Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil
Basilique Notre-Dame de Buglose

Ensemble du décor d'architecture intérieur de la basilique (niche, bases, chapiteaux, culots, clefs de voûte, frise)

Dossier IM40004631 réalisé en 2012

Fiche

Dénominations niche, base, chapiteau, culot, clef de voûte, frise
Aire d'étude et canton Dax nord
Adresse Commune : Saint-Vincent-de-Paul
Lieu-dit : Buglose
Emplacement dans l'édifice choeur, vaisseau central collatéraux, chapelles, tribune occidentale

Le décor sculpté intérieur de l'église, en pierre de Montfort (ou de Nousse), fut exécuté au fur et à mesure de l'avancement des travaux de construction, qui s'échelonnèrent sur trois décennies, sous la direction de Jules Sibien puis de Gustave Alaux à partir de 1863. En juin 1855, la niche destinée à abriter la statue de Notre-Dame de Buglose, les chapiteaux des colonnes de l'abside, du chœur liturgique, de la première travée orientale de la nef et des chapelles latérales, le bandeau régnant autour de ces espaces et les clefs des voûtes de l'abside et du chœur étaient achevés, comme le montre la description précise qu'en fit alors le trésorier de la fabrique, l'abbé Vieilhedent, dans un rapport à l'évêque Lannéluc (voir annexe). Les chapiteaux, culots et clefs de voûte du vaisseau central, des collatéraux et du porche sont contemporains de la reprise des travaux par Alaux en 1863-1864. Le registre des dépenses de la fabrique (1852-1873) livre le nom du principal auteur des sculptures de la première campagne, le Montpelliérain Jean Layrolle (1817-1870), qui achevait au même moment une autre collaboration avec Sibien à l'église de Sanguinet (1853-1856, réf. IA40001312) et qui travaillera l'année suivante à celle de Gabarret (réf. IM40003322 et 3323) et en 1864-1870 à la cathédrale de Dax. Layrolle, qui avait œuvré à l'abbatiale de Saint-Sever dès 1849, devait reprendre à Gabarret le modèle des deux culots à buste d'ange de la nef de Buglose. Le registre des dépenses cité fait état de cinq paiements à Layrolle, respectivement les 8 février, 13 mars, 24 juin et 25 août 1854 et 18 septembre 1855, pour un total de 7.084,30 francs.

Le même document révèle l'identité des deux sculpteurs qui succédèrent à Layrolle sur le chantier lors de sa reprise. Le Nantais Aristide Belloc, depuis 1858 neveu par alliance du supérieur de Buglose Antoine Lamaison, est payé 500 francs le 7 janvier 1861 pour "des plans à exécuter" et reçoit 250 autres francs le 23 mai 1862 pour paiement de "dix clefs de voûte" (il exécutera en 1877 le tombeau de l'évêque Epivent). Vincent Saint-Sébastien, dit Sébastien, beau-frère de Belloc et autre neveu du Père Lamaison, lui succède à partir de 1863 et semble inaugurer ici sa collaboration avec Gustave Alaux, poursuivie par la suite sur les chantiers des églises de Mugron (1866) et de Rion-des-Landes (1868). Saint-Sébastien apparaît (sous le nom de "M. Vincent") à quatorze reprises dans les comptes de la fabrique (les 3 décembre 1863, 21 janvier, 9 avril, 24 mai, 19 juin, 3 et 20 juillet, 6 et 24 décembre 1864, 5 et 25 février, 5 mars, 18 avril et 3 mai 1865) pour une somme totale de 4.747 francs. Son intervention, détaillée à l'occasion du versement du solde en mai 1865, concerna, outre "la rosace de la tribune" (1863), les "36 chapiteaux des grands piliers et des pilastres des bas-côtés, 2 portes des sacristies latérales, 7 chapiteaux dans le porche, 30 chapiteaux et culots dans le porche, 1 chapiteau à la porte d'entrée, la porte d'entrée, la porte du bas-côté sous le clocher, 3 arceaux dans le porche, 4 culots à la tribune, 4 consoles aux deux portes d'entrée, les frises, les grands chapiteaux de la nef, les clefs de voûte, celle du porche en bas, les divers culots, les culots soutenant les voûtes des bas-côtés (têtes)". Dans le même temps (1865), Saint-Sébastien exécute en collaboration avec le menuisier Bernos "les sculptures de la chaire" (les ornements de l'abat-voix et l'effigie de saint Joseph sur le portillon).

