Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Exploitation ostréicole

Dossier IA33007067 réalisé en 2012

Fiche

  • Vue d'ensemble.
    Vue d'ensemble.
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • chenal
    • vanne
    • cabane
Parties constituantes non étudiées chenal, vanne, cabane
Dénominations installation aquicole
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Saint-Vivien-de-Médoc
Adresse Commune : Talais
Lieu-dit : les Baluards
Cadastre : 2013 OA 1, 225

La pêche de l´huître plate est attestée dans l'estuaire dés l´Antiquité, puis au Moyen Âge, mais semble disparaître au 16e siècle. L'abbé Baurein y consacre un passage dans son ouvrage vers 1784-1786.

Des décrets sont mis en œuvre en 1852 et 1853 pour la pêche à pied et à la drague.

Ce n´est vraiment que dans la seconde moitié du 19e siècle que l´ostréiculture prend de l´ampleur avec l´arrivée de l´huître portugaise : en 1868, lors d´une tempête, le navire « Le Morlaisien », en provenance du Tage, transportant des cargaisons d´huîtres portugaises, aurait rejeté une partie des huîtres avariée au niveau du lieu-dit "La Fosse", situé entre Talais et Saint-Vivien-de-Médoc. Des gisements ont ainsi commencé à apparaître progressivement sur la rive gauche. A partir de 1875, les crassats (gisements naturels d'huîtres) ont été organisés en parcs et concessions, du chenal de Goulée jusqu´à Soulac. A Talais, quatre parcs à huîtres sont établis en 1881 sur le crassat du Cheysin, puis agrandis en 1883. Cette même année, la production atteint son apogée avec 62 millions d´huîtres pour l'ensemble des communes du Bas-Médoc. Un extrait des registres de délibérations de la commune de Talais de l´année 1922 (voir en annexe) montre l´ampleur du phénomène ; des cartes postales montrent notamment l´effervescence qui règne alors dans les petits ports du Bas-Médoc. L´activité ostréicole diminue progressivement à partir des années 1970, à la suite de virus et à la pollution cadmium des eaux estuariennes (en provenance d´anciennes mines de l´Aveyron). Le projet de développement de l´avant-port du Verdon et l´envasement de l´estran contribuent également à la disparition de l'ostréiculture ; les parcs sont expropriés afin de permettre la réalisation des bassins portuaires. A Talais, l´activité ostréicole a été relancée avec succès dans les années 2010.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1881, daté par source

Le parc ostréicole, d'une surface d'environ 3 hectares, est situé dans les mattes de Talais, au sud du chenal, sur les bords de l'estuaire.

Il est composé de claires d'affinage et de cabanes en bois.

Annexes

  • Documentation complémentaire

    AD Gironde SP 1073 : Domaine Maritime, 1878-1904.

    1878 : Volonté de créer des établissement huîtriers et un réservoir à poissons.

    1879 : Service administratif des pêches : "Les parcs sont circonscrits par des levées de terre dont la hauteur ne dépassera pas 0,30m de hauteur et qui seront faites avec le produit des excavations opérées à l'intérieur du périmètre, sans emploi de pieux, pierres ni clayonnages. Les angles des dites levées seront signalés par des balises visibles à toute hauteur de murées et entretenues constamment en bon état".

    1881 : autorisation d'établir les parcs à huîtres, les 4 premiers sur le crassat du Cheysing à Talais, les 2 autres sur le crassat de Richard à Jau-Dignac et Loirac.

    1883 : création et agrandissement de parcs à huîtres sur le littoral du quartier de Pauillac.

    1904 : concessions de cabanes ostréicoles.

    AC Talais, Registre de délibérations, 1881-1925.

    Mai 1922 : Pêche des huîtres.

    Considérant que les bancs huîtriers du quartier de Pauillac situés à l´embouchure de la Gironde (rive gauche) partant du Verdon jusqu´à Richard, constituent une véritable richesse et sont une source de revenus indispensables aux nombreux ostréiculteurs, pêcheurs du Bas-Médoc.

    Qu´actuellement par les soins des populations riveraines ils alimentent en grande partie les centres ostréicoles du Sud-Ouest.

    Qu´il y a lieu de penser que d´ici quelques années, leur importance deviendra encore plus considérable, par la création de bancs à naissains à côté des bancs existants donnant aussi l´assurance d´un nouvel appoint de naissain aux centres ostréicoles intéressés.

    Qu´il faut donc par tous les moyens possibles protéger l´exploitation de nos bancs, qu´on y parviendra :

    1- En n´accordant des concessions qu´aux riverains.

    2- En refusant aux pêcheurs ostréiculteurs domiciliés hors du Quartier de Pauillac l´obtention de ces concessions, accordées à des étrangers au pays, ayant uniquement pour objet de permettre à ces derniers de pêcher librement sur les bancs et d´importer au loin les naissains dont ils ont besoin pour peupler leurs parcs.

