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Grand hôtel des Princes

Dossier IA64002565 inclus dans Station thermale des Eaux-Bonnes réalisé en 2018

Fiche

Œuvres contenues

Précision dénomination palace
Appellations Grand hôtel des Princes, Hôtel des Princes
Dénominations hôtel de voyageurs
Aire d'étude et canton Pyrénées-Atlantiques
Adresse Commune : Eaux-Bonnes
Adresse : 6-10 rue Castellane
Cadastre : 2018 AN 172, 173

Du Second Empire à la Troisième République

Palace emblématique du bourg thermal des Eaux-Bonnes, édifié à l'initiative de Jean Murret-Labarthe entre 1854 et 1872, l'hôtel des Princes est agrandi par extensions successives durant plusieurs décennies : au début des années 1860, un pavillon supplémentaire -abritant un salon de thé- est édifié à droite de l'édifice originel mais, sans appellation particulière, il est considéré comme partie intégrante de l'hôtel ; à plusieurs dates indéterminées, les immeubles contigus situés à gauche sont adjoints à l'hôtel des Princes par des percements au niveau des galeries intérieures, si bien que désormais ce grand complexe de quatre immeubles de rapport comprend le bâtiment originel, la Maison Prat-Dumas (ancienne Maison Lanne-Lazare) et la Maison Cazaux et Paris (ancienne Maison Cazaux aîné et ancien Hôtel de Paris). Les immeubles se distinguent aisément grâce aux jeux des toitures et des élévations, qui, cependant, respectent scrupuleusement le plan d'alignement arrêté par la commune et la préfecture en 1866 et l'esprit d'aménagement urbain édicté par le baron Haussmann depuis les années 1850.

Exploité par la famille Murret-Labarthe, à laquelle succèdent une indivision, puis l'exploitant palois Bonnafon en 1894 et le propriétaire anglais Alexis Knowles en 1904, il est mentionné dans l'ensemble des guides touristiques en tant qu'"établissement de premier ordre, ouvert toute l'année", "le plus beau et le plus confortablement installé de la station".

Il rassemble alors tous les services requis par sa clientèle bourgeoise et aristocratique : outre un restaurant gastronomique, s'y trouvent un loueur de voitures de promenade et de voyage, un salon de thé, des salles de réunion, de lecture et de concert, un court de tennis, une consultation de dentiste ou encore un service de guides d'excursion, mais aussi, dès 1892, un ascenseur de marque Ledoux et l'éclairage électrique. Les bals et animations culturelles prestigieuses, y compris à l'attention des enfants, s'y succèdent tout au long de la saison thermale, en faisant un haut lieu de la vie mondaine. Il accueille également un cercle de jeux provisoire lors du chantier du casino municipal, retardé par un procès entre le fermier des eaux Chancerelle et la commune au tournant des années 1870. C'est en ses salons qu'a lieu le dîner de l'inauguration de la ligne de chemin de fer Buzy-Laruns en juillet 1883.

La tradition orale le considère comme un lieu d'hébergement de l'Impératrice Eugénie, ce que ne corroborent pas les archives disponibles, qui mentionnent ses séjours à la maison du Gouvernement et à l'ancien hôtel de la Poste dans les années 1850. Cependant, elle aurait pu y séjourner éventuellement en 1861 ou 1862, date à laquelle le complexe principal est quasiment achevé. Le portrait de l'impératrice, sculpté au départ de l'escalier d'honneur, réalisé par le sculpteur béarnais R. Castaing, est exécuté en même temps que cette partie de l'édifice au début des années 1860.

L'après-guerre

Jusqu'aux Trente Glorieuses, l'hôtel des Princes, qui s'étend aux immeubles contigus, conserve sa renommée, fièrement gardé par ses grooms en livrée postés devant le perron d'entrée dans la rue Castellane. A l'instar des autres hôtels de la station, il accueille des juifs déportés durant la Seconde Guerre mondiale, avant d'être rénové et modernisé dans les années 1970, époque à laquelle commence son dépérissement dû au déclin du thermalisme jusque dans les années 1990. Acquis par la commune en 1980, il est inscrit Monuments Historiques en 2002, ce qui n'empêche sa lente détérioration puis sa vente aux enchères à deux reprises. Un investisseur l'acquiert en 2017 afin de le réhabiliter tout en conservant sa fonction d'hébergement de voyageurs.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1854, daté par source
1859, daté par source
1861, daté par source
1864, daté par source
1867, daté par source
1872, daté par source
2017, daté par source
Auteur(s) Auteur : Castaing R.,
R. Castaing

Actif à Pau et en Béarn dans les années 1850-1860.


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sculpteur, signature
Personnalité : Murret-Labarthe Jean, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Montijo Eugénie de, dit(e) impératrice des Français,
Eugénie de Montijo , dit(e) impératrice des Français (1826 - 1920)
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personnage célèbre, attribution par tradition orale

Situé entre le flanc de la montagne et le Jardin Darralde, qui était le lieu névralgique des animations de la station thermale, l'hôtel des Princes se compose, à l'origine, d'un unique bâtiment ordonnancé de style académique. Autour du pavillon central percé d'un portail monumental en plein cintre ouvrant sur le perron en pierre du vestibule, se déploient deux ailes sur le même alignement, comprenant respectivement cinq travées. Toutes deux sont ponctuées de deux pavillons d'une travée supplémentaire, dont celui de gauche accueille une entrée directe vers l'ancien court de tennis. L'édifice se compose en outre d'un sous-sol et de trois étages en élévation, complétés par un étage de combles qui abritait les chambres du personnel.

