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Fort Pâté

Dossier IA33004531 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Appellations Fort Pâté
Parties constituantes non étudiées poudrière, puits
Dénominations fort
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive droite)
Hydrographies Gironde La
Adresse Commune : Blaye
Lieu-dit : Île du Fort Paté
Cadastre : 1832 A2 302-305 ; 2013 AX 1

L'établissement d'une tour à canons sur un îlot de l'estuaire récemment sorti des flots, complémentaire de la citadelle de Blaye et d'un fort sur la rive médocaine, dans le but de verrouiller le fleuve, prend corps dans le grand dessein de Vauban de 1685. Alors que les travaux de la citadelle sont en voie d'achèvement en 1689, décision est prise par Louis XIV d'engager les chantiers en Médoc et sur l'île de Blaye. Le projet de l'ingénieur François Ferry pour un fort insulaire destiné à protéger une batterie d'une quinzaine de canons est agréé par le roi en décembre 1690, et mis en œuvre par l'architecte Pierre Michel Duplessy au début de l'année suivante. L'édification d'une tour de pierre massive en milieu mouvant nécessitait la construction préalable d'un radier de charpente destiné à soutenir la superstructure, installé en novembre 1691. Le chantier de maçonnerie, par assises successives, est achevé en 1693. La nouvelle fortification est désignée fort Pâté du fait de sa forme elliptique.

Dès le début du 18e siècle, les travaux ont surtout consisté à assurer la défense des rivages de l'île, menacés par l'érosion des courants. Une intervention fut cependant nécessaire sur le parement du fort, suite à des "écorchements" survenus en 1729, ainsi que quelques réparations vers 1760. En 1789, un inventaire de l'armement indique que le fort est doté de six canons. Durant la Révolution, l'édifice a servi de prison pour les prêtres réfractaires avant leur déportation.

Quelques travaux d'améliorations sont effectués en 1861-1862 à la batterie du fort et au corps de garde. Le développement des canons à longue portée au 19e siècle, la crise de l'artillerie rayée puis de l'obus explosif à partir de 1885 ont fait perdre de son intérêt stratégique au triptyque. Pourtant, ces défenses de seconde ligne sur l'estuaire redeviennent une priorité à la fin du siècle. Complémentaire à l'armement de la citadelle et du Fort Médoc, une batterie de 95 de quatre pièces est installée sur l'île vers 1900, au-devant du fort sur une banquette d'artillerie.

Suivant le sort du triptyque militaire de l'estuaire, le fort, inscrit comme Monument historique en 1935, est désarmé en 1937 puis vendu à des particuliers. La véritable reconnaissance de l'intérêt patrimonial du site, comme élément indissociable de l'ensemble défensif, est consacrée en 2008 par son inscription sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO.

Période(s) Principale : milieu 17e siècle
Principale : 4e quart 17e siècle
Secondaire : 18e siècle
Secondaire : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Vauban Sébastien Le Prestre de, marquis,
Vauban Sébastien Le Prestre de, marquis
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ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Fénis du Tourondel Martin de,
Martin de Fénis du Tourondel

Martin de Fénis du Tourondel, seigneur de Labrousse, officier de Saint-Louis et ingénieur du Roi (+ 1736) [AD Corrèze, Inventaire sommaire série E, E 931].


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ingénieur militaire, attribution par source

Le fort se présente comme une tour massive de plan ovoïde, d'une douzaine de mètres de hauteur. Son parement est en pierre de taille de moyen appareil, parfaitement assisé et régulièrement harpé. Le parapet a été bâti de briques crépies, matériau mieux à même d'absorber l'impact d'éventuels bombardements. L'entrée unique située sur le petit côté sud, est précédée d'un pont-levis et surmontée par une bretèche sur consoles. La porte plein-cintre donne sur un sas, protégé par huit fentes de tir. Un dégagement débouche sur un long corridor annulaire vouté en berceau, ceinturant la totalité du fort, percé de 32 bouches à feu destinées à assurer la couverture de la batterie basse, dont plusieurs ont été retaillées pour améliorer l'angle de visée vers le haut. Le corridor, équipé sur chacun des grands côtés d'une citerne et d'une cheminée, pouvait servir au logement de garnison, des crochets de fixation de hamacs étant toujours visibles sur les parois. A l'extrémité nord du couloir, un second sas, dans lequel sont placées les gaines de deux puits, donne accès par un couloir étroit à la poudrière au centre de la fortification, local rectangulaire voûté en berceau.

Un escalier en vis au fond du sas d'entrée assure la desserte de la plateforme sommitale, protégée d'un parapet à ébrasements, dont plusieurs sont murés. La partie centrale de la terrasse est occupée par un corps de garde d'un seul niveau, mais à l'architecture soignée, comme en témoignent les chaînes d'angle à bossage, les encadrements à crossettes et la corniche. L'intérieur est composé d'une pièce avec cheminée et d'une annexe. Les deux puits sont adossés à l'élévation nord du corps de garde.

Le fort est complété d'une banquette d'artillerie en terre au nord, dotée d'alvéoles pour coups de sûreté.

Murs calcaire pierre de taille
Toit tuile creuse
Plans plan centré
Étages 1 étage carré
Couvrements voûte en berceau
Couvertures toit à longs pans croupe
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie
Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Sites de protection liste du patrimoine mondial
Protections classé MH, 2013/10/09
Précisions sur la protection

Inscription par arrêté du 17 juillet 1935 (restes du Fort Pâté) : abrogée. Classement par arrêté du 9 octobre 2013 du Fort Pâté et de ses casemates avec le sol de leur parcelle d'implantation (cad. AX 1).

Références documentaires

Documents d'archives
  • Correspondance du subdélégué de Blaye avec l'intendant, concernant divers sujets, dont : à la réparation de l'escalier de la tour de l'Ile devant Blaye ; à la réparation de la chapelle de l'Ile au Pâté (1759-1760).

    Archives départementales de la Gironde : C 375
  • Inventaire général des pièces d'artillerie de Blaye, de la Tour de l'île devant Blaye, du Fort Médoc, 1789.

    Archives départementales de la Gironde : C 2358
Documents figurés
  • Plan-relief de la citadelle et de la ville de Blaye. Maquette en 6 tables au 1/600, 1703.

    Musée des plans-reliefs, Paris : 11
  • Fonds concernant la mise en défense du verrou de l'estuaire de la Gironde (17e-19e siècles).

    Archives départementales de la Gironde : FiNC
  • Fonds concernant la place de Blaye, le verrou et d'autres sites sur l'estuaire de la Gironde, 19e siècle.

    Archives départementales de la Gironde : 2 J 7
Bibliographie
  • BELLEMER Émile. Petite histoire de la ville de Blaye. Réimpression de l'édition originale de 1886, PyréMonde Princi Negue, 2009.

    T. I, p. 224 ; t. II, p. 46-51.
  • BESCHI Alain, CRON Eric. Vauban, Blaye et le verrou de l'estuaire. Bordeaux : éditions Confluences, 2011 (Visages du patrimoine en Aquitaine ; 3).

  • DUPEYRON E.M. Abbé. Les Clercs, prêtres et religieux détenus dans la Citadelle de Blaye et de Fort Pâté, pendant la Révolution 1793-94-95, (d´après les notes de l´Abbé Bellemer). Blaye ; [s.n.], 1936.

Périodiques
  • COUTURA Johel. « Etat des plans de la citadelle de Blaye, du Fort Pâté et du Fort Médoc ». Les Cahiers du Vitrezay, 1983, n° 45.

    P. 106-131.
  • COUTURA Johel. "La construction de Fort-Pâté au milieu de la Gironde (1689-1693)". Revue Archéologique de Bordeaux, tome LXXXXII, 1991.

    P. 135-166.
  • PEYROUS Bernard. « Un grand ensemble défensif aux XVIIe et XVIIIe siècles : La Forteresse de Blaye, le Fort-Pâté et le Fort-Médoc ». Les Cahiers du Vitrezay, 1978, supplément au n° 24.

    P. 14-47.
  • s.n. « Quelques notes nouvelles pour servir à l'histoire de la Citadelle de Blaye, de Fort-Pâté et de Fort-Médoc ». Les Cahiers du Vitrezay, 1983, n° 46.

    P. 135-150.
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Beschi Alain