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Église paroissiale Sainte-Madeleine de Bahus-Juzanx

Dossier IA40001621 réalisé en 2018

Fiche

Œuvres contenues

Vocables Sainte-Madeleine
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Saint-Sever
Adresse Commune : Montsoué
Lieu-dit : Bahus-Juzanx
Cadastre : 2017 B 1016

L'église Sainte-Madeleine, très remaniée au cours des deux derniers siècles, est un édifice de fondation romane dont subsiste le chevet appareillé, aujourd'hui découronné et qui était probablement voûté en cul-de-four à l'origine. L'établissement d'un retable monumental à la fin du XVIIe siècle a entraîné l'obturation des fenêtres primitives et le percement d'une nouvelle sur le flanc sud. Le vaisseau principal, au sud, construit en simple moellon et dont les baies et les contreforts sont modernes, est sans doute très postérieur au chevet et pourrait dater d'une reconstruction consécutive à la guerre de Cent Ans, voire aux guerres de Religion (l'église est dite "démolie" dans le procès-verbal dit "de Charles IX" en 1571). Le collatéral nord a été ajouté à la fin de la période gothique, comme l'indiquent les départs de nervures et les formerets visibles à son extrémité occidentale, qui témoignent d'un voûtement d'ogives probablement détruit en 1569. La grande arcade unique qui fait communiquer les deux vaisseaux n'a été établie qu'en 1672, date portée sur sa clef avec le nom du curé J. Capbern. Hormis la construction d'une sacristie en 1717, l'édifice n'a subi par la suite aucun remaniement notable jusqu'en 1832, date à laquelle on démolit l'ancien clocher à flèche, placé à l'angle nord-ouest du vaisseau, qui fut reconstruit au-dessus de l'entrée sud-ouest en 1840. L'intérieur fut plafonné en 1836 (nef) et 1844 (chœur). En 1855, deux petites pièces, aujourd'hui disparues, furent ajoutées à la sacristie. Enfin, d'importants travaux eurent lieu en 1885 : consolidation des murs par des contreforts, réfection de l'encadrement des baies en pierre d'Angoulême, destruction d'une chapelle dédiée à saint Roch sur le flanc sud de la nef (les traces de l'arcade d'entrée sont encore visibles à l'intérieur) et reconstruction totale de la sacristie. En 1940, le sommet du clocher s'étant effondré a été remplacé par un beffroi en bois.

Période(s) Principale : 12e siècle , (?)
Principale : limite 15e siècle 16e siècle , (?)
Secondaire : 3e quart 17e siècle
Secondaire : 1er quart 18e siècle , (détruit)
Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Dates 1672, porte la date
1717, daté par source
1840, daté par source
1885, daté par source
1940, daté par source
Auteur(s) Auteur : Arthaud Augustin,
Augustin Arthaud

Arthaud ou Artaud. Architecte départemental des Landes.


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architecte départemental, attribution par source
Auteur : Depruneaux Henri Edmé Xavier,
Henri Edmé Xavier Depruneaux (1867 - 1953)

Né à Yport (Seine-Inférieure) le 18 avril 1867, mort le 20 septembre 1953. Élève de l'école des Beaux-Arts (promotion 1886) ; architecte de la succursale de la Banque de France à Mont-de-Marsan (août 1893), architecte de la ville de Mont-de-Marsan (octobre 1893), puis architecte de l'administration des hospices ; inspecteur des travaux diocésains d'Aire (23 décembre 1893, après Jules François Dupouy) ; architecte diocésain d'Aire (30 novembre 1896, après Louis Henri Lafillée); officier d'académie (3 janvier 1904). D'après : Répertoire des architectes diocésains du XIXe siècle (Jean- Michel Leniaud, dir.), École des chartes.


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architecte diocésain, attribution par source

L'église, implantée au milieu d'un enclos herbeux (ancien cimetière désaffecté en 1834), est bâtie en moellon calcaire et briques noyés de mortier et enduits, à l'exception du chevet roman, en moyen appareil régulier. Elle est entièrement couverte de tuiles creuses : toit unique à deux versants pour les deux vaisseaux, avec croupe ronde sur le chœur, toit en pavillon pour le clocher, toits en appentis sur le porche et la tourelle d'escalier. La nef originelle est une salle rectangulaire prolongée par un chœur en abside semi-circulaire plus étroit, lui-même précédé d'une courte travée droite. Ce vaisseau est doublé au nord par un collatéral de même longueur, ouvrant par une unique arcade en anse-de-panier, d'une portée presque égale à la longueur de la nef. Les deux vaisseaux sont aujourd'hui couverts de lambris en bois modernes, mais le collatéral au moins était voûté d'ogives, comme le montre un départ de voûte avec culot figuré à l'angle sud-ouest. Une tribune à balustrade règne sur le mur occidental du vaisseau principal. Une sacristie moderne est accolée au flanc sud de la nef, à l'est. Un clocher-tour de plan rectangulaire, dont le beffroi est constitué de bardeaux de bois, est adossé à l'extrémité occidentale du vaisseau ; il est flanqué au nord d'une tourelle d'escalier circulaire, aménagée dans un épais massif maçonné, et précédé à l'ouest par un porche à étage en appentis.

Murs calcaire moellon enduit
calcaire pierre de taille
brique enduit
Toit tuile creuse mécanique
Plans plan allongé
Étages 2 vaisseaux
Couvrements lambris de couvrement
Couvertures toit à longs pans croupe ronde
toit en pavillon
Escaliers escalier hors-oeuvre
Techniques sculpture
vitrail
Représentations arbre, tête humaine, ange, phylactère
Précision représentations

Motifs sculptés sur la clef de l'arcade entre les deux vaisseaux : arbre surmonté d'une tête humaine (féminine ?) et encadré de l'inscription "CAPBERN / CVRE / 1672". Culot sculpté à l'angle sud-ouest du collatéral, portant un départ de voûte : ange en buste tenant un phylactère (peut-être l'ange de saint Matthieu : les culots des trois autres angles auraient dans ce cas représenté les autres "animaux" du Tétramorphe).

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Procès-verbal de l'état des églises du diocèse d'Aire en vertu des lettres clauses de Charles IX, roy de France, en date du 5 octobre 1571" (dans Revue de Gascogne, 1860, tome I, p. 315)

    Source : "Recherches historiques sur l'influence du protestantisme dans la province d'Auch pendant la seconde moitié du XVIe siècle. Procès-verbal de l'état des églises du diocèse d'Aire en vertu des Lettres clauses de Charles IX, roy de France, en date du 5 octobre 1571", Bulletin du Comité d'Histoire et d'Archéologie de la province ecclésiastique d'Auch (Revue de Gascogne), t. 1, 1860, p. 315.

    - "SARRAZIET ET BAHUS JUSAN. L'Eglise parroissialle de Sarraziet et son annexe de Babus Jusan est à la collation de L'Eveque D'Aire, a charge d'ames. Le curé est Me Bernard Lachau prêtre qui fait et fait faire le divin service au dt Babus, ou tous les parroissiens de Sarraziet et de Babus s'assemblent, d'autant que l'église du dt Sarraziet a été du tout rasée et aussi celle de Bahus est ruinée mais non pas entièrement comme l'autre et cela a été fait par un nommé Sauscé Dayres, comme il disait par commendement du capitaine Seris trésorier general de la cause a St Sever certain de la religion, les ornemens pillés et les cloches rompues et aussi le dit curé fut pris et rançonné."

  • Extraits du registre paroissial de Bahus-Juzanx, XVIIe-XVIIIe siècles (AC Montsoué)

    1677 : procès-verbal de la visite pastorale de Jean-Louis de Fromentière, évêque d'Aire, "à l'église paroissiale de Sainte-Marie-Madeleine de Bahus-Jusac" (sic). "Ordonne que le tabernacle sera garni d'une étoffe de soie rouge et blanche ; que soit acheté un pied pour soutenir le soleil ; que les fonts baptismaux soient entourés d'une balustrade en menuiserie ; que la croix du grand autel aille à celui de St Roch, qu'il en soit acheté une pour le grand autel ; que les armoires de la sacristie soient rétrécies pour laisser plus de place au curé ; que les murs du clocher soient recrépis ; que soit fait une croix de pierre de taille au milieu du cimetière, élevée sur un perron de plusieurs degrés."

    1717 : "L'an 1717 fut construite la sacristie."

    1728 : "L'an 1728, il fut fait un tabernacle et six chandeliers de bon bois de chêne, le tout doré." Coût : 300 francs.

  • Extraits du registre paroissial de Bahus-Juzanx, 1823-... (AC Montsoué)

    "Bahus-Jusan (sic), paroisse, doyenné de Saint-Sever, diocèse d'Aire, 1823 rétablissement. Registre paroissial prescrit par l'art. 280 des statuts, où sont inscrits : 1° les usages, coutumes, traditions de la paroisse avec indication des monuments qui s'y trouvent ; 2° noms des curés ; 3° procès-verbaux des visites pastorales ; 4° institutions des confréries, concessions d'indulgences, autels privilégiés ; comprenant un précis historique sur les événements survenus dans la paroisse depuis le rétablissement du siège épiscopal d'Aire en 1823, sur l'état de l'église et des antiquités qu'elle renferme."

    1844 : restauration du maître-autel. "Il ne reste aucune espèce de titre pour nous apprendre l'antiquité de cet autel. Il est certain qu'il date d'une époque très éloignée. / Avant la réparation présente, cet autel, tout magnifiquement sculpté qu'il était, était désagréable à voir : les dorures [étaient] entièrement passées, il manquait des morceaux aux boiseries, les six chandeliers tout bien sculptés étaient vermoulus ; le tombeau : une masse de mur au devant duquel une tapisserie de papier peint. Le tombeau fut remplacé par un tombeau en marbre pris à St-Sever et mis en place par un marbrier italien nommé Spazzi. Tout ce qui concerne les boiseries et sculptures de l'autel fut réparé par un doreur d'Aire nommé Roquegeoffre. / En même temps furent achetés quatre beaux bouquets pour l'autel de la Sainte Vierge, quatre plus beaux pour le maître-autel, une belle couronne pour l'extérieur. / En même temps fut fait un petit trône tout doré pour exposer le St Sacrement sur le tombeau de l'autel, plus deux vases à urne tout dorés pour les y mettre aux deux côtés, plus fut faite une belle croix dorée processionnelle, plus une belle croix pour les morts. / De plus, immédiatement avant de redorer l'autel fut aussi renouvelé le plafon (sic) et recrépi tout à neuf en blanc [illisible]. Comme le plafon, tout le chœur en partant de la porte de la sacristie. Le plafon du dessus (?) de l'autel, où la voûte avait été anciennement blanc[...], mais c'était fort dégradé. / De plus tout ensemble avec l'autel furent achetés au doreur des te igitur encadrés dorés, fort beaux. De plus, des te igitur encadrés mais non dorés."

    1845 : "La construction du marche-pied du maître-autel a eu lieu l'année 1845."

    1847 : "La construction des boiseries et stalles du maître-autel a eu lieu l'année 1847."

    1855 : construction des deux petites chambres contre la sacristie en 1855. "Le bois de la charpente en platane [...], platanes plantés 22 ans avant, en 1834. Il y avait jusqu'alors une place devant l'église, qui s'étendait jusque contre les maisons, où était un mur fermant cette place, ne laissant qu'un petit passage entre la place et les maisons, place faisant partie du cimetière jusqu'en 1833."

    "Notice historique sur les événements survenus depuis le rétablissement du siège épiscopal d'Aire (1823)." Jusqu'en 1793, les prêtres desservant la paroisse faisaient résidence ordinairement à la maison nommée Capbe au haut de la côte. A partir de 1800 ils habitèrent Boulin. En 1833, le même prêtre desservait les trois églises de Bahus-Juzanx, Sarraziet et Boulin.

    "Le corps de l'édifice de l'église de Bahus-Juzanx était de ce temps-là bien au-dessus de celle de Boulin. Ce qui la distinguait et qui la rendait remarquable était le magnifique clocher surmonté d'une flèche très élevée, ainsi que deux autels de boiserie avec des sculptures du dernier goût et très antiques. L'un de ces autels, celui de la chapelle, tout vermoulu, tombant en lambeaux de vétusté, fut mis à terre et remplacé par un autel simple en 1835 (1833 ?) avec quelques peintures et un tableau sur le milieu du mur."

    "Démolition du clocher en 1832. Il était bâti sur l'angle de l'église, au nord-ouest. On le démolit en 1832, voici à quelle occasion : au rapport des anciens, il penchait, même de temps immémorial, vers le nord-est. Il déplombait d'environ 40 centimètres." Interdiction de service dans l'église jusqu'à la démolition, soit près d'un an. "L'église fut sans clocher depuis 1832 jusqu'en 1840 ; un nouveau clocher fut alors bâti sur l'angle de l'église au couchant et sur la porte d'entrée. Les matériaux de l'ancien avaient été durant cet espace de temps presque entièrement enlevés et vendus en partie ou en partie employés à d'autres réparations. Le nouveau clocher fut construit avec un secours de 300 francs."

    Construction de l'autel du collatéral en 1836. "L'autel de la chapelle, celui de saint Roch, tombait tout vermoulu de vétusté. Il était placé au mur extérieur. Cet autel, refait à neuf, changé en celui de la Vierge, reculé d'environ quatre mètres par le moyen d'un mur qui y fut construit, tout cela remontant (sic) à une somme de 800 francs."

    "La statue de Ste Madeleine, placée tout en haut de toute la sculpture de l'ancien autel de St Roch fut replacée à nouveau au haut du mur dans une espèce de niche."

    Réparation des armoires et vestiaires de la sacristie en 1835.

    "La table de communion ou le balustre fut aussi renouvelé en 1837 et changé de place, il fut reculé. Anciennement, il était placé au pied de la porte de la sacristie et au pied de l'arceau des deux côtés."

    "La voûte de l'église fut plafonnée avec du blanc[...] l'an 1838."

    "Le presbytère, porte d'entrée du côté du chemin, occupé par le desservant à partir de 1834, puis exécution du plan du curé de Fargues : conversion de l'ancien clocher démoli en écurie ; on fit un plancher pour le [illisible], ainsi qu'un porche pour servir de grenier, et selon ce même plan, le cimetière qui était tout autour de l'église fut abandonné et transporté au bas du côté du nord. Le devant de l'église au midi fut changé en place publique."

  • Documents concernant la démolition et la reconstruction du clocher de l'église de Bahus-Juzanx, 1832-1840 (AD Landes, série O [Montgaillard])

    1832 (8 décembre). "Le cimetière de Bahus, au milieu duquel est bâtie l'église, est situé sur un mamelon qui paraît avoir la marne pour base. / L'église se compose d'une grande nef et d'un collatéral au bout duquel un clocher ou tourelle de forme carrée. Ce clocher est lézardé en plusieurs endroits et il est en surplomb des deux tiers de son épaisseur. D'où il suit d'après la règle de la physique qu'il ne saurait tenir. / On voit cependant tenir des murs qui surplombent des deux tiers de leur épaisseur. Ce qui porte à croire que celui-ci ne saurait tenir, c'est qu'il est fondé sur la marne qui est reconnue le plus mauvais de tous les fonds. C'est que le terrain adjacent au cimetière est aussi très bas et qu'il n'y a pas équilibre parce que le terrain plus élevé exerce une poussée sur le mur d'enceinte du cimetière qui ne paraît pas assez solide pour la neutraliser. Je ne connais aucun moyen de consolider le clocher. On y a déjà construit des murs de soutenant (sic) ou contrefort qui ne l'empêcheront pas de tomber parce que tout le système est construit sur une place inclinée qui tendra toujours à glisser. le meilleur parti serait de démolir le clocher pour conserver le corps du bâtiment qui pourrait être ébranlé par sa chute et dont une partie surplombe aussi dans le même sens que le clocher. / Je suis d'avis : 1° qu'il soit interdit. 2° qu'il soit mis deux ou trois crampons de fer aux traverses des lézardes et qu'on observe comment le clocher se comporte. Si les crampons cèdent : preuve que le clocher continue à glisser. Dans ce cas, vite la pioche à la main pour démolir si l'on veut conserver le corps de l'église. Si l'on croit devoir prendre ce parti qui n'est pas le meilleur, on devra se tenir sur ses gardes et se méfier parce qu'il est à craindre que le clocher ne croule subitement. / Dressé par ordre de M. le sous-préfet de St-Sever le 8 déc. 1832."

    1833 (juin). "Devis estimatif pour la démolition du clocher de l'église de Bahus-Jusan (sic), commune de Montgaillard. Soit pour charpente, maçonnerie, descente de cloches, soit pour la construction d'un contrefort et réparation de deux autres contreforts au Nord de ladite église avec les moellons provenant de la démolition dudit clocher, couverture en tuile à canal et charpente pour couvrir le clocher et tour de l'escalier, toitures tout le long du bas-côté au couchant. / Le présent dressé par l'architecte du Département des Landes [Antonin Arthaud] sur invitation de M. le préfet."

