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Église paroissiale Saint-Laurent

Ensemble des autels du Sacré-Cœur et de saint Vincent de Paul (2 autels, 2 gradins, 2 tabernacles, 2 retables, 4 crédences, 2 statues, 2 clôtures d'autel)

Dossier IM40005889 réalisé en 2014

Fiche

Dénominations autel, gradin d'autel, tabernacle, retable, crédence, statue, clôture d'autel
Titres Sacré-Coeur
Saint Vincent de Paul
Appellations autel du Sacré-Coeur, autel de saint Vincent de Paul
Aire d'étude et canton Mugron
Adresse Commune : Mugron
Emplacement dans l'édifice bras nord du transept, mur oriental (Sacré-Coeur) ; bras sud du transept, mur oriental (saint Vincent de Paul)

L'historique de ces deux autels, installés en pendant dans le transept de l'église, est détaillé dans le registre paroissial tenu par le curé doyen Pierre-Adolphe Bourrus en 1867. L'autel du Sacré-Cœur fut offert par la famille Hiard, notables mugronnais qui devaient donner peu après un maire à la commune (de 1870 à 1882) en la personne de Léon Hiard ; sa mère Adèle Cazeaux-Hiard (1797-1888) avait parrainé l'une des cloches de l'église en 1863 (réf. IM40005990). L'autel de saint Vincent de Paul ("ce saint qui nous appartient à nous avant d'appartenir à la France" selon les termes de l'abbé Bourrus) fut acquis aux frais du juge de paix Édouard Batistant, président du bureau des marguilliers de l'église. Les deux meubles furent choisis, non par leurs donateurs, mais par Blanche d'Antin-Domenger (veuve du bâtisseur de l'église Bernard-Roch Domenger), qui les acheta à Toulouse auprès du marbrier Jean-Pierre Bergès (27, allées Saint-Étienne), auteur de plusieurs autels néo-baroques dans la région toulousaine (Faudoas, 1857, Beaumont-de-Lomagne, 1857, Esparsac, 1863, Salles, 1865). Les deux autels furent installés en juin 1867. Chacun des retables fut pourvu la même année d'une statue du saint titulaire, celle de saint Vincent de Paul acquise par Mme de Lacoste de Tingon, née Joséphine du Lion de Campet (qui la paya 300 francs), celle du Sacré-Cœur par Mme Domenger elle-même, qui l'acheta auprès du fabricant messin Charles-François Champigneulle (1820-1882), lequel devait se tourner dès l'année suivante vers la production de vitrail. Les deux femmes avaient acquis conjointement l'autel de la Vierge (réf. IM40005887) l'année précédente. L'autel du Sacré-Cœur fut réparé et "embelli" aux frais de la confrérie du saint-Sacrement en 1873.

Comme le rappelle le curé Bourrus, une confrérie du Sacré-Cœur avait été établie dans l'ancienne église de Mugron dès 1810 par un indult du cardinal Caprara, légat a latere auprès de Napoléon. Un premier autel, installé par le curé Jean-Baptiste Marsan la même année, fut remplacé dès 1829, à l'initiative de son successeur Jean-Pierre Liquet, par un autel "beaucoup plus beau que le premier". Aucun de ces deux meubles ne paraît avoir subsisté, pas plus qu'un premier autel dédié à saint Vincent de Paul, érigé dans l'église en 1839 aux frais de Bernard-Roch Domenger.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1867, daté par source
Lieu d'exécution Commune : Toulouse
Lieu d'exécution Commune : Metz
Auteur(s) Auteur : Bergès Jean-Pierre,
Jean-Pierre Bergès

Marbrier et fabricant de mobilier religieux à Toulouse (27, allées Saint-Étienne) dans la seconde moitié du XIXe siècle. Auteurs d'autels à Faudoas (1857), Beaumont-de-Lomagne (1857), Esparsac (1863), Salles (1865) et Mugron (1867).


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marbrier, attribution par source
Auteur : Champigneulle Charles-François, dit(e) le père,
Charles-François Champigneulle , dit(e) le père (1820 - 1882)

Fonde une fabrique de statues religieuses à Metz en 1861, puis rachète en 1868 la fabrique de vitraux de Laurent-Charles Maréchal ; s'installe à Bar-le-Duc en 1872 après l'annexion de Metz à l'Allemagne.


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fabricant de statues, attribution par source
Personnalité : Domenger d'Antin Blanche,
Blanche Domenger d'Antin , né(e) d'Antin (1805 - 1899)

Blanche d'Antin (an XIII - 1899), fille aînée de Jean-de-Dieu d'Antin, baron de Sauveterre, maire de Mugron, préfet des Basses-Pyrénées (1770-1844), et de Marie-Victoire de Castelnau (1768-?) ; épouse en 1832 Bernard-Roch Domenger, conseiller général des Landes (1785-1865) ; bienfaitrice de l'église de Mugron.


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donateur, attribution par source
Personnalité : Lacoste de Tingon Joséphine,
Joséphine Lacoste de Tingon , né(e) Du Lion

Fille de Laurent du Lion, marquis de Campet, et demi-sœur du marquis Gaston ; petite-fille de Marie-Suzanne de Gourgues, des marquis de Vayres et vicomtes de Lanquais.


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donateur, attribution par source

Chaque ensemble, de style néogothique, est placé sur un dallage en damier noir et blanc, entouré d'une clôture d'autel en fer forgé avec appui en chêne ciré et portillon à battant unique. Il comporte : un degré d'autel en chêne marqueté ; un autel droit en marbre blanc des Pyrénées, avec table portée par deux colonnes d'angle et panneau de fond (en marbre rouge du Languedoc pour l'autel du Sacré-Cœur, en jaune de Sienne pour celui de saint Vincent) orné d'un relief rapporté en marbre blanc ; un gradin droit encastrant un tabernacle architecturé à porte rectangulaire en marbre blanc (celle du Sacré-Cœur remplacée en bois) flanquée de deux colonnettes ; un retable à deux niveaux, le registre inférieur constitué d'un panneau de soubassement en marbre rouge, sur lequel sont fixées deux petites crédences en console à plateau en demi-lune en marbre blanc, le registre supérieur à niche trilobée couronnée d'un gâble aigu et flanquée d'ailes à arcature sur colonnettes ; à l'intérieur de la niche, une console en plâtre polychrome, à pans coupés, supporte une statue du même matériau.

Structures plan, rectangulaire élévation, droit colonne, 10
Matériaux calcaire, décor en bas relief, décor dans la masse, décor en demi relief, décor rapporté
laiton, décor en relief, fondu, doré
plâtre, moulé, peint
Mesures h : 178.0
Précision dimensions

Tombeaux d'autel : h = 98 ; la = 181 ; pr = 64. Gradins : h = 22. Massifs postérieurs : pr = 37. Tabernacles : h = 65 (80 avec l'exposition) ; la = 44. Retables : h = 380 environ ; la = 410 environ. Clôtures d'autel = h = 77. Statues : h = 120 environ.

Iconographies croix grecque, monogramme, Triangle trinitaire, vigne
ornementation, ornement à forme architecturale, gable, pinacle, quadrilobe
Précision représentations

Chacun des deux autels est orné d'un relief rapporté appliqué sur le panneau de fond : sur l'autel du Sacré-Cœur, une croix grecque fleuronnée sur fond quadrillé dans un quadrilobe à redents ; sur celui de saint Vincent de Paul, un cartouche néo-XVIIe siècle à cuirs avec les initiales SVP. La porte du tabernacle est ornée d'un relief dans la masse : cœur sacré pour l'autel nord (mais la porte a été refaite en bois après 1992), triangle trinitaire pour l'autel sud ; les écoinçons sont sculptés de branches de vigne (soulignées de dorure à l'autel du Sacré-Cœur). Les retables présentent un décor identique d'arcatures gothiques composées de gâbles aigus à intrados trilobés, portés par de fines colonnettes prolongées par des pinacles ; une galerie à frise de quadrilobes ajourés couronne l'arcature ; le gâble de la niche centrale est amorti d'un grand fleuron.

La niche du retable nord abrite une statue du Sacré-Cœur bénissant, celle de retable sud une statue de saint Vincent de Paul portant un nourrisson abandonné drapé dans ses langes.

États conservations partie remplacée
Précision état de conservation

La porte en marbre du tabernacle de l'autel du Sacré-Cœur a été remplacée après 1992 par un battant en bois peint.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Extrait du registre paroissial de Mugron concernant les autels du Sacré-Coeur et de saint Vincent de Paul (AP Mugron, registre paroissial 1842-1850, année 1867, p. 49)

    - "Autels dédiés au Sacré-Cœur et à St Vincent de Paul. / [...] Entre tous ceux qui semblent mériter la protection particulière du Ciel et notre gratitude personnelle, ce sont les deux familles qui acceptèrent avec un empressement aussi honorable pour elle que gracieux et agréable pour nous un projet que nous [le curé Bourrus] portions en notre cœur depuis la consécration de l'église. En effet, je n'avais pas oublié que la dévotion du Sacré-Cœur, accueillie déjà depuis longtemps avec une pieuse ardeur par nos paroissiens, avait toujours eu besoin de se témoigner au dehors par un autel. Car, à peine l'indult signé à Paris par le cardinal Caprara, avait-il établi (peut-être pour la première fois dans le diocèse) cette sainte confrérie du Sacré-Cœur, que M. Marsan [curé de Mugron] écrivait en 1810 sur le Registre de cette confrérie : "autorisé par Monseigneur Loyson évêque de Bayonne, j'ai fait un autel du Sacré-Cœur qui a été installé dans l'église le 19 7bre 1810 ; le 23 du même mois il a été béni et j'y ai dit la première messe le 16 8bre de la même année." / Je me souvenais qu'à la suite de la Mission donnée par Mgr Savy, ce saint pontife enrichit cette confrérie de nouveaux privilèges qu'ont accrus ses successeurs, et que mon vénérable prédécesseur M. Liquet avait secondé les désirs des âmes pieuses en dédiant un autel beaucoup plus beau que le premier au Sacré-Cœur de Jésus. Tous ces motifs réunis et bien d'autres que les nombreux besoins de mon peuple rendaient aussi puissants me déterminèrent à offrir à la famille Hiard l'honneur d'élever l'autel du Sacré-Cœur - ce qu'elle accepta. / En même temps et pour harmoniser la décoration du transept de l'église et pour que nous puissions donner notre hommage de vénération et d'honneur à ce saint qui nous appartient à nous avant d'appartenir à la France, à l'univers catholique, au grand et immortel Vincent de Paul, nous offrîmes à M. Batistant, juge de paix, l'honneur d'installer un autel dédié au Père des pauvres et des orphelins. Autant pour remercier Dieu d'une alliance heureuse qui venait d'apporter la joie dans sa maison que pour faire une bonne œuvre utile et profitable aux morts de la famille, M. Batistant accepta. Les deux autels, choisis et préparés à Toulouse par les soins et le bon goût de Mme Domenger dans les ateliers de Bergès, furent installés au mois de juin 1867. En même temps, la garniture de croix et chandeliers était donnée pour les deux autres par Madame Domenger ; l'appui de communion était placé tout autour grâce à une aumône de 600 f. que versait dans mes mains une pieuse veuve immédiatement après la mort de son mari, M. Baqué. / Presque au même instant, Mme de Lacoste, née Du Lyon, mettait à ma disposition une somme de 300 f. pour que la statue de St Vincent de Paul dominât son autel et Madame Domenger, heureuse de donner une nouvelle preuve de dévouement à l'église et au Sacré-Cœur, fesait [sic] arriver aussi des ateliers de M. Champigneulle à Metz une statue du Sacré-Cœur de Jésus. [...]"

  • Extrait du registre de la confrérie du Saint-Sacrement de Mugron (1850-1945) concernant la réparation de l'autel du Sacré-Cœur en 1873

    - "8 juin 1873. Arrêté de compte [...]. Mr le Directeur a proposé à l'assemblée de vouloir bien allouer [...] une somme de deux cent quarante neuf francs cinq centimes pour contribuer à la réparation et à l'embellissement du nouvel autel du Sacré-Cœur, en marbre et dorure. Cet autel dédié au Sacré-Cœur intéresse la confrérie qui est instituée pour honorer spécialement tout ce qui a trait à l'auguste personne du Sauveur [...]"

Références documentaires

Documents d'archives
  • Registre paroissial de l'église de Mugron (1842-1950) ("Diocèse d'Aire, paroisse de Mugron, doyenné de Mugron. Registre paroissial de l'église de Mugron à commencer du 25 août 1842").

    p. 49 (année 1867) Archives paroissiales, Mugron
  • Registre des délibérations et des comptes de la confrérie du Saint-Sacrement de Mugron (1850-1945).

    année 1873 Archives paroissiales, Mugron
  • Monographie paroissiale de Gamarde, par le curé P.-C. Baqué, vers 1890.

    Archives départementales des Landes : 16 J 18
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