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Église paroissiale Saint-Gilles

Éléments du retable-lambris du chœur de l'ancienne église priorale Saint-Gilles (panneaux, quatre colonnes)

Dossier IM40006713 réalisé en 2017

Fiche

Dénominations lambris de demi-revêtement, retable
Aire d'étude et canton Saint-Sever
Adresse Commune : Montgaillard
Emplacement dans l'édifice sacristie ; collatéral sud

Selon l'abbé Césaire Daugé (cité par l'abbé Vincent Foix dans ses Notes sur Montgaillard), "le curé Daniel Filhot restaura l'église en 1657 et y fit placer des boiseries encore conservées ; elles portent sur deux cartouches les armes d'un évêque d'Aire et le chiffre du curé restaurateur". Ce décor, installé dans le chœur de l'ancienne église priorale Saint-Gilles (au milieu du cimetière), a subi mutilations et remaniements, car les photographies prises dans les années 1930, avant la démolition de l'édifice, le montrent déjà réduit à deux panneaux de lambris flanquant le maître-autel et incluant les portes de la sacristie ménagée au fond de l'abside. Or, l'ensemble devait comporter également un retable central, dont proviennent les quatre colonnes corinthiennes toujours conservées : la facture identique des angelots sculptés sur la gaine des colonnes et sur le lambris confirme en effet l'unité de l'ensemble. L'abbé Daugé, qui mentionne allusivement ce retable ("les boiseries de l'autel et les colonnes qui les soutenaient"), précise que ses colonnes, après le remaniement du chœur en 1886, furent remployées pour soutenir la tribune occidentale "qui menaçait ruine".

Au moment de la ruine définitive de l'église priorale, en 1937, ces éléments furent transportés à l'église du bourg et répartis dans l'édifice. En 1969, date d'un pré-inventaire de son mobilier, les quatre colonnes étaient disposées de part et d'autre de l'ancien maître-autel (devenu autel de la Vierge) dans le collatéral sud de l'église. Un seul panneau de lambris subsistait presque intact (à l'exception du battant de sa porte, disparu) dans le porche ; du second (peut-être jugé en trop mauvais état en 1937) ne restait que le cartouche aux armes épiscopales du niveau d'attique, remonté sur le socle d'une statue de saint Gilles acquise en 1854. En 2017, l'unique panneau de lambris est remisé à la sacristie ; les colonnes ont été rapportées à l'ancienne église priorale et déposées dans le porche, seul reste de l'édifice encore debout dans le cimetière communal.

L'un des deux cartouches à cuirs qui couronnaient les panneaux de lambris porte, comme le signalait l'abbé Daugé, le nom du commanditaire de l'ouvrage, le curé Daniel Filhot, accompagné d'un cœur et de la lettre E, symboles dont le sens nous échappe aujourd'hui. Le second cartouche est effectivement sculpté d'armoiries épiscopales, timbrées d'une mitre et d'une crosse (au crosseron tourné vers l'extérieur). Les meubles sculptés (un chevron accompagné en chef de deux étoiles et en pointe d'un agneau sur un croissant) ne figurent pas, en revanche, dans les armes de l'évêque d'Aire en fonction au moment des travaux du curé Filhot, Charles-François d'Anglure de Bourlemont (1650-1657, transféré à Castres le 20 juin 1657), ni dans celles de son successeur Bernard de Sariac, nommé seulement en mai 1659. L'hypothèse séduisante avancée en 1969 par Paul Roudié, qui supposait un don de Gilles Boutault (évêque d'Aire de 1625 à 1649) en l'honneur de son saint patron, l'ermite Gilles, titulaire de l'église priorale de Montgaillard, se heurte à la même incompatibilité, l'écartelé de ses propres armes n'ayant rien de commun avec celles ici représentées. Une recherche dans l'armorial des archevêques d'Auch, métropolitains d'Aire, s'est également avérée vaine. A un détail près (le croissant), les armes sont celles de la famille du chancelier Séguier ("d'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux étoiles de même et en pointe d'un agneau d'argent"), qui comptait en 1657 un prélat, Dominique Séguier, évêque de Meaux (1593-1659), et devait en compter un autre peu après, Jacques Séguier de La Verrière, évêque de Lombez (dans le Gers actuel) de 1662 à 1671. Rien, cependant, dans la vie de ces prélats ne semble présenter un lien quelconque avec Montgaillard ou l’évêché d'Aire.

Période(s) Principale : 3e quart 17e siècle
Dates 1657, daté par source
Auteur(s) Personnalité : Filhot Daniel,
Daniel Filhot

Prieur et curé de Montgaillard (Landes) au milieu du XVIIe siècle.


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commanditaire, attribution par source

Le décor devait comporter originellement un retable à quatre colonnes flanqué de chaque côté par un panneau de lambris faisant le raccord avec les murs latéraux du chœur de l'ancienne église Saint-Gilles. La porte au battant en plein cintre percée dans chacun des panneaux donnait accès à la sacristie ménagée derrière le maître-autel, dans le fond de l'abside. De cet ensemble ne subsistent actuellement qu'un seul des panneaux de lambris (celui de droite, si l'on se réfère aux photographies du chœur dans les années 1930), le cartouche sommital armorié de l'autre panneau (remonté sur un socle de statue) et les quatre colonnes du retable. Celles-ci, d'ordre corinthien, comportent un fût cannelé peint en faux marbre brèche beige et gainé au tiers inférieur - la gaine peinte en faux marbre rouge du Languedoc et sculptée d'angelots et de guirlandes - et un chapiteau doré ; le revers du fût, qui était adossé, n'est ni cannelé ni sculpté. Le panneau de lambris conservé est constitué de six éléments embrevés.

Catégories menuiserie, sculpture
Structures élévation, droit colonne, 4
Matériaux bois, en plusieurs éléments, décor en bas relief, décor dans la masse, décor rapporté, tourné, mouluré petit cadre, ajouré, doré à la feuille d'or à l'eau, sur apprêt, apprêt gravé, peint, faux marbre
Précision dimensions

Panneau de lambris : h = 205 (hauteur actuelle) ; la = 161. Porte : h = 115,5 (hauteur actuelle) ; la = 71,5. Colonnes : h = 242 (hauteur totale avec le chapiteau) ; h = 204 (fût seul) ; d = 20 (fût) ; h = 8 (base) ; h = 70 (gaine) ; h = 29 (chapiteau).

Iconographies ornementation, angelot, chute végétale, fruit, fleur, cartouche, cuir découpé, volute, draperie, masque feuillu
Précision représentations

Le panneau de lambris subsistant est orné d'un riche décor sculpté en bas et demi relief, polychromé et doré. Au registre inférieur, surmontant la baie en plein cintre, un large cartouche à cuirs découpés, dont les volutes aux motifs auriculaires flanquent une tête d'ange et d'où s'échappent deux chutes de fruits (à gauche : pommes ou poires, grenades, baies rouges) et de fleurs (à droite : roses) épousant le cintre de la porte. Sur les panneaux verticaux ou parcloses flanquant la porte, des masques feuillus grotesques engoulant des draperies rouges nouées, auxquelles sont suspendues des chutes de fruits et de feuilles. Au registre supérieur, au centre, un grand cadre rectangulaire horizontal mouluré contenant un cartouche ovale à cuirs et volutes, sculpté du nom du commanditaire (voir inscriptions) ; couronnant le cadre, une autre tête d'ange entre des volutes auriculaires à draperies ; de part et d'autre du cadre, des petits cadres verticaux sculptés d'un angelot à deux paires d'ailes (chérubin). Du panneau de lambris détruit ne subsiste que le cadre médian du registre supérieur, sculpté d'armoiries épiscopales (voir inscriptions).

Le chapiteau corinthien des colonnes comporte trois rangs de feuilles (avec pointes de flèche sur le rang supérieur) et un fleuron sur chaque face de l'abaque ; la gaine du fût de deux colonnes est sculptée d'un angelot brun dont les ailes soutiennent des draperies festonnées, lesquelles sont emplies de fleurs et de fruits ; la gaine des deux autres colonnes ne comporte pas d'angelot, remplacé par un gros nœud de draperie en éventail.

Inscriptions & marques inscription concernant le commanditaire, sculpté
armoiries, sculpté
Précision inscriptions

Inscription concernant le commanditaire (dans l'ovale central du cartouche sommital du panneau de lambris subsistant) : DANIEL / FILHOT / [un cœur] E ; lettres D M (gravées sur le bord du cartouche).

Armoiries (dans le cartouche remployé sur un socle de statue) : De... au chevron de... accompagné en chef de deux étoiles de... et en pointe d'un agneau de... sur un croissant de... ; ornements extérieurs : mitre et crosse, deux palmes.

États conservations mauvais état
élément
manque
Précision état de conservation

Éléments provenant d'un ensemble démantelé (voir historique). Il manque le chapiteau de deux colonnes et la base de l'un d'eux. Le cartouche armorié du panneau de lambris gauche (lequel a disparu) est remployé sur un socle de statue du XIXe siècle.

Rare exemple de décor de chœur du XVIIe siècle précisément daté en Chalosse.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections inscrit au titre objet, 2001/12/17
Précisions sur la protection

Arrêté de protection : boiseries encadrant la statue de saint Gilles, bois peint et doré, XVIIe-XIXe siècles.

Annexes

  • Extrait de la monographie paroissiale de Montgaillard, 1887 (Archives diocésaines de Dax)

    "L'année dernière [1886], le sanctuaire fut diminué et l'autel démoli et porté vers le mur du chevet. [...] Le plafond du chœur en s'effondrant endommagea les boiseries de l'autel et les colonnes qui les soutenaient. Les colonnes ont servi à consolider la tribune qui menaçait ruine. Les boiseries encadrent l'autel dont on vient de parler."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Monographie paroissiale de Montgaillard, 1887.

    Archives diocésaines, Dax
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique (22 février 1906).

    Archives départementales des Landes : 70 V 230/9
  • Service du patrimoine et de l'Inventaire. Dossier de pré-inventaire de l'église de Montgaillard, 1969.

    Service du patrimoine et de l'Inventaire, région Aquitaine
Bibliographie
  • AD Landes. II F 904. Notes de l'abbé Vincent Foix : vieux clochers, vieilles églises.

    p. 21 Archives départementales des Landes : II F 915
  • DAUGÉ Césaire. Montgaillard pendant la Révolution. Aire-sur-l'Adour, 1909.

    p. 20
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe