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Églises et chapelles du canton de Montpon-Ménestérol

Dossier IA24001211 réalisé en 2009
Aires d'études Montpon-Ménestérol
Dénominations église, chapelle
Adresse

Sur les huit communes qui forment le canton de Montpon-Ménestérol, 11 églises paroissiales ont été recensées et étudiées. Le territoire communal de Montpon-Ménestérol résulte de la réunion de trois anciennes paroisses, celles du bourg, de Ménestérol et de Montignac. A ces églises s'ajoute celle de l'abbaye de Vauclaire. La commune d'Eygurande-et-Gardedeuil est également née de l'unification de deux anciennes paroisses au cours du 19e siècle, l'ancienne église de Gardedeuil étant devenue une simple chapelle. Enfin, Échourgnac possède, outre son église paroissiale, celle de l'abbaye cistercienne de la Trappe, ainsi qu'un prieuré associé à une ferme, de fondation récente.

La plupart des églises ont été édifiées aux 11e et 12e siècles et reprises à la fin du Moyen Age. Les églises de Saint-Martial d'Artenset, Saint-Barthélémy-de-Bellegarde et de l'ancienne paroisse d'Eygurande possèdent encore une partie des élévations romanes, reconnaissables notamment aux contreforts plats qui raidissent leurs murs enduits. Saint-Pierre-ès-Liens de Ménestérol conserve sa façade occidentale romane munie d'un portail sculpté ; elle fut flanquée d'un clocher au 15e siècle, époque à laquelle on couvrit également l'édifice de voûtes à liernes et tiercerons. Quant à l'église de Saint-Sauveur-Lalande, elle fait figure d'exception au sein du paysage régional : la partie occidentale de l'édifice présente la particularité d'être construite en pan de bois, prolongeant l'est de la nef et le chevet romans. Les différents conflits qui ont ponctué l'histoire du Périgord, notamment la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion, ont sensiblement modifié le paysage architectural (surélévation du vaisseau de l'église de Ménestérol, dans un but défensif). Après de longues périodes sans entretien (17e-18e siècles), les églises du secteur sont remaniées, voire reconstruites au cours du 19e siècle, ce qui leur donne parfois un caractère uniforme, comme à Échourgnac et au Pizou, où un même clocher-porche achevé par une flèche bâtie en pierre de taille habille la façade occidentale. Des similitudes existent aux façades de Gardedeuil et de Montignac, toutes deux d'anciennes églises en pan de bois hourdées torchis.

Période(s) Principale : 11e siècle
Principale : 12e siècle
Principale : 13e siècle
Principale : 14e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

L’enquête d’inventaire a recensé onze anciennes paroisses dans le canton de Montpon-Ménestérol. Certaines se sont implantées sur d’anciennes villae gallo-romaines lors de la diffusion du christianisme. On peut d’ailleurs noter que les communes de Montpon-Ménestérol, de Ménesplet et du Pizou sont traversées par la voie antique Périgueux-Bordeaux. La christianisation du territoire s’est développée assez tôt, comme l’indiquent les vocables de certaines églises paroissiales du secteur. Ces vocables témoignent d’une première phase de christianisation aux 5e et 6e siècles avec les dédicaces à saint Pierre, retrouvées à Ménestérol (avec la présence d’un cimetière du Haut-Moyen Age), la seconde phase s’étant déroulée aux 7e et 8e siècles et correspondant à la création des paroisses dédiées à saint Martin (Montignac). Une autre paroisse matrice est notable à Saint-Martial-d’Artenset ; y figure aussi saint Étienne à Eygurande. Deux créations abbatiales complètent ce panorama : Vauclaire à Montpon-Ménestérol au 14e siècle et la Trappe à Echourgnac au 19e siècle.

Parallèlement, des prieurés ont essaimé sur le territoire, à Echourgnac et au Pizou, au début du 12e siècle, possessions de l’abbaye de la Sauve-Majeure en Gironde, ainsi qu'à Gardedeuil, prieuré rattaché à l’abbaye charentaise de Baignes. De ces prieurés médiévaux, il ne reste rien, si ce n’est quelques mentions écrites.

Deux communes actuelles sont nées de la fusion d’anciennes paroisses. Ainsi, le territoire d’Eygurande-et-Gardedeuil résulte de l’unification de deux anciennes paroisses au cours du 19e siècle. L'ancienne paroisse de Gardedeuil a d’abord été rattachée en 1792 à la commune de Saint-Barthélémy-de-Bellegarde, puis à celle d'Eygurande en 1827. Le chef-lieu est alors installé à Eygurande et, en 1863, l'église paroissiale de Gardedeuil est rétrogradée au rang de chapelle de secours.

Quant à la commune de Montpon-Ménestérol, elle résulte de la fusion de trois anciennes paroisses, Montignac, Ménestérol et Montpon. Montignac et la section de Ménestérol, ont premièrement formé la commune de Ménestérol-Montignac par ordonnance du 20 août 1824 ; Montpon devient Montpon-sur-l'Isle par décret du 10 juillet 1925 ; enfin, Montpon-sur-l'Isle et Ménestérol-Montignac fusionnent sous le nom de Montpon-Ménestérol le 20 mai 1964.

Il faut attendre les 11e et 12e siècles pour voir s’élever les églises du canton. Seule l’église de Ménestérol témoigne encore de ces constructions romanes. La façade occidentale du 12e siècle comporte un portail agrémenté de voussures en plein cintre présentant des tores, des godrons en dents de scie et des motifs floraux, retombant sur des colonnettes à chapiteaux sculptés de personnages monstrueux et d’animaux. Au-dessus du portail, se tient une corniche soutenue par dix modillons sculptés de masques stylisés. Cet édifice est protégé au titres des Monuments Historique depuis 1926.

La chartreuse de Vauclaire est construite non loin du bourg de Montpon, sur la rive droite de l’Isle. L’abbaye suit le plan traditionnel des chartreuses : l’église est orientée et flanquée d'un petit cloître autour duquel se regroupent les bâtiments de la vie commune comme le chapitre et le réfectoire. Ce cloître communique avec le grand cloître autour duquel s’articulaient les cellules des moines.

De rares vestiges de peintures médiévales subsistent dans l’église abbatiale de Vauclaire, datées du 14e siècle : situées au revers de la façade occidentale, ces peintures représentent l’Annonciation : l’archange Gabriel à gauche et la Vierge à droite sont mis en valeur à l’intérieur d’un décor architecturé. Ils sont environnés d'une frise au décor géométrique complétée d’anges et d'un faux appareil jaune à joints blancs.

Une longue période de conflits s'étend du milieu du 14e au milieu du 15e siècle. La fin de la guerre de Cent Ans ouvre une nouvelle période de paix, pendant laquelle les églises sont restaurées et agrandies. De cette époque, on peut citer l’exemple de Ménestérol, dont l’église du 12e siècle est transformée : la nef est couverte de voûtes à liernes et tiercerons de la fin du 15e siècle, remplaçant l’ancien voûtement. De manière générale, de nombreuses églises ont fait l’objet d’embellissements qui se manifestent par la reprise de l’édifice roman avec la construction de voûtes d’ogives.

L’église abbatiale de Vauclaire, plusieurs fois incendiée et saccagée pendant la guerre de Cent Ans, subit une première campagne de travaux terminée vers 1550. L’édifice est composé d’un seul grand vaisseau terminé par une abside à cinq pans. La nef est couverte de voûtes à liernes et tiercerons construites en briques, comparable au voûtement de l'église de Ménestérol.

A la fin du 16e et au cours du 17e siècle, les guerres de Religion marquent le paysage architectural local, subissant incendies et actes de vandalisme. L’église du Pizou fut ainsi détruite par le feu. L’édifice est remonté au 17e siècle sur les murs gouttereaux anciens.

La lecture de l’église de Saint-Martial-d’Artenset permet d’établir un découpage chronologique intéressant : de l’édifice roman, il ne reste rien. Du gothique, le clocher au bel appareil en pierre de taille semble dater du 14e siècle, le portail occidental couronné d’un entablement semble dater du 18e siècle, tandis que la nef et les parties orientales sont modernes.

Les 19e et le 20e siècles furent une période faste pour de nombreuses églises du canton, remaniées, restaurées, voire reconstruites. En 1864, les moines d’une abbaye de Mayenne s’établissent à Echourgnac. Ils achètent la propriété de Biscaye où ils s’installent, dans une ancienne gentilhommière. C’est dans cette propriété que les moines construisent un monastère achevé en 1878. La valorisation des terres du domaine se met alors en place : ils assèchent, drainent les étangs et cultivent les terres. Les moines trappistes créent également une fromagerie, dont l’activité a été reprise par les sœurs cisterciennes aujourd’hui présentes sur le site. L’abbaye suit le plan traditionnel des monastères, à ceci près que l’église est orientée vers l’ouest. L’édifice de culte occupe toute une aile du monastère. Il est flanqué du cloître autour duquel se regroupent les bâtiments de la vie communautaire, comme le scriptorium, le chapitre, le réfectoire. A ce propos, les similitudes avec l’abbaye de Vauclaire, notamment en ce qui concerne le plan général, sont évidentes. L’ancien logis de la ferme de Biscaye, du 18e siècle, occupe une position centrale dans le site. Il est l’élément le plus remarquable de l’abbaye, avec sa galerie, l’utilisation du pan de bois hourdé de briques et sa charpente à chevrons-portant-fermes.

A partir des années 1850, les clochers romans, peu élevés et en très mauvais état, sont remplacés par des clochers néo-gothiques élancés. Ainsi, on peut évoquer la reconstruction presque totale de l’église paroissiale d’Echourgnac, au clocher-porche à deux étages achevé par une flèche en pierre, érigé en 1904. De même l’église d’Eygurande est restaurée dans les années 1880. Celle du Pizou présente les mêmes caractéristiques que l'église paroissiale d'Echourgnac, avec un clocher-porche achevé par une flèche en pierre de taille. L’église de Ménesplet, environnée par son cimetière, conserve une abside romane semi-circulaire. Son clocher date de 1872. La nef et le clocher de l’église de Saint-Barthélémy-de-Bellegarde ont été restaurés un an après la tempête de décembre 1999.

Les façades de Gardedeuil et de Montignac sont similaires. Si les églises sont construites en pierre calcaire et éventuellement en brique, il convient de rappeler que les édifices religieux locaux étaient construits en pan de bois et torchis, si l’on en croit les documents de 1688 décrivant ces églises : il en était ainsi des ces deux églises, ainsi que de celle d’Eygurande. Toutes ont été reconstruites en quasi-totalité au cours du 19e siècle.

Reste l’église de Saint-Sauveur-Lalande, totalement enduite jusqu’en 1998, année de sa restauration, qui révéla le pan de bois dans ses parties occidentales. Intérieurement, un premier espace se rapprochant d’un narthex est surmonté du clocher. Il est construit en pan de bois de chêne hourdé de petites briques et est ouvert sur la chambre des cloches et le beffroi. La nef se rapproche d’un espace rectangulaire, elle est couverte d’un plafond et totalement enduite à la chaux. Cet édifice religieux est un des rares témoins, peut-être le seul, des églises en pan de bois en Aquitaine.

Toits tuile creuse, tuile plate, tuile mécanique, ardoise
Murs calcaire pierre de taille
brique enduit
torchis pan de bois
moellon enduit
Décompte des œuvres repérées 14
étudiées 13

Références documentaires

Documents figurés
  • Carte de Belleyme, planche n°14, 1762-1783.

  • Carte de Belleyme, planche n°21, 1762-1783.

  • Carte de Cassini, feuille n° 70, levée et publiée à partir de 1756, ech. 1/86 400.

  • Carte de Cassini, feuille n° 71, levée et publiée entre 1762 et 1766, éch. 1/86 400.

  • Cadastre napoléonien, années 1840.

    Archives départementales de la Dordogne : 3 P
  • DELLUC Brigitte et Gilles. Léo Drouyn en Dordogne, 1845-1851. Périgueux : éditions de la S.H.A.P., 2001, p. 110.

    Iconothèque S.H.A.P. : 70-1
Bibliographie
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  • CARLES Alcide. Dictionnaire des paroisses du Périgord. Bayac : Editions du Roc de Bourzac, 1884, réédition 1986.

  • GABORIT Michelle. Des hystoires et des couleurs. Peintures murales médiévales en Aquitaine. Bordeaux : éditions Confluences, 2002.

  • GOURGUES Alexis de. La Dordogne. Dictionnaire topographique du département. Paris : Res Universis, 1992, fac-similé de l'édition de 1873 (Monographies des villes & villages de France).

  • GUILLAUMARD Hubert. Saint-Martial d'Artenset en Dordogne, de 1800 à 2000. Notre-Dame-de-Sanilhac : 2004.

  • HIGOUNET-NADAL Arlette (sous la direction de). Histoire du Périgord. Toulouse : Privat, 1983.

  • LACHAISE Bernard (Directeur de publication), COCULA Anne-Marie, GENTY Michel et al. Histoire du Périgord. Périgueux : Fanlac, 2000.

    Service du patrimoine et de l'Inventaire, région Aquitaine : 24 5 LAC
  • MARACHE Corinne. Les métamorphoses du rural : l'exemple de la Double en Périgord (1830-1939). Paris : éditions du CTHS, 2006.

  • POMMAREDE Pierre. Le Périgord oublié. Périgueux : Fanlac, 1977.

  • POMMARÈDE Pierre, BRACHET Jacques (Photographe), POUPARD Paul (Préfacier). Le Périgord des églises et des chapelles oubliées. Tome III, Richesses insoupçonnées. Pilote 24, 2007 (Collection Patrimoine et environnement).

    Service du patrimoine et de l'Inventaire, région Aquitaine : 24 12.1 POM
  • SECRET Jean. Les églises du Ribéracois. Périgueux : éditions Fontas, 1958.

Périodiques
  • BECKER Line. "Églises et chapelles en val de Dronne", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord , t. 87, 2010.

  • SAINT-SAUD Comte de. "Églises du Périgord dépendant d'abbayes étrangères", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, XLVIII, 1921.

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