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Étable à bœufs du château de Lanessan

Dossier IA33001788 inclus dans Château Lanessan réalisé en 2008

Fiche

  • Vue d'ensemble.
    Vue d'ensemble.
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  • Parties constituantes

    • logement
    • hangar agricole
    • grange
    • étable à vaches

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées logement, hangar agricole, grange, étable à vaches
Dénominations ferme
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Cussac-Fort-Médoc
Lieu-dit : le Parc Neuf
Cadastre : 1826 D4 1661, 1662 ; 2010 AH 38

Un bâtiment est indiqué sur le plan cadastral de 1826 au lieu-dit "le Parc de Lanessan" mais le bâtiment actuel a été construit au début de la décennie 1840 par Louis Delbos aîné, comme le mentionne Auguste Petit-Lafitte dans sa revue en 1842 : cette étable à bœufs est présentée comme une étable modèle avec une description précise de ses aménagements accompagnée d'un plan. La modernité de ce bâtiment tient à l'organisation intérieure avec un couloir central sur lequel donnent les crèches des animaux logés derrière. Le couloir central facilite aussi bien la distribution du fourrage que les soins prodigués aux bœufs.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle

Éloigné du château, le bâtiment est accessible par les allées dessinées dans le parc. Certaines sont bordées de pins parasols.

L'édifice est composé d'une vaste étable-grange encadrée de deux logements en rez-de-chaussée. L'étable-grange est un bâtiment ouvert, couvert d'un toit à longs pans dont la charpente en bois repose sur des consoles et des piliers en pierre de taille de calcaire. Une des parties abritant l'étable à vaches est fermée et surmontée d'un espace de stockage du foin. Une autre partie de ce vaste espace est dévolue aux machines agricoles.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit tuile creuse
Étages en rez-de-chaussée, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans
États conservations bon état
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • PETIT-LAFITTE, Auguste. Étable à boeufs perfectionnée. L'Agriculture comme source de richesse, comme garantie du repos social : recueil uniquement consacré aux progrès de l'agriculture, des sciences et des arts qui s'y rapportent, dans la Gironde et les départements environnants..., 1842, n°3.

    Au nombre des améliorations introduites dans l’agriculture de la Gironde, il faut ne pas oublier de mettre celles qui se rattachent au logement des animaux domestiques ; celles qui ont pour but le perfectionnement des étables, sous le double rapport de l’état hygiénique de ces animaux et de la fabrication du fumier. Il est vrai, qu’à cet égard, dans plusieurs des départements qui nous avoisinent et dans la Gironde même, de bonnes traditions s’étaient conservées, au moins quant au principe ; car presque partout, et sous l’influence du métayage, cette portion essentielle de l’architecture rurale laissait et laisse encore beaucoup à désirer. Ainsi l’on rencontre assez fréquemment, dans les campagnes de l'Agenais, une disposition d'étables, d’après laquelle, un couloir ménagé entre la crèche et l’un des murs de clôture, permet aux agents d'exploitation, sans les exposer à aucun danger, une circulation, une inspection de tous les instants. C’est ce principe simple et d’un avantage incontestable qui a servi de bases à des constructions, la plupart fort remarquables, déjà existantes dans la Gironde.

    Parmi ces constructions, nous citerons celle de M. Sallèle père, maire de Villenave de Rions, à qui la Société d’Agriculture, alors Comice Agricole de Bordeaux, décerna, pour ce fait, une médaille, sur le rapport de MM. Boissières et Ivoy fils. L’étable construite à Mérignac, par M. Caillavet (voir la description et le dessin : l’Agriculture, tome 1, Celle que M. Allègre avait fait établir à Bruges) ; une autre sur le domaine de M. Destournel, en Médoc, que l’on dit aussi très-remarquable mais que nous n'avons pas vue.

    C’est encore ce principe qui a guidé récemment un membre de la Société d’Agriculture du département de la Gironde, l’honorable M. Delbos aîné, dans l'étable que l'on voit maintenant sur son beau domaine de Château Lanessan, commune de Cussac, Médoc. La description que nous allons faire de cette étable sera beaucoup simplifiée par le soin que nous avons pris d’en dresser un dessin avec tous les détails accessoires.

    La figure 1, est le plan général et horizontal.

    La figure 2, une coupe perpendiculaire dans le sens de la ligne C D.

    La figure 3, une vue intérieure des crèches et râteliers, prise sur une échelle double.

    Les murs d’enceinte de cette construction sont en pierre de taille et en planches de pin. En avant, et comme façade principale, s'élève E E fig. 1, un grand hangard [sic] sous lequel peuvent s’abriter les charrettes qui viennent porter soit de la litière, soit du foin et autres provisions à placer dans les greniers régnant au-dessus de l’étable. A droite et à gauche de ce hangard, on a construit des logements uniformes pour les familles employées sur ce point de l’exploitation. Le logement des animaux est indiqué en H H H H, on peut en mettre 21 de chaque côté. Chacun a sa place distincte, ainsi que l’indique d’une manière précise la figure 3. La grille, représentée dans cette figure avec l’ouverture ou l’écartement des barreaux destinés à chaque tête, est en fer rond, ce qui joint à la solidité, à la propreté, l’avantage de prévenir tout danger : tant ceux qui résulteraient des rapports des animaux entr’eux, que ceux d’un choc d'un frottement contre des barres de fer à angles saillants. En passant sa tête dans l’ouverture qui lui est réservée, et vis-à-vis de laquelle il reste fixé au moyen d'une chaîne et d’un anneau de fer, chaque animal peut puiser dans la crèche qui est devant lui, F F F F, sa nourriture. Or cette nourriture, rien n’est plus facile que de la lui donner et surtout d’en surveiller l’emploi. Pour cela il a fallu la faire tomber du grenier sur le plancher, toujours parfaitement balayé, du corridor G G régnant entre les deux crèches et ayant une porte à chaque extrémité. Puis la mettre dans ces mêmes crèches chose d’autant plus facile que ces dernières sont très peu élevées, ainsi que le fait du reste parfaitement comprendre la figure 2. Enfin le curage de l'étable est on ne peut plus aisé par la disposition des grandes portes latérales qui servent aussi à la circulation des animaux et qui permettent aux charrettes d’entrer, de prendre leur chargement et de sortir, sans dévier de la ligne droite. Les avantages de ce mode de construction ne sauraient être contestés. Dans une habitation ainsi disposée, le bétail trouve réunies toutes les conditions d’hygiène et de commodité qu’il est si essentiel de lui procurer. De leur côté, les hommes préposés à sa surveillance, peuvent accomplir leur mission de la manière la plus complète, la plus facile. Le passage élevé qui règne entre les deux crèches et râteliers les met en position de dominer toute l’étendue de l'étable et d’embrasser d’un seul coup d’œil l’ensemble du corps de chacun des animaux, de remarquer ceux qui ne mangent pas, ceux qui seraient en proie à quelque incommodité. Et le maître, lui-même, quel avantage pour lui de pouvoir aussi exercer sa surveillance, de pouvoir, sans peine, sans danger, quand il le juge convenable, passer au milieu de ses animaux, les examinant un à un, les touchant et intimant à ses serviteurs, comme celui de la fable, les ordres que lui suggère cet examen :

    Je trouve bien peu d’herbe en tous ces râteliers. Cette litière est vieille, allez vite aux greniers. Je veux voir désormais vos bêtes mieux soignées. Que coûte-t-il d'ôter toutes ces araignées ?

    Nous savons bien que de telles améliorations ne peuvent être que le partage de la grande propriété, et c’est la justement, ce qui nous fait regretter le morcellement indéfini de cette dernière. Mais nous savons aussi que ces améliorations sont le signe d’un incontestable progrès. Qu'on ne saurait trop louer, encourager le grand tenancier qui les exécute, malgré la routine, et surtout malgré l’espèce de blâme qui semble s’attacher à tout ce qui, en agriculture, s’éloigne plus ou moins des usages reçus, des habitudes contractées. Que M. Delbos continue donc à s’avancer dans la voie où il s'est engagé et où nous aurons encore occasion de le rencontrer avant peu, ses succès ne pourraient manquer de l’y encourager ; car, en agriculture aussi, c'est au propriétaire, le premier, qu’il est donné de constater les résultats avantageux d’une réforme bien combinée, bien exécutée.

Références documentaires

Documents figurés
  • PETIT-LAFITTE, Auguste. Etable à bœufs perfectionnée. In L'Agriculture comme source de richesse, comme garantie du repos social : recueil uniquement consacré aux progrès de l'agriculture, des sciences et des arts qui s'y rapportent, dans la Gironde et les départements environnants..., 1842, n°3.. Planche gravée, 1843 [Bnf].

Bibliographie
  • DES GROTTES Florence. Deux siècles d'histoire à Lanessan, 1793-1993, doc. datyl., 1996.

Périodiques
  • PETIT-LAFITTE, Auguste. Etable à bœufs perfectionnée. L'Agriculture comme source de richesse, comme garantie du repos social : recueil uniquement consacré aux progrès de l'agriculture, des sciences et des arts qui s'y rapportent, dans la Gironde et les départements environnants..., 1842, n°3.

    p. 113-116
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Steimer Claire