Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Le patrimoine scolaire de la ville de Blaye

Dossier IA33010077 réalisé en 2012

Fiche

Voir

Aires d'études Estuaire de la Gironde (rive droite)
Localisation Commune : Blaye

Sous l'Ancien Régime, outre des "régents" rétribués par le corps de ville attestés à Blaye dans la seconde moitié du 18e siècle, deux institutions religieuses assurent un enseignement à destination des jeunes filles : l'une dès les années 1740, par des religieuses "minimettes" installées dans la paroisse Saint-Sauveur (rue des Nolettes, actuelle rue Jaufré-Rudel) ; l'autre en 1758 dans la paroisse Saint-Romain, tenue par les Dames de la Foi (rue Jean Eymier, actuelle rue Saint-Romain), restées à Blaye jusqu'en 1793. Par ailleurs, une école d'hydrographie installée dans une maison particulière permet aux jeunes gens de se former aux métiers de la marine. Les bâtiments occupés par ces différents établissements ont soit disparu, soit n'ont pas été identifiés.

Dans les premières décennies du 19e siècle, l'éducation de la jeunesse est encore confiée aux religieux : avec l'appui de Jacobine Antoinette Deluc, chanoinesse de l'ordre de Munich, les frères de la Doctrine chrétienne installent ainsi en 1820 une école dédiée à l'enseignement primaire et à l'éducation religieuse des garçons dans un local du Quartier-du-Roi (dans l'actuelle rue Jean-Jacques-Rousseau), loué à cet effet. A la sollicitation de plusieurs familles, les Dames du Sacré-Cœur de Bordeaux installent, quant à elles, en 1824 un pensionnat dans la ville, fondation éphémère puisqu'elles repartent dès 1826. De son côté, la municipalité, à la suite de la loi Guizot de juin 1833 obligeant les communes de plus de 500 habitants à se doter d'une école primaire de garçons, décide de la création d'une "école mutuelle" dans un local attenant à l'église Saint-Sauveur. Le faubourg de la rue de l'Hôpital est doté en 1838 d'un établissement d'enseignement dispensé par les filles de la Charité dédié aux orphelins de l'hospice, installé dans une maison face à l'hôpital.

Le début de la décennie suivante est déterminante pour la constitution d'un patrimoine public de l'éducation dans la ville, avec la création du collège communal en 1842, installé dans une maison de la rue des Nolettes. Cependant, la même année, le curé Durand fait l'acquisition de l'ancien hôtel de Bellot, rue de la Tannerie (actuelle rue André-Lafon), pour y établir un établissement d'enseignement secondaire, faisant d'emblée concurrence au collège. Le curé Jean Durand fait ensuite l'acquisition en 1847 d'une autre maison sur les hauteurs de la rue de l'ancienne Poste (actuelle rue Urbain-Albouy), afin d'installer une école primaire, dans un contexte favorable à l'essor de l'enseignement catholique, conforté par la loi Falloux de 1850. Confiée en 1852 aux frères des Écoles chrétiennes, l'école reçoit plus de 210 enfants entassés dans des salles trop petites ; des travaux de construction de classes sont entrepris en 1853. A la suite d'un legs du cardinal Donnet la même année, l'établissement secondaire de la rue de la Tannerie est lui converti en pensionnat de jeunes filles, administré par les sœurs de la Charité de Nevers. Confronté à cette double concurrence, la commune décide la même année de concéder l'administration du collège public au diocèse, rapidement doté d'une chapelle. Dès cette époque, les principaux lieux d'éducation sont implantés de manière durable dans la topographie urbaine, en périphérie et le long des principaux axes d'accès à la ville.

Après sa reconstruction, la commune reçoit la donation de la "maison d'école" de la rue de l'Hôpital en 1860. Une école laïque est installée en 1862 dans une maison louée au 5, rue Jean-Jacques-Rousseau, alors qu'à la fin de la décennie, en 1868, le collège, en déclin, est sécularisé. L'école publique est annexée un temps à cet établissement, mais face aux inconvénients de cette solution, la municipalité décide pour la rentrée de 1872 de son installation dans une ancienne écurie de la rue du Tribunal (actuelle rue de la Libération). Avec des effectifs croissants, une seconde classe est créée, installée au 8, de la rue Jean-Jacques-Rousseau. En parallèle, la municipalité s'engage dans un projet de construction d'une école publique sur un emplacement vacant du même secteur, bâtie en 1875. L'implantation congréganiste est renforcée dans les années 1880 par la création, en remplacement d'un hospice de l'ancienne rue du Tribunal, d'un pensionnat destiné à l'hébergement des jeunes filles, dirigé par des sœurs de Notre-Dame-de-la-Consolation. Cependant, la ville souhaitant laïciser l'enseignement, l'école des frères de la Doctrine chrétienne est fermée en 1890. La commune décide, à son emplacement, de la construction d'une école de filles et d'une maternelle, projet mis en œuvre dans la seconde partie de la décennie. Les religieux établissent alors un nouvel établissement à proximité, sur un terrain à l'arrière de l'église paroissiale, appelé école Saint-Romain, venant densifier le réseau des établissements scolaires dans le tissu urbain.

