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Église paroissiale Sainte-Eugénie

Ensemble des verrières de l'église

Dossier IM40007811 réalisé en 2019
Aire d'étude et canton Tartas ouest
Adresse Commune : Pontonx-sur-l'Adour
Emplacement dans l'édifice chœur (baies 100 à 102) ; chapelles orientales et sacristie (baies 1 à 4) ; transept (baies 5 à 10, 103 à 108) ; collatéraux (baies 11 à 24) ; vaisseau central (baies 109 à 118) ; tribune (baie 119)

La vitrerie de la nouvelle église Sainte-Eugénie a été installée en trois phases successives par le verrier bordelais Gustave-Pierre Dagrant (1839-1915), dont le fonds d'archives conserve encore les croquis préparatoires des trois campagnes et la correspondance échangée à l'occasion de la dernière d'entre elles. La première commande, passée en 1887 et exécutée l'année suivante, comprenait "3 vitraux à personnages" (les verrières en triplet du chœur et du transept, baies 100, 105 et 106), "la rosace" (baie 201), "28 fenêtres grisailles riches" (pour les différentes parties de l'édifice) et "14 fenêtres grisailles simples" (pour les fenêtres hautes du transept et du vaisseau central). En 1911, le curé Joseph Cazaumayou (cousin de l'abbé Latourette, curé d'Hagetmau et commanditaire en 1886 de la vitrerie de cette église à Dagrant) décida de remplacer six verrières en grisaille riche des bras du transept par des vitraux à personnages, puis commanda en 1913 les dix verrières hagiographiques des collatéraux, parachevant avec elles le décor vitré de l'église - les lettres conservées de l'abbé Cazaumayou au verrier sont riches de renseignements sur les circonstances de la commande. En 1948, son successeur l'abbé Charles Brèthes fit restaurer plusieurs éléments de la vitrerie (dans les sacristies, le transept et la tribune occidentale) par la maison Dagrant, alors dirigée par le dernier fils de Gustave-Pierre, Maurice.

Pour les donateurs des verrières et les sources d'inspiration de leurs cartons, voir les dossiers des différents sous-ensembles.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1888, porte la date
1911, porte la date
1913, porte la date
Lieu d'exécution Édifice ou site : Aquitaine, 33, Bordeaux
Auteur(s) Auteur : Dagrant ou Dagrand Gustave-Pierre,
Gustave-Pierre Dagrant ou Dagrand (1839 - 1915)

Né Pierre-Gustave Dagrand en 1839, change son nom en Gustave-Pierre Dagrant en 1889. Peintre-verrier à Bayonne, puis à Bordeaux (7, cours Saint-Jean).


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peintre-verrier
Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler

Annexes

  • Lettres de l'abbé Joseph Cazaumayou, curé de Pontonx, à Gustave-Pierre Dagrant, verrier à Bordeaux, concernant la commande de verrières pour les chapelles du transept de l'église de Pontonx, 1911 (AD Gironde, fonds Dagrant)

    A. Sans date (début 1911).

    "Mon cher Monsieur Dagrant, / Je suis tourmenté par l'idée de remplacer les six verrières de l'autel de St Vincent et de l'autel de la Ste Vierge par six vitraux soit à personnages, soit à scènes, Jeanne d'Arc ou autre. C'est vous qui avez fait toutes les verrières et les vitraux de mon église. Dites-moi approximativement ce qu'il me faudrait pour ces six verrières-vitraux. Soyez aussi raisonnable que possible : je n'ai pas le premier sou disponible ! et je voudrais pourtant atténuer la blancheur de mon église ! / J'attends votre réponse, et vous dis mes respectueuses salutations. / Joseph S. Cazaumayou p.tre, curé. Ci : un croquis."

    B. Sans date (début 1911).

    "Mon cher Monsieur Dagrant, / Vos prix me paraissent exagérés, surtout si je les compare aux prix de jadis. Je me souviens de ce que l'on vous paya à Hagetmau. Un de mes parents, M. Latourette, en était le curé au moment de la pose des vitraux. Je sais exactement ce que nous avons payé à Retjons-Lugaut... Il faudra donc que vous soyez raisonnable et que nous finissions par nous entendre... / Je me décide - en principe - à vous faire la commande de six verrières, malgré une opposition assez vive de certains catholiques qui me disent que ce n'est pas le moment d'embellir les églises. Mais avec ce système on ne ferait jamais rien... Et voici pour le quart d'heure les sujets que je désirerais... / D'un côté : apparition du Sacré-Cœur à Marg. Marie, au bas du vitrail : armoiries de Pie X. A droite : St François de Sales - à gauche Ste Germaine Cousin, avec armoiries de Mgr notre évêque. / De l'autre côté : apparition de la Vierge à Bernadette, Lourdes. A droite, St Étienne diacre martyr - à gauche, St Louis roi de France. / Peut-être que ce choix n'est pas définitif, mais ce qu'il importe de savoir, c'est votre prix définitif... J'ai fait beaucoup travailler autrefois M. Mauméjean. Je le faisais parce que le donateur des vitraux l'exigeait. Il m'a fait, en particulier, les deux sujets Sacré-Cœur et Lourdes. / Les Lazaristes mes voisins m'ont adressé à la maison Feur. Mais je ne vous cache pas que votre maison est la maison qui a toutes mes préférences. Bien entendu, qu'après avoir orné les deux chapelles latérales, je continuerai mon œuvre, et il y aura de quoi faire. Mais j'estime que le tout est de commencer. Vous ferez donc pour le mieux, vous devriez même nous offrir le premier vitrail ! / Et si nous sommes d'accord, il faudra pour plus de sécurité que vous veniez à Pontonx. C'est chose facile par Laluque, où je vous ferai prendre et rapporter. / Je voudrais, si je me décide, que les vitraux soient placés en mai. / J'attends votre réponse au plus tôt, et vous prie en attendant de daigner agréer mes vœux les plus respectueux. / Votre bien dévoué en N.S. / Joseph Cazaumayou."

    C. 3 mars 1911.

    "Mon cher Monsieur Dagrant, / J'attends d'aller la semaine prochaine à St Sever, notre ville épiscopale (sic) pour vous envoyer les diverses armoiries qui doivent orner nos vitraux. / Le St François de Sales est celui que vous préférez vous-même - sans mitre - sans crosse - le François de Sales de Philippe de Champagne. En revanche, le St Étienne déplaît. On le voudrait plus évangélique. On le voudrait à genoux : voyant les cieux entrouverts. Cherchez et vous trouverez. Dès que possible, je ferai une apparition à Bordeaux. / Bien à vous en N.S. / Joseph Cazaumayou. / Vous aurez jeudi prochain toutes les indications voulues. / Pontonx, 3 mars 1911."

    D. 14 mars 1911.

    "Cher Monsieur Dagrant, / Je crois bien que vous avez compris, et nous sommes d'accord - mais, de grâce, surpassez-vous, et que votre travail soit irréprochable ; on ne cesse de me reprocher de m'être adressé à vous ! ... Et moi, je ne le regrette pas... / Chapelle du Sacré-Cœur : St François de Sales sans mitre, armes de Mgr Touzet ; (milieu) apparition du Sacré-Cœur, armes de Pie X ; Ste Germaine, armes de Mgr Touzet. / On doit vous envoyer les armoiries de Mgr Touzet, de l'Évêché. Vous trouverez sur place celles de Pie X. / Sur ces vitraux, pas de noms de donateurs, mais simplement au-dessous de St Fran. de Sales et de Ste Germaine : En mémoire de Mgr Eug. François Touzet, évêque d'Aire et de Dax. ; et au-dessous du Sacré-Cœur, je ne sais ? On verra... / Chapelle de la Vierge : St Louis roi, armes de France ; (milieu) N.D. de Buglose, chiffre de Marie... ; St Étienne diacre, armes de chapitre ou simplement de chanoine. Au-dessus de St Louis : En mémoire de l'abbé Louis Labadie, enfant et curé de Pontonx... date peut-être / Au-dessus de St Étienne : En mémoire de l'abbé Pédegers chanoine d'Aire, enfant de Pontonx... date peut-être... / Au-dessous de N.D. de Buglose, que vous soignerez très spécialement - je ne sais pas non plus ce que nous mettrons, peut-être comme sous le Sacré-Cœur, mes initiales... On verra au moment voulu. / Pour St Étienne, on s'obstine à ne pas vouloir celui que vous nous avez laissé : cherchez donc mieux... St Étienne, peut-être à genoux, voyant les cieux entrouverts et Jésus à droite de son Père... C'est le sujet que l'on semble désirer. Vous trouverez... Et cela fera la compensation. Vous m'avez établi dans nos conditions qu'il y aurait deux scènes. Du moment que nous y avons renoncé pour Buglose, vous pourrez mieux faire pour St Étienne... / Mgr l'évêque viendra présider lui-même l'inauguration de ces vitraux, en juin ou juillet - et peut-être aussi Mgr de Bayonne. J'écris à l'Évêché qu'on vous envoie les armoiries. / J'espère que vous avez compris. Dès que je le pourrai, peut-être les premiers jours d'avril, je viendrai à Bordeaux. / Bien à vous et de tout cœur. / Joseph Cazaumayou. / 14 Mars 1911. / Dernière heure. Reçois votre lettre. Et me résigne à adopter votre St Étienne. Aurais cependant voulu mieux tout en le conservant sur pied. / Affectueux hommage. Que ce soit très bien soigné, c'est votre intérêt."

    E. Sans date (mai 1911 ?)

    "Très honoré Monsieur, / Reçu votre lettre. Je vous en supplie, apportez toute votre application à nos vitraux. D'aucuns me reprochent de m'être adressé à vous. Et cependant, j'ai la conviction que vous pouvez faire aussi bien que tout autre. / Il paraît qu'à Bénesse il s'est glissé des erreurs dans les inscriptions ; elles ont beaucoup choqué. Veillez-y donc et avant de les graver soumettez-les moi. Peut-être pourrions-nous mettre au-dessus de N.D. de Buglose les armoiries de Mgr Delannoy, qui fut le prélat constructeur et consécrateur de notre superbe église... Nous aurions donc / au-dessus du Sacré-Cœur : armes de Pie X / de St François de Sales, de Ste Germaine : armes de Mgr Touzet / de N.D. de Buglose : Mgr Delannoy / St Étienne : chapitre d'Aire / St Louis : armes de France. / Au-dessous du Sacré-Cœur : Opportet illum regnare. Au-dessous de N.D. de Buglose : Salve Regina, mater misericordiæ - et, si possible, dans un coin : mes initiales J.C. avec la date 1910. / Je vous recommande d'apporter tous vos soins surtout à N.D. de Buglose, à cause des missionnaires. C'est dans votre intérêt que je le dis. / Quand il faudra, je viendrai à Bordeaux. Bien à vous en N.S. / Joseph Cazaumayou. / Écrivez-moi. Il faudrait me placer les vitraux vers le 10 juin au plus tard."

    F. 3 juin 1911.

    "Très honoré Monsieur, / Nous voici à la fin mai, et j'espère que mes vitraux sont en bonne voie. Veuillez me renseigner et me dire si je pourrai venir les contempler la semaine prochaine - le 12 ou le 13. Si possible, il faudrait les placer vers la fin de ce mois. / En attendant, je me dis mes reconnaissants hommages. / Joseph Cazaumayou. / Pontonx, 3 juin 1911."

    G. 20 juin 1911.

    "Mon cher Monsieur Dagrant, / Voilà huit jours que je suis passé dans vos ateliers. J'espère que les travaux sont à peu près finis, et je viens vous prier de m'expédier les vitraux au plus tôt, afin qu'ils soient placés le 2 juillet. De Bordeaux à Laluque, en petite vitesse, il ne faut guère plus de deux jours. Vous pourriez les expédiez vendredi et m'envoyer votre ouvrier dès dimanche soir afin de commencer les travaux de pose le lundi matin 26. / D'avance, je me réjouis à la pensée que six donateurs seront contents de votre travail, et qu'ils se décideront sans doute à continuer l'œuvre commencée. / J'attends votre réponse et me dis votre très dévoué en N.S. / Joseph S. Cazaumayou. / Pontonx, 20 juin 1911."

    H. Sans date (juin 1911).

    "Pontonx-sur-l'Adour, / Monsieur, / Jusqu'ici tout va bien. M. Dubedout a déjà fait de la besogne, et il espère que les deux vitraux ne retarderont pas la pose. Envoyez-les donc au plus tôt - que tout soit fini samedi. J'ai dimanche une première communion. M. Dubedout vous envoie les échantillons des pièces-grisailles à changer sur place. Veuillez donc les renvoyer aussi bien vite - et, si possible, joignez-les aux vitraux - sinon par la poste... / Bien entendu qu'il faut nous envoyer le Sacré-Cœur et N.D. de Buglose, en grande vitesse. Sinon, vous auriez du retard ! Les vitraux partis vendredi ne sont arrivés que ce matin en gare de Laluque ! / Autre affaire... La maille du grillage actuel est trop large. Veuillez donc nous procurer et nous envoyer du grillage à maille plus serrée - le plus serrée possible : 1/2 centimètre ou 1 centimètre le plus... Il nous en faut pour les six vitraux. Vous avez les dimensions des vitraux. Mesurez vous-même. / J'espère que tout ira bien. M. Dubedout vous souhaite le bonjour et moi aussi. S'il faut recourir au téléphone, nous l'avons tout près de l'église. Appelez M. Dubedout ! / Bien à vous en N.S. / Joseph Cazaumayou. / Nous voudrions aussi le grillage au plus tôt pour en finir samedi."

    I. Sans date (juin 1911 ?).

    "Pontons-s.-l'Adour (Landes). / Mon cher Monsieur Dagrant, / Je suis retenu par une laryngite et obligé de retarder encore mon voyage à Bordeaux. Mais en attendant, je vous envoie par M. Étienne Fargues la somme de deux-mille francs. Il vous les remettra comme à-compte lundi matin, 2h, et vous aurez la bonté de lui donner un reçu. / Je vous devrai encore : 250 f. + 51 f. de grillage + 39 f. de frais à la charge de la commune. Est-ce bien cela ? Ces 340 f., je vous les ferai tenir par une autre occasion. Et j'espère que l'an prochain nous pourrons continuer mes vitraux. Discrétion sur le prix. / Bien à vous et à bientôt. / Joseph Cazaumayou, curé de Pontonx."

    J. 2 juillet 1911.

    "Monsieur Dagrant, / Oui, je suis satisfait. Si rien ne presse, je passerai à Bordeaux dans la quinzaine, pour vous payer 2250... Ce sera le moyen le plus simple. Et nous verrons ce que nous pourrons faire à l'avenir... / Votre très humble serviteur. / Joseph Cazaumayou. / Pontonx s. l'Adour, 2 juillet 1911. / N.B. Bien entendu que je majore les prix aux donateurs. Ne dites donc pas ce que me coûtent les vitraux."

    K. 6 décembre (1911).

    "Pontonx-sur-l'Adour, 6 Décembre. / Mon cher Monsieur Dagrant, / Je compte passer chez vous demain 7 Décembre vers 11 heures du matin. Ne disposant que d'un instant, je vous prie de me préparer le reçu de la somme de 339 f. pour solde de tout compte, soit : / Reliquat de vitraux : 250 f. / Grillage : 50 f. / Pose et ouvrier 39 f. / Peut-être vais-je m'aviser de vous faire une nouvelle commande de dix vitraux - des mêmes dimensions. Cela dépendra de vos conditions... / Je reçois des offres de service de tous côtés - mais j'aime mieux poursuivre l'œuvre entreprise avec vous. / Hommages reconnaissants et à demain. Votre bien dévoué en N.S. / Joseph Cazaumayou P.tre curé."

