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Éléments de fortification du Mur de l'Atlantique

Dossier IA33003895 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Appellations Mur de l'Atlantique
Dénominations ensemble fortifié
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Adresse Commune : Le Verdon-sur-Mer
Lieu-dit : les Arros les Cantines Pointe de Grave la Chambrette

En juin 1940, les troupes allemandes envahissent la France : le 14 juin, Paris est occupé. Le littoral atlantique, ports et trafic maritime, sont également rapidement contrôlés. Le 26 juin 1940, le bac Cordouan en provenance de Royan fait débarquer les Allemands au Verdon. Ils réquisitionnent de nombreuses résidences secondaires et s’installent dans l’ancien fort français des Arros abandonné par l’armée française. Le site du Verdon est un site stratégique afin de contrôler l’entrée de l’estuaire : des mines flottantes sont installées et des travaux de fortification engagés.

Ces travaux s’intègrent dans un chantier beaucoup plus vaste, le Mur de l’Atlantique, long de 4500 km, reliant la Norvège à la côte basque : 15 000 bunkers vont ainsi être construits de 1942 à 1943 selon les plans de l’architecte Albert Speer et de l’ingénieur Fritz Todt. Le 10 février 1944, le maréchal Erwin Rommel inspecte les ouvrages et décrète que les batteries de côte sont opérationnelles.

Si Bordeaux est libéré le 28 août 1944, les Allemands résistent dans la Poche du Médoc. Le 19 avril 1945, Royan et la Pointe de Grave sont attaquées par la brigade Carnot qui obtient le 20 avril la capitulation des Allemands.

Le territoire reste marqué par ces affrontements et les constructions en béton armé allemandes, encore très nombreuses au Verdon, témoignent de cette époque.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Dates 1941, daté par source
Auteur(s) Auteur : Speer Albert, architecte, attribution par source
Auteur : Todt Fritz, ingénieur, attribution par source

La forteresse du Nord Médoc s'étend sur les côtes océaniennes et estuariennes de Soulac au Verdon et comprend 37 positions plus ou moins importantes comptant environ 350 bunkers (abris en béton) de formes et tailles variables selon leur fonction (poste de commandement, abri, casemate, soute à munition, à vivre, radar, etc.). Elle est limitée au sud de Soulac par un fossé anti-chars (de la Gironde à l’océan), mais se prolonge par un terrain de combat avancé jusqu’à Montalivet, comprenant 37 positions dont 29 positions légères, blockhaus (abris en bois).

Le site des Arros est certainement le mieux conservé et permet d’appréhender la typologie de constructions de ce système défensif : casemates, abris, soutes à munitions, poste de direction de tir, réserve d’eau, infirmerie... D’autres bunkers ont été repérés à la Pointe de Grave, à proximité de Port-Médoc, le long de l’avenue de la Chambrette ainsi que sur la zone du Port Autonome.

Ces constructions en béton armé présentent souvent des traces de coffrage qui témoignent de leur mise en œuvre. Certains dispositifs intérieurs ont été conservés (système d'aération, câblage...). Elles étaient à l'origine camouflées, par de la peinture ou des filets tendus autour.

Souvent ensablés, squattés, d’autres ont servi de fondations pour la construction de maisons dans la 2e moitié du 20e siècle : c’est le cas notamment pour les maisons construites sur la dune de la Chambrette.

Murs béton béton armé
Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • Extraits de Mémoire de Verdonnais

    Mémoire de Verdonnais (bulletin de l'Association "Histoire et Traditions", Foyer communal Verdonnais) : Les années 1939-1945.

    p. 62 : témoignage de Franck Brodu.

    A l'anse de la Claire, M. Degans a eu l'idée d'enterrer quatre blockhaus avec du sable car on ne savait pas comment s'en débarrasser. A Soulac, on a fait basculer un blockhaus. Le Michigan a creusé tout autour et on a fini de le faire basculer avec l'eau d'une lance de pompiers. Ensuite, on l'a enterré. A l'arrière du brise-mer de La Claire, on en a détruit un avec la pelle Demag et une poire qui faisait 800 kg à 1 t. On l'a émietté. Mais la Demag n'a pas survécu! Les murs du Blockhaus faisaient 1 m de large, 2 m de haut avec un ferraillage de 8 tous les 25 cm.

    Mémoire de Verdonnais (bulletin de l'Association "Histoire et Traditions", Foyer communal Verdonnais) : Les années 1939-1945.

    p.30 : témoignage d'Yvonne Ducasse.

    Le camp des Huttes abritait les ouvriers français construisant les blockhaus (1943).

    Mémoire de Verdonnais (bulletin de l'Association "Histoire et Traditions", Foyer communal Verdonnais) : Les années 1939-1945.

    p.31 : témoignage de Germain Fernandez.

    C'est l'entreprise allemande de travaux publics Carl Brandt qui eut pour tâche la construction des cuves en béton armé près du môle d'escale. Les travaux ont débuté fin 41 ou début 42 (…). La construction des blockhaus situés à côté et derrière l'actuelle capitainerie étant probablement plus urgente, les cuves ont été inachevées pour construire ces blockhaus qui ont tous été terminés vers le milieu de l'année 43, date à laquelle l'entreprise quitte Le Verdon pour La Pallice, emportant avec elle tout son matériel et son personnel requis.

    Mémoire de Verdonnais (bulletin de l'Association "Histoire et Traditions", Foyer communal Verdonnais) : Les années 1975-1990 (1ère partie).

    p.63-64 : enfouissement du blockhaus à Déclide 1979.

Références documentaires

Bibliographie
  • LESCORCE Jean-Paul. 1939-1945 : guide de la forteresse des Arros, Stp 307 "Reichenberg". LBP Éditions, juin 2011.

Périodiques
  • Mémoire de Verdonnais : Les années 1939-1945, bulletin de l'Association "Histoire et Traditions", Foyer communal Verdonnais.

  • Mémoire de Verdonnais : Les années 1975-1990 (1ère partie), bulletin de l'Association "Histoire et Traditions", Foyer communal Verdonnais.

Liens web

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