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Hôtel de Barbotan

Dossier IA40001737 réalisé en 2015

Fiche

Dossiers de synthèse

Appellations Hôtel de Barbotan
Destinations atelier de fabrication
Dénominations hôtel
Aire d'étude et canton Saint-Sever
Adresse Commune : Saint-Sever
Adresse : 16 rue du Général-Durrieu
Cadastre : 2015 AS 53 ; 1844 s 320 Édifice public en bleu ; 1809 k 67

L'emplacement de l'hôtel est occupé au 16e siècle par un ensemble de bâtiments situé dans l'emprise de la seconde enceinte, donnant dans la rue bourgeoise appelée anciennement rue neuve, ou rue de Pavie. Deux des maisons sont réunies en 1570 par Jacques de Tuquoy, lieutenant général au siège de Saint-Sever. Au 17e siècle, Jean-Jacques de Tuquoy, ou plutôt son fils Jean-Jacques, avocat du roi, marié en 1650, semble engager un projet de reconstruction d'envergure : le bâtiment en fond de parcelle conserve des encadrements de portes datables du 17e siècle par leur forme en anse de panier, avec agrafe et impostes saillants (des portes du même type ont été repérées dans d'autres maisons de la ville). Le grand escalier de pierre, placé au centre de l'aile en retour du bâtiment principal, paraît également dater de cette époque ; il se rapproche de l'escalier des Jacobins et d'une autre demeure du centre ville.

Les deux anciens édifices, alors détenus par Pierre de Pichard, sont qualifiées de maisons Tuquoy et Pimbo dans l'acte de vente de l'ensemble en 1740 à Jacques de Barbotan, seigneur de divers lieux. L'hôtel est repris au milieu du 18e siècle sous l'impulsion de Clair Joseph de Barbotan, maréchal de corps, comte de Carritz, seigneur de Mormès, de Barbotan et de Maupas. Les ouvertures en arc segmentaire des fenêtres du bâtiment principal, ainsi que le décor de stuc dans les pièces du rez-de-chaussée de l'aile en retour, se rattachent à cette campagne de travaux. Le vestibule d'entrée au centre de l'aile en fond de cour et le bâtiment longeant la cour intermédiaire semblent aménagés à la même période, comme le montrent le passage en arc plein cintre et les fenêtres en arc segmentaire.

Sous la Révolution, la fuite de la famille Barbotan, dont certains membres ont été exécutés à Paris, entraîne la saisie de l'hôtel particulier par la municipalité. Il sert d'abord de prison où sont enfermés différents citoyens (dont l'abbé Tallendier). Après la Terreur, la famille Barbotan revendique son bien et propose de le louer à la commune pour y loger les Ursulines. La location débute le 12 prairial de l'an 12 (1er juin 1804). C'est vraisemblablement à cette période que l'aile en retour à l'est, percée de fenêtres rectangulaires, est construite. Quoi qu'il en soit, elle figure sur le plan cadastral de 1809. Une chapelle est aménagée dans le bâtiment longeant la cour intermédiaire. L'ensemble n’apparaît pas encore comme édifice public sur le plan cadastral napoléonien.

L'arrêté préfectoral de 1819 autorisant l'installation définitive des Ursulines justifie l'acquisition de l'hôtel par la municipalité en 1822, devenant dès lors un bâtiment public. Un mur de clôture est construit côté rue avant 1844, date où il figure sur le nouveau plan cadastral. Ce mur de clôture est également visible sur des cartes postales du début du 20e siècle.

La loi de la Séparation des Églises et de l’État de 1905 entraine le départ des Ursulines vers l'Espagne. L'ancien hôtel est alors laissé à l'abandon jusqu'à son rachat par Louis Laforie ou Lafaurie en 1923, puis par l'industriel Romain dit Abel Crabos en 1928 pour y aménager son usine de traitement de la plume, auparavant située place du Tribunal. La couverture en tôle et métal des cours latérale, intermédiaire et arrière résulte de la nouvelle fonction de l'édifice. Des machines de traitement de la plume sont installées dans différentes pièces de l'hôtel. Des bacs en béton, destinés au lavage des plumes, sont installées dans l'ancienne chapelle.

L'usine est abandonnée en 1990. L'aile est a été réaménagée dans les années 2000 pour permettre l'installation provisoire d'un bureau de poste.

Période(s) Secondaire : 17e siècle
Principale : milieu 18e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle

L'hôtel comporte plusieurs corps de bâtiments organisés en U autour d'une cour donnant sur la rue du Général-Durrieu.

Chacune des ailes est percée au rez-de-chaussée par une porte cochère centrale. Les portes des ailes ouest et sud sont en plein cintre avec agrafe et impostes saillants, et les fenêtres en arc segmentaire. Les percements de l'aile est, plus récente, sont rectangulaires. Mis à part les encadrements, la corniche et les chaînes d'angle, les façades sont enduites.

La porte de l'aile ouest ouvre sur la cage d'escalier en pierre rampe-sur-rampe. Un décor peint lacunaire se trouve en partie inférieure. A chaque étage, une pièce décorée de stucs se situe de part et d'autre de l'escalier. Cet escalier dessert également les étages supérieurs de l'aile sud.

L'aile sud en fond de cour est percée en rez-de-chaussée par un passage voûté en plein cintre qui permet de rejoindre la cour intermédiaire, aujourd'hui couverte. Cette cour est bordée à l'est et au sud par deux corps de bâtiment en L, dont celui ayant abrité la chapelle, comprenant des décors peints. Le bâtiment sud de cinq travées est percé au rez-de-chaussée d'un vestibule menant au jardin arrière, aujourd'hui partiellement couvert.

Murs calcaire
appareil mixte enduit
Toit tuile creuse
Étages 2 étages carrés
Couvrements
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans croupe
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en maçonnerie
États conservations désaffecté
Techniques décor stuqué
peinture
Représentations représentation non figurative, volute
Précision représentations

Les deux pièces du rez-de-chaussée de l'aile ouest, situées de part et d'autre de l'escalier de pierre, recèlent un décor stuqué de tables sur les trumeaux des cheminées, entre les fenêtres et au-dessus des portes. Au 2e étage de l'aile ouest, une des cheminées est décorée sur son trumeau d'un polygone tréflé.

Dans l'ancienne chapelle, l'arc doubleau est orné d'un décor peint de volutes végétales.

L'hôtel Barbotan constitue un témoignage important du bâti nobiliaire dans la ville de Saint-Sever. Les nombreux documents qui lui sont relatifs permettent de restituer son histoire avec précision. Il recèle de nombreux éléments architecturaux remarquables mais aussi mobiliers, par les machines qui y sont conservées, héritages de l'histoire industrielle du lieu au 20e siècle.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables cheminée, escalier

Annexes

  • Le traitement de la plume à Saint-Sever.

    C'est dans l'ancien hôtel particulier de Barbotan transformé en couvent des Ursulines qu'Abel Crabos, industriel local, aménage son usine de traitement de la plume à partir de 1919. Tout d'abord implanté place du Tribunal, le procédé industriel avait déjà été modernisé en 1911 lorsque le propriétaire avait demandé l'autorisation d'utiliser des machines (trieuse, époussiéreuse, laveuse...). Bien que les machines aient quelque peu évolué, la chaîne industrielle est restée la même depuis le début du XXe siècle.

    Les machines conservées dans l'hôtel Barbotan sont les témoins de cette chaîne industrielle ancienne qui a mécanisée un procédé artisanal ancestral. Le bac en béton dans l'ancienne chapelle constitue le premier maillon du processus commençant par le lavage en deux fois des plumes (dégraissées et dépoussiérées). Elles sont ensuite séchées et dépoussiérées pour être déposées dans les trieuses de bois avec des fenêtres de verre, situées dans les étages de l'hôtel. L’arrivée d’un air propulsé permet la séparation des grandes plumes, plus lourdes, et des petites plumes ou duvet qui seront utilisés pour confectionner différents articles de literie ou vestimentaires.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Arrêté préfectoral autorisant l'établissement définitif des Ursulines à Saint-Sever, 1819.

    Archives nationales, Paris : F/19/6326
  • Mémoire sur la maison de M. de Barbotan en la rue de Pavie de la ville de Saint-Sever (milieu du 18e siècle).

    Archives départementales des Landes : H 41
  • Délibération du département des Landes pour le déplacement du collège dans la maison Barbotan, 6 février 1795.

    Archives municipales, Saint-Sever : 11 M 2
  • Lettre au maire pour la location du bâtiment dit le "Barbotan", 16 germinal an 12.

    Archives municipales, Saint-Sever : 1 M 1
  • Journal La Nouvelle Chalosse, 1875-1939.

    1930 Archives municipales, Saint-Sever
Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien de Saint-Sever, 1809.

    Section K Archives municipales, Saint-Sever : 1 G 1
  • Plan cadastral napoléonien de Saint-Sever, 1844.

    Section S Archives municipales, Saint-Sever : 1 G 2
  • Photographie du couvent des Ursulines, s.d.

    Archives départementales des Landes : 5 Fi 96
  • Pensionnat des religieuses, s.d. Eau-forte.

    Archives départementales des Landes : 7 Fi 86
  • Plan de l'usine Crabos, place du Tribunal, 1913. Encre et lavis.

    Archives départementales des Landes : 5 M 332
  • Cartes postales anciennes, début du 20e siècle.

Bibliographie
  • BOP Dominique (abbé). Propriétaires des maisons 18 et 16 rue du Général-Durrieu. Notes généalogiques, 2019 [annexe .pdf].

  • O'GILVY Henri Gabriel. Nobiliaire de Guienne et de Gascogne. Revue des familles d'ancienne chevalerie ou anoblies de ces provinces antérieures à 1789. Bordeaux : éditions Gounouilhou, 1856.

Liens web

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