Le décor sculpté comprend la totalité des chapiteaux intérieurs de l'édifice, le bandeau à frise qui règne dans le vaisseau central (au-dessus des grandes-arcades) et dans le chœur, quelques culots et bases des dosserets de la nef, les culots recevant les retombées des voûtes dans les collatéraux et dans le porche, les clefs de voûte de la nef et du chœur et les deux arcades mentant du porche vers l'avant-nef et vers le collatéral sud. Seuls les chapiteaux et culots ayant reçu un décor historié, figuré ou symbolique font l'objet de sous-dossiers ; les chapiteaux à feuilles (dont les chapiteaux doubles de la tribune, ici illustrés, et les chapiteaux simples des parties basses de la nef et des collatéraux) ne sont pas étudiés, sauf exceptions signalées.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1855, daté par source
1863, daté par source
Auteur(s) Auteur : Sibien Jean Antoine Jules,
Jean Antoine Jules Sibien (1822 - 1881)

Prénom usuel : Jules. Né à Nancy le 1er mai 1822, mort à Paris 8e le 4 décembre 1881. Élève de Labrouste, beau-frère de Dupuy, chef de division au ministère de l'Intérieur ; agent en chef, puis architecte du département des Landes jusqu'en 1859 (remplacé par Alexandre Ozanne) ; architecte diocésain d'Aire-sur-l'Adour à partir du 15 mai 1849 ; démissionne pour raison de santé le 26 octobre 1880 et accède à l'honorariat le 1er novembre suivant (J.-M. Leniaud, Répertoire des architectes diocésains du XIXe siècle).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, attribution par source
Auteur : Alaux Gustave,
Gustave Alaux (1816 - 1882)

Jean-Paul Louis Gustave Alaux, né à Bordeaux le 29 novembre 1816 à Bordeaux, mort dans la même ville le 23 mars 1882 ; fils du peintre Jean-Paul, dit Gentil-Alaux.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, attribution par source
Auteur : Layrolle Jean Roch,
Jean Roch Layrolle (1817 - 1870)

Sculpteur né à Montpellier (d'un père jardinier) le 16 août 1817, mort à Biarritz (maison Layrolle, 6, place Eugénie) le 18 août 1870. Marié à une Bayonnaise, Henriette Dominiqua Latapi (1822-1895), il s'installa à Biarritz avant 1860 (renseignements biographiques communiqués par l'abbé Dominique Bop, 2019). Layrolle travaille à Saint-Sever en 1849, à Buglose en 1855, à Gabarret en 1856-1864 et à la cathédrale de Dax en 1864-1870.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
sculpteur, attribution par source
Auteur : Saint-Sébastien Vincent, dit(e) Sébastien,
Vincent Saint-Sébastien , dit(e) Sébastien (1829 - )

Sculpteur ornemaniste à Bordeaux, collaborateur de l'architecte bordelais Gustave Alaux sur les chantiers des églises de Buglose (1864-1865), de Mugron (1866) et de Rion-des-Landes (1868), et de l'architecte Taillarda fils à l'église Saint-Nicolas de Nérac (1856) ; il travailla aussi à la chapelle de la Vierge de la cathédrale de Dax en 1864-1871. Il est nommé "M. Vincent" et "Vincent St-Sébastien" dans les archives de Buglose, "Vincent Saint-Sébastien" à Nérac, mais signe "Sébastien" tout court les sculptures de Mugron et de Rion.

Enfant trouvé le 23 janvier 1829 à la porte de l'hospice civil de Pau, Vincent Saint-Sébastien épousa le 29 novembre 1854 à Saint-Paul-lès-Dax (où il était alors domicilié) Jeanne Lamaison, institutrice, fille d'un tonnelier de Laurède (Landes), dont la sœur cadette Françoise devait épouser en 1858 le sculpteur nantais Aristide Belloc (1827 - 1888/1908), lequel succèdera à Saint-Sébastien sur le chantier de Buglose en 1861.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
sculpteur, attribution par source
Auteur : Belloc Aristide,
Aristide Belloc (1827 - 1888/1908)

Sculpteur né à Nantes le 23 août 1827, mort entre 1888 et juillet 1908 (dates des premier et second mariages de son fils), fils d'Aristide Philémi Belloc et de Jeanne Eugénie Rousseau. Il épouse à Saint-Paul-lès-Dax, le 6 juillet 1858, Françoise dite Francine Lamaison (Laurède 1829 - ?), nièce du Père Antoine Lamaison, supérieur du sanctuaire marial de Buglose près de Dax, et belle-sœur depuis 1854 du sculpteur bordelais Vincent Saint-Sébastien (1829-?).