    ____________________________________________________________

  • Correspondance de l'abbé Charles Brèthes, curé de Pontonx, et des établissements G.-P. Dagrant, verriers à Bordeaux, concernant la restauration de verrières à l'église de Pontonx, 1947-1948 (AD Gironde, fonds Dagrant)

    A. L'abbé Brèthes au gérant des établissements Dagrant, 10 juin 1947.

    "Pontonx sur l'Adour, 10 juin 1947. / Monsieur, / Je vous écris à tout hasard. J'ai retrouvé parmi les papiers conservés par monsieur l'abbé Cazaumayou, qui vient de mourir à Pontonx où il était curé depuis 1909, un paquet de lettres, qui datent de 1911, 1912, 1913. Elles ont été écrites par G.P. Dagrant Artiste peintre-verrier... C'est lui que monsieur l'abbé Cazaumayou avait chargé de l'exécution des vitraux de l'église... / Or précisément quatre ou cinq de ces vitraux ont été endommagés par l'explosion des pétards de la Libération... Par bonheur, ce ne sont pas des vitraux à sujets. Mais je ne puis tout de même pas confier leur réparation au premier venu. Et comme la Providence a voulu que je retrouve l'adresse de votre maison, je vous écris pour vous demander s'il vous serait possible d'entreprendre cette réparation... / Je vous prie d'agréer, Monsieur, mes respectueuses salutations. / Abbé Charles Brèthes, curé de Pontonx sur l'Adour, Landes."

    B. Le gérant des établissements Dagrant à l'abbé Brèthes, 13 juin 1947.

    "Monsieur le Curé, / Nous avons bien reçu votre lettre en date du 10 juin au sujet de la réparation des vitraux de votre église et vous nous demandez s'il serait possible d'entreprendre cette réparation. / En temps normal d'avant-guerre, je vous répondrais oui sans hésiter, mais maintenant il ne m'est pas possible de vous répondre affirmativement et suis dans l'obligation de ne prendre aucun engagement ferme pour tous travaux en dehors du secteur bordelais car les moyens de communication sont rendus très difficiles et les frais de déplacements d'ouvriers sont élevés au point que ces frais montent parfois au-dessus de ceux de la réparation. [...] Voulant vous éviter toute surprise désagréable, je crois de mon devoir de vous informer de l'énormité de ces frais. [...] Je m'excuse de vous donner une réponse aussi peu encourageante [...]."

    C. L'abbé Brèthes au gérant des établissements Dagrant, 16 juin 1947.

    "Monsieur, / Malgré votre réponse réticente, permettez-moi d'insister auprès de vous pour que vous acceptiez d'exécuter le travail de réparation des vitraux de mon église... / Vous me laissez prévoir des dépenses élevées. Je n'en suis nullement surpris. Mais la municipalité m'a promis de couvrir les frais, les dégâts ayant été provoqués par les canons de la libération... / De plus, lorsque vous avez posé les vitraux à sujets, vous aviez enlevé les vitraux ordinaires et vous les aviez soigneusement emballés dans des caisses, qui se trouvent toujours dans un coin de l'église... Ces vitraux pourront remplacer ceux qui ont été endommagés. / Le mieux serait que vous envoyiez un ouvrier spécialisé qui pourrait se rendre compte par lui-même du travail à exécuter. Je m'engage à payer les frais de déplacement. [...]"

    D. Le gérant des établissements Dagrant à l'abbé Brèthes, 19 juin 1947.

    "Monsieur le Curé, / Réponse à votre honorée du 16 ct, je viens vous faire connaître que je prendrai les dispositions nécessaires pour envoyer un ouvrier à Pontonx, après le 15 juillet, pour relever l'état des réparations à exécuter aux vitraux de votre église. [...]"

    E. L'abbé Brèthes au gérant des établissements Dagrant, 5 août 1947.

    "Monsieur, / N'auriez-vous pas oublié la promesse que vous m'avez faite d'envoyer à Pontonx un de vos ouvriers, après le 15 juillet, pour voir les travaux qu'il y aurait à exécuter aux vitraux de mon église... La saison avance et je voudrais bien, s'il était possible, que les réparations soient faites avant les froids de l'automne et de l'hiver. [...]"

    F. L'abbé Brèthes au gérant des établissements Dagrant, 1er septembre 1947.

    "Monsieur, / Je vous serais bien obligé de vouloir bien me dire par retour de courrier si je puis toujours compter sur vous pour la réparation des vitraux détériorés de mon église. Dès que j'aurais reçu votre réponse, je ferai dresser l’échafaudage nécessaire, pour qu'il vous soit possible d'envoyer vos ouvriers la semaine prochaine, ou tout au moins dès le début de la semaine suivante. [...]"

    G. Le gérant des établissements Dagrant à l'abbé Brèthes, 10 octobre 1947.

    "Monsieur le Curé, / Sans nouvelles au sujet des réparations que vous désiriez faire exécuter aux vitraux de votre église, je viens vous demander de vouloir bien me faire connaître si vous donnez une suite favorable à votre projet afin que je puisse prendre les dispositions nécessaires en vue du déplacement d'ouvriers. [...]"

    H. L'abbé Brèthes au gérant des établissements Dagrant, 16 octobre 1947.

    "Monsieur, / Vous êtes surpris de n'avoir pas encore reçu une lettre vous annonçant que vous ouvriers pouvaient venir à Pontons [...]. Les élections municipales en sont uniquement la cause. Monsieur le Maire a craint d'en parler en séance du Conseil à quelques jours des élections. Il préfère attendre qu'elles soient passées... [...]"

    I. L'abbé Brèthes au gérant des établissements Dagrant, 29 novembre 1947.

    "Monsieur, / Que devez-vous penser de mon silence ? Je m'en excuse... Mais avec les administrations, il ne faut pas être pressé. Avant de parler des réparations nécessaires des vitraux de on église, Monsieur le Maire m'avait demandé d'attendre que les élections fussent passées... Voici que maintenant il me demande, pour essayer d'obtenir quelques subventions, de présenter un devis approximatif. Je vous serais donc reconnaissant de l'établir dès que possible et de me l'envoyer. [...]"

    J. Le gérant des établissements Dagrant à l'abbé Brèthes, 11 décembre 1947.

    "Monsieur le Doyen, / J'avais bien reçu votre lettre du 29 novembre [...]. Pour faire un état sérieux du travail à exécuter, il nous faut monter jusqu'aux vitraux. [...] Je suis très contrarié que cet état de choses apporte autant de retard et je m'en excuse, mais un devis de l'importance de celui de vos vitraux doit être sérieusement fait, quoique approximatif. [...] J'ai le ferme espoir que vous n'attendrez pas trop longtemps notre venue. [...]"

    K. Le gérant des établissements Dagrant à l'abbé Brèthes, 22 décembre 1947.

    "Devis approximatif des réparations à effectuer aux vitraux de l'église. / Fenêtre A... 8619. / Fenêtre B... 5986. / Fenêtre C... 7148. / Fenêtre D... 4650. / Fenêtre E... 4883. / Fenêtre F... 3604. / Travaux à exécuter en régie à d'autres fenêtres, estimation... 20000. / Révision des frais de transport des ouvriers, marchandises et matériel, taxes et divers... 14400. / Montant approximatif : frs 69290."

    L. L'abbé Brèthes au gérant des établissements Dagrant, 27 février 1948.

    "Monsieur, / Je n'ai pu répondre à votre lettre immédiatement. Vous en devinez les raisons : la réparation des vitraux ne dépend pas uniquement de moi, puisque c'est la commune qui doit assurer les frais. Or, une administration est toujours lente à agir : il faut user avec elle de beaucoup de patience. [...] Monsieur le Maire ne met aucune mauvaise volonté, mais il est difficile de se procurer un échaffaudage (sic) approprié. Des démarches sont faites à Dax. [...]"

    M. Le gérant des établissements Dagrant à l'abbé Brèthes, 5 mars 1948.

    "Monsieur le Curé, / Je me suis occupé, de mon côté, de la question de l'échafaudage. Après bien des démarches, j'ai réussi par trouver quelqu'un qui s'en chargerait. [...] D'autre part, il me serait possible de venir à Pontonx la semaine qui suivra le dimanche de Pâques. [...]"

    N. L'abbé Brèthes au gérant des établissements Dagrant, 10 mars 1948.

    "Monsieur, / J'ai soumis votre lettre à monsieur le Maire. Il est heureux de cette solution : car il nous était assez difficile de trouver un échafaudage convenable. [...] La date que vous fixez est assez bien choisie. [...]."

    O. Devis estimatif des réparations aux vitraux, par les établissements G.-P. Dagrant, avril 1948.

    "Fenêtre A. 1 panneau de 1.40 x 1.00 m2 1.40 (grisaille)... 5852. à remonter à neuf à frs 4180. Dépose à frs 250... 350. Pose à frs 535... 749. Fourniture en remplacement de : 5 pièces grisailles à frs 220... 1100. 1 pièce bordure à frs 80... 80. / 8131. Taxes diverses 6%... 488 = 8619. // Fenêtre B. 1 panneau de 1.20 x 0.80 m2 0.96 (grisailles). à remonter à neuf à frs 4180... 1013. Dépose à frs 250... 240. Pose à frs 535... 514. Fournitures en remplacement de : 9 pièces losanges à croix à frs 80... 720. 2 pièces bordure à Frs 80... 160. 5647. Taxes diverses 6%... 339 = 5986. // Fenêtre C. 1 panneau de 1.20 x 1.00 m2 1.20 (grisailles). à remonter à neuf à frs 4180... 5016. Dépose à frs 250... 300. Pose à frs 535... 642. Fournitures en remplacement de : 3 pièces grisailles à frs 220... 660. 1 pièce palmette à Frs 80... 80. 3 pièces filets à frs 15... 45. 6743. Taxes diverses 6%... 405 = 7148. // Fenêtre D. 1 panneau de 0.80 x 0.80 m2 0.64 (grisailles). à remonter à neuf à frs 4180... 2675. Dépose à frs 250... 160. Pose à frs 535... 342. Fournitures en remplacement de : 2 pièces ornements à frs 260... 520. 3 pièces grisailles à Frs 220... 660. 2 filets à frs 15... 30. 4387. Taxes diverses 6%... 263 = 4650. // Fenêtre E. 1 panneau de 0.80 x 0.80 m2 0.64 (grisailles). à remonter à neuf à frs 4180... 2675. Dépose à frs 250... 160. Pose à frs 535... 342. Fournitures en remplacement de : 2 pièces ornements à frs 260... 520. 4 pièces grisailles à Frs 220... 880. 2 filets à frs 15... 30. 4607. Taxes diverses 6%... 276 = 4883. // Fenêtre F. A repiquer sur place 10 pièces grisailles à frs 340... 3400. Taxes diverses 6%... 204. 3604. // Montant d'après renseignements précis qui m'ont été fournis... 34890. Travaux qui devront être effectués en régie que nous estimons à environ... 20000. // Déplacements. Déplacement du 7 août... 1902. Déplacement du 18 décembre 10 h à 2 ouvriers à 130... 1300. Transport par auto ouvriers et

    P. Le gérant des établissements Dagrant à l'abbé Brèthes, 23 avril 1948.

    "Monsieur le Curé, / Je regrette de ne pouvoir satisfaire votre désir de voir poser les vitraux de votre église la semaine prochaine ; malheureusement un accident de voiture nous oblige à retarder ce déplacement. Je ne pourrais vous envoyer des ouvriers que dans la deuxième semaine de mai. [...]"

    Q. Le gérant des établissements Dagrant au maire de Pontonx, 23 avril 1948.

    "Monsieur le Maire, / Comme suite à votre lettre du 10 courant, je vous prie de bien vouloir verser à mon compte les 2/3 du montant du devis des réparations des vitraux de l'église de Pontonx. / Les vitraux sont terminés ; malheureusement notre camionnette vient d'être accidentée et nous ne pouvons venir la semaine prochaine [...]."

    R. L'abbé Brèthes au gérant des établissements Dagrant, 7 juin 1948.

    "Monsieur, / La facture que vous m'avez envoyée m'a fort surpris. Il y a certainement erreur. Je m'attendais bien à payer une somme assez élevée pour le nettoyage des vitraux ; mais jamais je n'aurais pu supposer qu'elle monterait à plus de quatre mille francs. Je n'ai pas la fortune de Crésus pour me permettre pareilles folies. / 200 francs l'heure, c'est vraiment un peu cher pour enlever quelques toiles d'araignée. A la rigueur, passe ! puisqu'il s'agit d'ouvriers spécialisés, encore que ce travail de nettoyage ne réclame par beaucoup de compétence... Mais là où je ne comprends pas du tout, et où je ne puis croire qu'il n'y a pas erreur, c'est le nombre d'heures comptées : 22 heures, mais c'est invraisemblable ! Sans doute le premier 2 est faux ; c'est 1 qu'il faut mettre. Calculez plutôt. Le travail de nettoyage a commencé le matin à 9 heures ; il était terminé le soir même ; et encore les ouvriers avaient-ils trouvé le temps d'achever la réparation de certains vitraux, dont quelques pièces étaient à changer. [...] Plusieurs personnes, les religieuses en particulier à qui j'ai montré votre facture, en ont été littéralement abasourdies. Ce n'est pas tout ! J'ai payé tous les frais d'hébergement du dimanche où ils n'ont pas travaillé du tout. [...] / Sans doute je suis très satisfait du travail de réparation effectué aux vitraux de l'église. Je le suis beaucoup moins de cette dernière facture. Vous le comprendrez sans peine. Je vous envoie 2.000 francs ; je ne puis faire plus. J'estime que c'est suffisamment payé [...]. Excusez le ton un peu dur de ma lettre. Mais vous comprendrez que devant de telles sommes à verser, je ne puis garder tout mon sang-froid, alors que mes caisses sont vides ou peu s'en faut... [...]"

    S. Le gérant des établissements Dagrant à l'abbé Brèthes, 16 juin 1948.

    "Monsieur le Curé, / Rentrant de voyage ce matin, j'ai trouvé votre lettre du 7 courant dont le contenu m'a fort surpris. J'ai aussitôt demandé aux ouvriers qui s'étaient rendus à Pontonx le détail des heures qui ont servies (sic) au nettoyage des vitraux de votre église. [...] Le total de ces heures est donc bien 22. Quant au taux horaire pratiqué, il est conforme aux tarifs syndicaux en vigueur. Lors de mon passage à Pontonx, je vous avais signalé que ces travaux de nettoyage seraient assez onéreux ; ce n'est que sur votre insistance qu'ils ont été effectués ; quant aux pièces repiquées dans la haute nef, elles devraient être facturées en supplément car elles n'étaient pas prévues dans le devis. / J'ai bien reçu la somme de 2.000 francs que vous m'avez envoyée ; je vous serais très obligé de bien vouloir me faire parvenir le solde de la facture de préférence par mandat-carte. / Veuillez agréer, Monsieur le Curé, mes sincères salutations."

    ____________________________________________________________

Références documentaires

Documents d'archives
  • Croquis préparatoire pour les verrières (rose et lancettes) destinées à la façade de l'église de Pontonx, par Gustave-Pierre Dagrant, s.d. [1887-1888].

    Archives départementales des Landes : Fonds Dagrant, non classé
  • Croquis préparatoire pour trois verrières en triplet destinées aux fenêtres hautes du chœur et du transept de l'église de Pontonx, par Gustave-Pierre Dagrant, s.d. [1887-1888].

    Archives départementales des Landes : Fonds Dagrant, non classé
  • Croquis ("tracés au 10e") pour six verrières à personnages destinées aux chapelles du transept de l'église de Pontonx, par G.-P. Dagrant, 1911.

    Archives départementales des Landes : Fonds Dagrant, non classé
  • Croquis ("tracés au 10e") pour dix verrières historiées destinées aux bas-côtés de l'église de Pontonx, par G.-P. Dagrant, 1913.

    Archives départementales des Landes : Fonds Dagrant, non classé
  • Lettres de l'abbé Joseph Cazaumayou, curé de Pontonx, à Gustave-Pierre Dagrant, verrier à Bordeaux, concernant la commande de verrières pour les chapelles du transept de l'église de Pontonx, 1911.

    Archives départementales des Landes : Fonds Dagrant, non classé
  • Correspondance de l'abbé Charles Brèthes, curé de Pontonx, avec la maison Dagrant de Bordeaux concernant la restauration des verrières de l'église de Pontonx, 1948.

    Archives départementales des Landes : Fonds Dagrant, non classé
Bibliographie
  • Monographie paroissiale de Pontonx, par le curé Lucien Lajus, 1er janvier 1889

    Archives départementales des Landes : 16 J 19
  • SUAU Jean-Pierre (dir). Le vitrail dans les églises des Landes (1850-2010). Dax, Amis des églises anciennes des Landes, 2012, vol. I (Donateurs et créateurs).

    p. 41-42, 112
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