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Hôtel Basquiat-Mugriet

Dossier IA40001754 réalisé en 2015

Fiche

Dossiers de synthèse

Dénominations hôtel
Aire d'étude et canton Saint-Sever
Adresse Commune : Saint-Sever
Adresse : 26 rue du Général-Lamarque
Cadastre : 2015 AY 150 ; 1844 s 348 ; 1809 k 45

Sous l'Ancien Régime, la demeure, située à l'intérieur de la seconde enceinte, est la construction la plus proche de la porte dite de la Guillerie. Elle appartient alors à la famille Basquiat-Mugriet, issue de la noblesse d'épée, présente à Saint-Sever dès le début du 18e siècle. La façade latérale sud, percée d'ouvertures en arc segmentaire, date certainement de cette période.

Plusieurs éléments permettent de considérer que l'ensemble de la demeure est réaménagée au tout début du 19e siècle pour Alexis Basquiat-Mugriet (né en 1757 à Saint-Sever, il est lieutenant général de la sénéchaussée puis député et maire de la ville). La porte piétonne à deux battants de bois donnant rue du général Lamarque est datée et signée au-dessus de la serrure "DARRICAU ME FECIT AN XI 1802". Pierre Darricau, menuisier Saint-Séverin, œuvre à la même époque aux Jacobins puis au château Lamarque. Les papiers peints du salon et de la salle à manger datent également du début du 19e siècle. La commande est sans doute passée auprès de la manufacture Hartman Risler à Rixheim dans le Haut-Rhin. Des fragments de papiers peints dans les chambres du premier étage indiquent que l'ensemble des pièces est alors tapissé. Le grand escalier tournant placé au centre de la maison est caractéristique, d'après son positionnement et la forme de sa rampe, du 19e siècle.

Les plans cadastraux de 1809 et de 1844 indiquent la permanence structurelle du bâti en angle, prolongé par un galerie perpendiculaire au corps de logis dans le jardin sur l'arrière.

La maison est achetée en 1919 par l'industriel Abel Crabos. Peu de modifications découlent de cette acquisition, si ce n'est la réfection du sol du vestibule en pierre de Bidache, provenant d'une carrière propriété familiale. Les initiales en fer forgé de l'industriel ornent l'imposte de la porte d'entrée, de même que subsiste son nom sur la plaque de cuivre de la sonnette.

Période(s) Secondaire : 18e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle , porte la date
Secondaire : 1er quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Darricau Pierre,
Pierre Darricau

Menuisier de Saint-Sever résidant rue de Pontix.


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menuisier, signature
Auteur : Risler Hartman ,
Hartman Risler

Fabricant de papiers peints, manufacture à Rixheim dans le Haut-Rhin.


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fabricant, attribution par analyse stylistique

La demeure, située sur une parcelle à l'angle de la rue du Général-Lamarque et de la rue du Général-Durrieu, est alignée sur la voirie et donne sur un jardin à l'arrière. Le corps central de cinq travées est doté d'un second étage, où se trouvaient les logements des domestiques. Il est encadré d'ailes d'un seul étage sur le même alignement, percées d'une porte cochère permettant une communication avec le jardin.

La façade est enduite mais la pierre de taille est laissée apparente pour les encadrements de fenêtre, les chaines d'angle et la corniche ; des bandeaux de niveau constituent les seuls éléments décoratifs. Une porte piétonne centrale donne accès à la maison par un vestibule traversant qui dessert deux pièces en enfilade de part et d'autre ainsi que la cage d'escalier centrale. Les volées de l'escalier tournant avec jour sont en charpente. La rampe en bois est composée de barreaux fins avec une bague en partie supérieure. Cette forme de rampe, tout comme le faux-limon, sont comparables avec d'autres escaliers repérés en ville.

Le corps de logis communique au rez-de-chaussée et au premier étage avec une galerie donnant sur le jardin. Le premier étage de la galerie est soutenu par deux colonnes circulaires surmontées d'un tailloir. Son étage est fermé et le toit est soutenu par des poteaux de bois pris dans la maçonnerie.

Murs enduit
calcaire moyen appareil
appareil mixte
Toit tuile creuse
Étages 2 étages carrés
Couvrements
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à deux pans croupe
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente
Techniques papier peint
Représentations scène mythologique, fronton, fleur, palme, oiseau

Plusieurs éléments conservés dans la maison sont remarquables et renseignent sur la production artisanale locale au début du 19e siècle, ainsi que sur la diffusion de la production des manufactures de papier peint.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables porte, salon

Annexes

  • Les papiers peints de l'hôtel Basquiat-Mugrier

    Les papiers peints, conservés en totalité dans les deux pièces principales du rez-de-chaussée et en partie dans une pièce donnant sur rue au premier étage, sont composés de lés carrés peints.

    Dans la salle à manger, le motif répété est un cercle entouré de feuillages. Entre chaque cercle se trouve un losange rayé avec en son centre une "pointe de diamant". Ce type d'ornement était particulièrement apprécié à la fin du 18e siècle. Au centre des cercles se développent des scènes mythologiques dans un paysage dont la scène d'Actéon et de Diane. Un dépôt à la Bibliothèque Nationale (liasse 18, numéro 510, envoi du 1er floréal de l'an VIII) par Hartmann Risler, dans le Haut-Rhin, reprend ces motifs. Selon les archives du musée du papier peint à Rixheim ce motif a été édité entre 1802 et 1807. Les deux dessus de porte conservés représentent des sacrifices antiques avec un autel central dans un paysage "antiquisant". Une bordure de décor végétal encadre la scène.

    Les papiers peints du salon présentent un motif architectural. En partie supérieure une bande orangée décorée de frontons et de palmettes répétées, rythme la composition. En dessous des panneaux bleu-vert sont composés de pilastres et de végétaux. Les dessus de porte différent de la tenture : des oiseaux se tiennent sur une corbeille de fruits et de fleurs. Il correspond au dépôt de Risler issu d'une peinture de Joseph Laurent Malaine, en l'an VIII. Le second dessus de porte est une composition florale sur un entablement de pierre.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Procès verbal de l'adjudication des réparations aux Jacobins, 3 vendémiaire an 5 : réparations des portes et de la charpente par le menuisier Darricau.

    Archives nationales, Paris : F / 13 / 1729
  • Lettre de Betrier à Lamarque, 5 avril 1820.

    Archives départementales des Landes : 87 J 2 / 53 (cote provisoire)
Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien de Saint-Sever, 1809.

    Section K Archives municipales, Saint-Sever : 1 G 1
  • Plan cadastral napoléonien de Saint-Sever, 1844.

    Section S Archives municipales, Saint-Sever : 1 G 2
Périodiques
  • BLANC-SUBES Françoise et Jacques, "Papiers peints du tout début du XIXe siècle à Saint-Sever". Bulletin de la Société de Borda, 425, 1992.

    p. 59-85
  • FEREY Marie. "Trésors de papier", Le Festin, Bordeaux, n° 99, 2016.

    p. 94 -98
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Commune de Saint-Sever - Ferey Marie