    3- En faisant strictement observer les règlements en vigueur prévus par l´arrêté du 18 août 1822 [...].

    14 octobre 1922 : Pêche des huîtres.

    Sur la proposition de M. le maire, le Conseil faisant droit aux justes doléances des Inscrits Maritimes et du pêcheur du Verdon, prend à l´unanimité la délibération suivante :

    Considérant que les bancs huîtriers situés à l´embouchure de la Gironde, du Verdon à Richard, constituent une véritable richesse locale et sont une source de revenus pour les populations du bas-Médoc, qu´actuellement ils alimentent presque à eux seuls le commerce ostréicole de toute la région du Sud-Ouest, qu´il y a lieu de penser que d´ici quelques années leur importance deviendra encore plus considérable, le manque d´huîtres portugaises se faisant dans tous les autres centres de production, qu´il faut donc par tous les moyens possibles en protéger l´exploitation en faisant strictement observer les règlements en vigueur prévus par l´arrêté du 18 août 1822 de Monsieur le sous-secrétaire d´État de la Marine Marchande et des pêches en ce qui concerne particulièrement les bateaux étrangers au Quartier de Pauillac, admis à venir pêcher les huîtres, pour qui les dits règlements sont lettre-morte et qui se [?] comme les années précédentes à de véritables déprédations sur les crassats.

    Considérant que pour appliquer ces mesures de protection, les moyens dont disposent actuellement Monsieur l´Administrateur de la Marine de Pauillac et les autorités locales sont tout à fait insuffisants, sinon à peu près nuls.

    Que si ces mesures ne sont pas prises de toute urgence, les bancs huîtriers du Verdon, de Neyran, de Talais, de Jau, de Richard seront rapidement ruinés, au plus grand détriment des inscrits de la Région.

    Émet le vœu suivant qu´il demande instantanément à Monsieur le Sous-secrétaire d´État de vouloir bien réaliser.

    1- Envoi immédiat en Gironde de une ou deux vedettes garde-pêche, en vue d´effectuer une surveillance efficace et active de la pêche des huîtres du Verdon à Richard.

    2- Transfert du siège du quartier de Pauillac à l´embouchure de la Gironde.

    3- Rattachement de la totalité des bancs huîtriers de la Gironde, rive droite et rive gauche à ce nouveau quartier.

  • Extrait d'ouvrage

    BAUREIN, Abbé, MERAN, Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd., p. 202-203.

    Il faut qu´il soit survenu bien du changement sur la côte de cette Paroisse, qui, quoique bordée vers le levant par la rivière de la Gironde, est néanmoins assez voisine de la mer, puisque des bancs d´huîtres, qui y existoient autrefois, ont entièrement disparu depuis très longtemps. On trouve, en effet, dans un ancien registre du temps, conservé dans l´Hôtel de Ville de Bordeaux, que les jurats écrivirent le 5 mai 1414, à Messire Guelleam Marin, Chambellan du Très-haut Prince M. le Duc de Clarensse, au sujet d´un navire Anglois qui avoit été vendu dans ce port. Ils lui marquent que le Maître de ce navire, n´ayant pas de quoi fournir à sa subsistance ni à celle de son équipage s´étoit trouvé dans la nécessité de prendre ce parti ; et pour lui prouver la triste situation de ces gens-là, aucuns de eulx, lui marquoient-ils, aloyent A TALAIS POUR DE LES HUITRES, aultres aloyent labourer ; ce qui les avoit obligés à mettre leur navire à l´enchère.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Registre de délibérations 1881-1925.

    Archives départementales de la Gironde
  • AD Gironde, SP 1073 : Domaine maritime, 1878-1904.

Bibliographie
  • BARTHOU Jacques. L'exploitation des gisements d'huîtres de l'estuaire de la Gironde et de son embouchure depuis 1870. Colloque du musée maritime de l'île Tatihou.(du 29 juin au 1er juillet 2000) . Ils vivent avec le rivage : pêche côtière et exploitation du littoral. Caen : 14-Condé-sur-Noireau Imprimeur, 2005. (Histoire maritime n°2).

  • BARTHOU Jacques. "Un siècle d'activités ostréicoles à l'embouchure et dans l'estuaire de la Gironde". Actes des 1er et 2e colloques du Conservatoire de l'estuaire de la Gironde. Blaye : Éd. Confluences, 1993.

  • BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd .

    p. 202-203
  • SAYO Sylvain, OROZ Colette. Quand les huîtres portugaises faisaient vivre le Bas-Médoc. E du Nord-Médord-Médoc, 2017.

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Riberolle Jennifer