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Église paroissiale Saint-Barthélemy

Ensemble des verrières de l'église

Dossier IM40006683 réalisé en 2017
Aire d'étude et canton Saint-Sever
Adresse Commune : Cauna

La vitrerie de l'église de Cauna a été mise en place progressivement en un peu moins d'un siècle, sans souci d'homogénéité stylistique. En 1857, à l'issue de la reconstruction totale du chœur, furent installées trois verrières anonymes de type "archéologique", inspirées des vitreries gothiques du début du XIIIe siècle (Chartres, Le Mans, Laon). Comme l'Arbre de Jessé du transept de la toute proche abbatiale de Saint-Sever, elles pourraient revenir au jeune verrier parisien Édouard Didron, voire au verrier bordelais Joseph Villiet dans la première phase de sa carrière. La verrière axiale fut offerte par la baronne de Cauna, née de Borda-Labatut.

Les huit fenêtres des collatéraux restèrent longtemps garnies de simples vitres blanches. En 1936, le curé Fourcade commanda au verrier orléanais Louis Gouffault les deux premières verrières d'un cycle consacré à la vie du Christ, qu'il poursuivit en 1941 (deux nouvelles verrières) et qu'acheva son successeur l'abbé Brèthes en 1952 (quatre verrières).

La même année 1952, toujours à la demande du curé Brèthes, la maison Mauméjean de Paris, dirigée par Carl Mauméjean, fournit une série de verrières décoratives pour les baies hautes de la nef, régularisées et partiellement repercées pour l'occasion. Le registre de la paroisse détaille le coût et les modalités d'installation de ces verrières, comme de celles du cycle de Gouffault.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1857, daté par source
1936, daté par source, porte la date
1941, daté par source
1952, daté par source
Lieu d'exécution Commune : Orléans
Lieu d'exécution Commune : Paris
Auteur(s) Auteur : Didron Édouard, peintre-verrier, attribution par analyse stylistique
Auteur : Gouffault Louis,
Louis Gouffault (1897 - 1959)

Verrier à Orléans ; fonda son atelier en 1930.


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peintre-verrier, signature
Auteur : Mauméjean Charles Emile Joseph, dit(e) Carl Mauméjean,
Charles Emile Joseph Mauméjean , dit(e) Carl Mauméjean (1888 - 1957)

Dernier fils de Jules-Pierre Mauméjean ; dirige les ateliers parisiens et le siège de la Société Mauméjean de 1921 à sa mort.


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peintre-verrier, signature
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections

Annexes

  • Extraits du registre de la paroisse de Cauna (avec "Notice historique sur la paroisse de Cauna-Lagastet" par le curé Jean François Régis Gaulin), Archives diocésaines de Dax (communiqué par Michèle Tastet-Brethes)

    [p. 48] : "Travaux exécutés dans l'église de Cauna depuis l'an 1854 jusques. [...] En 1856 ont commencé les travaux d’agrandissement du sanctuaire, projetés depuis longtemps. Ces travaux, ainsi que la construction des deux sacristies latérales ont coûté environ 7000 francs. Tous les habitants de Cauna, mais surtout M. de Cauna (Auguste) et sa mère ont contribué à cette construction. Les vitraux ont été placés en 1857, les vitraux seuls ont coûté 1500 fr."

    [p. 65] "Avril 1936. Mon ministère [du nouveau curé Fourcade] débute par une mission de quinze jours. [...] Magnifique clôture de mission. Inauguration du vitrail "La Crucifixion".

    [p. 67] "30 décembre 1942. - L'an dernier, deux autres vitraux ont été posés à notre église : l' "Annonciation" et l' "Apparition de N.S. à Ste Madeleine". Après celui de "Crucifixion", inauguré comme souvenir de mission 1936, il fut installé aussi le vitrail "Épiphanie". Qu'il serait souhaitable qu'on change les verres simples des autres ouvertures en d'autres vitraux pour terminer d'orner l'église un peu plus convenable déjà : le chœur repeint, 4 vitraux neufs dans les bas-côtés. La série complète des 8 vitraux représenterait les principales scènes de la Vie de N.S. : 1°) Annonciation ; 2°) Épiphanie ; 3°) Atelier de Nazareth ; 4°) Baptême du Sauveur par St Jean Baptiste ; 5°) le Bon Pasteur et la brebis égarée sur ses épaules ; 6°) le Xt et l'hostie ; 7°) Crucifixion ; 8°) Apparition à Ste Marie Madeleine. Mais les temps deviennent durs et le seront davantage. On ne voit pas clair, mais l'on espère toujours et secrètement car il ne faut pas trop parler (les oreilles ennemies écoutent), on souhaite ardemment la libération du Pays. [...]"

