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Église paroissiale Sainte-Madeleine de Bahus-Juzanx

Ensemble de l'autel de la Vierge (autel, 2 gradins, tabernacle, retable)

Dossier IM40006912 réalisé en 2018

Fiche

Dénominations autel, gradin d'autel, tabernacle, retable
Appellations autel de la Vierge
Parties constituantes non étudiées statue
Aire d'étude et canton Saint-Sever
Adresse Commune : Montsoué
Lieu-dit : Bahus-Juzanx
Emplacement dans l'édifice collatéral nord, à l'ouest

Selon une "Notice historique sur les événements survenus depuis le rétablissement du siège épiscopal d'Aire en 1823" annexée au registre paroissial de Bahus-Juzanx, "l'autel du collatéral", nouvellement dédié à la Vierge, fut "refait à neuf" en 1836 pour une somme de 800 francs. Bien que la notice ne précise pas le nom de son auteur, il pourrait s'agir d'Alexandre Spazzi (1803-1859), stucateur et marbrier d'origine comasque installé à Saint-Sever en 1827, assisté de son frère cadet Louis (1809-1881), arrivé en 1835. Les Spazzi, bien qu'essentiellement marbriers, semblent avoir aussi travaillé le bois et la brique, comme le suggère un encart publicitaire paru quelques années après dans le journal de Saint-Sever. Cette attribution pourrait expliquer la perfection illusionniste de la peinture faux marbre des fûts de colonnes et du tombeau d'autel.

L'autel de la Vierge de l'église de Gaujacq (dans le canton voisin d'Amou, réf. IM40001663) présente une composition et un décor similaires à ceux du meuble de Bahus-Juzanx. Le retable est quasi-identique à celui de l'autel de la Vierge à Pontenx-les-Forges (réf. IM40000673). Le meuble le plus proche est cependant l'autel de saint Louis à Retjons (canton de Roquefort, réf. IM40002746), qui ne diffère que par quelques détails décoratifs.

L'arrêté d'inscription de l'autel de Bahus le date fautivement de la fin du XVIIIe siècle. La statue de la Vierge de Lourdes actuellement placée dans la niche du retable a remplacé une statue de l'Immaculée Conception (inspirée du modèle dit "de la Médaille miraculeuse" et donc postérieure à 1830), aujourd'hui déplacée à l'église de Boulin.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Dates 1836, daté par source
Lieu d'exécution (incertitude sur le lieu)
Commune : Saint-Sever
Auteur(s) Auteur : Spazzi Alexandre,
Alexandre Spazzi (1803 - 1859)

Stucateur et marbrier d'origine italienne, né (Alessandro Spazzi) à San Giorgio, Pellio Superiore (province de Côme), le 3 août 1803, de Domenico (ou Carlo) Spazzi et de Maddalena Peduzzi. Installé à Saint-Sever (Landes) en 1827, épouse à Mont-de-Marsan, le 4 janvier 1835, Anne Saint-Grière (Mont-de-Marsan 9 août 1812 - Hagetmau 24 novembre 1880), fille du boulanger François Saint-Grière et d'Anne Cazaubon ; dont cinq enfants, parmi lesquels Charles Spazzi (1839-1917), à son tour marbrier et stucateur. Alexandre, mort à Saint-Sever le 22 juillet 1859, fut associé à son frère cadet Louis Spazzi (1809-1881) apparemment de 1835 à 1852, date à laquelle le cadet a déjà fondé son propre atelier. Sources : AC Saint-Sever (recherches et communication par l'abbé Dominique Bop).

Un encart publicitaire paru dans le journal local en 1856, orné d'une gravure de cippe funéraire, porte le texte suivant : "Avis au public. Le sieur ALEXANDRE SPAZZI aîné, sculpteur et décorateur d'églises, a l'honneur de faire savoir au public qu'il se charge de tout ce qui a rapport à sa profession, à des prix extrêmement modérés, et bien au-dessus (sic !) de ceux payés jusqu'à présent. / Il se charge de fournir des pierres tumulaires ou tombes, soit en belle pierre du Gave ou en marbre, et d'y faire graver les inscriptions à 12 centimes 1/2 la lettre en noir, ou 15 centimes la lettre dorée. / Ses rapports journaliers et continuels avec les principaux marbriers connus, le mettent à même d'offrir tout ce qui concerne cette partie, comme tables rondes, chambranles de cheminées, consoles, dessus de commodes, etc. à des prix très-modiques. / Le sieur ALEXANDRE SPAZZI est le premier introducteur de l'art qu'il professe dans le département des Landes et les départements Pyrénéens ; il est le fondateur des premiers monuments funéraires qui ont été élevés au cimetière, et à ce titre il espère que la confiance qu'on lui a toujours accordée lui sera maintenue. / Il se charge encore de construire des voûtes en briques de champ, dans les formes et styles qu'on le désirera, et offrant toutes les garanties de la plus grande solidité. / Le sieur SPAZZI fait et reproduit en plâtre les traits des personnes décédées. Si on lui demande une tombe, la figure du défunt sera donnée gratis. / Il sculpte aussi, sur place, des statues de toute forme et de toute grandeur. / Il demeure rue du Belloc, à St-Sever (Landes)."


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fabricant de mobilier religieux, (?), attribution par analyse stylistique

Ensemble homogène de style néoclassique avec réminiscences rocaille (galbe de l'autel, ailerons du tabernacle et du retable, détails ornementaux). Degré d'autel en bois, à deux marches. Autel-tombeau galbé en doucine, en maçonnerie recouverte de stuc peint en blanc (structure) et faux marbre brèche (panneaux), avec reliefs rapportés en stuc moulé et doré. Deux gradins droits superposés, en bois peint faux marbre vert et rouge griotte. Tabernacle : armoire eucharistique parallélépipédique, à façade évoquant un temple classique, flanquée de deux colonnes corinthiennes soutenant un entablement surmonté d'un fronton triangulaire ; entre les colonnes, une arcade palladienne à colonnettes corinthiennes encadrant une porte en plein cintre, dorée, à décor de stuc ; de part et d'autre de l'armoire, des ailes de même hauteur, à panneaux carrés en faux marbre brèche, calées par des ailerons en volute ; au-dessus de l'armoire, une exposition en piédouche mouluré en cavet.

Retable architecturé à corps unique, en bois peint faux marbre, régnant sur la largeur du mur de la chapelle. Partie centrale (surmontant le tabernacle et faisant corps avec lui) composée d'une niche en cul-de-four (abritant une statue) encadrée de deux paires de colonnes ioniques dorées soutenant un entablement incurvé au-dessus de la niche, et flanquées d'ailerons en volute. Cette partie centrale s'inscrit dans une composition architecturée monumentale qui en reproduit tous les éléments : paires de colonnes ioniques (au fût peint en fausse brèche jaune et brun-rouge) sur stylobates, entablement classique à frise sculptée et denticules, arrondie en son centre et couronnée d'un panneau découpé chantourné à motifs rocaille, grands ailerons en volute sur les côtés.

Catégories menuiserie, maçonnerie, gypserie, sculpture
Structures plan, rectangulaire élévation, droit colonne, 12
Matériaux chêne, mouluré, décor en relief, décor rapporté, peint, faux marbre
stuc, décor, moulé, peint, faux marbre, peint faux or
pierre, moellon, structure
Mesures h : 650.0
la : 362.5
Précision dimensions

Autel : h = 98 ; la = 190 ; pr = 70. Massif postérieur et gradin : h = 142,5 ; la = 362,5. Gradins : h = 10 (chacun). Tabernacle : h = 89 ; la = 50 ; pr = 32 (sans la corniche). Retable : h = 450 environ ; la = 460 environ ; pr = 36.

Iconographies MA, Agneau mystique, Pélican mystique
ornementation, angelot, aileron, chute végétale, fleur, bouquet, pot à feu, ordre ionique, ordre corinthien
Précision représentations

Décor en bois découpé et en stuc doré : monogramme MA entre des festons de fleurs suspendus à des rosaces sur le tombeau d'autel ; Agneau mystique sur la partie médiane saillante des gradins ; Pélican mystique sur la porte du tabernacle ; angelot dans le tympan du fronton de l'armoire eucharistique ; cadres à coquilles rocaille angulaires sur les ailes du tabernacle et sur le stylobate du retable ; ailerons à rocailles aux extrémités des ailes du tabernacle, de part et d'autre de la niche centrale du retable et de part et d'autre du retable lui-même ; chutes de roses (allusion à la rosa mystica des Litanies de la Vierge) sur le pourtour de la niche du retable, bouquets de roses sur le stylobate des colonnettes ; branches de rosier avec roses épanouies en haut relief sur la frise de l'entablement du retable ; pots à feu godronnés, en ronde bosse, en amortissement sur la corniche du retable ; couronnement à motif rocaille entouré de volutes d'acanthe au sommet du cintre du retable.

États conservations partie remplacée
Précision état de conservation

La statue de la Vierge de Lourdes est moderne. Dorure lacunaire ; aileron de l'aile gauche du tabernacle abîmé ; la flamme du pot à feu de droite du retable est déposée (en deux morceaux) à la sacristie en 2018.

Rare exemple complet d'autel néoclassique daté conservé en Chalosse.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections inscrit au titre objet, 1983/05/19
Précisions sur la protection

Arrêté de protection : fin du XVIIIe siècle.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Registre paroissial de Bahus-Juzanx (1823-...).

    année 1836 Archives communales, Montsoué
  • Dossier de pré-inventaire de la commune de Montsoué, 1969.

    Service du patrimoine et de l'Inventaire, région Aquitaine
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe