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Île de Macau

Dossier IA33007739 réalisé en 2014

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Précision dénomination île
Dénominations écart
Aire d'étude et canton Sud Médoc Estuaire
Adresse Commune : Macau
Lieu-dit :
Précisions


Les premières mentions de l'île remontent à la période médiévale.

Cette époque doit correspondre à son "rattachement" à la terre ferme puisque l'abbé de Sainte-Croix, seigneur du bourg de Macau, en revendique la souveraineté. Toutefois, la carte de Van Keulen de 1699 représente encore l'île à distance des rives.

L'occupation de l'île est attestée dans les textes des 14e et 15e siècles qui y mentionnent des "cabanes". L'après-guerre de Cent Ans est un moment de développement pour l'île : assèchement et canalisation offrent une possibilité d'habitat pérenne et de culture des terres. Les "vins trulhis", issus des premiers pressoirs, y sont produits. Seuls les vestiges d'une croisée avec moulures à listel à Bolaire (fin 15e, début 16e siècle) correspondent à cette époque.

Sous Henri IV, l'île est drainée et aménagée pour faire face aux inondations régulières (jusqu'à 4 mois par an, encore au 18e siècle). Peu avant 1594, les religieux de Sainte-Croix construisent un pont à deux arches pour aller et venir du bourg au port. A cette même date, Isaac du Vergier, conseiller au Parlement de Bordeaux figure sur la liste des nobles sujets au ban et à l'arrière-ban en tant que seigneur de l'île de Macau. Ce statut ne paraît pas exister longtemps.

Au 16e siècle comme au 18e siècle, les exploitations ou "bourdieux" appartiennent à des notables, qu'ils soient macaudais (élite notariale) ou bordelais. L'île constitue également un emplacement stratégique avec son port qui permet le transport de marchandises sur l'estuaire.

Les investissements s'intensifient dans l'île au cours des 17e et 18e siècles : des domaines entiers se constituent autour de la vigne, voire de l'artichaut. À Mirande, un puits conserve la date de 1635. La seconde moitié du 18e siècle est également un temps fort de construction. Les parlementaires et les négociants bordelais se font construire des demeures face à l'eau, comme c'est le cas à Barreyre (datant des années 1770). Le plan de la palu dressé en 1776 permet de mesurer ce phénomène. Un modèle s'établit pour ces demeures : un niveau de soubassement abrite le chai et/ou les pièces des domestiques, tandis que les pièces habitables sont aménagées au rez-de-chaussée surélevé. Les bâtiments de dépendance, notamment le cuvier, se trouvent à l’arrière du logis, en retour ou à l'écart (Barreyre, Plaisance, Bayle-Peyronnet, Cabanes, Biré). Les terres du domaine s'étendent également au-delà des bâtiments ; un peyrat donne accès à la Garonne.

Après la Révolution, les propriétés perdent les redevances abbatiales mais, tout au long du 19e siècle, l'île est consacrée à la viticulture. La production à haut rendement du vin de palus entraîne de nouvelles constructions, comme à Ducru-Ravez, véritable domaine modèle.

À la fin du 19e siècle, la vigne de palus résiste au phylloxéra : l'inondation des ceps à l'aide de pompes installées sous des hangars en bord de Garonne permet de tuer l'insecte.

En 1864, un rapport des délibérations du Conseil général de la Gironde stipule que les travaux de la digue fermant le chenal sont en cours. Cette fermeture laisse, toutefois, "une ouverture pour le passage des embarcations dont le tirant d'eau ne dépasse pas 3 mètres". Par conséquent, le bras de Macau est uniquement accessible à marée haute et contribue au déclin progressif du commerce.

Dans la seconde moitié du 20e siècle, les crises successives liées tantôt aux gelées, tantôt à la mévente des vins, conduisent à l'abandon de nombreuses habitations, notamment au centre de l'île. Quant à la production d’artichauts, le dernier champ a été récolté en 2010.

Période(s) Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle

L'île de Macau est une bande de terre de 5 km de long, orientée nord-ouest/sud-est, située entre un bras de la Garonne (au sud) qui devient Gironde (au nord), et le bourg de Macau à l'ouest. Le ruisseau de la Mouline, qui passe par le hameau du Tayet à Ludon, se jette dans la Maqueline au niveau du château Lescalle.

L'île est séparée de la terre ferme par le ruisseau de La Maqueline qui en délimite les contours :

- au nord avec l'île des Vaches ;

- au sud et au sud-ouest avec la commune de Ludon ;

- à l'ouest avec le bourg de Macau.

À l'est, l'île Cazaux lui fait face, dont l'extrême pointe sud est administrativement rattachée à la commune.

Deux axes de communication principaux desservent l'île : l'avenue du bourg au port et le chemin du Bord de l'eau qui permet la circulation jusqu'au sud de l'île et vers Ludon. Deux autres chemins secondaires traversent l'île : le chemin du Tayet qui va au nord de l'île, et le chemin du milieu qui n'est qu'occasionnellement emprunté.

Les hameaux du Port, dont les maisons s'étirent de l'avenue principale vers la berge, et celui du Marchand sont les plus importants. Ils se caractérisent par un habitat regroupé et des maisons à étage en alignement.

Plus d'une quinzaine de châteaux ou demeures est recensée, principalement dans la zone proche du chemin du Bord de l'eau. À l'arrière de ces bâtiments, les espaces agricoles occupent la majeure partie de l'île : vignes et terres arables parcourues par de nombreux canaux, orientés est-ouest, et dont le niveau varie en fonction des marées.

Couvrements
Couvertures
Statut de la propriété propriété privée
propriété publique

Références documentaires

Documents figurés
  • Carte particulière du 54e carré de la générale des côtes du Bas-Poitou, Pays d'Aunis, Saintonge et partie de la Basse-Guyenne, par Claude Masse, 1724.

  • Carte de l’embouchure de la Garonne jusqu’au bec d’Embesse. Dessin, encre et aquarelle, par Desmarais, 1759.

    Archives nationales, Paris : F 14 10059/1/
  • Carte de Belleyme, planche n°20, levée entre 1762-1778.

  • Plan du bourg de Macau et de la pente des eaux par Pierre Fréchaud, 1790.

    Archives départementales de la Gironde : 2 Fi 1030
  • Plan cadastral napoléonien de Macau de 1810.

    Section B, 2e feuille Archives communales, Macau
  • Plan cadastral napoléonien de Macau, 1843.

    Section B, 3e feuille. Archives départementales de la Gironde : 3P 262
Bibliographie
  • Conseil Général de la Gironde. Rapports et délibérations. Bordeaux : Levieux, 1898.

    1864 (séance du 22 août), p. 36
Périodiques
  • "Rôle des nobles de Guyenne sujets au ban et à l'arrière ban, 1594", Archives historiques du département de la Gironde, t. 1, 1859.

    p. 421
  • LAVAUD Sandrine. "Paysage et mise en valeur des palus du Bordelais au Moyen Âge". Revue Archéologique de Bordeaux. Bordeaux : t. XCII, 2001.

    p. 119-128
  • LAVAUD Sandrine. "L'emprise foncière de Bordeaux sur sa campagne, l'exemple des bourdieux (XIVe-XVIe siècles)", Annales du Midi. Toulouse : t. 112, n°231, juillet-septembre 2000.

    p. 315-329
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