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Église paroissiale Saint-Jacques

Ensemble du décor et du mobilier du chœur

Dossier IM40005784 réalisé en 2015
Aire d'étude et canton Mugron
Adresse Commune : Laurède
Emplacement dans l'édifice choeur

L'ensemble du décor du chœur fut exécuté de 1769 à 1775 par les frères Mazzetti, Bernard Virgile (1706-1786) et Jacques-Antoine (1719 ou 1725 - 1781), sculpteurs originaires du Tessin et installés en Avignon. Les stucs du baldaquin, des murs et de la voûte furent peut-être exécutés en collaboration avec leurs deux autres frères, les stucateurs Pierre et Michel (mais ceux-ci semblent travailler indépendamment à Carpentras dès avant cette époque). La réalisation du décor de Laurède intervient près de deux décennies après les premiers travaux des Mazzetti dans les Landes, où ils avaient déjà exécuté le maître-autel (1751) et l'autel de la Vierge (1765) de la cathédrale de Dax à la demande de l'évêque Louis-Marie de Suarez d'Aulan (1737-1771), lui-même d'origine avignonnaise, qui les avait connus au temps où il était encore grand-pénitencier de la cité des papes.

La commande de Laurède, quant à elle, revient au curé Guy-Thomas Planter (Dax 1728-1793 ?), membre d'une famille de notables de Montfort et de Dax, bien connue grâce aux travaux de Bernadette Suau et d'Hervé Coudroy. Planter était fils d'un avocat à la Cour, juge de Montfort et premier jurat de Dax, et frère du riche négociant et minotier Jean-Michel Planter. Pour marquer son nouveau rang dans la bourgeoise dacquoise, la famille avait fait construire un bel hôtel particulier, connu ensuite sous le nom d'hôtel de Chièvres et devenu dans les années 1960 l'Hôtel de Ville de Dax. Bachelier en théologie, l'abbé Planter fut nommé vicaire de Laurède en 1759, puis curé de la paroisse et archiprêtre d'Auribat l'année suivante. Élu maire du village en 1790, il refusa de prêter serment à la constitution civile du clergé, s'exila en Espagne et mourut à Santander vers 1793 (ou dans sa famille à Dax après 1794 selon d'autres sources). La réalisation du décor, exécutée à ses frais, s'inscrit donc dans les premières années de son ministère à Laurède. Peut-être son frère cadet Jean-Baptiste, chanoine de Dax depuis 1760 (il sera grand vicaire du diocèse en 1787), servit-il d'intermédiaire auprès de l'évêque Suarez d'Aulan (encore en fonction au moment de la commande) et, à travers lui, prit-il contact avec les Mazzetti. Dans une lettre adressée le 31 décembre 1768 par un notable laurédien, Lestage-Landiran, à Pierre de Lagardère, conseiller du roi (archives privées, rapportée par H. Coudroy), un post-scriptum annonce : "Notre autel de marbre est arrivé, c'est quelque chose de bien beau". Comme l'indique l'inscription commémorative gravée au revers de l'autel, les travaux de décoration, qui comprirent dans un second temps celle des chapelles latérales (réf. IM40005791), furent achevés en 1775.

Le décor de Laurède, comme celui de Sainte-Quitterie du Mas-d'Aire, strictement contemporain (1771), appartient à la phase la plus créative et mature de l'œuvre des Mazzetti. Aucune autre de leurs réalisations ne s'approche autant de la "fusion des arts" propre au rococo de l'Allemagne méridionale, du Piémont, de la Suisse alémanique et du Tessin, leur région d'origine.

L'ensemble ne paraît avoir subi qu'une seule véritable restauration avant celle achevée en 2018. Un devis du stucateur d'origine comasque François Perini (né en 1812), de Saint-Sever, en date du 13 décembre 1837, mentionne en effet une réfection complète des peintures et dorures, mais aussi quelques remplacements mineurs (par exemple les doigts brisés des anges adorateurs) ou plus importants (les draperies en stuc du baldaquin d'autel, les cadres des grands tableaux des murs latéraux). C'est sans doute le même praticien qui substitua à la trouée de ciel en trompe-l’œil au milieu de la voûte un triangle trinitaire dans une gloire (la restauration récemment achevée a restitué l'état originel).

L'ensemble du décor a été restauré de 2016 à 2018 par la société Malbrel Conservation à Capdenac (Lot). La restauration des tableaux a été assurée par Claudine Passicos, de Laurède (Massacre des Innocents), et par Lucie Roques, d'Angoulême (Martyre des Maccabées, Saint Jacques).

Période(s) Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Dates 1769, porte la date
1775, porte la date
1837, daté par source
Lieu d'exécution Commune : Avignon
Auteur(s) Auteur : Mazzetty Bernard Virgile, dit(e) Mazzetti,
Bernard Virgile Mazzetty , dit(e) Mazzetti (1706 - 1786)
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sculpteur, signature
Auteur : Mazzetty Jacques Antoine, dit(e) Mazzetti,
Jacques Antoine Mazzetty , dit(e) Mazzetti (1719 - 1781)
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sculpteur, signature
Auteur : Perini François,
François Perini , né(e) Perini Francesco (1812 - )

Stucateur d'origine italienne, né Francesco Perini à Pellio Superiore (province de Côme), passé en France à l'âge de 14 ans en avril 1826 et installé à Saint-Sever (Landes).


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stucateur, restaurateur, attribution par source

Exemple le plus abouti de l'art des Mazzetti avec les deux autels de la cathédrale de Dax et le décor de l'église Sainte-Quitterie du Mas d'Aire.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1912/11/05

Annexes

  • Documents concernant la restauration du décor intérieur de l'église de Laurède par le stucateur François Périni, 1837 (AD Landes, 2 O 1047)

    - 1837 (8.5) : délibération du conseil municipal concernant des travaux projetés à l'église. "Les trois autels sont dans le plus mauvais état, toutes les dorures sont entièrement fanées [...]."

    - 1837 (13.12) : Devis estimatif d'ouvrages à faire à l'église, par François Périni, stucateur à saint-Sever, 13 décembre 1837. "Réparations à faire au sanctuaire. / Les quatre pilastres du sanctuaire, avec leurs arceaux qui font le tour de la voûte, la frise et lambroisure [sic] de la croisée à droite, les deux niches vis à vis, les quatre corniches, dont les deux encadrant les tableaux, l'autre la croisée et la quatrième la parallèle vis à vis la croisée, les intervalles de l'un cadre à l'autre et la corniche qui encadre le grand panneau du milieu de la voûte seront piqués pour enlever la superficie afin de bien faire prendre le mortier et le bien préparer pour recevoir le stuc. [...] / Blanchissage des sculptures du sanctuaire. [...] Pour peindre à l'huile vis à vis la croisée un trophée d'ornement de l'église [...]. / Dorure du sanctuaire. Pour redorer la grande gloire au milieu de l'autel, le baldaquin, et refaire en neuf les quatre draperies et les dorer... 180. / Pour redorer à l'entablement de l'autel et du sanctuaire les six médaillons, les chiffres des médaillons, les branches de laurier et les quatre fleurs qui sont au milieu de la frise à l'aplomb des pilastres... 40. / Pour redorer au tabernacle les feuilles de vigne, les épis de froment, le petit baldaquin, le cadre de la porte, les palmes du tombeau et les deux guirlandes au coin... 50. / Pour changer les baguettes dorées des deux tableaux qui sont vis à vis et les remettre neuves dorées au luisant... 20. / Pour réparer la dorure des deux statues et les repeindre en neuf...150. / Pour réparer les mains de deux adorateurs et faire les doigts aux escayoles (*) bien luisant comme le marbre... 10. / Pour réparer en même matière tous les morceaux sortis au tombeau du sanctuaire... 12. / Pour consolider le derrière de l'autel qui menace de tomber et autres raccordage [sic]... 15. / Pour peindre toute la boiserie du sanctuaire y compris les deux morceaux qui vont finir aux deux capelles [sic] donnant 30 mètres carrés... 72. / Chapelle Notre-Dame. Pour démolir le tombeau de cette chapelle et consolider le fondement et reconstruire le marbre bien aplombé de niveau... 18. Pour refaire le stuc de cette chapelle... 24. Pour réparer et blanchir les ornements de la chapelle... 5. / Dorure de la chapelle. Pour redorer les cœurs, les guirlandes et des deux arabesques à côté du tableau... 30. / Chapelle Saint-Michel. La même réparation qu'à celle de Notre-Dame excepté la démolition du tombeau qui n'a besoin que d'être mastiqué aux jointures... 6. 59. / Chaire à prêcher. Pour peindre la chaire à l'huile et redorer toutes les corniches au-dessous de lapui [sic] et décrasser les autels, dorures de dessus... 50. [...]" [S'y ajoutent des réparations à l'église elle-même]

    (*) De l'espagnol escayola, plâtre.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Église, cimetière, presbytère (1814-1933).

    Archives départementales des Landes : 2 O 1047
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique, 6 mars 1906.

    Archives départementales des Landes : 70 V 178/6
Bibliographie
  • MENAUT Élie [fautivement nommé Menant]. "Une famille d'artistes suisses (les Mazetti) dans les landes au XVIIIe siècle". Congrès d'études régionales. Agen, Périgueux, Cahors, Dax, La Réole, Saintes, Luchon-Pau, Bordeaux, 1997 (rééd. de Actes des congrès d'études régionales I-VII de la Fédération historique du Sud-Ouest, 1951).

    p. 206-208
  • LAVIEC Catherine. L’œuvre des Mazzetty dans les Landes. T.E.R. d'histoire de l'art, Université de Bordeaux III, 1987.

    p. 41-45
  • CABANOT Jean, MARQUETTE Jean-Bernard, SUAU Bernadette. Guide pour la visite de quelques églises anciennes de Chalosse. Amis des Églises anciennes des Landes. Dax : Barrouillet, 1987.

    p. 32-35
  • SUAU Bernadette (dir.). Mémoire des Landes, dictionnaire biographique. Comité d'études sur l'histoire et l'art de Gascogne, Mont-de-Marsan, 1991.

    p. 261 (famille Planter)
Périodiques
  • CHOBAUD Hyacinthe. "Autels à Dax et Laurède par les frères Mazzetty". Mémoires de l'Académie de Vaucluse. Avignon, 1936.

Liens web

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