Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Eglise paroissiale Saint-Vivien

Dossier IA33003938 inclus dans Village de Saint-Vivien-de-Médoc réalisé en 2012

Fiche

Vocables Saint-Vivien
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Saint-Vivien-de-Médoc
Adresse : place du 11 Novembre
Cadastre : 1833 F2 498 ; 2014 F3 525

L'église est composée de trois parties distinctes : une abside du 12e siècle, une nef du 19e siècle et un clocher du milieu du 20e siècle.

D'après l'abbé Baurein (1784-1786), la paroisse Saint-Vivien de Begays, dépend de l’archiprêtré de Lesparre et constitue une annexe de Vensac. Il indique par ailleurs que l’église de Saint-Vivien "paroît très ancienne ; son sanctuaire, qui est voûté, est orné en dehors de différentes figures d’hommes, d’oiseaux et d’animaux ; ce qui annonce une architecture gothique ; l’entrée de cette église étoit anciennement fortifiée ; il y a environ vingt ans qu’on a abattu le restant des fortifications et des crénaux (sic) qu’on voyait encore au-devant de son entrée. Elle paroît avoir été construite sur le même plan et à peu près dans le même temps que l’Église de Civrac, qui est dans la même contrée. Reste à savoir laquelle des deux est la plus ancienne." On ne dispose pas de représentation de l'église à cette époque. Le plan cadastral de 1833 représente un bâtiment dépourvu de transept avec un chevet arrondi ; une tourelle et un porche (l'entrée se faisait au nord) sont greffés sur l'élévation nord, tandis qu'une sacristie était construite sur la façade sud. Jusqu'au milieu du 19e siècle, elle est entourée du cimetière.

La période révolutionnaire laisse le bâtiment dans un état de délabrement préoccupant : en 1820, toiture, charpente, lambris en bois nécessitent des réparations urgentes.

En 1836, la reconstruction de l'édifice est évoquée : il s'agit de construire un clocher et d'ajouter des bas-côtés à la nef, tout en conservant l'abside romane. Celle-ci est d'ailleurs classée parmi les monuments historiques par une circulaire du Ministre de l'Intérieur du 1er octobre 1841.

Des plans et dessins réalisés par la Commission des Monuments historiques, en 1842 par Monsau, Durrassié, puis en 1845 par l'architecte Paul Abadie, permettent de restituer plus précisément cet édifice à nef unique et abside, auquel on accédait par une porte en saillie, ménagée sur la façade nord. Sur cette même façade, une tourelle d'escalier donnait accès au clocher-mur séparant nef et abside. Sur le mur sud, se trouvait la sacristie ; les murs conservaient également à cet endroit des vestiges d'arcatures et de porte.

Des plans et devis sont dressés en 1838 et 1846 par Durand, architecte de la ville de Bordeaux et par Pierre Préau, architecte local originaire de Jau ; des réparations de la toiture et du carrelage sont réalisées en 1839 dans l'attente de cette reconstruction. En 1847, un contentieux oppose la commune et l'architecte Durand, dont les plans réalisés en 1844, ont été finalement rejetés.

C'est Édouard Bonnore qui prend en charge le projet de reconstruction en 1849 et qui réalise les travaux, attribués en 1850 à l’entrepreneur J. Hostein. Des modifications sont encore apportées au projet (ajout d'une porte au sud, modifications du décor de la façade principale...). Le 29 juin 1853, le procès verbal de réception des travaux mentionne des problèmes de salpêtre dans les murs de la nouvelle construction.

En 1856, des réparations sont réalisées sur l'abside romane.

En 1868, un projet de construction de flèche sur le clocher est finalement ajourné ; on préfère attribuer les crédits à la restauration de l'abside qui présente toujours d'importantes lézardes.

Le 20 février 1877, la foudre endommage gravement le clocher qui doit être démoli. A cette occasion, l'architecte Édouard Bonnore propose de déplacer le clocher à reconstruire en saillie de la façade occidentale pour former porche. Un premier projet est rejeté, jugé trop luxueux. Les travaux menés sous la direction de l'architecte Bonnore et de l'entrepreneur Jamet s'achèvent en 1882.

La foudre de 1877 a également ébranlé et fragilisé l'abside : l'autel principal a été enlevé, la voûte démolie, les murs endommagés. En 1880, les éléments sculptés sont démontés pierre par pierre et numérotés en attendant le remontage. Une reprise des fondations de l'abside s'avère nécessaire et trois travées sont entièrement reconstruites. En décembre 1882, les travaux de reconstruction de l'abside, également menés sous la direction d’Édouard Bonnore, sont en cours d'achèvement.

Dans la 1ère moitié du 20e siècle, l'église montre à nouveau des faiblesses : la voûte de l'abside menace ruine, le clocher est fragilisé par le salpêtre. Les réparations qui sont alors effectuées sont réduites à néant par les bombardements de la 2e guerre mondiale qui détruisent entièrement le clocher et endommagent largement le reste de l'édifice.

A partir de 1949, c’est l'architecte André Larcher qui est chargé de reconstruire le clocher dans le cadre des dommages de guerre. Il dresse notamment les plans d'un nouveau clocher en janvier 1951, revus en avril 1952. Les travaux sont adjugés en 1956 et l'édifice inauguré et béni le 5 mai 1957 ; la nef est également remaniée notamment côté sud. En 1960, les bas-reliefs qui doivent orner le nouveau clocher sont réalisés par le sculpteur Rivière.

Période(s) Principale : 12e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1957, porte la date
Auteur(s) Auteur : Bonnore Jean-Édouard,
Jean-Édouard Bonnore (19/10/1820 - )

FERET Edouard, Statistique générale de la Gironde, Personnalités et notables girondins. De l’Antiquité à la fin du XIXe siècle, Bordeaux, 1889, p. 82 :

"BONNORE (Jean-Edouard)

Architecte, né à Lesparre (Gir.) le 19 octobre 1820. Élève de Jules Bouchet à Paris, sous le patronage de Visconti, archit. Fixé à Lesparre en 1852, architecte de l’arrondissement et de la ville de Lesparre, du lazaret de Trompeloup ; a été membre correspondant de la commission des monuments historiques de la Gironde. A fait édifier ou restaurer dans les arrondissements de Lesparre, de Blaye et de Libourne 24 églises dont 18 neuves ; ce sont celles de Lesparre, Carcans, Vendays, St-Vivien (les nefs, l’abside et le clocher, monument historique de 1re classe, vient d’être reconstruite, sous la direction de M. Bonnore, aux frais de l’Etat) ; Verdon, Talais, Grayan, Naujac, Ordonnac, Potensac, St-Girons, Pugnac, Saugon, Donnezac, St-Androny, St-Caprais, Néac, St-Christoly-de-Médoc (façade principale, monument historique). Nous pourrions énumérer plus de vingt mairies, écoles ou presbytères et un grand nombre de maisons bourgeoises ou châteaux parmi lesquels nous citerons : le château de Sipian, à Valeyrac (V. son dessin, tome II, p. 511) ; château du Port, à M. Eycart de Morin, à St-Vivien ; château de P. Bert, à Talais ; château Troussas, à M. Ph. Brannens, à Valeyrac. Citons encore le portail du cimetière de St-Estèphe et les plans d’un nouveau lazaret projeté à Padarnac, etc. Auteur de : Quatre vues pittoresques de la vieille église de Soulac, avec notice descriptive et hist., Bx, s. d., in-f°, 2pp. de texte et 4 lith."


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, attribution par source
Auteur : Larcher André,
André Larcher (17/09/1911 - )

Architecte associé avec Henri Hourtic. Voir l'étude de Gabriele Lechner (bibliographie dans la notice : Présentation de la commune d'Arcachon).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, attribution par source
Auteur : Rivière Joseph, sculpteur, attribution par source
Auteur : Hosteing Jean,
Jean Hosteing

Dit Hosteing aîné, architecte à Lesparre, père de Edmond-Jean Hosteing (Hosteing fils). Mention du lieu : Saint-Trélody (Lesparre).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
entrepreneur de maçonnerie, attribution par source
Auteur : Guibert,
Guibert

Artisan maître verrier, 7 impasse Dulac à Bordeaux.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
peintre-verrier, attribution par source

L'église est composée d'un clocher-porche, d'une nef principale encadrée de bas-côtés et d'une abside à 3 travées et 3 pans.

Le clocher en béton, de plan carré, est surmonté de 4 niveaux polygonaux formant une flèche. Cantonnées de colonnes, les parois sont percées de baies avec jours à motifs circulaires. La porte occidentale est couronnée d'un fronton triangulaire, orné d'un bas-relief. Deux autres portes également ornées de bas-reliefs sont percées sur les façades latérales du porche. En pénétrant dans l'église, on observe l'espace entre la nef et le clocher qui témoigne de l'ajout postérieur de ce dernier.

A l'intérieur, la porte d'accès est surmontée d'une tribune d'orgue accessible par un escalier en bois. Les fonts baptismaux sont placés dans le bas-côté nord, un monument aux morts se trouve dans le bas-côté sud.

La nef est séparée des bas-côtés par une série de 5 arcades en plein-cintre à doubles tores sculptés de feuillages, rubans, perles. Les piliers sont agrémentés de colonnes engagées à chapiteaux à motifs végétaux. Un bandeau sculpté de rinceaux végétaux court au-dessus des arcades. Nef et bas-côtés sont couverts de lambris et percés de fenêtres en plein-cintre.

Au niveau de la première travée de chœur, deux portes latérales en plein-cintre avec voussures moulurées donnent accès aux sacristies. Elles sont surmontées de médaillons sculptés aux armes épiscopales (cardinal Donnet) et papales (Pie IX).

L'abside conserve quelques chapiteaux romans, même si la plupart ont été largement restaurés au 19e siècle. A noter celui ornant l'arc triomphal nord, représentant saint Michel et la pesée des âmes ; côté sud, un autre chapiteau est orné de deux registres superposés d'oiseaux et d'animaux pris dans des entrelacs.

L'abside est composée de deux travées aveugles et de cinq baies en plein-cintre encadrées de colonnes à chapiteaux sculptés et séparées par d'autres colonnes supportant des rouleaux d'archivoltes traités en tores. Un bandeau sculpté de motifs de fleurs inscrites dans des cercles court en continu sous les baies.

A l'extérieur, le chevet est s'organise selon 9 pans séparés par des colonnes engagées et, horizontalement, sur 3 registres. Le registre médian est composé d'arcades et de baies en plein-cintre avec voussure et rouleau d'archivolte sculptés et colonnettes à chapiteaux. Côté sud, deux tympans sculptés représentent peut-être des scènes de la vie de saint Jean-Baptiste (danse de Salomé, Hérodiade et Hérode). Le registre supérieur présente des arcatures géminées. L'ensemble est couronné par une corniche moulurée à modillons alternant avec des motifs sculptés. Des frises sculptées à motifs de billettes, de rinceaux et de fleurs à 6 pétales inscrites dans un cercle, règnent sur l'ensemble du chevet.

Murs calcaire pierre de taille
moellon enduit
béton
Toit tuile creuse, béton en couverture
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements lambris de couvrement
cul-de-four
Couvertures toit à longs pans croupe polygonale
appentis
Techniques sculpture
Représentations armoiries
Précision représentations

Bas-reliefs en béton moulé ornant le clocher.

Chapiteaux historiés à l'intérieur et à l'extérieur de l'abside.

Armoiries papales et épiscopales.

Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé MH, 1862
inscrit MH, 2008/01/17
Précisions sur la protection

L'abside : classement par liste de 1862. L'église en totalité, à l'exception de l'abside classée (cad. F 525) : inscription par arrêté du 17 janvier 2008.

Annexes

  • Documentation complémentaire

    AD Gironde. 2 O 3661. Rapport explicatif des changements apportés au projet d'agrandissement de l'église de Saint-Vivien pour le régulariser conformément aux prescriptions de la lettre de M. le Ministre de l'Instruction publique et des Cultes en date du 29 avril dernier, s.d.

    Niveau du sol de l'église : 60 cm enterré ; arcades intérieures à surélever de 40 cm ; question de l'ornementation de la porte principale devenant inutile si la porte latérale est la plus empruntée et de la position du clocher.

    AD Gironde. 2 O 3661. Extrait du registre des délibérations, 15 mai 1820.

    L'église paroissiale de St Vivien est dans un état de dégradations qui menace de faire écrouler l'édifice ; non seulement les chevrons et lattes feuilles de la toiture ont besoin d'être renouvelés à neuf mais presque toute la grosse charpente est pourrie, faute d'y avoir fait faire des réparations pendant tout le temps de la Révolution ; le lambris en bois de [?] qui y fut fait il y a environ 30 ans aura tellement souffert du défaut de couverture qu'il serait nécessaire de le renouveler aussitôt que l'on pourra s'occuper de réparer la toiture ; il n'y a point de fonts baptismaux ou du moins ils sont indignes du sujet pour lequel ils ont été établis, attendu leur dégradation totale, à raison de quoi, ils ont été menacés d'interdiction par Monseigneur l'Archevêque ; la seule et unique porte qu'il y a à l'église est si petite, si mal située (au nord) et d'ailleurs inservable par vétusté qu'elle mériterait une reconstruction nouvelle ; le clocher se trouvant presque sur la route du sanctuaire peut à raison de son mauvais état occasionner par sa chute ou celle de la cloche la ruine de la voûte et des accidents considérables aux personnes qui visitent l'église ; tous les murs ont besoin d'être recrépis extérieurement à chaux et sable, le mortier étant totalement tombé et les murs lézardés en beaucoup d'endroits ; la cloche est cassée et nécessite une prompte refonte ; sans s'occuper dans ce moment des objets de décoration ou d'embellissement, il serait indispensable de reconstruire à neuf la tribune, ce qui permettrait à un plus grand nombre de fidèles d'entrer dans l'église pendant qu'on y célèbre le service divin ; il n'y a point de presbytère et il serait instant de prendre des mesures pour acquérir un emplacement pour en faire bâtir un.

    AD Gironde. 2 O 3661. Traité avec François Martin, fondeur de cloches, 17 juillet 1820.

    Demande de refondre la cloche de la paroisse dont le poids est d'environ 200 kg moyennant la somme de 200 frcs ; composition : 3/4 de cuivre rouge première qualité et 1/4 d'étain fin de Cornouaille. Poids de l'ancienne cloche : 208 kg et de la nouvelle 409 kg.

    AD Gironde. 2 O 3661. Extrait du registre des délibérations de la commune de Talais, 7 octobre 1821.

    En réponse à la délibération du conseil municipal de St Vivien en date du 14 mai 1821 ; refus de participer au financement des réparations de l'église de St Vivien.

    AD Gironde. 2 O 3661. Extrait du registre des délibérations, 20 décembre 1821.

    Réparations urgentes à faire à la charpente de l'église ; les communes de Vensac et Talais sont réunies pour la desserte du culte ; les deux autres communes ont aussi leur église à entretenir et ne veulent pas participer aux travaux de St Vivien ; c'est surtout le manque de curés qui a réuni ces 3 communes ; le curé habite Vensac.

    AD Gironde. 2 O 3661. Lettre au sous-préfet, 10 août 1827.

    Le curé de St Vivien fait abattre le maître autel de l'église paroissiale ; il faudra donc exhausser le lambris.

    AD Gironde. 2 O 3661. Lettre de J. Meynien au Préfet, 15 mai 1836.

    Mention de l'achat de la cure avec une contribution extraordinaire en 1824 pour 12000 frcs ; conteste le projet de construction de l'église et les impôts qui seront prélevés pour la financer.

    AD Gironde. 2 O 3661. Lettre du ministre secrétaire d’État de l'Intérieur au Préfet : Approbation du projet de reconstruction de l'église ; envoi des plans et devis, 11 mai 1838.

    Remarques du rapporteur du conseil des Bâtiments civils sur les plans et devis de reconstruction de l'église : "Le projet diffère peu en général de celui pour la commune de Lamarque que j'ai précédemment rappelé, ce qui, si cela s'étendait par suite à d'autres communes voisines, établirait une uniformité fâcheuse ; sa disposition générale est du reste assez satisfaisante ; quant à ses détails : le plan indique une croisée dans chacune des travées des 2 nefs latérales et la coupe n'est indiquée que dans 2 de ces travées, c'est sans doute par oubli et je crois qu'il ne faut pas manquer d'en établir dans chaque travée, sans quoi l'église serait trop peu éclairée ; il me semble à craindre qu'il n'en soit également ainsi du chœur, une fois que la nef principale ne sera plus éclairée qu'en second jour. Peut-être donc serait-il nécessaire d'ouvrir deux croisées dans les murs latéraux de ce chœur : on doit du reste penser que l'on ne propose la conservation de cette partie de l'ancienne église qu'après s'être assuré de sa solidité. La coupe transversale fait voir qu'il est indispensable de relever un peu la totalité du comble de l'église, afin que les entraits des nefs latérales ne soient pas coupés par les voûtes de ces nefs. Quant au clocher, indépendamment de ce que sa forme a de peu satisfaisant, il n'est aucunement en harmonie avec la décoration de la face d'entrée de l'église, et il sera indispensable de remédier à cet inconvénient lorsqu'on devra procéder à l'exécution de cette partie, ajournée quant à présent. D'après ce, je pense que l'exécution de l'église même pourrait être autorisée en engageant l'architecte à prendre en considération les observations qui précèdent et en demandant que, lorsqu'il y aura lieu, il soit présenté pour le porche et le clocher de nouveaux dessins qui satisfassent à l’observation qui y est relative.

    AD Gironde. 2 O 3661. Réparations urgentes à l'église : couverture et réparation de carreaux, 2 septembre 1839.

    AD Gironde. 2 O 3661. État des fournitures faites et pour la main d'œuvre du maître maçon pour la restauration de la toiture et du carrelage de l'église en attendant la reconstruction partielle qui a été autorisée, 25 novembre 1839.

    AD Gironde. 2 O 3661. Rapport de la commune de St Vivien pour son église, s.d.

    Désir de la commune d'agrandir l'église en y adjoignant deux bas-côtés, en respectant notamment "sa belle abside de style roman" ; rapport établi par le maire et M. Durand, architecte, membre de la commission des monuments historiques, chargé de l'étude de l'église et de sa restauration : dans ce rapport, les membres de la commission demandent la conservation de la tour qui existe aujourd'hui adjacente au côté nord de l'église ; demande de revoir ce point et de détruire cette tour.

    AD Gironde. 2 O 3661. Extrait du registre des délibérations, 8 avril 1844.

    Moyens à prendre pour ajouter à la somme de 6000 frcs votée par lui en 1837 pour les réparations de l'église et du choix des plans et devis qui lui ont été présentés. Le conseil considérant qu'il est dans l'esprit du gouvernement et dans l'ordre de l'architecture que les réparations soient, autant que possible dans le style du monument réparé, qu'il serait à désirer même que le style fut entièrement gardé pour rendre à l'unité un monument digne du reste d'une juste appréciation, que telle est la constitution de l'église de St Vivien dont l'abside du style roman a mérité une classification honorable parmi les monuments de 1ère classe, regrette de ne pouvoir effectuer ses réparations dans le style et selon le plan de la dite abside à cause des sommes considérables qu'un semblable travail nécessiterait et arrête son choix sur le plan et le devis présentés par le sieur Préau Pierre, architecte résidant à Jau (...) comme étant le plus en rapport au style de la dite abside et qui s'élève à la somme de 26845, 22.

    AD Gironde. 2 O 3661. Lettre du sous-préfet de Lesparre au Préfet, 27 février 1845.

    Requête de notables de St Vivien pour la démolition d'une petite tour bâtie en moellons d'une manière informe contre la nef pour soutenir l'escalier qui sert à monter sur un pan de mur en forme de clocher et qui comme cette nef n'a aucun caractère monumental eu rapport avec l'abside. L'abside de l'église de St Vivien fait tout le mérite architectural de l'édifice, la restauration projetée y ajoutera d'autant plus qu'elle fera disparaître ce qui n'est point en rapport avec l'abside. La tour en question, en restant en plan, serait pour ainsi dire absorbée ou masquée par la construction de l'un des bas-côtés ; elle paraît d'autant plus sans but et sans portée qu'elle cesse encore d'être utile puisque le clocher qu'elle servait à atteindre doit être déplacé.

    AD Gironde. 5 J 60, Fonds Durand. Lettre de Durand au sous-préfet, 28 novembre 1848.

    Plans et devis dressés par Durand pour restauration de l'église en 1844 ; non retenus par la commune en mai 1847 ; Durand réclame le paiement de ce travail.

    AD Gironde. 5 J 60, Fonds Durand. Lettre du maire au sous-préfet, 4 janvier 1849.

    Contentieux entre la commune et M. Durand ; rappel des exigences de la commune concernant le budget (20000 frcs) et le dégagement complet de l'intérieur de l'église, refus des pans de murs que Durand souhaitait conserver pour servir de soutien aux arceaux à établir. Plans et devis de Durand qui ne réunissent pas les conditions énoncées par la commune.

    AD Gironde. 2 O 3661. Lettre du ministre de l'instruction publique et des cultes au Préfet, 18 septembre 1849.

    Observations sur le projet d'agrandissement de l'église ; manque d'éléments concernant le décor de la façade : "l'architecte dans ses dessins, semble s'être préoccupé de reproduire dans cette façade, la décoration de l'abside par un luxe d'arcades imitées de celles de quelques églises de Saintonge, mais à Melles et Saigers particulièrement ces arcades sont justifiées par des bas-reliefs ou des statues et à St Vivien, il ne peut être question de rien de semblable. D'ailleurs pour l'exécution de pareilles ornementations, il faudrait d'autres ressources ; les arcades de la nef sont trop larges pour leur hauteur ; il eut mieux valu leur donner la forme ogivale qui aurait permis de les exhausser et qui aurait ajouté à la solidité ; le mur de la nef semble trop élevé, on ne voit pas pourquoi l'architecte lui a donné une hauteur supérieure à celle de l'abside puisqu'il ne conserve pas la sonnerie actuelle disposée à cet endroit. Les fenêtres de la nef et celles des bas-côtés paraissent trop longues et trop étroites. Les colonnes engagées dans les piliers de la nef sont peut-être trop minces pour leur hauteur. la porte latérale au nord si rapprochée de celle de la façade occidentale paraît inutile ; s'il faut du reste une porte latérale, elle serait préférablement placée vers le milieu de l'édifice. La façade, à part l'ornementation déjà critiquée, se lie assez mal à la tour qui la surmonte. Si cette tour était portée en avant, l'église gagnerait de l'espace sans augmentation de dépense : demande à l'architecte de prendre en compte ses remarques et de réduire son projet.

    AD Gironde. 2 O 3661. Lettre du ministre de l'instruction publique et des cultes au Préfet, 29 avril 1850.

    Attribution d'une allocation de 8000 francs pour l'achèvement des travaux ; remarques : le luxe d'ornementation de la façade ne se justifie pas par l'idée de sa corrélation avec celle de l'abside ; question des arcades de la nef et de leurs proportions trop larges eu égard à leur hauteur ; question de l'exhaussement de la nef et de la dimension étroite des fenêtres ; avis de supprimer l'ornementation de la façade si la porte latérale devient l'entrée principale : "cette décoration d'ailleurs est dépourvue de caractère ; imitée de celle de Loupiac qui est des deux époques, elle est déplacée à St Vivien où il s'agit de bâtir à nouveau et où l'architecte doit surtout rechercher la simplicité.

    AD Gironde. 2 O 3661. Cahier des charges pour reconstruction et agrandissement de l'église, Bonnore architecte, 27 mai 1850.

    Pierre provenant de Bourg et de la Roque, de Saint-Macaire ; murs en élévation des bas-côtés ; motif de la porte latérale nord ; façade principale (construction en pierre de taille et en moellons ébousinés hourdi en mortier de chaux et de sable et recouvert d'une enduit de mortier fin) ; clocher ; murs de la nef ; charpenterie ; couverture (lattis, tuile du pays, ardoise pour le clocher provenant de la Grande Carrée (?)) ; carrelage (grands carreaux de terre cuite de Gironde, taillés panés (?) et diagonalement posés alternativement blanc et rouge) ; menuiserie ; serrurerie (fers provenant du Périgord) ; peinture et vitrerie (en verre blanc et fort).

    AD Gironde. 2 O 3661. PV d'adjudication pour la reconstruction de l'église de Saint-Vivien, 28 juillet 1850.

    Jean Hostein.

    AD Gironde. 2 O 3661. Lettre de E. Bonnore au préfet, 25 août 1850.

    Le plan tel qu'il a été adopté par M. le préfet le 22 juin dernier offre une irrégularité qu'il serait très bien de faire disparaître ; le plan n'offre au public pour pénétrer dans le corps de l'église que deux portes, une principale ouest et une latérale nord, c'est donc une seule porte sur un des bas-côté, il est donc indispensable d'en construire une 3e latérale sud et de la construire l'ornementation excepté pareille au motif de la porte latérale nord ; le cimetière actuel va devenir une place publique.

    AD Gironde. 2 O 3661. Reconstruction et agrandissement de l'église, changements et additions, 11 février 1851.

    Portes, peintures, serrures, charpente du clocher (suppression des lucarnes, un peu plus de hauteur), lattis en bois de pin du pays, couverture, plomberie, travaux de maçonnerie (tour carrée du clocher), remplacer les croisées à vitres ordinaires pour des panneaux en verre de couleur.

    AD Gironde. 2 O 3661. PV de réception de travaux de construction et d'agrandissement de l'église, 29 juin 1853.

    Entrepreneur : Jean Hosteing, aîné, demeurant au lieu de St Hubert, commune de Saint-Trélody ; traces de salpêtre.

    AD Gironde. 2 O 3661. Réparations abside de l'église, 14 octobre 1856.

    Abside dans un délabrement complet et menace de s'écrouler ; partie de l'église classée au nombre des monuments historiques de 1ère classe.

    AD Gironde. 2 O 3661. Établissement d'une chaire et de fonts baptismaux et de grilles, octobre 1860.

    AD Gironde. 2 O 3662. Reconstruction de la partie supérieure du clocher de l'église de St Vivien, rapport de Robuylen (?), 3 mars 1868.

    Les travaux projetés comprennent la démolition et la reconstruction de la partie supérieure du clocher de l'église de St Vivien. Les motifs de cette reconstruction sont ainsi formulés par l'auteur du projet : "la disposition, le peu de hauteur et d'épaisseur de l'étage actuel du beffroi du clocher de l'église de St Vivien ne permettent pas la construction d'une flèche". Je ferai d'abord remarquer que le clocher de l'église de St Vivien est de construction récente, qu'il est en parfait état de conservation et que sa réédification n'est nullement utile. Il suffit de comparer le dessin du projet avec celui du clocher actuel pour être convaincu que ce dernier s'harmonise mieux avec les formes et les dimensions générales de l'église que celui qu'on veut lui substituer. Ainsi, la dépense à faire, évaluée à 7312 frcs 67 par l'auteur du projet, ne satisferait à aucun besoin réel. Et cependant cette dépense absorberait les ressources de la commune jusqu'à la fin de l’exercice 1870. En second lieu, il est essentiel de remarquer que l'abside de l'église de St Vivien est un monument roman des plus remarquables et dont il importe d'assurer la conservation. Cette abside, privée de tout travail d'entretien depuis un grand nombre d'années, présente des lézardes assez nombreuses qui peuvent amener sa destruction. J'attribue l'existence des lézardes aux fouilles faites dans l'ancien cimetière qui devait entourer l'édifice. Il suffirait donc de refaire de nouvelles fondations convenablement larges et profondes pour arrêter les mouvements de l'abside et en permettre la restauration au moyen d'un rejointoiement fait avec du mortier de ciment de Portland. Je suis d'ailleurs convaincu que la somme qu'on veut affecter à la reconstruction du clocher serait largement suffisante à opérer complètement cette restauration. En troisième lieu, je dois faire observer que le projet présenté laisserait à désirer à tous les points de vue. Il comprend, en effet, deux feuilles de dessin, un devis descriptif et estimatif, un sous détail métrique et estimatif et une chaire des charges. Les dessins ne font connaître aucune coupe ni aucun plan des ouvrages projetés. Le devis ainsi que le cahier des charges présentent des clauses inadmissibles (...). En résumé, le projet présenté est insuffisant dans ses détails et il s'applique à un travail qui n'a aucun caractère d'utilité. Je propose en conséquence son rejet.

    AD Gironde. 2 O 3662. Travaux de construction d'un clocher à l'église de St Vivien, exposé des travaux et devis d’Édouard Bonnore, 1er mai 1877.

    Dans la journée du 20 février 1877, le clocher de Saint-Vivien a été tellement ruiné par un coup de foudre, qu'il a fallu achever de le démolir. Le conseil municipal propose conformément à l'avis de l'architecte soussigné, chargé de la reconstruction de ce clocher, de le porter en saillie sur la façade principale, de manière à ce qu'il forme porche. Par ce moyen, il sera possible d'utiliser la place de l'ancien clocher dont on ne peut rien conserver, pour la construction d'une tribune devenue nécessaire dans certaines circonstances pour l'exécution par de nombreux musiciens, de morceaux d'ensembles religieux. Ce clocher peut d'autant mieux être porté en saillie comme l'indique le plan proposé qu'une vaste place publique entoure l'église. Le plan de ce clocher a été conçu le plus possible dans le goût de l'ensemble de l'église, qui possède du reste, une abside des plus remarquables et dont le plan, à propos de sa consolidation devenue nécessaire, est joint au dossier. Devis descriptif pour construction du clocher ; projet de sculpture avec roses, fleurons, chapiteaux...

    Modifications au devis le 12 janvier 1878 : premier étage du clocher supprimé, le 2e le remplace et formera tribune et toute la sculpture jusqu'à l'entablement de la flèche est ajournée : pour qu'une somme plus importante puisse être affectée à la consolidation de l'abside.

    AD Gironde. 2 O 3662. Projet de consolidation de l'abside de l'église de St Vivien détériorée et ébranlée par la foudre, Beaudin architecte, rapporteur, 1er juillet 1877.

    Établissement d'une batterie d'étais, pose de tirants à l'extérieur et à l'intérieur de l'abside avec prolongement dans une partie de la nef. Les tirants sont reliés entre eux par des boulons traversant les murs ; construction en sous-œuvre d'une partie des fondations au-dessous des colonnes trilobées formant contreforts ; placage ou revêtement du soubassement de 14m de longueur sur 0,66 haut ; enlèvement de la toiture et visite de la voûte, bouchage des lézardes ; projet de Bonnore accepté.

    AD Gironde. 2 O 3662. Frais dus par la commune pour la démolition du clocher à Bertin, 9 octobre 1877.

    Démolition de la charpente compris sciage (?) pour opérer la démolition, démolition de la menuiserie, déblayage du petit carré du clocher côté midi.

    AD Gironde. 2 O 3662. Extrait du registre de délibérations : modification de la construction du clocher et de l'abside, 9 mars 1878.

    Observations faites par le ministre de l'Instruction publique : le nouveau clocher dont la construction est projetée en avant de la façade présente une importance et une richesse peu en rapport avec le reste de l'église et pourrait être notablement simplifiée. Nouveau projet avec suppression du premier étage et réduction de la sculpture à partir de la tour jusqu'au sol + restauration de l'abside.

    AD Gironde. 2 O 3662. Lettre de l'entrepreneur Mazeri au maire, 5 août 1880.

    Aux termes de mon devis, je dois démolir avec soin les murs en élévation de la partie circulaire en réemployant les mêmes matériaux à leur ancienne place ; mais je ne dois pas démolir les fondations sous ces murs. Je dois au contraire les conserver et bâtir les nouveaux murs en élévation sur ces anciennes fondations qui remontent à une époque très ancienne. Après avoir démoli les murs en élévation ci-dessus, en me conformant strictement aux prescriptions du devis, j'ai voulu me rendre compte de l'état des fondations anciennes sur lesquelles je devais bâtir les nouveaux murs en élévation. Or j'ai reconnu que l'état de ces fondations ne pouvait supporter impunément le poids des nouveaux murs, qui, par suite la construction serait menacée d'une ruine imminente et qu'il m'était tout à fait impossible d'accepter la responsabilité de cette situation (...) ; frais supplémentaires à prévoir pour reprendre les fondations.

    AD Gironde. 2 O 3662. Rapport adressé à Monsieur le maire de St Vivien par l'architecte soussigné (Bonnore), 12 septembre 1880.

    Incident après la démolition effectuée des 3 travées du cul-de-four de l'abside et difficulté soulevée par l'entrepreneur prétendant que les fondations destinées à supporter les murs à reconstruire sont en mauvais état, et qu'il est nécessaire de le reconstruire ; manque d'argent pour reconstruire les trois travées.

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Registres de délibérations 1867-1899. Église, mairie, école. Mauvais état des toitures de l'église, de la mairie et de l'école, 16 septembre 1880.

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Registres de délibérations 1867-1899. Lettre de l'architecte Jamet (?) concernant la reconstruction des 3 travées du cul de four de l'abside, 6 octobre 1880.

    Entrepreneur : Mazeri.

    AD Gironde. 2 O 3662. Extrait du registre des délibérations, 29 mars 1881.

    Explosion de la foudre arrivée en février 1877, cette abside, déjà lézardée, a été tellement ébranlée qu'on a dû enlever l'autel qui s'y trouvait et cesser de célébrer les offices dans son intérieur ; la voûte a dû être démolie pour éviter que son poids ne fit tomber les murs extérieurs ; ces derniers ont dû être démolis en partie pour conserver les pierres portant le cachet de la riche sculpture de l'époque ; ces pierres numérotées et placées dans un ordre déterminé pour être facilement remises à leur place, sont exposées à toutes les intempéries de l'air et peuvent être détériorées, ce qui serait une perte irrémédiable ; ce qui reste debout des murs menace ruine et peut à chaque instant s'écrouler : demande de subvention.

    AD Gironde. 2 O 3662. Mandats de paiement pour la construction du clocher par Bonnore, architecte et Jamet, entrepreneur, 1882.

    Clocher : mandats de paiement 1884, entrepreneur Jamet puis Charles Mazeri ; abside : mandats de paiement 1883, Bonnore et Braquessac entrepreneur ;

    Travaux réalisés : démolitions, enlever le grand portail et deux portes dans les murs de refend, charpente de l'ancienne façade composée de pannes, faîtage, chevrons et lattes, plancher au niveau des combles, plancher au-dessus du porche ; maçonnerie : ancienne façade, partie centrale, avant-corps (longueur 4,51x1,50x10,33), pignon de l'avant-corps (longueur 4,85x0,40x1,33x1,27), parties à côté de l'avant-corps (longueur pour une 1,68x0,70x10,33), murs se reliant avec l'ancienne façade (longueur d'un 2,85x0,80x10,33) ;

    construction : murs en fondation en moellons durs de Lescapon et parements en pierre de Gros Bourg, contreforts également en moellons durs de Lescapon ; massif général, 7 contreforts ; murs en élévation : murs avec cintres, piédroits, colonnes, parements intérieur et extérieur en pierre de Gros Bourg, l'intérieur bloqué en grosse maçonnerie de moellons durs de Lescapon hourdés au mortier de chaux et de sable, les 3 premières assises en pierres dures de Rauzan très fermes; rdc et 4 étages, beffroi, flèche (en pierre de taille de Gros Bourg très ferme), 4 clochetons à la naissance de la flèche, 4 lucarnes, fleuron de la flèche : croix en fer forgé d'après dessin de l'architecte, paratonnerre. Voûte du porche à arcs-ogives, voûte en petits claveaux, vitraux à losanges, démolition de la partie supérieure du mur de refend formant actuellement le fond de la nef principale ; charpenterie en bois de sapin rouge du Nord ; plafond en bois du Nord semblable à celui de la Grande Nef ; plancher de la tribune, escalier de la tribune en sapin rouge ; étaiement de l'abside, démoli le vieil escalier, rebouché les trous, 8 m courants de frises en pierre dure posée sur corbeaux, pour couronner le vieux mur dérasé à 18f00 le m. Démoli le vieux cordon qui était sur le mur de la grande nef ; fait au-dessus de la tribune dans le mur en moellons durs une rainure pour placer le vieux cordon.

    Sculpture du clocher : 4 fleurons des clochetons, 4 dessus de lucarnes, 24 chapiteaux des clochetons à lucarnes, 24 corbeaux dans la corniche du couronnement du clocher, 12 chapiteaux des contreforts, 8 fleurons aux clochetons des contreforts, 16 chapiteaux aux clochetons des contreforts, 16 chapiteaux engagés à l'étage du beffroi, 4 chapiteaux isolés, 14m50 linéaire d'archivoltes, 8 chapiteaux au-dessous de l'arc couronnant les oculi, 28 corbeaux au-dessus de l'étage, 4 chapiteaux engagés au même étage, 16 chapiteaux engagés au même étage, 21 corbeaux, 6 chapiteaux engagés à l'étage de la tribune, 116 griffes sur les bases.

    AD Gironde. 2 O 3662. Devis pour travaux de reconstruction de l'abside, Bonnore, 10 juillet 1880, approuvé le 6 mars 1882.

    Devis de Bonnore : Reconstruction des murs de l'abside qui restent après la reconstruction des trois travées du cul-de-four, reconstruction des contreforts trilobés, reconstruction des contreforts en regard de l'arc triomphal et le contrebutant, plus-value pour reconstruction des deux colonnes de l'arc triomphal, plus-value pour la plus épaisseur des murs de l'abside à l'endroit des arcatures en décharge dans l'intérieur 9 arcatures à raison de 40f l'une, replacer les bases primitives des colonnes intérieures qu'ont été surélevées lors du remblais jugé nécessaire à l'époque où les terres du cimetière avaient envahi le pied de cette abside, afin de rétablir l'intérieur de cette abside dans son état primitif, il est nécessaire de baisser le sol qui a été exhaussé pour la cause que je viens de dire, reconstruction de l'arc triomphal en faisant resservir le plus possible les claveaux actuels et en fournissant ceux qui manqueront, reconstruction de la partie du pignon de la nef supporté par l'arc triomphal, reconstruction de l'arc doubleau au-dessus de l'arc triomphal, construction de la voûte en petits claveaux de pierre de taille de Petit Bourg, recarrelage de l'abside, alternativement rouge et blanc posé diagonalement, fourniture présumée de pierres à remplacer dans les parements, les cintres, les colonnes, l'entablement, les cordons, corbeaux et en pierre de taille de Gros Bourg, charpente en bois rouge du Nord, couverture en ardoise grande carrée forte d'Angers ; la PV de réception des travaux le 27 juillet 1883.

    AD Gironde. 2 O 3662. Travaux de restauration de l'abside de l'église sur le point d'être terminés, 14 décembre 1882.

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Registres de délibérations 1867-1899. Église. Installation d'une dalle de ciment sous le clocher dont le dessous est en mauvais état, 12 février 1888.

    La moindre pluie rend l'entrée de l'église presque impossible.

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Arrêtés municipaux. Interdiction au public de pénétrer dans le sanctuaire de l'église, 21 août 1908.

    La voûte menaçant ruine est en danger de s'écrouler.

    AD Gironde. 2 O 3662. Arrêté du maire interdisant de pénétrer dans l'église, 13 février 1917.

    Clôture à 15m du clocher ; maisons habitées dans un périmètre de 25m du dit clocher seront évacuées (clocher attaqué par le salpêtre).

    AD Gironde. 2 O 3662. Expertise du clocher par l'architecte Gaston Adoue, 14 mai 1919.

    Le clocher est construit en pierres de taille et paraît en bon état jusqu'à la hauteur du dessus du beffroi supportant les cloches, pour éclairer celui-ci il existe 4 baies agrémentées de colonnettes ; ces dernières, ainsi que les archivoltes qui les couronnent dont dans un état de désagrégation des plus inquiétants, les pierres qui les composent étant en grande partie rongées par le salpêtre, deux d'entre elles surtout constituent un danger permanent. Les abat-sons qui garnissent ces baies sont presque tous descellés et offrent les mêmes inquiétudes. Semblables réflexions peuvent être faites concernant les 4 clochetons en pierre, surmontant les contreforts placés aux angles du clocher, deux étant très rongés à leur base. A la flèche en pierre se trouvent de plus importantes traces de désagrégation, certaines très accentuées par endroits. A l'intérieur, des morceaux de pierres sont presque complètement détachés et menacent de choir d'un moment à l'autre. Une des faces extérieures de la pyramide est plus particulièrement atteinte. Une seule solution s'impose comme conclusion à cet examen : raser le clocher au niveau du dessus du beffroi, l'amputant ainsi de sa flèche et de ses clochetons, puis le couronner d'une charpente en bois légèrement débordante à 4 arêtiers recouverte en tuiles creuses de Gironde. En ce qui concerne les 4 baies sises au niveau du beffroi, elles seraient entièrement réparées, les colonnettes refaites dans leur style primitif, leur entourage rejointoyé. Elles seraient à nouveau garnies d'abat-sons plus légers, montés sur cadre afin de diminuer les nombreux trous de scellement qui ont jusqu'ici facilité la désagrégation des colonnettes actuelles. Ces modifications et réfections permettraient l'usage du porche, accès normal de l'église, celui des cloches depuis longtemps muettes, et supprimeraient dans l'avenir toute inquiétude pour la sécurité des fidèles et de la population.

    AD Gironde. 2 O 3662. Lettre du Ministre de l'Intérieur à Monsieur le Préfet de la Gironde, 30 septembre 1919.

    Le clocher de l'église de Saint-Vivien-Médoc n'ayant pas reçu en temps voulu les réparations nécessaires, la municipalité aurait été obligée, dès l'année 1917, de prendre une décision interdisant l'accès aux fidèles de la moitié environ de l'édifice cultuel. L'abside seule de cette église étant classée parmi les monuments historiques, vous avez pensé qu'il y avait lieu de saisir de la question l'administration des Beaux Arts qui, après avoir fait examiner l'état des lieux, a déclaré n'avoir pas à intervenir dans les travaux qui pourraient être entrepris. La municipalité se trouve dès lors dans l'obligation de faire démolir le clocher de cet édifice qui, paraît-il, menace de s'effondrer, mais d'après les renseignements qui lui ont été fournis par un architecte, il résulte que cette opération occasionnerait une dépense approximative de 43000 frcs que la commune ne saurait supporter ; demande de faire détruire la flèche par le Génie militaire.

    AD Gironde. 2 O 3662. Devis pour réparation au clocher, 3 mai 1921.

    M. Adoue, architecte de l'école nationale des Beaux Arts de Paris, 72 cours de la Martinique à Bordeaux ; réparation de la flèche en pierre, réparation des quatre clochetons, réparation des baies, du beffroi.

    AD Gironde. 2 O 3662. PV de réception définitive des travaux de maçonnerie du clocher, 2 octobre 1921.

    AD Gironde. 2 O 3662. Travaux de couverture de l'église, 1937.

    M. Faux, André, entrepreneur de maçonnerie.

    AD Gironde. 76 W 324/11. Expertise de l'église de Saint-Vivien de Médoc, 9 octobre 1953, par Paul E. Koch, architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux.

    La charpente a été brûlée et remplacée par une charpente et une couverture provisoires ; l'expertise consiste à déterminer si la nef actuelle doit être entièrement démolie pour être reconstruite à neuf ou conservée en effectuant quelques travaux de consolidation. Devers de certains murs surtout du mur et des contreforts du bas-côté subsistant ainsi que la résistance à l'écrasement des piliers de la nef, dont la porte a été en partie entamée par l'incendie (...) ; la nef subsistant, bien qu'étant loin de valoir l'architecture de l'abside qui est authentique, me paraît en harmonie avec elle et nous souhaiterions que l'architecte conserve ce caractère simple et traditionnel dans ses aménagements. Conclusion : la conservation des éléments existants, leur consolidation par des ceintures au moment de la réfection de la couverture définitive et la conservation du caractère de cette église pour la reconstruction des parties neuves.

    AD Gironde. 76 W 324/11. Devis descriptif des travaux dressé par André Larcher, reconstruction de l'église, 15 mars 1954.

    Clocher : les parties apparentes en béton armé claustras et plateformes devront rester brutes de décoffrage et bouchardées ; bas-côtés et entrée : en moellons durs et pierre de Daignac ou Camarsac ; aménagement baptistère : voûte en arc de cloître en briques plâtrières de 5 cm d'épaisseur.

    AD Gironde. 76 W 324/11. Note sur les fondations du porche de l'église et du clocher, par André Larcher, 22 novembre 1954.

    Les travaux de reconstruction de la nef se poursuivant normalement, en commençant par le mur sud, l’entrepreneur en arrive au mur ouest, côté porche. Pour une raison de dilatation et de tassement, le clocher et sa semelle étant isolé du reste de l'édifice, ce mur ouest est construit sur une poutre qui enjambe la semelle du clocher.

    AD Gironde. 76 W 324/11. Devis descriptif des travaux, par André Larcher, reconstruction du clocher, 8 octobre 1955.

    Jacques Thomas, ingénieur conseil ; terrassement et maçonnerie en béton armé.

    La construction du clocher sera indépendante du reste de la construction sauf aux endroits précisés au devis. Tout enduit est formellement interdit.

    Principe de construction : piliers en béton armé vibré avec revêtement extérieur en enduit pierre. Ces piliers seront constitués de la façon suivante : un moule en béton au profil du pilier et d'une hauteur d'assise de 0,33 m aura, à sa partie extérieure, un revêtement incorporé en pierre reconstituée. Ces moules seront placés les uns sur les autres, autour de l'armature qui sera mise en place avant les moules. Le tout en place et par hauteurs successives ne dépassant jamais 3m. Le béton sera coulé dans ce moule servant de coffrage. La face interne côté escalier sera coffrée au fur et à mesure, permettant un contrôle judicieux de la coulée, et permettant au passage des escaliers, une liaison telle que l'escalier et le pilier forment un tout indéformable. Les claustras seront préfabriqués et exécutés suivant plan de détail n° 5 avec feuillures nécessaires. La partie basse du porche aura le parement de même sorte que les piliers. Sur le fronton, motif en béton moulé toujours de même texture apparente ou pierres réservées pour sculpter directement le motif (...).

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Registre des délibérations du conseil municipal, 1955-1998. Adjudication de la construction du clocher, 26 janvier 1956.

    Devis de 19,690,000 frcs pour reconstruire le clocher ; M. Debricourt, entrepreneur à Couquèques ; il sera possible de remplacer le sol provisoire en béton par un carrelage identique à celui détruit par les bombardements. Les verres blancs des fenêtres seraient également remplacés par des vitraux de couleur ; mention du paiement de la nef côté nord et achèvement des travaux intérieurs de l'église ; ouverture d'une porte à la sacristie côté nord.

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Registre des délibérations du conseil municipal, 1955-1998. Honoraires de l'architecte, 26 janvier 1956.

    M. Larchet avait été chargé en 1949 d'établir le dossier de reconstitution relatif aux dommages de guerre de l'église.

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Registre des délibérations du conseil municipal, 1955-1998. Travaux complémentaires de démolition de la nef côté nord, 25 mars 1956.

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Registre des délibérations du conseil municipal, 1955-1998. Proposition de M. Guibert, artisan maître verrier (7 impasse Dulac à Bordeaux) pour fournir et poser des vitraux, 27 décembre 1956.

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Registre des délibérations du conseil municipal, 1955-1998. Proposition de travaux complémentaires à l'église, 2 mars 1957.

    Aménagement de deux portes faisant office de tambour et évitant l'ouverture des grandes portes d'entrée ; remplacement de pierres en incrustations dans piliers et arcs avec mouluration, reconstitution monument anciens combattants (…).

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Registre des délibérations du conseil municipal, 1955-1998. Par délibération du 2 mars 1957, le conseil municipal a donné son accord pour l'exécution des sculptures en bas-relief du clocher, 28 mai 1960.

    Sculpteur : Rivière ; non réalisés mai en 1960.

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Registre des délibérations du conseil municipal, 1955-1998. Travaux en cours à l'abside de l'église par les Monuments Historiques, 23 octobre 1965.

    Les vitraux vont être posés incessamment.

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Registre des délibérations du conseil municipal, 1955-1998. Acquisition et installation d'un orgue pour l'église, 24 février 1981.

    AC Saint-Vivien-de-Médoc. Registre des délibérations du conseil municipal, 1955-1998. Église. Devis de la maison Bodet pour dépose, refonte et remise en place de la cloche, 19 décembre 1990.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Registre de délibérations 1867-1899.

    Archives communales, Saint-Vivien-de-Médoc
  • Registre des délibérations du conseil municipal, 1955-1998.

    Archives communales, Saint-Vivien-de-Médoc
  • Culte, église (1822-1865).

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 3661
  • Culte, église (1867-1937).

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 3662
  • Fonds Durand : correspondance à propos du contentieux opposant l'architecte à la commune de Saint-Vivien, 1848-1849.

    Archives départementales de la Gironde : 5 J 60
  • Dommages de guerre, commune de Saint-Vivien-de-Médoc, 2e moitié 20e siècle.

    chemise 11 Archives départementales de la Gironde : 76 W 324
Bibliographie
  • BAULT Marie-Pascale, BERCÉ Françoise, LAROCHE Claude. Paul Abadie, architecte : 1812-1884 : entre archéologie et modernité [exposition présentée au Musée d'Angoulême du 21 octobre 1984 au 13 janvier 1985]. Angoulême : Musée d'Angoulême, 1984.

  • BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd .

    p. 250
  • BRUTAILS Jean-Auguste. Les vieilles églises de Gironde. Ouvrage publié sous les auspices de la Société Archéologique de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1912.

    p. 116-117
  • BIRON Dom Reginald. Guide archéologique illustré du touriste en Gironde. Bordeaux : Féret, 1927.

    p. 157
  • GABORIT Michelle, FARAVEL Sylvie, LARRONDE Stéphanie (...), LARRIEU Bernard (dir.). Léo Drouyn en Médoc. Bordeaux : Ed. l´Entre-Deux-Mers, 2003.

    p. 202-207
  • LAROCHE, Claude (dir.). "Paul Abadie, 1812-1884". Catalogue d'exposition, Musée national des Monuments français, Paris, 4 novembre 1988-16 janvier 1989, Paris, Ed. de la Réunion des musées nationaux, 1988.

    p. 48 Archives départementales de la Gironde : BIB MF 798
Périodiques
  • GALY-ACHE Charles. « Saint-Vivien-de-Begays. Vivianus de Begaïts au XIIIe s. ». Les Cahiers Médulliens, 1973, n° 13.

    p. 17-30
  • PIGANEAU Emilien. « Essai de répertoire archéologique du département de la Gironde ». Société Archéologique, 1897, tome 22.

    p. 88

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Steimer Claire