Élève des sculpteurs nantais Suc et Grootaers, puis de Rude, Aristide Belloc fut d'abord actif dans sa ville natale, où il travailla pour le Théâtre, pour plusieurs églises et pour l’hôtel de Ville (tête colossale de Judith), œuvra ensuite à Bordeaux dans les années 1850 (deux Renommées tenant les armes de la ville au Grand-Théâtre), avant de s'installer à Perpignan (où il semble faire faillite en 1866-1867), à Angers (rue des Deux-Haies, où naît sa fille Eugénie Néméa en juin 1870), à Niort (avant 1877), enfin à Reims (50, rue du Faubourg de Laon), où il est signalé en 1885 (renseignements biographiques communiqués par l'abbé Dominique Bop, 2019). Il exposa à Toulouse en 1858 et à Bordeaux en 1859. Sur l'artiste, voir : Émile Maillard, L'art à Nantes au XIXe siècle (E. Monnier, 1888), et Pauline Carminati, "Enquête sur la vie et l’œuvre du sculpteur Aristide Belloc", Raffl & Cie [en ligne], 08/08/2017. URL : https://raffl.hypotheses.org/810 (consulté le 09/11/2017).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
sculpteur, attribution par source
Statut de la propriété propriété du département

Annexes

  • Extraits du registre de dépenses (1852-1873) de la fabrique de l'église Notre-Dame de Buglose, concernant la sculpture ornementale (Archives diocésaines, Dax)

    1. Jean Layrolle :

    [P. 9] 1854. Mois de février. 8. Payé à Layrolle, sculpteur - 1200,00. / Mois de mars. 13. Payé à Layrolle, sculpteur - 600 f. 00. / Mois de juin. 24. A Layrolle, sculpteur - 1251,00. / [P. 12] Mois d'août. 25. Payé à Layrolle les intérêts de deux mois - 33,30. / [P. 17] 1855. Mois se septembre. Acquitté les diverses traites souscrites en faveur de Layrolle - 4000,00.

    2. Aristide Belloc :

    [P. 42] 1861. Mois de janvier. 7. Payé à Mr Belloc, sculpteur, pour plans à exécuter - 500,00. / [P. 47] 1862. Mois de mai. 23. Payé à Mr Bellocq (sic) pour dix clefs de voûte - 250.

    3. Vincent Saint-Sébastien :

    [P. 56] 1863. Mois de décembre. 3. Payé à M. Vincent, sculpteur, à valoir sur la rosace de la tribune et les chapiteaux de la grande nef - 600. / [P. 56 (en fait 58)] 1864. Mois de janvier. 21. Payé à Vincent St-Sébastien, sculpteur, pour tout le travail de la rosace - 440. / Mois d'avril. 9. Payé à Mr Vincent à valoir sur les sculptures de l'église - 400. / [P. 59] Mois de mai. 24. Payé à Vincent sculpteur, à valoir sur les sculptures - 400. / [P. 60] Mois de juin. Payé à Mr Vincent sculpteur, à valoir sur les sculptures de l'église - 200. / [P. 61] Mois de juillet. 3. Payé à Mr Vincent, à valoir sur la sculpture - 200. / 20. Payé à Mr Vincent pour solde de tout travail - 247. / [P. 63] Mois de décembre. 6. Payé au sculpteur à valoir sur les travaux des chapiteaux (19 9bre) - 200. / 24. Payé à Vincent à valoir sur les sculptures - 300. / [P. 66] 1865. Mois de février. 5. Payé à Mr Vincent, sculpteur, à valoir sur les sculptures de l'église - 200. / 25. Payé à Vincent à valoir sur les sculptures - 200. / Mois de mars. 5. Payé à Vincent à valoir sur les sculptures - 400. / [P. 67] Mois d'avril. 18. Payé à Vincent à valoir sur les sculptures - 600. / [P. 68] Mois de mai. 3. Payé à Vincent, sculpteur, pour solde de toute la sculpture sur pierre de notre église - 360. Prix de détail : 36 chapiteaux des grands piliers et des pilastres des bas-côtés à 30 f. / 2 portes des sacristies latérales chacune à 40 f. / 7 chapiteaux dans le porche (les plus grands) à 20 f. / 30 chapiteaux et culots dans le porche à 15 f. / 1 chapiteau - porte d'entrée à 40 / Porte d'entrée à 300 / Porte du bas-côté sous le clocher à 40 / 3 arceaux dans le porche à 70 / 4 culots à la tribune à 20 / 4 consoles aux deux portes d'entrée en tout 10 / Les frises, prix moyen le mètre courant à 6 f 50 / Les grands chapiteaux de la nef à 40 / Les clefs de voûte prix moyen à 25 f. / Celle du porche en bas à 40 f. / Les divers culots à 15 / Les culots soutenant les voûtes des bas-côtés (têtes) à 30. / 20. Payé à Vincent, à valoir sur les sculptures de la chaire - 200.