Au début du 20e siècle, les principaux travaux sur les établissements d'enseignement concernent essentiellement le collège, agrandi dans les années 1910. C'est seulement après la Seconde Guerre mondiale que de nouvelles écoles sont créées dans la commune : avec l'urbanisation de la colline du Monteil au début des années 1950, un groupe scolaire est implanté dans ce secteur. L'école maternelle de la rue Lucien-Grosperrin est construite en 1974 et, avec l'arrivée d'une nouvelle population active liée à la mise en service de la centrale nucléaire de Braud-et-Saint-Louis, l'école du quartier de Sainte-Luce est en chantier en 1979. Les travaux les plus importants réalisés à la fin du 20e siècle concernent les établissements d'enseignement secondaire : la Région Aquitaine crée en 1989-1990 un lycée professionnel près de l'ancien collège, alors que le lycée général est reconfiguré et modernisé au début des années 1990.

Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 2e moitié 20e siècle

Annexes

  • Dépouillements d'archives concernant les établissements scolaire de la ville de Blaye, 19e siècle

    - AD Gironde, 2 O 858 :

    Courrier du maire Beaupoil de Saint-Aulaire au ministre de l'instruction publique en vue d'obtenir un secours pour l'école chrétienne, 2 juin 1842 : historique de l'établissement des écoles à Blaye : établissement de deux écoles primaires en 1821, la première selon la méthode lancastrienne, mais chute rapide due "aux désordres et à l'immoralité de son chef ou des personnes de sa maison"; la seconde par des frères de la Doctrine chrétienne, compte 200 enfants ; mais difficultés suite "aux événements de 1830". En 1841 3 frères dirigent l'institution.

    Courrier de Marie Dasquet, inspectrice spéciale pour l'inspection des salles d'asiles dans l'arrondissement de Blaye, 29 janvier 1862 : "lors de la tournée d'inspection que j'ai faite à la fin de l'année dernière dans l'arrondissement de Blaye, j'ai eu le regret de n'y trouver encore que trois salles d'asile, celles de Blaye et de Bourg, qui marchent bien et sont convenablement établies, et l'asile libre de Gauriac, bien incomplet encore, mais où la méthode et les règlements sont cependant observés. Depuis ma tournée, j'ai appris qu quatrième asile, celui de Cavignac, fermé depuis longtemps, venait de s'ouvrir de nouveau [...]."

    - AD Gironde, 2 O 859 :

    Rapport académique sur la situation de l'enseignement primaire des filles, 23 déc 1881 : la congrégation des dames de Nevers possède un établissement peu florissant qui n'est qu'un internat car l'externat a été fermé cette année. Il existe également un pensionnat laïque dirigé par Mlle Boussac pour une 30e d'enfants "appartenant à la bourgeoisie". Deux autres petites écoles libres sont payantes : elles ont peu d'enfants et ne donnent que de faibles résultats. L'enseignement public gratuit est représenté par un établissement dirigé par les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, à l'extrémité d'un faubourg, près de la barrière de l'octroi, avec de médiocres résultats. Le conseil municipal délibère pour la construction d'une école communale laïque dans le centre, dans un local approprié (ancienne maison du télégraphe), travaux réalisés.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Administration générale.

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 858
  • Édifices et travaux publics : écoles, collège.

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 859
Bibliographie
  • BELLEMER Émile. Petite histoire de la ville de Blaye. Réimpression de l'édition originale de 1886, PyréMonde Princi Negue, 2009.

    T. I p. 239-240 ; t. II, p. 113, 119, note 1.
  • BIROLLEAU-BRISSAC Paulette. Histoire de Blaye. Bordeaux : Ed. de la Société des Amis du Vieux Blaye, 1968.

    P. 233-234, 239, 244-245, 260-261, 263, 266, 277-278, 283.
  • COTTON DE BENNETOT Arlette. Petit dictionnaire des rues de Blaye. Bordeaux : Imprimerie Biscaye, 1983.

    P. 101.
  • VIGNAU Michel. Le Blayais. XIXe XXe siècles. Bordeaux : Confluences, 2017 (pays d'Aquitaine, n°4).

Multimedia
  • Blaye en un siècle. CD-ROM, Société des amis du vieux Blaye ; Association philatélique de l'arrondissement de Blaye, 2003.

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Beschi Alain