    [p. 75-78] "1952. Dès les premières semaines de cette année nouvelle dans l'esprit du curé de Cauna s'élaborent divers projets d'embellissement et de restauration de l'église. Les huit ouvertures de la nef centrale appellent, pour remplacer les fenêtres disparates et disloquées, des verrières de couleurs qui tamiseraient la lumière trop crue du jour et donneraient ainsi à l'église un cachet plus recueilli, plus favorable à la prière. / Le projet est soumis à la municipalité qui approuve, à divers artistes verriers à qui sont demandés maquettes, prix, suggestions. Devis et maquettes en main, le choix se porte sur les propositions de la maison Mauméjean, de Paris, qui suggère par lettre du 24 janvier des verrières mosaïques dont les maquettes rallient tous les suffrages. La commande est aussitôt transmise. / Mais comment financer cette entreprise ? M. Le curé faisant confiance à la Providence et à ses paroissiens envoie une lettre à toutes les familles de la Paroisse pour annoncer une souscription paroissiale et parcourt les foyers en mendiant du Seigneur. [...] La paroisse s'intéresse tout de même à l'église, la souscription dépasse même les prévision des plus optimistes. [...] / Dès lors, puisque ces projets semblaient si visiblement encouragés par la Providence et par la générosité de la paroisse, M. le curé caresse un autre rêve : continuer la série des vitraux [p. 76] à sujets évangéliques amorcée lors de la mission de 1936, continuée en 1941. Notre église possédait déjà, dans les nefs latérales 4 vitraux, ainsi disposés : côté autel de St Joseph : "L'annonciation", "L'adoration des mages" ; côté autel de la Sainte Vierge : "L'apparition à Marie-Madeleine" et "la crucifixion". En 1942, M. l'abbé Fourcade souhaitait que viennent prendre place aussi dans les quatre autres ouvertures 4 autres sujets qui auraient complété cette série et reproduit les principales scènes de la vie de N.S. J.C. et il suggérait : "L'atelier de Nazareth", "Le baptême de N.S.", "Le bon Pasteur et la brebis égarée sur ses épaules", "Le Christ et l'hostie". L'actuel curé de Cauna rêve... car pour mener à bien ce projet il faudrait encore plus de 280.000 f. (70.000 par vitrail) en plus des 100.000 f. que nécessitent les verrières de la nef centrale. Longues hésitations ! Faut-il jouer d'audace ? Il le croit finalement et passe commande des 4 vitraux (13 février 1952 - 7 avril 1952). / Cependant, une modification est apportée au projet de M. l'abbé Fourcade : "Le bon Pasteur" n'aurait peut-être pas été assez suggestif, assez parlant pour les fidèles. J'ai [le curé Laurent Brèthes] préféré choisir un sujet de vitrail qui mette davantage l'accent - puisqu'il doit prendre place au-dessus du confessionnal - sur la contrition et l'humilité que l'on doit apporter au tribunal de la pénitence. C'est pourquoi une maquette de "la Pécheresse" aux pieds de Jésus chez le Pharisien a été demandée à M. Gouffault, d'Orléans, chargé de l'exécution des vitraux. / Les verrières de la nef centrale sont parvenues à Cauna le samedi 29 mars. Se posait alors la question de leur installation. La municipalité a bien voulu accepter de prendre à se charge les frais de maçonnerie que nécessitait leur pose : il s'agissait en effet d'égaliser toutes les ouvertures, de dimensions diverses, de démolir la corniche de la nef qui n'avait rien d'esthétique et risquait plutôt de tomber un jour ou l'autre. Les travaux ont commencé le vendredi 4 avril, de sorte que les cérémonies des Rameaux et de Pâques se sont déroulées dans une église transformée en chantier, au milieu des échafaudages. / [...] Tous ces travaux et transformations touchaient bientôt à leur fin lorsque le samedi 24 mai sont parvenus à Cauna les 4 vitraux précités qui étaient en place (installés, comme les verrières de la nef, par M. Georges Marsan, forgeron à Cauna) le jour de Pentecôte. Enfin tout était terminé le mercredi 18 juin. Il ne restait plus qu'à inaugurer solennellement notre église rajeunie, restaurée, embellie. A l'occasion de l'adoration perpétuelle, le jeudi 19 juin, Mgr Saint-Germain, vicaire général de Mgr Mathieu, nous fit l'honneur de venir bénir toutes ces innovations et présider cette fête de l'inauguration. [...]"

    "Récapitulation des divers travaux exécutés par les ouvriers locaux : [...] Roger Marsan, forgeron à Cauna : Installation des 8 verrières et 4 vitraux, Installation de 3 cadres grillagés extérieurs [...]."

    "Comptabilité de ces divers travaux : Facture Mauméjean 96.220 f., transport S.N.C.F 2.951 f. / Facture Gouffault 283.728 f., transport S.N.C.F. 1.970 f. [...]" [suit la liste des souscripteurs paroissiaux, le plus important étant la "famille de Cauna, au château" (70.000 francs)]

Références documentaires

Documents d'archives
  • Registre paroissial de Cauna et de son annexe Lagastet (1882-1991), monographie paroissiale de l'abbé Gaulin.

    p. 48, 65, 67, 75-78 Archives diocésaines, Dax
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique (1906).

    Archives départementales des Landes : 70 V 91/7
Bibliographie
  • SUAU Jean-Pierre (dir). Le vitrail dans les églises des Landes (1850-2010). Dax, Amis des églises anciennes des Landes, 2012, vol. I (Donateurs et créateurs).

    p. 67, 143
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe