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Jardin Darralde

Dossier IA64002663 inclus dans Station thermale des Eaux-Bonnes réalisé en 2018

Fiche

Á rapprocher de

Appellations Jardin Darralde
Parties constituantes non étudiées kiosque, bassin
Dénominations jardin public
Aire d'étude et canton Pyrénées-Atlantiques
Adresse Commune : Eaux-Bonnes
Lieu-dit : Adresse :
Cadastre : 2018 AN 168-169-170

Du jardin pittoresque au parc paysager urbain

Témoignant de la vogue des aménagements urbains et paysagers du XIXe siècle, tant pour des questions esthétiques qu'hygiénistes, la création du Jardin public coïncide avec l'essor de l'activité thermale des Eaux-Bonnes sous la Restauration et la Monarchie de Juillet. Un jardin anglais est en effet mentionné dès les années 1830 dans les premiers guides touristiques évoquant la station. De par sa fonction sociale et culturelle fondamentale pour la localité, le jardin apparaît dans les plans touristiques en tant que lieu de divertissement et de délassement et il fait l'objet de longues descriptions romantiques dans les guides de voyage. Intégrant le réseau de promenades emblématiques des Eaux-Bonnes, il contribue fondamentalement à l'image pittoresque de la station. Il figure ainsi sur le plan géométrique de 1841, à l'emplacement d'une étendue naturelle traversée par le torrent de la Sourde. Ce dernier fait l'objet d'un aménagement couvert dans les années 1850 afin d'accroître la surface exploitable du site.

Ce premier jardin d'agrément est réaménagé dans ces conditions en 1855, moment où il est baptisé en l'honneur du docteur Darralde, afin de répondre aux besoins d'une station de villégiature. Il devient rapidement le centre des animations et un point de convergence sociale, avec son kiosque, édifié en 1862, qui accueille tous les soirs des orchestres, mais aussi des spectacles de marionnettes, des pièces de théâtre et autres animations culturelles où affluent les villégiateurs. Non seulement il témoigne des pratiques oisives du Second Empire et de la Troisième République mais il reflète bien, également, les prémices du consumérisme. Les concerts, les animations et même les chaises y sont payantes - 10 centimes la journée, 2 francs par saison -, tandis que les bancs, moins confortables, sont en libre accès.

A cette époque, divers projets d'agrément sont imaginés sans forcément être exécutés, telles la colonne monumentale dédiée à l'impératrice Eugénie projetée par l'architecte départemental Gustave Lévy en 1860 ou la fontaine dessinée par son successeur Pierre Gabarret en 1873. En 1874, celui-ci y construit une serre à fleurs qui fait l'objet de toutes les attentions du personnel technique jusque dans les années 1880 et dont il ne subsiste ni vestiges ni documentation iconographique.

En 1877, un nouveau projet de transformation, non réalisé, est conçu par l'architecte paysagiste palois Larrinaude qui, entre autres, intègre des pièces d'eau et des ponts, et propose de délocaliser et d'agrandir le kiosque à musique et son enceinte afin d'accroître la capacité d'accueil du public à 2.000 personnes.

Le jardin public depuis le XXe siècle

Élément identitaire et central de la commune tout au long de son évolution, le Jardin Darralde est remanié en fonction des besoins des époques et des nouveaux modes de vie. Durant l'entre-deux-guerres, l'architecte palois Noutary rénove et transforme le kiosque à musique. En 1951, l'entreprise Boy Frères de Laruns exécute le petit kiosque à journaux situé dans la partie haute du jardin, à la demande d'Ulysse Jameau, dépositaire de journaux dont la librairie est installée à proximité, au rez-de-chaussée de l'Hôtel des Princes. Le kiosque à musique est ensuite considérablement remanié dans les années 1970 par l'architecte J.J. Biraghi et le cabinet Etram, pour accueillir l'office du tourisme. Un parc de jeux pour enfants a également été aménagé dans la partie basse.

A l'image de la station, le jardin a perdu aujourd'hui l'activité foisonnante qui était encore la sienne jusqu'aux années 1980. De nos jours, ce jardin public arboré, équipé de nouveaux équipements de jeux pour enfants, présente toujours sa physionomie pittoresque et conserve certaines essences d'arbres anciennes, en dépit des tempêtes et tornades des décennies précédentes qui ont mis à terre plusieurs spécimens.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1855, daté par source
1862, daté par source
1874, daté par source
1951, daté par source

Le jardin primitif fut aménagé sur une vaste étendue en légère pente traversée par le cours du torrent de la Sourde, parallèle à la paroi rocheuse au nord. Un sentier sinueux bordé de plantations se déployait entre le cours d'eau et une première allée d'hôtels, correspondant à l'actuelle rue Louis-Barthou.

Le lit de la Sourde, recouvert dès les années 1850 entre l'établissement thermal, le jardin et l'hôtel des Princes, refait surface sous l'Hôtel des Pyrénées et se jette dans le Valentin par le biais d'une cascade. Cet aménagement a permis le développement du jardin d'agrément selon son emprise actuelle.

Sur le modèle des jardins irréguliers anglais, il relève pleinement des grands projets urbains et paysagers réalisés durant le règne de Napoléon III avec l'influence du baron Haussmann. Le plan cadastral de 1866 en propose une représentation relativement précise. Divers sentiers ondoyants alternent avec les parterres de gazon, les massifs de fleurs et les groupements d'arbres remarquables. Les descriptions romantiques du jardin se plaisent à évoquer la grande diversité de ses roses composant ainsi "un vrai paradis". Au sein du réseau de promenades, sont ménagées des places plus ou moins grandes favorisant les rencontres et multipliant les possibilités de parcours. L'une d'entre elles accueille le kiosque à musique, qui adoptait avant son remaniement les formes ordinaires de ce type de construction au XIXe siècle. La partie basse adoptant une forme triangulaire, le jardin offre, avec l'Hôtel des Pyrénées, la première vision sur la station thermale, conçu pour donner immédiatement aux touristes la sensation de pénétrer dans le cadre pittoresque de leur voyage, avec la profusion des arbres et la prégnance des contreforts montagneux.

De nos jours, l'ancienne composition a laissé place à des remaniements récents de moindre intérêt. Les étendues gazonnées ont été remplacées par un fin gravier, faisant disparaître le traçage de certains sentiers. Seuls quelques arbres anciens remarquables, datant des aménagements du Second Empire, subsistent et témoignent encore de l'éclectisme alors recherché dans les variétés arboricoles. Ils sont accompagnés d'étiquettes indiquant leurs noms latins et français telles que diffusées habituellement dans les jardins botaniques.

Plans jardin irrégulier
Jardins parterre de gazon, groupe d'arbres
États conservations remanié
Statut de la propriété propriété de la commune

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan géométrique de la ville des Eaux-Bonnes, et visuel pour les promenades qui sont indiquées par des lignes ponctuées, terminé sur le terrain dans le courant du mois de juillet 1841. Dessin par F. Noble, lithographie E. Vignancour.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : Cartes et plans, GE DL 1842-262-2
  • Plan cadastral des Eaux-Bonnes dressé par J. Turon le 17 septembre 1863, vu et approuvé par le préfet le 27 avril 1866.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Plan des Eaux-Bonnes, dans Guide Joanne, Hachette, 1894.

Bibliographie
  • VASTEL Édouard. Guide des voyageurs et des malades aux Eaux-Bonnes. Paris : Béchet jeune, 1838.

  • JAM (BOUILLÉ R. de). Guide de Pau aux Eaux-Bonnes : suite des excursions à pied. Pau, E. Vignancour, 1869.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Université de Pau et des Pays de l'Adour - Delpech Viviane