  • Extrait d'un rapport de l'abbé Vieilhedent à l'évêque d'Aire François Lannéluc sur les sculptures de la nouvelle église de Buglose, juin 1855 (Archives diocésaines, Dax)

    "J.M.J. Rapport sur les sculptures de l'église de N.D. de Buglose - Juin 1855. / L'église actuelle de N.D. de Buglose aura 50m de longueur sur 20m70 de largeur et 18m de hauteur à l'extérieur. / A l'intérieur depuis le porche jusqu'au sanctuaire elle aura 47m50 de long. La grande nef aura 8m de largeur tandis que le chœur et l'absyde (sic) n'en aura (sic) que 7m. Les nefs latérales ont 5m25 chacune. L'élévation du chœur et de l'absyde, de la clé de voûte au pavé est de 16m. Celle de la nef sera de 17m et quelques centimètres. Le clocher aura près de 42m d'élévation.

    Croisées. / La partie commencée est éclairée par onze croisées de 2m50 de haut sur 0m80 de large, ainsi réparties : 5 dans l'absyde, une à chaque pan coupé du pentagone. 4 dans le chœur. 2 dans la 1ère travée de l'église. Celles de l'absyde et du chœur sont seules sculptées, elle sont parallèles et l'ornementation est la même pour chaque croisée correspondante. / En voici le détail : / 1ère croisée au fond de l'absyde, la seule sans parallèle. Le tore porte des feuilles d'acanthe enroulées parallèlement, l'ébrasement est un ornement à palmettes variées. / 2de Le tore est une colonne torse autour de laquelle s'enroule un cordon dans toute la longueur, des palmettes en sens inverse encadrées par un cordon qui s'enroule autour d'elles en formant une S, décorent l'ébrasement. / La 3e porte sur son tore des chevrons brisés en zigzag, et sur son ébrasement des ronds plats de palmettes. / La 4e montre un tore orné de diamants taillés à facettes, encadrées (sic) dans un enroulement d'un double cordon plat. Un damier profondément refouillé orne l'ébrasement. / La 5e est une simple colonne torse sur le tore, et des étoiles unies sur l'ébrasement.

    Chapiteaux. / Les 4 grands chapiteaux des arcs-doubleaux du chœur et de l'absyde sont historiques. ils représentent les principales phases de l'histoire de la Ste et miraculeuse statue. / Le 1er de l'entrée du chœur à gauche porte la découverte de la Ste statue. / En face, cette Ste statue dont la tête apparaît au dessus des joncs et des broussailles. A gauche sur un marbre le petit pâtre, avec le costume antique de l'époque, et qui regarde avec étonnement le bœuf léchant la Ste statue. Au côté opposé sont sculptés des arbres et un bœuf qui pacage. Sur le tailloir on lit cette inscription - INVENTIO. VEN. STATVÆ. B. M. V. A/ BOVE. ET. PASTORE. ANNO 1620. / Le 2e chapiteau à droite porte la reconnaissance de la statue. En face, la Ste statue. A côté, le prêtre, curé de Pouy, les bras levés dans l'attitude de l'admiration et de la joie. A ses pieds se trouve une femme montrant la Ste image à un enfant qu'elle tient entre ses bras. Des deux côtés du chapiteau on voit un homme tenant une pelle à la main. Sur le tailloir on lit encore : AGNITIO. VEN. STATVÆ. B. M. V. AD. DUSSIN. RECTORE. POVY. 1620. / Le 3e à droite à l'entrée de l'absyde représente la inauguration (sic) solennelle de la vieille chapelle. On y voit sur ce chapiteau 12 personnages, Mgr l’Évêque de Dax précédé de la croix pastorale et ses porte-insignes, suivi de ses chanoines et du marquis de Poyanne. Sur le côté opposé est représentée la façade sud de la vieille église. Le tailloir porte l'inscription : SOLEMNIS BENEDICTIO ECCLESIÆ B. M. V. A. RR. ET ILL. DD. J.J. DVFAVLT. AQVENSI EP.C.PO. FERIA 2.A. PENTECOSTES 1622. / Enfin le 4ème représente les guérisons et grâces obtenues à Buglose : c'est N.D. des Miracles. En face la Ste statue couronnée. Et dans tout le développement du chapiteau se trouvent 20 personnages qu'on distingue parfaitement même à l'œil nu. Ce sont un moine s'appuyant sur une béquille, une femme tenant un enfant sur son bras, deux hommes qui soutiennent un infirme à genoux, un groupe d'enfants, un autre qui présente un cierge allumé, à l'angle un miraculé qui laisse tomber ses béquilles et qui tend ses mains vers la statue, en signe de reconnaissance. Sur le tailloir on lit ces mots : REFVGIVM PECCATORVM. SALVS INFIRMORVM. ORA PRO NOBIS.

    Chapiteaux de l'absyde et du chœur. / 1° En face sur le trumeau du fond se voient des chapiteaux symboliques. A droite, du côté de l'Épître, le grain de sénevé. C'est une église élevant dans les airs ses tourelles et son clocher. Du milieu, s'élève l'arbuste étendant de tout côté ses rameaux à l'ombre desquels viennent se reposer les oiseaux du ciel. / 2° A gauche. Une croix du pied de laquelle sortent deux gerbes d'épis de froment et une vigne qui étend à droite et à gauche ses branches chargées de fruits. / 3° Le 3e est un chapiteau d'art roman. Il est coupé au milieu par une couronne simulant deux chapiteaux superposés. Il est un peu de fantaisie. / 4° Le 4e est roman pur. C'est le beau chapiteau roman avec ses feuilles d'acanthe et ses volutes caractéristiques. / 5° et 6° Dans les deux chapiteaux qui surmontent les colonnettes engagées du grand arc-doubleau de l'absyde, on voit des rinceaux et une petite feuille couronnées (sic).

    Demi-colonnettes du chœur. / Le chapiteau de la colonnette sud porte le couronnement de la Ste Vierge par les anges. Sur le tailloir sont ces mots : VENI. DE. LIBANO. CORONABERIS. Le socle du culot est orné d'oves et de rosettes. Le soubassement est un pentagone portant sur chacune de ses facettes une rosette plate, le monogramme de Marie, une couronne de roses, le id. [monogramme] de J[ésus] Ch[rist]. Un ange est sculpté dans le fond, il tient dans ses mains un écusson représentant Marie-Immaculée ou la médaille miraculeuse. / La colonnette Nord porte les 3 vertus théologales, ainsi qu'on le lit sur le tailloir : SPES - FIDES - CHARITAS. L'Espérance tient ses mains appuyées sur une ancre et regarde le ciel. La foi se montre élevant de la main droite un calice surmonté de l'hostie, et sa main gauche s'appuie [sur] une croix qu'elle tient devant elle. La Charité est entourée d'un groupe d'enfants. Des oves décorent encore le socle. Et le pentagone du soubassement porte les insignes épiscopales (sic) surmontées d'une banderolle (sic) portant pour devise : AMORE LEVIVS. L'ange en support porte un écusson qui renferme les armoiries de feu Mgr Dominique-Marie Salvy, Évêq[ue] d'Aire : sur un champ d'azur est une croix d'argent entourée de flammes et reposant sur un joug d'argent.

    Les chapiteaux de la 1ère travée sont tous symboliques. Ceux qui surmontent les colonnettes engagées aux grands piliers du chœur regardent la Ste Vierge et représentent, celui du nord : la tour de David : TVRRIS DAVIDICA ; celui du sud, l'Arche d'alliance : FŒDERIS ARCA. Ceux qui surmontent les demi-colonnes engagées dans les grands piliers ont trait à N.S. [Notre Seigneur]. Au nord : le sacrifice. L'Agneau portant la la croix est couché sur le livre scellé des sept sceaux ; il verse son sang pour purifier le monde représenté par un globe. De chaque côté se trouve un ange adorateur. Dans le culot est sculpté un ange tenant un écusson qui porte un Pélican, symbole de l'amour. C'est à ce pilier que sera adossée la chaire. En face, au sud : Jésus Bon Pasteur au milieu de ses brebis. Il en porte une sur ses épaules divines qu'il ramène au bercail. L'inscription du tailloir le désigne : EGO SVM PASTOR BONVS. L'ange en support porte aussi un écusson où se trouvent groupés et réunis tous les instruments de la Passion. C'est là que sera ou peint ou sculpté le Christ en face de la chaire.

    Chapiteaux des chapelles latérales. / Chapelle Nord dédiée à St Vincent de Paul. A droite en entrant et en suivant - 1° feuilles et palmettes. 2° feuilles contournées et rinceaux perlés. 3° double rangée de palmettes diverses en sens opposé. 4° feuilles et lance (?). 5° rinceaux courants et entrelacs renfermant des rosettes. 6° oiseaux gros-becs se battant contre des serpents. 7° feuilles d'acanthe de différentes grandeurs. 8° sous deux palmettes, deux oiseaux qui bécquettent (sic) une grappe de fuit. 9° massif de liserons dont les tiges et les feuilles sont découpées à jour. 10° feuilles de choux et d'acanthe. / Chapelle sud dédiée à St Joseph et à Ste Magdeleine. En commençant par la gauche. 1° feuilles de liserons et palmettes. 2° tête de diable tirant la langue à un saint couronné qui est en vis-à-vis ; de ses narines partent des rinceaux qui se terminent en bouquet de feuilles. 3° larges feuilles de liseron et d'acanthe. 4° feuilles plates surmontées d'un rinceau contourné. 5° feuilles de choux réunies par un anneau et entremêlées d'autres différentes feuilles plus refouillées. 6° rinceaux terminés par un bouquet de feuilles. 7° large feuille romane primitive. 8° tête de saint couronné au milieu de deux palmettes. 9° feuilles d'acanthe renversées entourant une grande feuille plate. 10° une palmette entourée de branchage portant des grappes de fruits. / La rosace se compose également de six colonnettes plus grandes que celles de la rosace nord, à chapiteaux variés, avec six têtes de choux portant des feuilles d'acanthe et des graines.

    Arcs-doubleaux. / Celui de l'absyde est décorée (sic) d'une arabesque à dessins variés séparés par un faisceau de 4 petites baguettes liées de distance en distance. Celui du chœur représente un gros branchage à grandes feuilles, dans les enroulements duquel se trouvent une grue, un ours, un gros-bec becquettant (sic) une grappe de raisin, une biche et un aigle.

    Clés de voûte. / La 1/2 clé de l'absyde est un rinceau contourné se terminant par des feuilles d'acanthe. / La 1ère du chœur porte une couronne de roses et de lys, au milieu se trouve le monogramme de la T. Ste V[ierge] MA. / La 2e représente les armoiries de Mgr Lannéluc évêque actuel d'Aire, portant sur un champ d'azur un pélican et une colombe d'argent, et sur un champ de gueules une tour et un serpent d'or : symbôles (sic) des vertus : l'amour, la force, la prudence et la simplicité.

    L'ornementation de la frise est très variée. C'est une branche de vigne avec ses feuilles et ses raisins. C'est une large feuille plate et le trèfle roman d'un bien bel effet. Ce sont des rinceaux courants terminés par des palmettes portant des grappes de fruits, et enfin des palmettes entrelacées, séparées par une large feuille plate. / Les moulures sont ornées de dessins courants et d'oves dans l'absyde, et dans le chœur de rinceaux, de palmettes et de diamants à facettes."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Fabrique de l'église de Buglose, registre des dépenses (1852-1873).

    p. 56, 58, 59, 60, 61, 63, 66, 67 Archives diocésaines, Dax
  • Rapport de l'abbé Vieihedent, trésorier de la fabrique de Buglose, à l'évêque d'Aire François Lannéluc, concernant les sculptures de l'église et la chaire à prêcher, juin 1855.

    Archives diocésaines, Dax
Bibliographie
  • CAZAUNAU Léon, LESBATS Julien. Buglose. Nogaro : Dauba frères, 1970.

    p. 160-163
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe