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Cathédrale Notre-Dame

Ensemble de l'autel du Sacré-Cœur (autel, 2 gradins d'autel, tabernacle, 2 crédences, retable, statue, clôture d'autel)

Dossier IM40004451 réalisé en 2012

Fiche

Dénominations autel, gradin d'autel, tabernacle, crédence, retable, statue, clôture d'autel
Titres
Appellations du Sacré-Cœur
Aire d'étude et canton Dax sud
Adresse Commune : Dax
Adresse : place de la Cathédrale place Roger-Ducos
Emplacement dans l'édifice déambulatoire, travée orientale

L'autel du Sacré-Cœur fut exécuté en 1899 par la Marbrerie Sainte-Germaine et du Bon Pasteur, fabrique toulousaine (26, allées Lafayette) dirigée par Reilhac et Saint-Laurent, qui avait déjà fourni en 1897 l'autel de Notre-Dame de Lourdes (réf. IM40004454). Autel principal du tour du chœur, dans l'axe du vaisseau, le meuble a fait l'objet de soins tout particuliers, dont témoignent les deux dessins préparatoires conservés (passés du presbytère de la cathédrale à l'architecte René Guichemerre, puis dans une collection particulière). Ils montrent l'enrichissement progressif du projet, encore accru dans la réalisation finale, notamment sous le rapport du programme iconographique. L'année 1899 est celle de l'encyclique Annum Sacrum, par laquelle le pape Léon XIII consacre le genre humain au Sacré-Cœur (25 mai) - le second projet pour l'autel dacquois est daté du 9 février précédent. Le coût sans doute élevé de l’œuvre nécessita l'intervention de neuf donatrices (voir annexe), qui appartenaient probablement, pour certaines d'entre elles, à l'Archiconfrérie de prière et de pénitence de Montmartre, fondée par Mme Royer et approuvée en 1894 (la fondation de la basilique de Montmartre est représentée sur le devant d'autel). Elles revendiquèrent collectivement la propriété de l'autel lors de l'inventaire de février 1906 (n° II/6 : "un autel en marbre blanc sculpté avec retable marbre rouge, chapelle du Sacré-Cœur, entouré d'une grille"). En revanche, le tableau du retable d'après Jean Jouvenet (sous-dossier) provient certainement de l'autel qui précéda à cet emplacement celui du Sacré-Cœur, et qui était dédié à la Sainte-Croix.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1899, daté par source
Lieu d'exécution Commune : Toulouse
Adresse : 26 allées Lafayette
Auteur(s) Auteur : Marbrerie Sainte-Germaine et du Bon Pasteur
Marbrerie Sainte-Germaine et du Bon Pasteur

Fabrique fondée par Reilhac et Saint-Laurent à Toulouse (26, allées Lafayette).


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Auteur : Reilhac Saint-Laurent, dit(e) Maison Reilhac Saint-Laurent et Compagnie
Reilhac Saint-Laurent , dit(e) Maison Reilhac Saint-Laurent et Compagnie

La Marbrerie Sainte-Germaine et du Bon Pasteur, Reilhac Saint-Laurent & Compagnie, fut fondée en 1835 à Toulouse (au 12, puis au 26, allées Lafayette). L'en-tête de la correspondance portait en 1891 les mentions suivantes : "Spécialités de travaux d'église concernant le Marbre et la Pierre / Autels, chaires, appuis de communion, bénitier, etc. / Carrelement en marbre et en mosaïque française / Statues en marbre et en pierre / Monuments funéraires / Cheminées en tous genres".


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Auteur : Saint-Laurent
Saint-Laurent

Co-fondateur avec Reilhac de la Marbrerie Sainte-Germaine et du Bon Pasteur à Toulouse (26, allées Lafayette).


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Ensemble homogène exécuté en marbre plaqué sur une âme maçonnée. Les matériaux principaux sont le marbre blanc (sans doute de Saint-Béat) et le marbre rouge veiné du Languedoc (de Caunes-Minervois). Le degré d'autel rectangulaire en marbre rouge, à plate-forme carrelée en damier (marbre rouge et blanc), est entouré d'une clôture d'autel en fonte et chêne (appui), à trois pans, avec portillon à deux battants sur la face. Le tombeau d'autel et le tabernacle, séparés par un gradin droit en marbre rosé (de Lurbe ?), présentent une composition similaire : trois arcades, en plein cintre ou en arc surbaissé, flanquées de colonnettes en Languedoc rouge, abritent des bas-reliefs en marbre blanc et la porte (en laiton doré) du tabernacle. Le meuble est encadré par le stylobate du retable, de même hauteur que lui, sur lequel sont fixées deux crédences à plateau semi-circulaire et support en console, surmontées de grands cartouches épigraphiques en marbre blanc. Le retable architecturé se compose d'un corps unique à quatre colonnes corinthiennes en Languedoc, jumelées deux à deux et adossées à des pilastres ioniques du même marbre, soutenant un large entablement mouluré, cintré à oreilles, en bois peint faux marbre et doré. La contretable est occupée par un tableau (sous-dossier) à cadre de bois, peint en faux marbre vert (moulure extérieure) et doré (moulure intérieure), au sommet cintré et aux angles supérieurs échancrés. Une statue en plâtre moulé polychrome est posée sur l'exposition de l'autel (disposition prévue dès le second projet dessiné). Des bras de lumière en bronze doré, aujourd'hui déposés, étaient originellement fixés sur le stylobate du retable, de part et d'autre de l'autel.

Catégories marbrerie, sculpture, peinture, fonderie
Structures plan, rectangulaire élévation, droit colonne, 22 pilastre, 4
Matériaux marbre uni, blanc, mouluré, décor en bas relief, décor dans la masse, décor rapporté, gravé, doré
marbre veiné, rouge, poli, mouluré
plâtre, moulé, peint, polychrome, doré
fonte de fer, noir, peint, doré
bronze, décor en relief, décor dans la masse, doré à la galvanoplastie
Mesures h : 97.0
la : 235.0
pr : 60.0
Précision dimensions

Dimensions du tombeau d'autel. Gradin : h = 21. Tabernacle : h = 106 ; la = 62,5 (armoire eucharistique) ; h = 75 ; la = 90 (ailes, sans les amortissements ; avec : h = 101). Crédences : h = 87,5 ; la = 83. Retable : h = 465 ; la = 455. Statue : h = 120 environ. Clôture d'autel : h = 76 ; la = 366 ; pr = 157. Bras de lumière : h = 38 ; la = 38.

Iconographies allégorie, Sacré-Coeur, Vierge, France, présentation, modèle réduit, église
saint Jean l'Evangéliste, sainte Gertrude la Grande
la Samaritaine au puits
Apparition du Sacré-Coeur à sainte Marguerite-Marie Alacocque
ornementation, angelot, cartouche, cuir découpé, console, griffe, chapiteau corinthien, chapiteau ionique
Sacré-Coeur, auréole
ornementation, Les instruments de la Passion, croix, suaire, lance, roseau, éponge, épi, grappe, feuille de vigne
Précision représentations

