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Hôtel de France

Dossier IA64002594 inclus dans Station thermale des Eaux-Bonnes réalisé en 2018

Fiche

Á rapprocher de

Appellations Hôtel de France, Maison Taverne, Maison Taverne aîné
Dénominations hôtel de voyageurs
Aire d'étude et canton Pyrénées-Atlantiques
Adresse Commune : Eaux-Bonnes
Adresse : 31 rue Louis-Barthou
Cadastre : 2018 AN 225-226

Relevant de la deuxième vague de construction de la station après les abords immédiats de l'établissement thermal, cet édifice, comptant parmi les plus anciens gîtes de la station, endossait dès l'origine la fonction d'hôtel de voyageurs. Absent des représentations antérieures à 1837, mais déjà présent sur le plan géométrique de 1841, il avait été bâti à la fin des années 1830 pour la famille Taverne, figurant alors parmi les notables des Eaux-Bonnes.

Entre 1863 et 1866, il semble que Taverne réalise une opération commerciale lui permettant d'arborer l'enseigne de l'hôtel de France à la fois sur cette première propriété mais aussi sur la Maison Fourcade voisine - futur hôtel Victoria. Par ailleurs, de 1853 à 1875, la bâtisse fait l'objet d'agrandissements et de modifications importantes s'adaptant au développement de son activité florissante.

L'établissement rivalisait avec le Grand hôtel des Princes, dont il fut sans doute le concurrent le plus sérieux, aussi bien de par ses proportions généreuses que ses prestations haut-de-gamme. En plus d'être ouvert toute l'année, l'hôtel tenu par Taverne proposait entre autres services un office de poste aux chevaux, une diligence qui le reliait à l'hôtel de France de Pau, un cabinet de lecture, un billard, plusieurs salons ainsi qu'un service de presse. Il était systématiquement conseillé par les guides touristiques, notamment ceux de Vastel, Jam et le Guide Joanne, qui ne tarissaient pas d'éloges à son sujet, pour sa "belle situation", "sa bonne tenue", "sa table recommandable", le présentant comme un établissement "de premier ordre". Avec ses encarts publicitaires réguliers dans la presse locale, en particulier dans le Courrier d'Eaux-Bonnes, son propriétaire œuvrait soigneusement à la promotion de cet hôtel doté dès 1892 de l'éclairage électrique, mais aussi de cuisines et de caves renommées. Outre les médecins, l'établissement accueillait un dénommé Calou, coiffeur de Paris, qui, lui aussi, diffusait des annonces publicitaires dans les journaux locaux.

Son activité hôtelière à proprement parler a cessé en 1904, date à laquelle Marcellin Taverne, maître d'hôtel aux Eaux-Bonnes, en fait une "maison garnie", toujours dotée de son écurie - probablement la grange Taverne cadet - et de ses 133 ouvertures imposées au cadastre, témoignant de l'ampleur architecturale de l'édifice. Détruit après la Seconde Guerre mondiale sans doute en raison de sa détérioration, l'hôtel de France, dont il reste en fond de cour un infime corps de bâtiment transformé en habitation privée dans les années 1980, a laissé place à un court de tennis en 1976 et à des équipements techniques dans les années 2000.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1837, daté par source
1853, daté par source
1869, daté par source
1872, daté par source
1875, daté par source

Situé à proximité du jardin Darralde, entre l'hôtel Richelieu et l'hôtel Victoria qu'il engloba durant une quarantaine d'années, l'hôtel de France s'inscrivait pleinement dans le contexte des constructions urbaines de la seconde moitié du XIXe siècle, participant de ce fait au singulier ensemble architectural des Eaux-Bonnes. A l'instar des autres édifices de la station, il associait les inspirations vernaculaires et académiques aux nécessités de l'urbanisme haussmannien naissant.

Cet édifice particulièrement massif au regard des plans cadastraux et touristiques contemporains adoptait un plan carré régulier au cœur duquel se trouvaient deux cours intérieures, la façade arrière donnant directement sur le flanc du plateau de l'Espérance. Après plusieurs campagnes d'agrandissement successives, l'hôtel comprenait trois étages d'habitations, un étage de soubassement et un niveau de comble couronné de fenêtres en chien-assis de style vernaculaire ossalois, à l'instar des constructions voisines.

Sa façade principale, sur le jardin Darralde, comptait 11 travées, ce qui était exceptionnel dans cet environnement contraint, réparties autour de chaque côté d'une travée centrale. Celle-ci accueillait la porte d'entrée, son spectaculaire auvent et son perron intérieur dû aux impératifs du plan d'alignement interdisant la construction de marches sur la voie publique, jugée trop étroite. Le rez-de-chaussée et les deux premiers étages de logements étaient percés de baies en porte-fenêtres à l'encadrement en pierre d'Arudy et dotées de garde-corps en fer forgé, tandis que le dernier étage, culminant au sommet de la rue en pente, était agrémenté d'un balcon filant accentuant la monumentalité de la bâtisse. Le soubassement avec sa pierre de taille apparente était quant à lui percé de baies moins régulières ouvrant sur les espaces techniques de l'hôtel et de son restaurant.

Murs moellon enduit
pierre pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan carré régulier
Étages étage de soubassement, 4 étages carrés, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
États conservations détruit
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Augmentations et diminutions survenues dans les contenances et les revenus portés sur les matrices cadastrales année 1863.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Matrice cadastrale des propriétés bâties d'Eaux-Bonnes 1903-1904.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Construction du court de tennis. 1976.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes : V6 Voirie
Documents figurés
  • Plan géométrique de la ville des Eaux-Bonnes, et visuel pour les promenades qui sont indiquées par des lignes ponctuées, terminé sur le terrain dans le courant du mois de juillet 1841. Dessin par F. Noble, lithographie E. Vignancour.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : Cartes et plans, GE DL 1842-262-2
  • Plan cadastral des Eaux-Bonnes dressé par J. Turon le 17 septembre 1863, vu et approuvé par le préfet le 27 avril 1866.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Plan des Eaux-Bonnes, dans Guide Joanne, Hachette, 1894.

Bibliographie
  • VASTEL Édouard. Guide des voyageurs et des malades aux Eaux-Bonnes. Paris : Béchet jeune, 1838.

  • JAM (BOUILLÉ R. de). Guide de Pau aux Eaux-Bonnes : suite des excursions à pied. Pau, E. Vignancour, 1869.

Périodiques
  • Courrier d'Eaux-Bonnes, n°5, 2 août 1877.

  • Courrier d'Eaux-Bonnes, n°143, 22 mai 1892.

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