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La Pointe de Grave

Dossier IA33003915 réalisé en 2012

Fiche

Œuvres contenues

Dénominations écart
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Adresse Commune : Le Verdon-sur-Mer
Lieu-dit : la Pointe de Grave
Cadastre : 2013 AA

La Pointe de Grave est restée longtemps un endroit désertique, une zone de dunes aux confins de la presqu’île du Médoc. Il s’agissait toutefois d’un lieu particulièrement stratégique pour l’entrée des bateaux dans l’estuaire, puisqu’elle constituait, avec la rive droite opposée, l’embouchure de la Gironde. Sur sa côte estuarienne, à l'est, les bateaux pouvaient venir s'abriter des vents et des forts courants de ce secteur.

Les cartes les plus anciennes montrent une succession de monticules de sable. Des feux et des balises y furent installés pour faciliter la navigation.

La Pointe de Grave constituait également un point important pour la défense de l’estuaire contre les attaques ennemies, en complément du verrou Vauban. Des batteries y furent donc construites dans la 2e moitié du 18e siècle.

Cette fin des terres était un milieu bien inhospitalier et soumis aux tempêtes. L’érosion a considérablement transformé ce territoire dont le trait de côte a évolué au cours des siècles, comme l’atteste la comparaison des cartes anciennes. Ainsi, de nombreux aménagements, comme la batterie de la Pointe de Grave, furent engloutis dans les eaux et dans les sables.

Pour limiter l’érosion des dunes et l'ensablement, le territoire est planté de pins au tout début du 19e siècle afin de stabiliser les sables, ce qui transforme profondément le paysage de la Pointe.

C’est au cours de la 2e moitié du 19e siècle que le territoire est aménagé avec les travaux de défense côtière engagés par l’État dès les années 1840. Des épis, notamment la jetée de la Pointe de Grave, visent alors à renforcer les rives. C’est également avec ces travaux que se développe Port-Bloc qui permet l’approvisionnement en matériaux des chantiers.

Le phare de Grave est construit dans la 2e moitié du 19e siècle, tout comme le fort du Verdon.

En 1876, un ponton est aménagé pour assurer les traversées de passagers venant de Royan. Pour relier La Pointe et la gare installée au Verdon en 1875, un service de wagonnets à traction hippomobile est mis en place.

A partir de 1902, un tronçon de chemin de fer prolonge la voie ferrée jusqu'à La Pointe, favorisant le développement de cette partie de la commune. Ce développement reste toutefois contrôlé par le ministère de la Guerre et de la Marine, propriétaires des lieux. Plus tard, le Port Autonome de Bordeaux et l’Office national des Forêts se partageront également ce territoire.

Dès la fin du 19e siècle, mais surtout dans la 1ère moitié du 20e siècle, avec les bateaux à vapeurs et le développement du tourisme avec le train, puis les allers-retours du bac dans les années 1930, de nombreux restaurants s’installent le long du chemin menant à la jetée : il s’agit de bâtiments en bois dotés souvent d’un étage carré pour profiter de la vue sur l’estuaire. Quelques villas furent également construites en face de Port-Bloc : elles ont été rasées en 1934 par le Port Autonome. En 1935-1936 est construite la cité du Balisage pour le personnel des phares et balises.

En 1926 commencent les travaux de construction du monument commémoratif en l’hommage des alliés américains. Phare en béton colossal, il est inauguré en 1938 mais dynamité par les Allemands en 1942. Pendant l’occupation allemande, la Pointe voit fleurir, comme sur l’ensemble des côtes, les bunkers du Mur de l’Atlantique.

La libération du Médoc en avril 1945 entraîne de nombreux dommages à la Pointe : la jetée et Port Bloc sont endommagés. Les reconstructions d’après-guerre donneront un nouvel aspect à la Pointe Médoc avec le réaménagement de la cale du bac et de l’esplanade, avec la construction d’une salle d’attente et des bureaux de la subdivision du Port Autonome.

La gare, détruite dans les années 1950, a été reconstruite à proximité, les voies de chemin de fer ayant été raccourcies. Le café L’Escale est construit en 1955.

Période(s) Principale : 18e siècle, 19e siècle

La Pointe de Grave constitue l'extrémité de la presqu'île du Médoc. Face à Royan, le bout des terres prend la forme d'une longue jetée.

Port-Bloc constitue aujourd'hui le cœur de cette zone, accueillant le bac reliant Le Verdon à Royan, aussi bien que les vedettes des pilotes de l'estuaire.

A proximité se trouve le fort du Verdon niché dans la végétation. De même, le phare de Grave se distingue à peine au milieu des pins. A ses pieds, au sud, la cité du Balisage forme un petit lotissement.

Au nord, se déploie l'esplanade des stèles où sont réunis plusieurs monuments commémoratifs. Quelques bunkers du Mur de l'Atlantique apparaissent encore ici et là, notamment celui sur lequel a été aménagé le sémaphore.

Couvrements
Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • Documentation complémentaire

    AC Le Verdon-sur-Mer. Registre délibérations 1874-1909. Création d'un sous-débit de tabac à la Pointe de Grave, 6 juillet 1898.

    La Pointe de Grave a une foule d'ouvriers occupés aux importants travaux de défense de la côté, très fréquentée par les marins, visitée par un grand nombre d'étrangers qui en tout temps et surtout l'été prennent ce point comme but de promenade.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Le Verdon-sur-Mer. Registre des délibérations, 1874-1909.

    Archives communales, Le Verdon-sur-Mer
Bibliographie
  • CAILLOSSE Pierre. La paroisse de Soulac de la fin du XVIe au milieu du XIXe siècle : les transformations d'un territoire littoral entre la Gironde et l'Atlantique. Thèse d'histoire, Université de La Rochelle, 2015.

  • CHAILLOT Roger. Petite histoire du Verdon et de la Pointe de Grave. [S.I.] : R. Chaillot et Louis Jung, 1974.

    p. 135-138
Périodiques
  • GASTEUIL Bruno. « Les maisons disparues de la Pointe de Grave de 1900 à la guerre de 1939 ». Histoire et traditions du Verdon, Juillet 1999, n°9.

    p. 20-28
  • GASTEUIL Bruno. « Les premiers touristes à la Pointe de Grave ». Histoire et traditions du Verdon, Août 1995, n°1.

  • Mémoire de Verdonnais : Les années 1960-1975, bulletin de l'Association "Histoire et Traditions", Foyer communal Verdonnais.

    p. 38
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