Obéissant au système de construction usuel des Eaux-Bonnes, le soubassement est réalisé en pierre de taille blanche tandis que les murs gouttereaux sont en briques recouvertes d'enduit peint rouge. La distribution est caractéristique d'un hôtel de voyageurs de grande ampleur, avec les locaux techniques et les cuisines sis au sous-sol, les salons de réception au rez-de-chaussée, puis 150 chambres réparties dans les trois étages de l'ensemble du complexe, lesquels sont desservis par un escalier monumental en bois de chêne foncé. Cet escalier d'honneur mène à chaque étage vers un palier central autour duquel se déploient deux grandes galeries desservant les chambres. Les suites, comprenant parfois des salons, se trouvent dans la partie centrale de l'édifice avec vue sur le jardin Darralde. Les chambres de moindre prestige sont situées côté "montagne", avec des ouvertures donnant directement sur la paroi rocheuse et offrant une faible luminosité à ces espaces.

Au rez-de-chaussée du bâtiment principal, les salons étaient ornés de plafonds en plâtre moulurés et de cheminées ouvragées quasiment détruites. Quant aux chambres, situées dans les deux étages supérieurs, elles sont systématiquement ornées de cheminées en marbre de série selon les modèles standard en circulation sous le Second Empire.

Les agrandissements et adjonctions de bâtiments contigus s'effectuent dans une parfaite continuité de style avec le bâtiment originel. Le pavillon de droite s'inscrit dans la descente du relief naturel, ce pour quoi son rez-de-chaussée se trouve au niveau du sous-sol de l'hôtel. Il abritait à ce niveau un salon de thé avec devanture sur rue, dont l'enseigne est encore lisible et dont le décor sculpté d'inspiration classique subsiste malgré son extrême détérioration. Le premier étage de cette aile, en enfilade par rapport à la grande salle de restaurant de l'hôtel, accueillait un petit salon, probablement dédié aux animations musicales et autres récitals. Les moulures des menuiseries en bois foncé et du plafond en plâtre y ont perduré, ainsi qu'une cheminée composée d'un manteau en bois sculpté, d'un miroir et d'une horloge aujourd'hui disparue.

Murs calcaire pierre de taille
brique enduit

Toit ardoise
Étages sous-sol, 3 étages carrés, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente
Autres organes de circulations ascenseur
États conservations menacé
Techniques sculpture
Représentations tête de femme, symbole personnel ornement végétal, instrument de musique
Précision représentations

Le départ de l'escalier d'honneur est agrémenté du portrait sculpté de l'impératrice Eugénie. Le plafond du salon de thé dans le soubassement du pavillon de droite est décoré d'une série de têtes féminines en stuc - peut-être de nouveau en hommage à l'impératrice Eugénie. Le petit salon à l'étage de ce pavillon a conservé son décor de motifs végétaux et d'instruments de musique.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée, Acquis par vente aux enchères en 2017.
Protections inscrit MH, 2002
Précisions sur la protection

Décision de la commission régionale du patrimoine et des sites de la Région Aquitaine en sa séance du 26 septembre 2002.

Extrait de l'arrêté du 28 novembre 2002 : "Est inscrit sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, en totalité, l'hôtel des Princes ainsi que la façade sur rue des maisons Prat-Dumas, Paris et Cazaux qui lui sont attenantes."

Annexes

  • Le mobilier de l'Hôtel des Princes

    Malgré son état de délabrement, l'hôtel conserve quelques souvenirs matériels éparses de sa grandeur, avec de rares objets mobiliers d'intérêt patrimonial tels que le standard téléphonique réalisé par Louis Lartigau, électricien à Urrugne, et un coffre-fort en bois, datant tous deux du début du XXe siècle, ainsi qu'un piano droit fabriqué par le facteur parisien Mussard aîné dans la seconde moitié du XIXe siècle.

    Dans les combles, sont entreposés des vestiges de fauteuils en bois et textile du XIXe siècle et des présentoirs de cartes postales de l'entre-deux-guerres.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Matrice cadastrale des propriétés bâties d'Eaux-Bonnes 1903-1904.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Augmentations et diminutions survenues dans les contenances et les revenus portés sur les matrices cadastrales année 1863.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
Documents figurés
  • Plan cadastral des Eaux-Bonnes dressé par J. Turon le 17 septembre 1863, vu et approuvé par le préfet le 27 avril 1866.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Plan des Eaux-Bonnes, dans Guide Joanne, Hachette, 1894.

Bibliographie
  • MIGNOT Marie-Pascale. Les Eaux-Bonnes, station thermale des Pyrénées-Atlantiques. DRAE Aquitaine, 1986.

    P. 25, 31.
  • JARRASSÉ Dominique. Les thermes romantiques. Bains et villégiature en France de 1800 à 1850. Publications de l'Institut d'Études du Massif Central, Clermont-Ferrand, 1992.

Périodiques
  • Courrier d'Eaux-Bonnes, n°129, 22 mai 1892

  • Courrier d'Eaux-Bonnes, n°101, 5 juillet 1883

  • Courrier d'Eaux-Bonnes, n°163, 3 juillet 1894

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Université de Pau et des Pays de l'Adour - Delpech Viviane