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Hangar du Naviplane

Dossier IA33005727 réalisé en 2012

Fiche

Parties constituantes non étudiées bac
Dénominations usine de construction aéronautique
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Pauillac
Lieu-dit : Trompeloup
Adresse : R. D. 2E4
Cadastre : 2012 AR 188

Le Naviplane est un aéroglisseur mis au point par l'ingénieur Jean Bertin. Il fonda la Société Bertin et Cie puis en 1965 la SEDAM (Société d'Etude et de Développement des Aéroglisseurs Marins).

Sa première réalisation d'importance est la construction de 2 aéroglisseurs de 30 tonnes, les Naviplanes N300. Sortis d'usine en décembre 1967 et mars 1968, les deux engins sont différents : alors que le Baie des Anges est destiné à transporter du fret, le N300 La Croisette est muni d'une cabine lui permettant de transporter 90 passagers.

En mai 1971, le Département de la Gironde se porte acquéreur du N300 Baie de Anges. Cet appareil, transformé, est utilisé à partir de l'été 1972 comme bac entre les communes de Blaye, Lamarque et Pauillac. Il transporte alors 4 voitures et 38 passagers.

En 1973, la SEDAM, alors en mauvaise passe financière, réussit à intéresser l’État et des sociétés privées à ses projets. Elle obtient bientôt un contrat pour l'étude d'un aéroglisseur de 260 tonnes, le Naviplane N500. Deux commandes sont passées, l'une émanant du Département de la Gironde, l'autre de la SNCF. Plusieurs options d'achat sont également prises, notamment par le Canada.

En décembre 1975, la SEDAM s'installe à Pauillac. Les études du N500, menées par l'Ingénieur Paul Guienne (qui avait déjà dirigé les études sur l'Aérotrain) s'accélèrent. On construit plusieurs maquettes navigantes et le Naviplane N300 La Croisette est utilisé pour les essais de jupes. Deux N500 sont donc construits presque simultanément. Le premier, le Côte d'Argent est essayé pour la première fois sur la Gironde le 19 avril 1977. Cette première sortie dure 2 heures et lui permet d'atteindre une vitesse stabilisée de 40-45 nœuds (74-83 km/h). Le 3 mai 1977, alors que l'appareil est monté sur des vérins et que des techniciens travaillent sous ses jupes, l'explosion d'une lampe enflamme le contenu d'un sceau de colle. Le feu prend sous l'appareil et le détruit totalement.

La construction du deuxième N500, le Naviplane Ingénieur Jean Bertin se termine quelque temps plus tard. Il arrive à Boulogne le 30 novembre 1977 après un périple de 850 milles (1570 km) effectué en 25 heures. Dans le même temps, la SEDAM moribonde est reprise par l'entreprise DUBIGEON-NORMANDIE. L'exploitation du N500 ne fait pourtant pas l'unanimité. Prétextant une rentabilité trop faible, la SNCF se dégage de son exploitation et le vend aux anglais fin 1981. Ceux-ci demandent à la France de modifier l'appareil, ce qui est fait à Boulogne en 1982 (modification des jupes, ajout d'évents augmentant la manœuvrabilité à faible vitesse...).

Le N500 est remis en service le 18 mars 1983 sous les couleurs de la compagnie britannique HOVERSPEED, mais son exploitation s'arrête définitivement le 27 juillet. Les anglais prétextent alors une "non conformité au cahier des charges" et le rendent à la SNCF. Laissé à l'abandon sur la plage de Boulogne, le N500 Ingénieur Jean Bertin est découpé par les ferrailleurs fin octobre 1985.

La SEDAM disparut en 1982. Il restait alors dans ses locaux de Pauillac les deux N300, quatre N102 et divers matériels... Une vente aux enchères est organisée le 25 mai 1983. Un ferrailleur bordelais achète les quatre N102, tandis que le N300 Baie des Anges est vendu à un restaurateur de Maubuisson et le N300 La Croisette à un ferrailleur de Pauillac. Le restaurateur a l'idée de transformer le Baie des Anges en restaurant et veut l'installer sur le port de Pauillac. Il n'obtient pas l'autorisation et s'emploie donc à vendre l'engin à l'étranger. Ses démarches restent vaines... Les deux N300 se trouvant à l'abandon dans l'ancien hangar de la SEDAM ouvert à tous les vents, la décision est prise de les ferrailler. C'est chose faite fin 1983.

Aujourd'hui, le hangar est utilisé par les domaines baron Philippe de Rothschild comme centre d'expédition de vin. La rampe en béton qui servait à accéder à la Gironde existe toujours, envahie par les herbes.

(source, voir le site : http://aernav.free.fr/Index.html).

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle

L'imposant hangar est construit sur les bords de l’estuaire au nord de l'estey de Padarnac.

Murs matériau synthétique en gros oeuvre
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • MOUCHEL, Guy. Pauillac (Mémoire en images). Saint-Cyr-sur-Loire : A. Sutton, 2001.

    p. 107-110
  • MOUCHEL, Guy. Pauillac (Mémoire en images), tome 2. Saint-Cyr-sur-Loire : A. Sutton, 2007.

    p. 97-114
Périodiques
  • MOUCHEL-dit BINET, Guy. "Les naviplanes et la SEDAM à Pauillac", Les Cahiers médulliens : bulletin de la Société archéologique et historique du Médoc, n°45 nouvelle série - 2006.

    p.73
  • Sauzay (Contre-Amiral). "Le Naviplane Ingénieur Bertin", Cols bleus : hebdomadaire de la Marine française, n° 1509, [s.n.] (Paris), 25 février 1978.

    en ligne sur Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9603220n/f5.item.r=naviplane.zoom

    p. 5-11

Liens web

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