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Hôtel de négociant

Dossier IA33009336 réalisé en 2011

Fiche

Genre de négociant
Parties constituantes non étudiées cour, puits
Dénominations hôtel
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive droite)
Adresse Commune : Blaye
Adresse : 25 rue Saint-Sauveur
Cadastre : 1832 B3 1344 ; 2017 AM 310 [1]

Sur l'emplacement d'une maison possédée par son père Jacques Courpon, et probablement après la mort de ce dernier, le négociant Jean Courpon fait édifier cet hôtel particulier dans les années 1780. Le caractère néo-classique de la façade, les ornements sculptés, les balustres d'allège et la ferronnerie sont cohérents avec un chantier du 4e quart du 18e siècle. La demeure, décrite avec trois "magasins" au rez-de-chaussée, est vendue en 1810 à Mathieu Cavalier (ou Cavallier), capitaine de navire issu d'une famille de négociants implantée à Bayonne et Blaye à la fin de l'Ancien Régime. La matrice du plan cadastral de 1832 indique que l'ensemble "maison, bâtiment et cour", l'un des plus taxés de la ville, appartient à cette époque à la veuve Cavallier, qui bénéficie au nom de son époux d'une réduction d'imposition foncière en 1840. La maison est vendue en 1863 à Pierre-Léonce Ransac, domicilié à Berson et propriétaire terrien à Plassac.

Le rez-de-chaussée a été remanié au milieu du 20e siècle et l'immeuble divisé en plusieurs appartements. La fusion de la parcelle avec celle de la maison voisine est intervenue à une date indéterminée.

Période(s) Principale : 4e quart 18e siècle

L'immeuble est composé d'un corps de logis sur rue et de corps secondaires disposés autour d'une arrière-cour.

La façade sur rue de 4 travées en pierre de taille, en retrait d'alignement par rapport à la maison de droite, est particulièrement soignée. Une arcade de boutique sur la droite, en arc déprimé, reste perceptible au rez-de-chaussée malgré les remaniements. La porte d'entrée bâtarde, ménagée dans la deuxième travée depuis la gauche, est surmontée d'un châssis de tympan vitré à grille d'imposte en ferronnerie. Cette travée est prolongée aux étages par un avant-corps en faible saillie à bossage continu, avec des ouvertures à chambranle renfoncé. Un balcon sur consoles au 1er étage règne au-devant des 2 portes-fenêtres centrales. Les fenêtres latérales ont des balustres d'allège. Les agrafes saillantes sont sculptées de motifs végétaux qui interrompent le bandeau supérieur. Les fenêtres du second étage ont également des balustres d'allège ; les dessus de fenêtres sont sculptés de motifs végétaux. La corniche est à denticules et modillons. L'entrée donne sur un vestibule délimité par un arc déprimé, débouchant sur la cage de l'escalier tournant à retour avec jour. La rampe est en ferronnerie. L'élévation postérieure sur cour, en pierre de taille nue, comporte un balcon au premier étage et un bandeau au second.

La cour carrée est bordée de corps de bâtiment en pierre de taille sur les trois autres côtés ; le corps à l'est, développé en profondeur vers le cœur de l'îlot, est couvert d'un toit à un pan. Le premier niveau comporte sur chaque aile deux arcades en plein-cintre ouvertes dans un mur à bossage continu. Les fenêtres de l'étage sont rectangulaires. Un puits est adossé au mur nord.

Murs calcaire pierre de taille
Toit tuile creuse
Étages 2 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
toit à un pan
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
États conservations restauré
Techniques sculpture
ferronnerie
Représentations acanthe, feuillage, postes, laurier, chêne, médaillon, ruban, volute, ornement végétal
Précision représentations

Les agrafes des fenêtres du 1er étage sont sculptés de feuilles d'acanthe. Ces agrafes recoupent le bandeau supérieur décoré d'une frise de postes. Les dessus de fenêtre du second étage sont ornés de rinceaux de feuilles d'acanthe pour les 2 travées centrales, et de feuillages de laurier et de chêne encadrant un médaillon tenu par un ruban, pour les travées latérales.

La ferronnerie de la grille d'imposte, du balcon et de la rampe de l'escalier est décorée de volutes et de feuilles stylisées.

Exemple d'un hôtel particulier de la fin de l'Ancien Régime édifié pour une famille de négociants blayais.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Acte de vente d'une maison à Blaye par Jean Courpon à Mathieu Cavalier, 1810

    AD Gironde, 3 E 28969 : extrait des minutes de Jean Nadaud, 12 novembre 1810 :

    Pardevant Me Jean Nadaud notaire à la résidence de Blaye [...] fut présent sieur Jean Courpon négociant demeurant à Bordeaux rue Neuve maison n° 19 en ce moment à Blaye lequel et par ces présentes vendu cédé, transporté, purement et simplement avec garantie de tous troubles [...] à sieur Mathieu Cavalier capitaine de navire demeurant audit Blaye ici présent stipulant et acceptant acquéreur pour lui les siens ses successeurs et ayant cause à l’avenir

    Une maison située audit Blaye rue Saint Sauveur n°14. Consistant en trois magasins au rez-de-chaussée avec grenier sur partie du plus grand d’iceux, caveau voûté, deux petites chambres, buanderie, volière, cour dans laquelle est un puits, et deux étages sur le devant et au-dessus dudit rez-de-chaussée. Le premier divisé en six pièces et cabinets et le second en quatre pièces et trois cabinets aussi avec grenier au-dessus du tout, et autre circonstances et dépendances,

    Confrontant du couchant à la dite rue Saint Sauveur, du midi à la maison du sieur Joseph Beau, du nord à celle du sieur Eymard mur mitoyen et du levant aux bâtisses et jardin de la demoiselle Vigneron et ainsi que cette maison se poursuit et comporte sans en rien réserver excepté, l’acquéreur déclarant le bien connaître et ne pas désirer une plus ample désignation.

    Pour par ledit sieur acquéreur jouir faire et disposer de cette maison et de ses appartenances et dépendances en toute propriété et usufruit dès ce jour ainsi qu’il avisera et néanmoins pour ne toucher les loyers de la partie louée, qu’à compter du premier octobre prochain [...].

    Ladite maison appartient au vendeur pour l’avoir faite édifier sur l’emplacement d’une autre dont il était propriétaire au terme du testament contenant partage fait par sieur Jacques Courpon et demoiselle Magdeleine Thérèse Belly ses père et mère, entre les sieurs Joseph Pierre Thomas et demoiselle Marie Thérèse Courpon ses frère et sœur, par acte passé devant Ollié notaire en date du 17 Juillet 1777, enregistré à Blaye le 3 septembre 1783.

    La majeure partie de la maison ayant été louée pour cinq années commencées du premier janvier 1809 au sieur François Marsaud et à Marguerite Bussier mari et femme suivant le bail que ledit sieur Courpon leur avait consenti le 26 novembre précédent [...] il est conséquemment entendu que ledit sieur Cavalier sera tenu à l’entretien de ce bail dans tous ses points et clauses, sans aucun recours contre ledit sieur vendeur. [...] Cette vente est faite à la charge par ledit sieur Cavalier d’entretenir ainsi qu’il vient d’être dit le bail sus énoncé pour le temps qui reste à expirer, et en outre moyennant la somme de 20 000 francs espérés métalliques ayant cours [...].

  • Description de l'hôtel dans le Casier archéologique

    Par Lucien de Maleville, 1956 :

    Immeuble XVIIIe siècle.

    Ce bel immeuble du XVIIIe siècle s'élève de deux étages sur rez-de-chaussée et se termine par une grosse corniche sur consoles sous le toit.

    Le rez-de-chaussée vient malheureusement d'être défiguré par la transformation d'une porte cintrée en porte de garage ; il comporte une autre porte à imposte simple.

    Le premier étage est percé au centre de deux portes-fenêtres donnant sur un balcon à rampe en ferronnerie, reposant sur trois consoles, et d'une autre fenêtre de chaque côté de ces deux travées à appui sur balustres de pierre. Ces ouvertures sont à encadrement mouluré et sont ornées d'agrafes centrales, décorées de feuilles de chênes.

    Le premier étage est séparé du second par un bandeau, décoré de flots, qui court tout le long de la façade.

    Le deuxième étage comprend quatre fenêtres à appuis sur balustres de pierre. ces baies sont surmontées d'un panneau richement sculpté de rinceaux et de guirlandes de laurier et de chêne.

    Rampe d'escalier en fer forgé du XVIIIe siècle.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Minutes du notaire Jean Nadaud, 1810.

    12 novembre 1810. Archives départementales de la Gironde : 3 E 28969
  • Passeport pour l'Angleterre de Jean-Baptiste Cavalier, 15 juin 1855.

    Archives départementales de la Gironde : 4 M 737/378
  • Matrice cadastrale et états de sections, 1834-1973.

    Archives départementales de la Gironde : 3 P 58/8-18
  • Matrice cadastrale, registre des augmentations et diminutions, 1836-fin du 19e siècle.

    Archives municipales, Blaye : non coté.
  • Direction de l'Architecture. Bureau de recensement des monuments anciens. Casier archéologique. Gironde.

    [copie dans dossier de pré-inventaire]

    1996/025/0418 - 1956 Médiathèque de l'architecture et du patrimoine : 1996/025-Casier archéologique
Documents figurés
  • Collection de dessins de Lucien de Maleville [1943-1962].

    DRAC Aquitaine, Bordeaux : [casier archéologique]
Périodiques
  • L´ESPERANCE. Journal de l´arrondissement de Blaye, littérature, beaux-arts, commerce, agriculture et annonces, 1836-1904.

    [collection numérisée en ligne sur le site Gallica.fr : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32768861f]

    31 mai 1863, p. 4.
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Beschi Alain