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Église paroissiale Saint-Jean-Baptiste

Ensemble des autels de la Vierge et de saint Joseph (2 autels, 4 gradins, 2 tabernacles, 2 statues et leurs consoles)

Dossier IM40007734 réalisé en 2019

Fiche

Dénominations autel, gradin d'autel, tabernacle, statue, console
Appellations de la Vierge et de saint Joseph
Aire d'étude et canton Tartas ouest
Adresse Commune : Laluque
Emplacement dans l'édifice collatéraux nord (Vierge) et sud (saint Joseph)

Le registre paroissial de l'abbé Pierre Lartigau fait l'historique des autels successifs de l'église de Laluque depuis la Révolution. En 1792, les deux autels en marbre blanc que comptait alors l'église (maître-autel et autel de sainte Barbe) furent détruits, puis remplacés une première fois en 1801 par des meubles en bois, désormais dédiés à saint Jean-Baptiste (maître-autel) et à l'Immaculée Conception (autel secondaire). La reconstruction partielle de l'édifice dans les années 1860-1870 entraîna l'achat de nouveaux autels auprès du marbrier toulousain "Barreau", c'est à dire Jean Barrau le père. La première acquisition concerna les autels ici étudiés, consacrés à la Vierge et à saint Joseph, offerts en 1872 par trois notables locaux : Jean Poudens, président de la fabrique et propriétaire au Bas, Barthélemi Castets, trésorier de la fabrique et propriétaire à Gouadet, et Barthélemi Dassé, conseiller municipal et propriétaire à Berdot, tous trois négociants associés en résine de pin. Les deux meubles furent payés 1.600 francs (dont 200 francs de frais de pose). Le maître-autel fut donné l'année suivante par la commune.

Les statues de l'Immaculée Conception et de Saint Joseph qui surmontent respectivement les deux autels, achetées à Lyon pour 466 francs (consoles et port compris), sont sorties des ateliers de Charles-François Champigneulle (1820-1882), d'abord installés à Metz en 1862 puis transférés à Bar-le-Duc en 1872 après l'annexion de Metz à l'Allemagne. La première fut acquise grâce à un legs de Mme Augustin Dupin, née Élisabeth Branères (morte le 7 avril 1865), mère de l'ancien maire Ulysse Dupin ; la seconde fut offerte par Armande Cassoulet (1828-1890), épouse du maire alors en fonction, Bernard Cardenau. Les statues furent solennellement bénites par le curé Pierre Lartigau le 4 janvier 1874.

Les autels sont mentionnés avec leurs statues respectives dans l'inventaire de février 1906 sous les n° 50 et 51. Ils forment ensemble avec les peintures murales en trompe-l'œil qui les entourent.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1872, daté par source
Lieu d'exécution Commune : Toulouse
Lieu d'exécution Commune : Bar-le-Duc
Auteur(s) Auteur : Barrau Jean (I), dit(e) Barrau père,
Jean (I) Barrau , dit(e) Barrau père

La "Grande Marbrerie Barrau" fut fondée à Toulouse en 1835. Localisée à la fin du XIXe siècle au 41, allée Saint-Étienne et au 16, Grande-Allée, elle était dirigée alors par Jean Barrau et par son fils cadet et homonyme ("Grande Marbrerie Barrau père et fils jeune"), après la rupture du père avec son fils aîné Louis, qu'il prit soin de notifier par voie de presse : "La maison a l'honneur de prévenir sa nombreuse clientèle qu'elle n'a aucun rapport avec M. Barrau fils aîné, dans laquelle ce dernier n'a travaillé qu'en qualité d'ouvrier. En conséquence, ladite maison Barrau père reste toujours comme par le passé à la disposition de ses clients, pour lesquels elle fera les travaux, comme par le passé, au mieux de leurs intérêts, et s'efforcera à conserver sa bonne et vieille réputation" (L'Express du Midi, 22 septembre 1894). Louis Barrau venait de fonder sa propre entreprise, la marbrerie Sainte-Jeanne-d'Arc (2, boulevard Carnot) ; il racheta plus tard la marbrerie concurrente Guiraud ("Marbreries Barrau & Guiraud réunies). A sa mort en mars 1926, son gendre Fernand Ruffat lui succéda.


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marbrier, attribution par source
Auteur : Champigneulle Charles-François, dit(e) le père,
Charles-François Champigneulle , dit(e) le père (1820 - 1882)

Fonde une fabrique de statues religieuses à Metz en 1861, puis rachète en 1868 la fabrique de vitraux de Laurent-Charles Maréchal ; s'installe à Bar-le-Duc en 1872 après l'annexion de Metz à l'Allemagne.


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fabricant de statues, attribution par source

Chacun des deux autels de style néogothique, en marbre blanc veiné des Pyrénées plaqué sur maçonnerie, est posé sur un degré d'autel à deux marches en marbre rouge du Languedoc (avec plateformes carrelées de blanc et de rouge, à motifs de damier à la marche inférieure, de croix grecques à la supérieure). Chaque ensemble comporte un autel-tombeau droit scandé par trois arcs plein cintre à intrados trilobé portés par quatre colonnettes, avec table en bois bordée de marbre ; tombeau adossé à un massif débordant surmonté d'un gradin droit et d'un second gradin à trois redents, celui-ci encastrant un tabernacle à porte en plein cintre (marbre) inscrite sous un arc trilobé sur colonnettes, le tout surmonté d'une exposition carrée. Fixée au mur au-dessus de l'autel, une console polygonale en plâtre blanc supporte une statue de même matériau à rehauts polychromes (carnations) et dorés (orfrois des vêtements, accessoires) ; celle-ci se détache sur une fausse tenture peinte en trompe-l’œil (voir peintures murales) ; la statue de l'Immaculée Conception porte une couronne en laiton doré ornée de cabochons en verroterie colorée.

Catégories marbrerie, sculpture
Structures plan, rectangulaire élévation, droit colonne, 6 intérieur creux revers sculpté
Matériaux marbre veiné, blanc, rouge, décor en relief, décor rapporté, gravé, doré, peint, polychrome
plâtre, moulé, peint, polychrome, monochrome
Mesures h : 200.5
la : 228.0
Précision dimensions

Autel : h = 100 ; la = 200 ; pr = 62,5. Massif postérieur : h = 121,5 ; la = 228 ; pr = 36,5. Gradin supérieur : h = 37. Tabernacle : h = 68 (79 avec l'exposition) ; la = 49. Statues : h = 150 environ.

Iconographies monogramme, MA, SJ, lys
ornementation, ornement à forme architecturale, arcature, colonnette, quadrilobe, croix grecque, ornement à forme végétale, rinceau, fleur de lys, rose
Immaculée Conception, couronne
saint Joseph et l'Enfant Jésus
Précision représentations

Décor gravé et doré : sous les arcs du tombeau d'autel, un monogramme (MA à l'autel de la Vierge, SJ à celui de saint Joseph) dans une couronne constituée d'une branche de rosier et d'un lys, entre deux lys à trois fleurs ; bouquets de lys stylisés dans les écoinçons du tombeau, lancettes à sommet trilobé sur les piédroits ; branche de rosier et lys en sautoir sur le ressaut central du gradin inférieur, frise de quadrilobes crucifères cantonnés de fleurs de lys héraldiques sue les parties latérales du gradin inférieur ; rinceaux polychromes (vert, rouge et or) sur le gradin supérieur ; étoile à six branches dans un cercle au-dessus de la porte du tabernacle. Fausses ferrures noires à motif de trèfles sur la porte du tabernacle.

Statue de l'Immaculée Conception : couronnée, mains jointes en prière, debout sur un demi-globe lunaire et écrasant le serpent de la Faute. Statue de saint Joseph : tenant un lys de la main droite et portant sur le bras droit l'Enfant bénissant et tenant le globe ou monde.

États conservations oeuvre incomplète
Précision état de conservation

Il manque deux plaques de marbre rouge à la marche inférieure du degré de l'autel de saint Joseph (partie droite). Le tombeau du même autel, qui avait été détaché et avancé à l'entrée de la chapelle dans les années 1980, a été remis à sa place originelle à l'occasion de la restauration intérieure de 2007.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Extraits de documents concernant les autels latéraux de l'église de Laluque

    I. Registre paroissial de Laluque, par l'abbé Pierre Lartigau, 1853-1882 (Archives diocésaines, Dax) :

    [Dédicace des deux autels au Nord et au Midi] Le bas-côté du Midi, dédié à sainte Barbe en 1739 et plus tard à la Sainte Vierge, a été rebâti tout entier en 1870 et en 1871, avec le bas-côté du Nord qui n’avait avant cette époque jamais existé. Pour lors, en les dédiant tous les deux à la fois, j’ai dédié celui du Nord à la Sainte Vierge et celui du Midi à saint Joseph, pour être plus conforme à la règle ou à son esprit, Stetit Regina a dextris tuis."

    "Les deux autels latéraux en marbre blanc pareil à celui du maître-autel, les deux belles statues de la Ste Vierge et de St Joseph, apposées dans leurs niches respectives [...], tout cela, dont le prix est porté au chapitre mobilier de l’église, a été donné avec la plus grande générosité. Chaque famille importante a voulu noblement faire honneur à la restauration et à l’agrandissement de son église. [...]"

    [Renouvellement du mobilier de l’église] "Avant 1792, l’église était riche en ornemens (sic), en linges et en argenterie. Celle-ci fut volée, et le reste fut brûlé sur la place publique. Les deux autels furent détruits, chose très-regrettable pour le maître-autel de marbre qui avait été sacré sur place. Deux nouveaux autels furent construits en bois après 1801 ; celui du midi fut alors dédié à l’immaculée conception, tandis que précédemment il était dédié à Ste Barbe ; le maître-autel demeura dédié à St Jean Baptiste, comme il l’avait toujours été. En 1872 ces deux autels ont été mis de côté et remplacés par des autels en marbre, pour faire honneur aux deux nouvelles constructions du Nord et du Midi. Le bas-côté Nord a été dédié à l’immaculée conception de la Ste Vierge, pour qu’elle se trouvât à droite de Notre-Seigneur, Stetit regina a dextris tuis, et le bas-côté Sud a été dédié à son très-chaste époux St Joseph, patron de l’église universelle, en mémoire d’une guérison miraculeuse par sa puissante intercession, arrivée dans la paroisse an avril 1864, comme il est dit plus haut dans le présent registre."

    "[Autels latéraux] Deux autels latéraux en marbre blanc d’Italie, faits en 1872 par le même ouvrier ci-dessus [Barrau], donnés par les sieurs Jean Poudens, Président de la fabrique, propriétaire au Bas ; Barthélemi Castets, trésorier de la fabrique, propriétaire à Gouadet, et Barthélemi Dassé, conseiller municipal, propriétaire à Berdot, tous trois négociants associés en résines, payés sur place... 1400 francs. / Frais de la pose par les mêmes... 200 francs."

    "[Croix et chandeliers de l’autel de la Ste Vierge] La croix et les chandeliers de l’autel de la Ste Vierge, donnés par Jeanne Poudens, épouse de Barthélemi Castets, pris chez Guillaume Bent jeune à Toulouse en 1872... 220 francs."

    "[Croix et chandeliers de l’autel de St Joseph] La croix et les chandeliers de St Joseph proviennent des anciens autels de l’église avant sa restauration."

    "[Statues de la Ste Vierge et de St Joseph] Statues de la Ste Vierge et de St Joseph pour les deux autels latéraux, prises à Lyon, provenant de Champigneul (sic) de Metz, payées sur place 300 francs. / Port par le chemin de fer... 44 francs. / Socles pour les recevoir avec port... 122 francs. / Ces deux statues ont été données, la statue de St Joseph par Madame Cardenau, née Armande Cassoulet de Peyrehorade, et la statue de la Sainte Vierge par feue (sic) Madame Dupin, née Élisabeth Branères de Pontonx, veuve d’Augustin Dupin, décédée le 7 avril 1865, qui au lit de la mort avait verbalement laissé deux cents francs à cet égard. Madame Cardenau a tout payé, statue, port et socle... 333 francs."

    "[Bénédiction solennelle des statues de la Ste Vierge et de St Joseph et leur introduction dans l’église le 4 janvier 1874.] Ulysse Dupin, son fils, a donné cent francs. Céline Lauga, seconde femme de son autre fils François Dupin, qui l’a épousée le 14 mai 1873, a donné les cents (sic) francs pour le compte de son mari. Les autres cinquante francs proviennent de quelques dons faits à l’église, avec lesquels on a soldé également leur port, le socle et le port du socle. / Ces statues ont été portées à l’église solennellement le 4 janvier 1874. C’était un jour de dimanche. M. le curé en fit une fête religieuse pour la paroisse. On en trouvera le compte-rendu ci-après."

    II. Inventaire des biens dépendant de la fabrique, 24 février 1906 (AD Landes, 70 V 170/10) :

    "50. Un autel à gauche en marbre blanc, complet, s/ marchepied marbre rouge scellé. / 51. Un autel droit en marbre blanc complet s/ marchepied marbre rouge scellé au mur. Les articles 50 et 51 sont revendiqués par M. Castets, Dassé et Poudens. / 52. Une statue de la Vierge plâtre doré de 0m90 de haut - 10."

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Références documentaires

Documents d'archives
  • Registre paroissial de Laluque, par l'abbé Pierre Lartigau (1871-1882).

    Archives diocésaines, Dax
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique (24 février 1906).

    n° 50 et 51 Archives départementales des Landes : 70 V 170/10
Périodiques
  • LÉcho religieux des Pyrénées et des Landes. Semaine religieuse des diocèses de Bayonne, Tarbes et Aire-Dax.

    janvier 1874, p. 45-46 ; mars 1874 ; 1881, p. 476-477
  • OLMI Geneviève. "L'église de Laluque. Son histoire d'après le registre de l'abbé Lartigau". Bulletin de la Société de Borda, 1975, n° 359, p. 339-354.

    p. 346

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