´est pas le cas et nous ne pouvons proposer d´accueillir la demande qui nous est soumise, car elle est faite dans un intérêt purement communal, et elle aurait pour conséquence de mettre à la charge de l´État une dépense importante qui n´aura sa raison d´être que le jour où l´ouverture à l´exploitation de la ligne décidée, en même temps qu´il sera procédé à l´exécution des travaux de superstructures de la ligne, ainsi qu´une mise en état de réception.

    Dans ces conditions, nous sommes d´avis que la demande faisant l´objet de la délibération ci-jointe du Conseil Municipal de Lamarque n´est susceptible d´aucune suite.

    Bordeaux, le 2 Décembre 1902.

    L´Ingénieur Ordinaire.

    L´Ingénieur en Chef.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives communales de Lamarque. Série D : Registres de délibérations du conseil municipal. Demande de construction du port. 1846.

  • Archives communales de Lamarque. Série D : Registres de délibérations du conseil municipal. Ecole, mairie, clocher. 1850.

  • Archives communales de Lamarque. Série D : Registres de délibérations du conseil municipal. Travaux du port. 1851.

  • Archives communales de Lamarque. Série D : Registres de délibérations du conseil municipal. Travaux du port. 1869.

  • Archives communales de Lamarque. Série D : Registres de délibérations du conseil municipal. Reconstruction du port de la Mayre. 1885.

  • Archives communales de Blaye. Dossier M1. Port de Lamarque. 1895.

  • Archives départementales de la Gironde. 2 O 2041. Construction sur le port. 1839.

  • Archives départementales de la Gironde. 2 O 2041. Construction sur le port. 1846-1851.

  • Archives départementales de la Gironde. 2 O 2041. Emprunt pour travaux au port. 1848-1849.

  • Archives départementales de la Gironde. 2 0 2044. Transport de voyageurs. 1916.

  • Archives départementales de la Gironde. SP 1168. Limites du port. 1850.

  • Archives départementales de la Gironde. SP 1168. Amélioration du port. 1849-1851.

  • Archives départementales de la Gironde. SP 1168. Amélioration du port. 1867-1871.

  • Archives départementales de la Gironde. SP 1168. Installation sur le port. 1892.

  • Archives départementales de la Gironde. SP 2918. Construction d'un embarcadère. 1881-1902.

  • AD Gironde. 3 U 2290. Vente par licitation du domaine de Lamarque. 19 décembre 1825.

Documents figurés
  • Plan des travaux à effectuer dans le port. Dessin, encre, papier. par Billaudel, 30 avril 1832.

    Archives départementales de la Gironde : SP 1168
  • Plan de police du port. Encre, papier. [s. n.], 1843 [Archives départementales de la Gironde, SP 1168].

  • Plan général des améliorations du port de Lamarque. Encre, calque entoilé, par Stoecklin (ingénieur), 29 février 1868.

    Archives départementales de la Gironde : SP 1168
  • Profils en travers. Encre, calque entoilé, par Stoecklin (ingénieur), 1868 [Archives départementales de la Gironde, SP 1168].

  • Plan des alignements fixés en 1873. Encre, calque entoilé, par Baude (conducteur) et autre, 1873 [Archives départementales de la Gironde, SP 1168].

  • Plan de distribution des emplacments du port. Encre, couleurs, calque entoilé, par Prompt (ingénieur), 1873 [Archives départementales de la Gironde, SP 1168].

  • Plan des alignements du port de Lamarque. Encre, couleurs, calque entoilé, par Prompt (ingénieur), 1873 [Archives départementales de la Gironde, SP 1168].

  • Plan des alignements fixés en 1895. Encre, calque, par Kauffmann (ingénieur), 1895 [Archives départementales de la Gironde, SP 1168].

  • Plan pour la modification de la superficie du port. Encre, calque, par Kauffmann (ingénieur), 1898 [Archives départementales de la Gironde, SP 1168].

  • Plan pour l'entretien du port. Reproduction, papier, par Immastre (ingénieur), 1914 [Archives départementales de la Gironde, SP 1168].

  • Plan pour occupation temporaire du port. Encre, papier, par Baude U (ingénieur), 1910 [Archives départementales de la Gironde, SP 2911].

  • Plan du port de Lamarque. Encre, papier, sn, 1926 [Archives départementales de la Gironde, SP 2993].

    Archives départementales de la Gironde : SP 2993
  • Carte de la situation des places qui desservent l'entrée de la Garonne et de leurs environs de Blaye, 1691, par François Ferry.

    Service historique de la Défense, Vincennes : 1 V H 363, pièce 8
  • Plan d'une parcelle de terrain située au port à aliéner au profit du Sieur d'Augereau. Dessin, encre et lavis, par Mouliets, 18 avril 1871.

    Archives départementales de la Gironde : SP 1168
  • Carte particulière du 54e carré de la générale des côtes du Bas-Poitou, Pays d'Aunis, Saintonge et partie de la Basse-Guyenne, par Claude Masse, 1724.

  • Plan des alignements du port de Lamarque. Dessin, encre et lavis, 3 juillet 1879.

    Archives départementales de la Gironde : SP 1168
  • Extrait du plan de la rive gauche de la Gironde. Dessin, encre et lavis, 3 mai 1892.

    Archives départementales de la Gironde : SP 1168
  • Plan des alignements du port de Lamarque tels qu'ils ont été fixés par le Décret du 11 décembre 1873. Dessin, encre et lavis, 14 juin 1895.

    Archives départementales de la Gironde : SP 1168
  • Carte d'une partie du Médoc, dressée par Reveillaud, architecte à Blaye, 18e siècle.

    Archives départementales de la Gironde : 2 Fi 748 bis
  • Carte géométrique de la Guyenne dite Carte de Belleyme, planche n°12, levés en 1767, publiée en 1786, éch. 1/43200 env.

Bibliographie
  • BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd .

Périodiques
  • FAURE, Michel. Un grand projet avorté : la voie ferrée de Moulis à Lamarque. Les Cahiers Médulliens, 1995, n° 24.

    p.91 à 99

Liens web

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