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Église paroissiale Saint-Jacques

Ensemble du maître-autel (autel, 2 gradins, tabernacle et 2 crédences, 2 statues d'anges lampadophores)

Dossier IM40007913 réalisé en 2019

Fiche

Dénominations autel, gradin d'autel, tabernacle, crédence, statue
Titres anges lampadophores
Aire d'étude et canton Tartas est
Adresse Commune : Tartas
Adresse : place Saint-Martin , cours Saint-Jacques
Emplacement dans l'édifice chœur

La plus grande partie du mobilier cultuel de la nouvelle église Saint-Jacques, dessiné, apparemment dès 1852, par l'architecte Hippolyte Durand, fut commandée vers 1856, après l'achèvement de la construction de l'édifice, au marbrier et sculpteur bordelais Bernard Jabouin aîné (1810-1889), son collaborateur à plusieurs reprises. L'année-même de l'achèvement du chantier tarusate, Jabouin exécutait le maître-autel de l'église Saint-Martin de Peyrehorade, autre création exactement contemporaine de Durand. Le dessin de ce meuble aujourd'hui démantelé, publié en novembre 1857 dans le Moniteur des architectes (planche 526), est identique à celui de l'autel de Saint-Jacques, au détail près du gradin (droit à Tartas, redenté à Peyrehorade). Jabouin reproduisit à plusieurs reprises ce modèle par la suite, par exemple pour l'église de Salles (Gironde). Le meuble de Tartas, dont le modèle fut choisi (si on en croit un texte manuscrit d'Henri Desbordes postérieur à 1866) dans l’atelier même de Jabouin par le maire Pierre-Léonard Desbordes (en fonction du 25 juillet 1852 au 16 août 1860), fut livré pour un coût total de 6.000 francs. La somme fut réglée avant le 13 août 1857, date à laquelle une délibération du conseil municipal signale le paiement conjoint de l'autel et de la chaire à prêcher. L'autel majeur figure sous le n° 21 dans l'inventaire de février 1906.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1856, daté par source
Lieu d'exécution Commune : Bordeaux
Auteur(s) Auteur : Jabouin Bernard, dit(e) Jabouin aîné,
Bernard Jabouin , dit(e) Jabouin aîné (1810 - 1889)

Marbrier-sculpteur à Bordeaux, dit Jabouin aîné.


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marbrier, sculpteur, signature
Auteur : Durand Hippolyte,
Hippolyte Durand (1801 - 1882)

Né à Paris le 11 juillet 1801, mort à Paris le 8 ou 18 janvier 1882. Élève de Lebas et Vaudoyer à l'École des beaux-arts de Paris ; architecte du diocèse de Bayonne de 1848 à 1852, puis de ceux d'Auch et Tarbes. Parmi ses créations figurent le marché couvert de Saint-Germain-en-Laye (1832-1834), le château de Montecristo au Vésinet (édifié pour Alexandre Dumas en 1844-1847), la villa Eugénie à Biarritz (actuel hôtel du Palais, 1854-1855) et, dans le domaine religieux, la basilique de Lourdes (1862-1871) et plusieurs églises, dont Saint-Martin de Peyrehorade (1846-1857), Saint-Jacques de Tartas (1847-1856), Saint-André de Bayonne (1846-1869), Saint-Pierre de Soustons (1863-1867).


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architecte, dessinateur, auteur du modèle, attribution par source

Meuble de style néogothique ("gothique du XIIIe siècle" selon le projet de l'architecte) en marbre blanc, posé sur un degré d'autel à trois marches en marbre gris veiné, avec plateforme à décor de marqueterie. Autel-tombeau droit à la face divisée par six colonnettes en marbre rose du Languedoc encadrant des niches en arc trilobé abritant des reliefs ; massif postérieur surmonté de deux gradins droits ; ceux-ci encastrent un tabernacle architecturé à porte rectangulaire (laiton doré) encadrée de deux paires de colonnettes angulaires portant un tympan trilobé ; exposition à quatre colonnettes en marbre gris-vert, arcs trilobés, gâble aigu et tourelles angulaires octogonales. De part et d'autre du massif postérieur, deux extensions en bois peint faux marbre et doré (dont le décor reproduit celui du meuble en marbre) destinées à élargir la composition d'origine. Ensemble complété par deux petites crédences adossées aux pans coupés de l'abside : plateau de marbre blanc de Carrare porté par deux colonnettes jumelées au fût en brèche rose du Languedoc (identiques aux colonnettes des fonts baptismaux), elles-mêmes reposant sur un socle en bois peint faux marbre veiné vert et noir.

Autel encadré par deux statues d'anges lampadophores en plâtre polychrome et doré, portant des candélabres en laiton doré à deux couronnes chargées de vingt lumières.

Catégories marbrerie, sculpture, menuiserie
Structures plan, rectangulaire élévation, droit colonne, 16
Matériaux marbre uni, blanc, décor en bas relief, décor rapporté
marbre veiné, rose, vert, poli
brèche, grise, rose, poli
bois, taillé, gravé, peint, faux marbre, peint faux or
plâtre, moulé, peint, polychrome, peint faux or
laiton, estampage, ajouré, fondu, doré
Mesures h : 365.0
la : 300.0
Précision dimensions

Autel : h = 102 ; la = 253 ; pr = 62,5 ; reliefs de l'autel : h = 63 ; gradin inférieur : h = 25 ; gradin supérieur : h = 60 ; tabernacle : h = 103 (jusqu'à la corniche) ; la = 70 ; pr = 60 ; exposition : h = 160 ; extensions latérales en bois des gradins : la = 31. Crédences : h = 85 ; la = 53 ; pr = 33. Statues d'anges lampadophores : h = 120 (sans le candélabre) ; la = 34. Socles des statues : h = 85 ; la = 44.

Iconographies Christ enseignant, Les Evangélistes, Le Tétramorphe
ornementation, ornement à forme architecturale, gable, tour, quadrillage, quadrilobe, raisin
ange, lampe
Précision représentations

Décor en relief : dans les niches du devant d'autel, des demi-reliefs sur fond or représentant les effigies assises du Christ enseignant entouré des Évangélistes ; dans les écoinçons des arcs trilobés, les symboles des Évangélistes sculptés dans des médaillons quadrilobés ; sur le tympan surmontant la porte, un rinceau à enroulements ; corniche à écailles au sommet du tabernacle ; tourelles aux angles de l'exposition, gâbles à crochets feuillagés sur ses faces ; grappes de raisin sue le chapiteau des colonnettes des deux crédences.

Décor gravé et doré : quadrillage à croix grecques sur les deux gradins.

Décor estampé : croix latine pattée, avec Agneau de Dieu dans un cercle à la croisée, sertie de cabochons de pâte de verre colorée (rouge, verte et bleue) sur la porte en laiton doré du tabernacle.

Statues d'anges lampadophores : vêtus de dalmatiques et de robes dorées à motifs végétaux polychromes, ailes dorées.

Inscriptions & marques cachet d'atelier, gravé, peint
numéro de série, en creux
inscription, peint
Précision inscriptions

Cachet d'atelier (sur le côté gauche du gradin inférieur, actuellement dissimulé par l'extension en bois du gradin) : cachet hexagonal rouge, avec au centre deux marteaux, une gouge et un compas dorés dans un double cercle perlé bleu entourant l'inscription BERN JABOUIN + S [pour Senior].

Numéros de série (poinçonné au revers des deux statues d'anges) : 7060 (ange de gauche), 7454 (ange de droite).

Inscription (gravée et peinte en rouge au sommet de la face du tabernacle) : AVTEL PRIVILEGIE.

États conservations oeuvre complétée
Précision état de conservation

Deux extensions en bois peint faux marbre ajoutées de part et d'autre du massif-gradin. Le dais d'exposition n'a probablement jamais comporté de flèche ou de couronnement quelconque.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 2004/05/28
Précisions sur la protection

Arrêté de classement : seules les deux statues d'anges lampadophores ont été comprises dans la protection ; l'autel lui-même n'apparaît pas explicitement dans les listes d'inscription de 2003 ni de classement de 2004.

Annexes

  • Extrait de : [Henri Desbordes], "La vérité sur l'église de Tartas", manuscrit, s.d. (après 1866)

    "[...] Mais l'église construite, tout n'était pas fini : il fallait des portes, il fallait un autel, une table de communion. Le maire [Pierre-Léonard Desbordes] se mit en rapport avec un marbrier renommé de Bordeaux, Mr Jaboin (sic) : il visita ses ateliers et y fit choix d'un autel dont il fit soumettre le plan au vénéré doyen [Guillaume Miqueu]. Ce plan fut agréé ; mais il devait coûter 6000 f. et on n'avait rien. La difficulté fut bientôt levée ; quelques personnes se cotisèrent et les 6000 f. furent faits. Cette somme a du reste été exactement rendue. Le maire revint à Bordeaux, il acheta définitivement l'autel et plus tard fit choix dans les mêmes ateliers de la belle statue qui orne l'autel de la Vierge. Il retourna encore à Bordeaux pour y faire confectionner la table de communion et pendant qu'il faisait travailler un ouvrier à Tartas aux ferrures des portes latérales, il venait de nouveau à Bordeaux pour traiter de la magnifique ferrure qui décore la porte de la grande nef. Par ses soins, la grande cloche a été fondue et placée au beffroi, avec les deux qu'il y avait fait monter. [...]"

  • Extrait de l'inventaire des biens de la fabrique, 6 février 1906 (AD Landes. 70 V 376/8-10)

    "N° 21. Autel en marbre maçonné sur place, sans retable, avec exposition au-dessus du tabernacle. La table de l'autel est ornée de figures du Christ et des Évangélistes en relief. Le tabernacle a la porte en cuivre avec pierres fines. Deux petites crédences en marbre sont fixées à l'autel sur les 2 côtés."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Église (1839-1926).

    Archives départementales des Landes : 2 O 1985
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique (6 février 1906).

    n° 21 Archives départementales des Landes : 70 V 378/8-10
  • DESBORDES Henri. La vérité sur l'église de Tartas. Manuscrit, s.d. (après 1866).

    Archives paroissiales, Tartas
Bibliographie
  • BECCIA Isabelle. Bernard Jabouin (1810-1889) sculpteur-ornemaniste bordelais. Thèse de 3e cycle, Université Bordeaux Montaigne, 2010.

  • LACROUTS Christian. Tartas et ses églises. Les Cordeliers, Saint-Jacques du bout du pont, Saint-Martin, Saint-Jacques. Dax : Centre généalogique des Landes, 2008.

    p. 17-18
Périodiques
  • Le Moniteur des Architectes. Paris : Caudrilier, novembre 1857.

    planche 526
  • BECCIA Isabelle. "Bernard Jabouin (1810-1889), un sculpteur ornemaniste bordelais et ses concurrents". Revue historique de Bordeaux, 2004, p. 85-119.

  • MAURIAC Muriel. "L'élan néogothique de Saint-Jacques". Le Festin, hors série, septembre 2004.

    p. 68

Liens web

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