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Île Pâté

Dossier IA33004530 réalisé en 2013

Fiche

Précision dénomination île
Appellations île de Blaye, île Saint Simon, île Pâté
Parties constituantes non étudiées digue
Dénominations écart
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive droite)
Hydrographies Gironde La
Adresse Commune : Blaye
Lieu-dit : Île du Fort Paté
Cadastre : 1832 A2 ; 2013 AX

Vers le milieu du 17e siècle un banc de sable constitué d'alluvions et de vases est en formation vis-à-vis de Blaye. Bientôt, les ingénieurs militaires et gouverneurs en charge de la citadelle voient dans ce que "la fortune a formé et placé avantageusement à l'opposite de ce que l'on appelle le port", selon une mention figurant sur une carte non datée mais probablement des années 1670, un moyen de constituer un "havre" afin d'abriter des navires par mauvais temps. Se pose dès lors la question du confortement de cette île en formation, baptisée "île de Blaye" ou "de Saint-Simon", du nom du gouverneur de la place. Si un projet envisageait dès cette époque de couler deux bateaux chargés de pierrailles et d'établir des pilotis pour assurer la stabilité de sa pointe aval, la plus exposée aux courants, les premiers véritables travaux de renforcement des berges sont consécutifs à l'établissement d'un fort sur l'île, selon le projet de Vauban de 1685 de "profiter des présents" du fleuve.

Dès avant le chantier toute la rive ouest, donnant sur le chenal du Médoc, est décrite "mangée" par les flots. Au commencement des travaux, en 1690, et afin de se prémunir face aux fortes marées, s'impose à l'ingénieur François Ferry, concepteur du projet, la nécessité d'établir une digue sur le pourtour de l'île. Mais ce n'est qu'au siècle suivant, avec l'arrivée à Blaye de l'ingénieur militaire Martin Fénis de Tourondel en 1708, que des mesures conservatoires sont envisagées pour assurer la sauvegarde de l'île dont la superficie s'est trouvée réduite de moitié en une trentaine d'années. Les premiers travaux de création d'une armature en charpente sur les berges de la pointe aval sont réalisés entre 1726 et 1730, complétés par la suite d'autres aménagements dans les années 1740, probablement par l'ingénieur d'Artus. Le rivage du côté du Médoc reçoit de nouvelles protections de 1816 à 1819 alors que les débarcadères ou "peyrats" sont réparés ou reconstruits à plusieurs reprises, en 1859 notamment. Dans la seconde moitié du 19e siècle, à l'exception du réduit fortifié, le territoire de l'île est affermé et ses prairies sont mises en pacage. Après le déclassement du fort dans l'entre-deux-guerres, l'île est d'abord mise en culture en 1941, puis vendue à des particuliers en 1948.

Période(s) Principale : milieu 17e siècle
Principale : 4e quart 17e siècle
Secondaire : 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Vauban Sébastien Le Prestre de, marquis,
Vauban Sébastien Le Prestre de, marquis
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ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Fénis du Tourondel Martin de,
Martin de Fénis du Tourondel

Martin de Fénis du Tourondel, seigneur de Labrousse, officier de Saint-Louis et ingénieur du Roi (+ 1736) [AD Corrèze, Inventaire sommaire série E, E 931].


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ingénieur militaire, attribution par source
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Annexes

  • Mémoire sur les progrès de l'érosion des berges de l'île, 1726

    AD Gironde, C 4253 :

    M. Dasfel, ingénieur des fortifications du royaume, ayant été informé par l'ingénieur particulier de la citadelle de Blaye que la Garonne faisait des progrès considérables contre l'île qui est au milieu de la rivière, devant Blaye, sur laquelle le fort qu'on appelle Pâté est bâti, à cause de quoi il était nécessaire d'apporter des prompts secours [...] sans quoi elle court le risque d'être entièrement détruite aussi bien que ledit fort (août 1726).

  • Extrait du journal la Petite Gironde, 11 mai 1941

    Dans l'arrondissement de Blaye, quatre-vingts hectares de terre en friche sont remis en état de produire, par René DARNIS.

    "[...] Parmi les terres en friches signalées à la préfecture de la Gironde par M. Mullins [sous-préfet de Blaye], figurait au premier plan l'île Saint-Simon [...].

    Les troupes qui tinrent successivement la garnison à la citadelle de Blaye, jusqu'en 1914, maintenaient au fort Pâté de petits détachements, qui, avec l'aide du génie militaire, veillèrent à l'entretien du fort. Mais une loi votée par le Parlement, en 1937, a autorisé le déclassement des places et des forts côtiers qui n'avaient plus d'importance militaire. Le fort Pâté était de ceux-là. Il fut donc abandonné. Et nous avons signalé ici même, dans notre numéro du 1er juillet 1838, l'état de délabrement des bâtiments du fort et la grande pitié des terres transformées en marécage par l'envahissement des eaux, à la suite du manque d'entretien des digues et des fossés d'assainissement !

    Pourtant, ces riches terres d'alluvions, autrefois affermées, avaient été, pendant bien des années, lucrativement cultivées.

    Il fallut d'abord exécuter d'indispensables travaux préliminaires.

    On aménagea la vieille cale d'embarquement. Les bâtiments du fort étant présentement inhabitables, on construisit un vaste baraquement pour loger des travailleurs, y faire leur cuisine, y installer leur réfectoire. On remit en état le puits artésien, creusé autrefois au centre de l'île et qui donne - au milieu du fleuve limoneux - une belle eau potable.

    On put alors mettre les équipes à l'un des ouvrages les plus pressant de cette entreprise : la réfection et parfois l'entière reconstruction des kilomètres de digues en terre, qui protègent désormais les terres cultivables contre l'envahissement des grandes marées. On reconstruisit pour assurer l'écoulement des eaux, dont les terres étaient imprégnées. Et l'on entrepris le débroussaillement.

    Une véritable forêt de joncs, de roseaux et de ronces recouvrait ce sol où les céréales mûrissaient autrefois. On dut couper tout cela à la faux ; puis on en fit des tas, que l'on détruisit par le feu ! En certains endroits de l'île, on se trouva même en présence d'un véritable semis de tout jeunes frênes, que l'on replanta en dehors des digues, afin d'augmenter la résistance du sol contre les assauts des eaux.

    Enfin, après de longs mois de rudes efforts - les travaux ont commencés en janvier - les terres situées à l'intérieur des digues étaient à peu près nettoyées et la charrue mécanique put entrée en action.

    Tirés par un puissant tracteur, les énormes socs creusèrent de profonds sillons dans l'humide glèbe durant de longs jours.

    Et maintenant les lourdes mottes luisent au soleil printanier sur des hectares et des hectares de belle terre, dans l'attente des ensemencements, avec lesquels on va enfouir ces jours-ci la promesse des récoltes futures de betteraves, carottes fourragères, topinambours, pommes de terre, etc. [...]".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Délibération de la Chambre concernant un rapport de l'ingénieur de la citadelle de Blaye sur les progrès de l'érosion de l'île, août 1726.

    Archives départementales de la Gironde : C 4253
Bibliographie
  • BESCHI Alain, CRON Eric. Vauban, Blaye et le verrou de l'estuaire. Bordeaux : éditions Confluences, 2011 (Visages du patrimoine en Aquitaine ; 3).

  • FERET Edouard. Statistique générale du département de la Gironde. Bordeaux : Féret, 1878.

    p. 67.
Périodiques
  • BARTHOU Jacques. « Les îles de la Gironde ». Conservatoire de l'estuaire, 2002.

  • COUTURA Johel. "La construction de Fort-Pâté au milieu de la Gironde (1689-1693)". Revue Archéologique de Bordeaux, tome LXXXXII, 1991.

    p. 135-166.
  • s.n. « Les îles de la Haute-Gironde (II) ». Médoc Enseignants, 1969, fasc. 5.

    P. 5-7.
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Beschi Alain