Le programme iconographique de l'ensemble est axé sur la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus et sur le sacrifice du Christ pour le salut de l'humanité. Les trois bas-reliefs du tombeau d'autel représentent ainsi : au centre, une allégorie de la France vaincue de 1871 (une couronne, une main de justice, une lance et une colonne brisées à ses pieds) présentée au Sacré-Cœur par la Vierge et offrant le modèle de la basilique de Montmartre ; à gauche l'effigie de saint Jean l’Évangéliste (l'origine de la dévotion au cœur de Jésus remonte à l'apôtre, qui a reposé sa tête sur le sein du Christ lors de la Cène [Jean, 13, 23] et qui a vu son cœur transpercé par la lance sur la croix [Jean, 19, 34-37]) ; à droite, sainte Gertrude la Grande (1256-1302), abbesse cistercienne de Helfta, avec un modèle d'église et sa crosse abbatiale sur laquelle grimpent deux souris (Gertrude de Helfta favorisa la diffusion du culte du Sacré-Cœur ; le sculpteur, par erreur ou par goût du pittoresque, lui a donné les attributs de sainte Gertrude de Nivelles, abbesse brabançonne du VIIe siècle, invoquée contre l'infestation des souris). Les bas-reliefs des ailes du tabernacle représentent : à gauche, l'apparition du Sacré-Cœur à Marguerite-Marie Alacoque à Paray-le-Monial en 1675 (le Christ fait à la sainte les douze promesses dites "message de Paray-le-Monial") ; à droite, le Christ et la Samaritaine au puits (préfiguration de l'apparition de Paray, car Jésus fait à la femme de Samarie la promesse de la vie éternelle à qui boira de son eau). Dix des douze Promesses du Sacré-Cœur de Jésus à Marguerite-Marie sont reproduites sur de grands cartouches à cuirs sur le stylobate du retable de part et d'autre de l'autel (il manque les 7e et 8e promesses : "Les âmes tièdes deviendront ferventes" et "Les âmes ferventes s'élèveront à une grande perfection"). La statue du Sacré-Cœur, posée sur l'exposition du tabernacle, se détache devant le tableau d'autel, qui représente La Déposition de croix (d'après Jouvenet), autre allusion au sacrifice du Christ pour l'amour des hommes.

Les détails ornementaux de l'autel sont inspirés de l'architecture et du vocabulaire décoratif de la première moitié du XVIIe siècle, dans un souci d'harmonisation avec le cadre classique de la cathédrale et, peut-être, d'évocation approximative de l'époque de Marguerite-Marie Alacoque : arcs à frise d'oves et console en talon à la clef, angelots dans les écoinçons, coquille dans le tympan de la porte du tabernacle, fronton brisé à volutes et angelot couronnant l'armoire eucharistique, motifs en toupie godronnée à l'aplomb des colonnettes des ailes, console à griffe de lion et feuille d'acanthe sur les crédences, cuirs découpés et oves autour des cartouches du stylobate, couple d'angelots dans une gloire au sommet du cadre du tableau d'autel. Les bras de lumière en bronze doré sont ornés de grappes et de feuilles de vigne.

Le décor de la clôture a aussi pour thème le sacrifice christique : il présente, sur les panneaux dormants, des gerbes de blé et des grappes de raisin (symboles eucharistiques) et les instruments de la Passion (croix, suaire, lance, porte-éponge, roseau) sur le portillon.

Inscriptions & marques inscription concernant l'iconographie, gravé
Précision inscriptions

Inscription concernant l'iconographie (gravée et dorée sur les deux grands cartouches latéraux, au-dessus des crédences) : PROMESSES DE N.-S.-J.-C. / - / JE LEUR DONNERAI TOUTES LES / GRÂCES NÉCESSAIRES DANS LEUR ÉTAT. / JE METTRAI LA PAIX DANS LEURS FAMILLES. / JE LES CONSOLERAI DANS TOUTES LEURS PEINES. / JE SERAI LEUR REFUGE ASSURÉ PENDANT / LEUR VIE ET SURTOUT À LA MORT. JE RÉPANDRAI D'ABONDANTES BÉNÉDICTIONS / SUR TOUTES LEURS ENTREPRISES. / LES PÉCHEURS TROUVERONT DANS MON CŒUR LA / SOURCE ET L’OCÉAN INFINI DE LA MISÉRICORDE. [cartouche de gauche] ; À LA BIENHEUREUSE MARGUERITE-MARIE / - / JE BÉNIRAI MÊME LES MAISONS OÙ L'IMAGE / DE MON SACRÉ-CŒUR SERA EXPOSÉE ET HONORÉE. / JE DONNERAI À CEUX QUI TRAVAILLENT AU SALUT / DES ÂMES LE TALENT DE TOUCHER LES / CŒURS LES PLUS ENDURCIS. / LES PERSONNES QUI PROPAGERONT CETTE / DÉVOTION AURONT LEUR NOM ÉCRIT DANS / MON CŒUR ET IL N'EN SERA JAMAIS EFFACÉ. / MON CŒUR ACCORDERA LA GRÂCE FINALE DE / LA PÉNITENCE À CEUX QUI COMMUNIERONT NEUF / PREMIERS VENDREDIS DU MOIS DE SUITE. [cartouche de droite]

Inscription concernant l'iconographie (en lettres métalliques dorées fixées sur la frise de l'entablement du retable) : VOILÀ CE CŒUR QUI A TANT AIMÉ LES HOMMES.

États conservations partie remplacée
Précision état de conservation

Les bras de lumière en bronze qui étaient originellement fixés au stylobate du retable sont actuellement déposés à la sacristie. Les côtés du gradin ont été restaurés en bois peint faux marbre veiné gris-noir.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler

Annexes

  • Liste des donatrices de l'autel

    D'après l'inventaire du 5 février 1906 (AD Landes, 70 V 107/15-17), l'autel fut revendiqué par Mmes Magez, de Lataulade, Gischia, Garat, Barrué, Lorrin, Puyau, d'Avezac et Tegnacq. Certaines d'entre elles sont identifiables :

    - Mme de Lataulade : Marie-Thérèse Roques de Borda (Saint-Omer 1877 - Saint-Cricq-Chalosse 1963), épouse en 1896 du baron de Lataulade, président du conseil de fabrique de la cathédrale jusqu'à la loi de Séparation de 1905.

    - Mme Gischia : Rose Quitterie Darrigade (Mimbaste 1825 - Dax 1911), veuve de Jean Gischia (1820-1893), entrepreneur à Dax, adjudicataire des travaux de restauration de la chapelle de la Vierge à la cathédrale en 1864-1871 ; ou l'une de ses belles-filles, Jeanne Lavelle (1854-1937), veuve de Justin Louis Gischia, Élisabeth Marie Lartigue (1866-1948), épouse de Léon Gischia, ou Marie-Antoinette Ducasse (1862-1931), femme d'Henri Gischia.

    - Mme Garat : Élisabeth Marie Jeanne Gischia (Dax 1874 - Bayonne 1929), petite-fille de la précédente, épouse en 1894 du docteur Jean-Paul Garat (1865-1942), membre du conseil de fabrique de la cathédrale.

    - Mme Lorrin : Marie Barrère (1854-1942), épouse de Victor-Claude Lorrin (1843-1913), directeur des Salines de Dax, membre du conseil de fabrique de la cathédrale (leur tombeau est au cimetière Saint-Pierre, réf. IM40004367).

    - Mme Puyau : Marie Octavie Jeanne Lafitte, épouse de Ferdinand Puyau (1857-1947), avocat rue d'Aulan à Dax, membre du conseil de fabrique de la cathédrale (jusqu'à la loi de Séparation de 1905).

    - Mme d'Avezac : Mélanie Marie Léonie de Corta (1845 - Angoumé 1919), fille du sous-préfet de Dax et sénateur des Landes Charles de Corta, épouse en 1867 d'Armand d'Avezac de Castéra, magistrat et maire d'Angoumé (1835-1906).

Références documentaires

Documents d'archives
  • Premier projet (n° 422) pour l'autel du Sacré-Cœur, par la Marbrerie Sainte-Germaine et du Bon Pasteur. Dessin à la plume aquarellé, 1899 (?).

    Collection particulière
  • Second projet pour l'autel du Sacré-Cœur, par la Marbrerie Sainte-Germaine et du Bon Pasteur. Dessin à la plume aquarellé, 1899.

    Collection particulière
  • Inventaire des biens de la mense et de la fabrique, 5 février 1906.

    Archives départementales des Landes : 70 V 107/15-17
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe