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Église paroissiale Saint-Jacques

Ensemble de l'autel de la Vierge (autel, 2 gradins, tabernacle, 2 crédences, statue de la Vierge à l'Enfant)

Dossier IM40007914 réalisé en 2019

Fiche

Dénominations autel, gradin d'autel, tabernacle, crédence, statue
Titres Vierge à l'Enfant
Appellations de la Vierge
Aire d'étude et canton Tartas est
Adresse Commune : Tartas
Adresse : place Saint-Martin , cours Saint-Jacques
Emplacement dans l'édifice bras nord du transept, chapelle de la Vierge

La plus grande partie du mobilier cultuel de la nouvelle église Saint-Jacques, dessiné, apparemment dès 1852, par l'architecte Hippolyte Durand, fut commandée à son collaborateur occasionnel le marbrier et sculpteur bordelais Bernard Jabouin aîné (1810-1889), qui l'exécuta au cours des années suivantes (le maître-autel et la chaire étaient payés avant août 1857). Les autels des deux chapelles latérales, originellement prévus en "pierre de Saintonge" (mais réalisés en marbre), furent livrés pour un coût de 1.000 francs chacun. Ils figurent sous le n° 15 dans l'inventaire de février 1906. Le décor projeté de l'autel de la Vierge, "Marie et ses parents" (plus précisément, "la Vierge tenant l'Enfant Jésus, à droite et à gauche sainte Anne et saint Joachim"), fut apparemment modifié avant la réalisation au profit d'une représentation du Couronnement de la Vierge et des symboles des Litanies mariales.

Comme le précise un texte d'Henri Desbordes écrit après 1866 (La vérité sur l'église de Tartas), "la belle statue qui orne l'autel de la Vierge" fut acquise dans l’atelier bordelais de Jabouin par le maire de Tartas Pierre-Léonard Desbordes (en fonction du 25 juillet 1852 au 16 août 1860).

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1856, daté par source
Lieu d'exécution Commune : Bordeaux
Auteur(s) Auteur : Jabouin Bernard, dit(e) Jabouin aîné,
Bernard Jabouin , dit(e) Jabouin aîné (1810 - 1889)

Marbrier-sculpteur à Bordeaux, dit Jabouin aîné.


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marbrier, sculpteur, signature
Auteur : Durand Hippolyte,
Hippolyte Durand (1801 - 1882)

Né à Paris le 11 juillet 1801, mort à Paris le 8 ou 18 janvier 1882. Élève de Lebas et Vaudoyer à l'École des beaux-arts de Paris ; architecte du diocèse de Bayonne de 1848 à 1852, puis de ceux d'Auch et Tarbes. Parmi ses créations figurent le marché couvert de Saint-Germain-en-Laye (1832-1834), le château de Montecristo au Vésinet (édifié pour Alexandre Dumas en 1844-1847), la villa Eugénie à Biarritz (actuel hôtel du Palais, 1854-1855) et, dans le domaine religieux, la basilique de Lourdes (1862-1871) et plusieurs églises, dont Saint-Martin de Peyrehorade (1846-1857), Saint-Jacques de Tartas (1847-1856), Saint-André de Bayonne (1846-1869), Saint-Pierre de Soustons (1863-1867).


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architecte, dessinateur, auteur du modèle, attribution par source

Meuble de style néogothique en pierre (de Saintonge ?) plaquée de marbre blanc, posé sur un degré d'autel à marche unique. Autel-tombeau droit à la face divisée par quatre colonnettes en marbre gris des Pyrénées encadrant, au centre, un grand médaillon en creux, sur les côtés deux médaillons superposés. Posé sur l'autel, un gradin droit supporte un tabernacle architecturé à porte rectangulaire (laiton doré) encadrée de deux colonnettes en brèche rouge du Languedoc portant un arc trilobé inscrit dans un gâble à rampants biseautés ; à l'aplomb du tabernacle, une exposition en forme de tour octogonale crénelée ; plaquées au mur de part et d'autre de l'armoire eucharistique et de l'exposition, des plaques de verre coloré et vernissé simulent un retable ou les ailes d'un tabernacle. De part et d'autre de l'autel, une petite crédence constituée d'une tablette en marbre blanc, à angles antérieurs abattus, portée par une console suspendue en fer forgé et doré. Au-dessus de l'autel, une niche murale en cul-de-four, à deux colonnettes et arc trilobé, abrite une statue en plâtre polychrome.

L'autel, la niche et la statue forment un ensemble formel et iconographique cohérent avec les peintures murales qui décorent la chapelle.

Catégories marbrerie, sculpture, menuiserie, verrerie, peinture
Structures plan, rectangulaire élévation, droit colonne, 6, 2
Matériaux marbre uni, blanc, décor en bas relief, décor à relief en réserve, décor dans la masse, gravé, doré, peint
marbre veiné, gris, rouge, tourné, poli
verre opaque, peint, polychrome, vernis
laiton, estampage, ajouré, fondu, doré
plâtre, moulé, peint, polychrome, peint faux or
Mesures h : 206.0
la : 192.0
Précision dimensions

Autel : h = 98 ; la = 192 ; pr = 95 ; gradin : h = 18 ; tabernacle : h = 90 (sans le fleuron sommital) ; la = 42 ; pr = 41. Niche murale : h = 195 ; la = 58. Statue de la Vierge à l'Enfant : h = 166 (avec le socle) ; la = 43 (socle).

Iconographies Couronnement de la Vierge, Litanie mariale, tour, rose, lys, porte de ville, Pélican mystique, AM
ornementation, ornement à forme architecturale, colonnette, arc trilobé, gable, ornement à forme végétale, fleur, rosace, bouquet, lys, rinceau
Vierge à l'Enfant, couronne, globe
Précision représentations

La face de l'autel est ornée, au centre, d'un grand médaillon quadrilobé à encadrement circulaire, sculpté en réserve d'une figuration du Couronnement de la Vierge (la Vierge et le Christ assis face à face, la première mains jointes et couronnée par un ange en vol, son Fils tenant un livre et la bénissant) ; dans les entrecolonnements latéraux, des médaillons quadrilobés, superposés deux à deux, portent, gravés et dorés, quatre des symboles des Litanies mariales (à gauche, la tour de David et le lys de pureté, à droite, la porte du ciel et la rose mystique) ; entourant ces médaillons, des bouquets de fleurs gravés et dorés et des petites rosaces en bas relief. Le gradin est gravé de motifs cruciformes fleuronnés. Le tympan du tabernacle est orné d'une rose octofoliée dorée, entre des rinceaux gravés. Sur la porte en laiton de l'armoire, un décor fondu et rapporté figure le Pélican mystique surmonté du monogramme marial AM dans une couronne ponctuée de fleurettes quadrifoliées. Les panneaux en verre peint formant ailes autour du tabernacle sont ornés d'un décor en tapis, avec rectangle central losangé noir et or (une tige feuillue dans chaque losange), bordures à deux frises de dents de scie rouge et or et frise de fleurettes rouges et feuilles or, angles des bordures peints d'un bouquet de lys blancs au naturel, épanouis et en boutons.

Les colonnettes de la niche murale sont peintes d'un motif de chevrons, l'arc trilobé d'une frise d'étoiles dorées. La statue, inspirée de modèles gothiques franciliens du XIIIe ou du XIVe siècle, représente la Vierge couronnée, drapée dans un manteau bleu semé d'étoiles dorées et bordé d'un orfroi à pierreries, portant sur son bras gauche l'Enfant blond, vêtu d'une longue robe blanche, tenant de la main gauche le globe crucifère et posant la dextre sur le sein de sa Mère.

Inscriptions & marques cachet d'atelier, gravé, peint
inscription concernant l'iconographie, gravé
Précision inscriptions

Cachet d'atelier (sur le côté gauche du gradin) : cachet hexagonal rouge, avec au centre deux marteaux, une gouge et un compas dorés dans un double cercle perlé bleu entourant l'inscription BERN JABOUIN + S [pour Senior].

Inscriptions concernant l'iconographie (dans les médaillons des Litanies) : TURRIS DAVIDICA ; SANCTA VIRGO VIRGINUM ; JANUA CŒLI ; ROSA MYSTICA.

États conservations oeuvre restaurée
Précision état de conservation

Le fleuron sommital du gâble du tabernacle est brisé.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Précisions sur la protection

Les trois autels de Bernard Jabouin (maître-autel et autels de la Vierge et de saint Martin), contrairement au mobilier liturgique en bois dû au même sculpteur (chaire, stalles, confessionnaux, banc d'œuvre, lutrin et chemin de croix), n'apparaissent pas explicitement dans les listes d'inscription de 2003 ni de classement de 2004.

Annexes

  • Extrait de : [Henri Desbordes], "La vérité sur l'église de Tartas", manuscrit, s.d. (après 1866)

    "[...] Mais l'église construite, tout n'était pas fini : il fallait des portes, il fallait un autel, une table de communion. Le maire [Pierre-Léonard Desbordes] se mit en rapport avec un marbrier renommé de Bordeaux, Mr Jaboin (sic) : il visita ses ateliers et y fit choix d'un autel dont il fit soumettre le plan au vénéré doyen [Guillaume Miqueu]. Ce plan fut agréé ; mais il devait coûter 6000 f. et on n'avait rien. La difficulté fut bientôt levée ; quelques personnes se cotisèrent et les 6000 f. furent faits. Cette somme a du reste été exactement rendue. Le maire revint à Bordeaux, il acheta définitivement l'autel et plus tard fit choix dans les mêmes ateliers de la belle statue qui orne l'autel de la Vierge. Il retourna encore à Bordeaux pour y faire confectionner la table de communion et pendant qu'il faisait travailler un ouvrier à Tartas aux ferrures des portes latérales, il venait de nouveau à Bordeaux pour traiter de la magnifique ferrure qui décore la porte de la grande nef. Par ses soins, la grande cloche a été fondue et placée au beffroi, avec les deux qu'il y avait fait monter. [...]"

Références documentaires

Documents d'archives
  • Église (1839-1926).

    Archives départementales des Landes : 2 O 1985
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique (6 février 1906).

    n° 21 Archives départementales des Landes : 70 V 378/8-10
  • DESBORDES Henri. La vérité sur l'église de Tartas. Manuscrit, s.d. (après 1866).

    Archives paroissiales, Tartas
Bibliographie
  • BECCIA Isabelle. Bernard Jabouin (1810-1889) sculpteur-ornemaniste bordelais. Thèse de 3e cycle, Université Bordeaux Montaigne, 2010.

  • LACROUTS Christian. Tartas et ses églises. Les Cordeliers, Saint-Jacques du bout du pont, Saint-Martin, Saint-Jacques. Dax : Centre généalogique des Landes, 2008.

    p. 17-18
Périodiques
  • BECCIA Isabelle. "Bernard Jabouin (1810-1889), un sculpteur ornemaniste bordelais et ses concurrents". Revue historique de Bordeaux, 2004, p. 85-119.

  • MAURIAC Muriel. "L'élan néogothique de Saint-Jacques". Le Festin, hors série, septembre 2004.

    p. 68

Liens web

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