    1840 (15 septembre). Extrait du registre des délibérations du conseil municipal de la commune de Montgaillard. "L'an 1840 et le 15 septembre [...]. Depuis longtemps l'église de Bahus Juzan manquait de clocher. [...] nécessité d'en établir un [...]."

    1840. Extrait du registre des délibérations du conseil de fabrique de l'église de Bahus-Jusan (sic). "[...] Vu la nécessité d'une nouvelle toiture appuyée au mur du nouveau clocher pour couvrir la tour de l'escalier ; plus d'un arc-boutant qu'il faut placer contre le mur du porche qui penche et menace de tomber ; plus encore de rebâtir la croix de pierre [...] / [signatures] Dumartin, prêtre desservant."

  • Documents concernant les restaurations de l'église de Bahus-Juzanx, 1883-1902 (AC Montsoué)

    1. Extraits du registre des délibérations du conseil municipal de la commune de Montsoué.

    1883 (août) : "Sont soumis au conseil municipal les plans et devis de restauration des églises de Boulin et de Bahus-Juzanx" (leur nature n'est pas précisée). Demande de secours pour les futurs travaux, s'élevant à 5.200 francs (3.00 pour Boulin, 2.200 pour Bahus-Juzanx).

    1884 (mars) : nouvelle demande, la première n'ayant pas été prise en compte. Aucun détail sur la nature des réparations nécessaires.

    1885 (août) : "Sont soumis au conseil municipal les plans et devis des restaurations des églises de Boulin et de Bahus-Juzanx."

    1886 (28 février) : les travaux de l'église de Bahus-Juzanx sont terminés ; ils ont concerné un autel, les deux vaisseaux de l'église ; dépenses imprévues non mentionnées au devis.

    2. Devis et cahier des charges, 1885.

    Art. 1er. Objet du devis : la restauration de l'église de Bahus-Juzanx. Travaux indispensables : 1° Démolition de la saillie formée par l'autel de St Roch ; fermeture de la baie pratiquée dans le mur de l'église ; construction de deux contreforts extérieurs pour consolider ce mur et rétablissement de l'autel de St Roch dans l'intérieur de l'église. 2° Reconstruction complète de la sacristie. 3° Réfection du carrelage du porche et de l'intérieur de l'église ; repiquage des plafonds ; remaniement de la couverture ; réfection des planchers de la tribune et du clocher ; réparation des escaliers en pierre et en bois du clocher.

    Art. 2. Autel St Roch. Pour établir l'autel St Roch, on a pratiqué anciennement une baie dans le mur de l'église, sans prendre les précautions nécessaires pour le consolider. L'autel menace ruine et le mur se lézarde. Il est urgent de remédier à cette situation en fermant la baie au moyen de briques sur la moitié de l'épaisseur du mur et en établissant deux contreforts extérieurs, dont les fondations devront être descendues à deux mètres de profondeur jusqu'au terrain solide. L'autel sera reconstruit dans l'intérieur de l'église.

    Art. 3. La sacristie. La sacristie actuelle comprend une pièce de 4 m x 4,25 m servant de sacristie proprement dite, et deux autres pièces de 4 m environ x 2,30 m, servant de dépôts d'ornements et d'accessoires. Toute cette construction menace ruine parce que les fondations n'ont pas été descendues jusqu'au terrain solide. [Il y a] nécessité de procéder à une reconstruction totale. On a prévu une pièce de 4 m x 4,50 m."

    3. Extraits des registres des délibérations (1885-mai 1909 et juin 1909-juin 1928) du conseil municipal de la commune de Montsoué.

    1892 (août) : communication au conseil d'un extrait de délibération du conseil de fabrique à propos des réparations très urgentes qui s'imposent au presbytère et à l'église de Bahus-Juzan, nécessitant une somme de 4.000 francs.

    1894 (février) : nouvelle mention de la nécessité de réparations urgentes pour le presbytère et le porche donnant accès à l'église de Bahus-Juzanx.

    1896 (juin) : communication au conseil d'une délibération du conseil de fabrique pour obtenir les fonds nécessaires pour réparer certains murs, à la suite d'un mouvement du sous-sol qui a occasionné des lézardes sur toute la hauteur des murs est et nord.

    1902 (novembre) : communication du rapport de l'architecte diocésain Henri Depruneaux sur l'état de l'église de Bahus-Juzanx. Ce rapport n'étant pas jugé très explicite quant à la solidité de l'édifice, le conseil demande de ne pas fermer l'église.

    1903 (avril) : communication d'un procès-verbal de visite de l'église de Bahus-Juzanx exposant qu'une partie de cet édifice menace de s'écrouler.

    1910 (mars) : "Le maire expose au conseil que, par suite de l'état de délabrement de l'église de Bahus-Juzanx, l'autorité diocésaine en a retiré le desservant ; que des doléances se sont produites à la suite de ce retrait et qu'il importe, dans l'intérêt de la concorde, d'y donner satisfaction ; qu'il a demandé l'étude d'un projet de restauration dont le coût prévu s'élèvera à 5.200 francs (p. 9).

    1911 (février) : mention des travaux de parachèvement à l'église de Bahus-Juzanx (p. 17).

    1915 (avril) : un pan du mur de soutènement situé en bordure du chemin vicinal, côté est de l'église de Bahus, s'est écroulé sous la poussée des terres, une autre partie de ce mur menace ruine. Les fondations du bâtiment ne semblent plus consolidées (p. 92).

    1915 (juin) : le conseil décide que le mur de soutènement sera reconstruit jusqu'au point qui fait face à un autre mur situé au nord de l'église (direction est-ouest) (p. 95).

    4. Rapport d'Henri Depruneaux, architecte diocésain, sur l'état de l’église de Bahus-Juzanx, 1902.

    "L'église est de fondation romane et paraît dater du XIe ou XIIe siècle. Agrandie et modifiée au XVe siècle et détruite en partie au moment des guerres de Religion, transformée de nouveau au XVIIe siècle. Comme presque toutes les églises de la région, cette église a subi une série de modifications dont quelques-unes, et notamment la dernière [1885], ont été préjudiciables à sa conservation. / Des crevasses se remarquent dans presque toutes les parties de l'église mais surtout du côté du chœur et du clocher. / Le bas-côté Nord semble se séparer du corps de l'église. / Crevasses également dans les murs recevant la butée de l'arc énorme divisant l'église dans le sens longitudinal. / La charpente, d'une construction assez primitive, paraît disloquée, surtout au-dessus de l'arc. Cet état est dû aux raisons suivantes. En premier lieu, la nature du sol argileux (tassement). En second lieu, les modifications subies par l'église ; la construction du grand arc divisant l'église a surtout été la cause des mouvements qui se remarquent dans les murs recevant la poussée (date inscrite sur cet arc : 1670 [sic]). Troisièmement, l'état de vétusté de l'église."

    En 1902, Depruneaux estimait qu'il était inutile de réparer cette église et que le seul remède était d'en reconstruire une sur un terrain solide.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Église et presbytère de Bahus-Juzan, restauration (1883, 1885, 1892-1893, 1895, 1902-1904).

    Archives départementales des Landes : E dépôt 196/2 M 1
  • Églises de Bahus-Juzan et Boulin, aides pour la réparation des deux églises (1885).

    Archives départementales des Landes : E dépôt 196/2 M 2
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique (1906).

    Archives départementales des Landes : 70 V 24/3
  • Dons et legs à la fabrique (1813-1848) : Marguerite Lafitte (1813), Dubroca (1821), Marie-Véronique Coudroy (1848).

    Archives départementales des Landes : 70 V 24/4
  • Registre paroissial de Bahus-Juzanx (XVIIe-XVIIIe siècles).

    Archives communales, Montsoué
  • Registre paroissial de Bahus-Juzanx (1823-...).

    Archives communales, Montsoué
  • Registre des délibérations du conseil municipal de Montsoué (1875-1939).

    Archives communales, Montsoué
  • Dossier de pré-inventaire de la commune de Montsoué, 1969.

    Service du patrimoine et de l'Inventaire, région Aquitaine
Bibliographie
  • "Procès-verbal de l'état des églises du diocèse d'Aire en vertu des lettres clauses de Charles IX, roy de France, en date du 5 octobre 1571". Revue de Gascogne, 1860.

    p. 315
  • DAUGÉ Césaire. Montgaillard pendant la Révolution. Aire-sur-l'Adour, 1909.

  • CHABAS David. Villes et villages des Landes. Capbreton : D. Chabas. Tome I, 1968 ; tome II, 1970 ; tome III, 1972 ; tome IV, 1974.

    tome III, p. 241
  • SOUSSIEUX Philippe. Dictionnaire historique des Landes. Études landaises, 2012.

    p. 544
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe