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Cathédrale Notre-Dame

Ensemble de l'autel des saints Crépin et Crépinien (autel, gradin d'autel, tabernacle, clôture d'autel, peinture monumentale)

Dossier IM40004446 réalisé en 2012

Fiche

Dénominations autel, gradin d'autel, tabernacle, clôture d'autel, peinture monumentale
Titres Saint Crépin
Appellations des saints Crépin et Crépinien
Aire d'étude et canton Dax sud
Adresse Commune : Dax
Adresse : place de la Cathédrale place Roger-Ducos
Emplacement dans l'édifice déambulatoire, 1ère travée au sud

L'autel des saints Crépin et Crépinien (martyrisés en Gaule en 287, patrons des cordonniers) est l'un des trois derniers autels de la cathédrale datant de l'Ancien Régime (elle en comptait au moins onze à cette époque), et le seul appartenant à une confrérie encore en place dans le déambulatoire. D'après P. Coste (1909), la confrérie des cordonniers fut confirmée par Henri III le 10 avril 1580 et modifia ses statuts à plusieurs reprises (6 mars 1593, 1676, 3 juillet 1741, 29 décembre 1757, 13 germinal an XI, 1er septembre 1840). Sa chapelle était la mieux entretenue de toutes celles de la cathédrale, ainsi que l'atteste un acte du chapitre en date du 20 octobre 1780, remerciant les confrères "du zèle qu'ils apport[ent] à la décoration de leur chapelle et des réparations considérables qu'ils lui [ont] fait subir", allusion possible à l'exécution de l'autel toujours existant. En 1909, la confrérie de saint Crépin était la seule subsistante, ce qui explique la préservation exceptionnelle de son autel.

Le meuble occupe sans doute son emplacement d'origine, à l'entrée sud du tour du chœur, car la clef de l'arcade qui ouvre sur la travée est aussi sculptée d'une effigie de saint Crépin avec ses outils de cordonnier. Le style rocaille de l'autel, le galbe accentué du tombeau et les dimensions assez réduites de l'armoire eucharistique permettent de le dater des années 1760-1770. La forme et le décor du tabernacle sont presque identiques à ceux du maître-autel de l'église Saint-Blaise de Gourby, à proximité de Dax (réf. IM40004713). Il n'est pas certain, toutefois, que le tombeau d'autel et le tabernacle dacquois, bien que contemporains, aient fait partie dès l'origine d'un même ensemble : leurs dimensions respectives s'accordent mal. Le meuble a en outre subi plusieurs réfections (massif et gradin, polychromie) et ajouts (panneaux à battant aux extrémités des ailes) depuis le XIXe siècle. La clôture d'autel et la peinture murale qui surmonte l'ensemble sont aussi des ajouts de la fin du XIXe siècle. La peinture, qui rappelle l'appartenance de l'autel à la confrérie des cordonniers, est peut-être l’œuvre du décorateur parisien Jeard, qui ornemente en 1875-1876 dans un style comparable le transept voisin.

Période(s) Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle

Autel de style rocaille. Tombeau galbé à profil en doucine, gorge sommitale en cavet, table à angles adoucis en quart-de-rond. Massif postérieur débordant, formant gradin droit. Tabernacle : armoire eucharistique de plan ondulant et d'élévation galbée à courbe et contre-courbe (doucine renversée et talon droit), avec porte convexe en arc segmentaire ; ailes de plan ondulant à retours droits (ajouts), chacune compartimentée de quatre panneaux verticaux, ceux des extrémités étant des battants mobiles sur charnières. Les reliefs du devant d'autel et des angles du tombeau, ainsi que ceux du tabernacle, de sa porte et de ses ailes (à l'exception du décor des panneaux externes, seulement peint en doré) sont dans la masse. L'autel est peint en noir (structure, plinthe et filets) et faux marbre vert et rouge (panneau frontal), avec rehauts de dorure à la mixtion et d'argenture sur les reliefs ; le tabernacle est uniformément peint en gris clair, à l'exception des moulures et du décor en relief, dorés (originellement à la feuille).

La clôture d'autel, à trois pans, est en fer forgé, fonte (montants) et bois (appui) ; elle ouvre sur la face par un portillon à deux battants, avec faux-dormant solidaire du battant de gauche ; les angles antérieurs sont adoucis en quart-de-rond.

La peinture murale qui surmonte l'autel est exécutée sur enduit, à l'exception probable du médaillon de saint Crépin, sans doute une toile marouflée. Elle encadre un grand tableau de la Cène copié d'après Pieter de Witte (réf. IM40004547).

Catégories menuiserie, sculpture, ferronnerie, peinture murale
Structures plan, rectangulaire élévation, galbé
Matériaux bois feuillu, mouluré, décor en bas relief, décor dans la masse, peint, polychrome, faux marbre, doré à la feuille d'or à l'eau, apprêt gravé
fer, forgé, peint
fonte de fer
Mesures h : 93.0
la : 220.0
pr : 77.0
Précision dimensions

Dimensions du tombeau d'autel. Massif postérieur : la = 342. Tabernacle et ses ailes : h = 85. Clôture d'autel : h = 68, la = 244, pr = 164.

Iconographies Vierge à l'Enfant, à mi-corps, nuée, ostensoir, outil, attribut, cordonnier
ornementation, cartouche rocaille, motif rocaille, godron
ornementation, croix, volute
en buste, saint Crépin, attribut, outil, cordonnier
ornementation, médaillon, cuir découpé, entrelacs
Précision représentations

Décor en bas relief du tombeau d'autel : Vierge à l'Enfant à mi-corps sur un croissant de lune dans un cartouche cordiforme entouré de rocailles et palmes au milieu du panneau frontal ; palmettes aux angles antérieurs du tombeau. Décor peint du gradin : bandeaux échancrés et cercles en faux marbre brèche jaune et verte. Décor en relief de l'armoire eucharistique : ostensoir avec I.H.S., orné de feuilles d'acanthe et de godrons, flanqué de deux rameaux (gravés en reparure), sur la porte ; fleuron au-dessus de la porte (en remploi, a remplacé un couple d'angelots dont les ailes sont toujours visibles) ; rocailles et chutes de feuilles (et angelots disparus) aux angles antérieurs ; vases en balustre emplis de branches de chêne (gravés en reparure) sur les côtés. Décor en relief des ailes du tabernacle (six panneaux d'origine, les panneaux externes reproduisent les mêmes motifs rocaille, mais peints) : quatre panneaux décoratifs à rocailles affrontées et adossées et feuilles ; deux panneaux centraux sculptés d'outils de bourrelier-cordonnier entourés de rinceaux (à gauche, tranchet en forme de croissant ou "couteau à pied", tenaille et astic ; à droite, marteau, alène et tire-pied).

Décor de la clôture : panneaux oblongs à volutes affrontées en cœur et adossées en C, médaillons circulaires à croix grecque (dorée), billes étampées, feuilles de vigne (sur le pilastre du faux-dormant du portillon).

Peinture murale : conçue pour encadrer un tableau de la Cène ; un bandeau à fond vert orné d'entrelacs à acanthes blanc et or relie le tabernacle de l'autel au cadre du tableau ; au-dessus du tableau, se détachant sur un semis de feuilles bleues trifoliées, un couronnement feint, chantourné, à volutes, feuilles d'acanthe, coquille et écailles ; au sommet du mur, un grand médaillon néo-maniériste à cuirs découpés et coquille sommitale abrite une effigie en buste de saint Crépin, représenté en vieillard barbu tenant un tranchet en croissant ou couteau à pied.

États conservations oeuvre composite
partie remplacée
agrandissement
oeuvre restaurée
repeint
Précision état de conservation

Le massif postérieur et le gradin sont des réfections (du 19e siècle ?) ; les panneaux externes à battant des ailes du tabernacle sont des ajouts, destinés à adapter la largeur du meuble à celle de l'arcade qui abrite l'autel (le couronnement de la traverse supérieure est une simple baguette lisse, celui des ailes 18e siècle est godronné) ; le décor du coffre eucharistique est partiellement mutilé (le couple d'angelots au-dessus de la porte, dont les ailes sont encore visibles, est remplacé par un fleuron en remploi, deux autres têtes d'angelots sur les angles ont disparu) ; la polychromie est moderne. L'autel a été restauré vers 1990.

Seuls l'autel, le gradin et le tabernacle sont inscrits.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections inscrit au titre objet, 1985/04/15

Références documentaires

Documents d'archives
  • Monographie paroissiale de la cathédrale, par l'archiprêtre Pierre Lorreyte, vers 1887.

    Archives départementales des Landes : 16 J 19
  • Inventaire des biens de la mense et de la fabrique, 5 février 1906.

    Archives départementales des Landes : 70 V 107/15-17
Périodiques
  • COSTE Pierre. "Histoire des cathédrales de Dax. Chapitre IV. Confréries". Bulletin de la Société de Borda, 1er trimestre 1909.

    p. 87-97
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe