Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Église paroissiale Saint-Seurin

Dossier IA33005423 réalisé en 2014

Fiche

Œuvres contenues

Vocables Saint-Seurin
Parties constituantes non étudiées sacristie
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Sud Médoc Estuaire - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Le Pian-Médoc
Lieu-dit : Le Bourg
Adresse :
Cadastre : 1843 A2 , A3 274 ; 2012 AV 7
Précisions

La paroisse, mentionnée pour la première fois en 1335, fait partie depuis le Moyen-Âge de l'archiprêtré de Moulis. Selon Cirot de la Ville, l'église primitive Saint-Seurin se trouvait à proximité d’une voie antique dans le village de Louens, au lieu-dit du Reyche. Cette affirmation peut être réfutée, d’une part par le procès-verbal de visite de 1691 qui mentionne, au Reyche, une simple chapelle désaffectée et, d’autre part, grâce aux investigations archéologiques menées en 1994, qui ont révélé les vestiges d'un bâtiment antique sous l'église actuelle. L'ancien sanctuaire à emmarchement découvert sous le chœur correspondrait à un édifice cultuel pré-chrétien, disposition se retrouvant à Moulis, seul autre cas connu en Médoc. La dédicace de l'église à saint Seurin plaiderait en faveur de sa fondation vers le 10e siècle, période de ferveur pour ce saint dans le diocèse de Bordeaux, d’après Charles Higounet. Le Moyen Âge est peu documenté pour ce site, mais l'analyse archéologique et l'examen du bâti permettent de déceler plusieurs états et campagnes de travaux.

Lors du dégagement des fondations et des premières assises des murs nord et sud de la nef, la maçonnerie découverte, en petit appareil, paraît datable du 11e siècle. Le deuxième état correspond à la construction du chœur surmonté par la tour-clocher, également à l'époque médiévale : la fondation très profonde à deux ressauts vient s’appuyer contre le mur de la nef ; les larges chapiteaux de style roman sculptés de têtes animales et humaines corroborent une construction du tout début du 13e siècle. Toutefois, les baies trilobées de la partie supérieure du clocher (restaurées au 19e siècle), semblent percées plus tardivement, aux 13e-14e siècles. La période médiévale est présente également dans le décor par les faux appareillages qui subsistent dans l'embrasure de la baie axiale du chœur.

En 1610, lors de la visite pastorale de l'archevêque François de Sourdis, le baptistère est dit "accolé à la muraille" et non fermé ; l'église doit être couverte. L'abside adossée au chœur-clocher (qui vient masquer la baie axiale), dont les murs, très peu fondés, sont bâtis sur des sépultures médiévales voire modernes, pourraient remonter à une campagne postérieure à la venue de l'archevêque. Cette datation est renforcée par la présence d’un double tournois d’Henri IV ou Louis XIII retrouvé dans le remblai. L'évier encastré dans le mur sud de la sacristie est compatible avec cette chronologie. Au 17e siècle (?), une litre funéraire aux armes de la famille d'Alesme, seigneurs du Pian jusqu'à la Révolution, a été peinte dans la nef. D'autres familles locales disposaient de sépultures sous le porche extérieur, ainsi qu'en témoigne le procès-verbal d'une deuxième visite pastorale effectuée au Pian en 1691. Toujours en 1691, "l’église a besoin de jour, on y en pourroit faire du côté de midi si on otoit une galerie qui conduit au clocher, et qui fait une très mauvaise figure [...]". La suppression de cet élément a donc nécessité un nouvel accès au clocher, plus fonctionnel ; l'escalier en vis suspendu à jour central, accolé au nord du clocher, d'une belle stéréotomie, pourrait ainsi être attribué à des travaux du 18e siècle. La charpente du clocher, chevillée et assemblée avec de nombreux remplois (mortaises apparentes), constituerait aussi un des éléments d'Ancien Régime.

Le plan cadastral de 1843 montre un édifice présentant des dispositions analogues à celles actuelles, à l’exception de la nef, plus courte et dotée d’un porche hors-œuvre en façade.

Le dernier état correspond à la campagne réalisée en 1846 sur un projet de l'architecte Jean Girard, mandaté pour la reconstruction d'une partie de l'église. Lors de ces travaux :

- l'ensemble de l'édifice est rehaussé de 0,70 m ;

- l'ancienne nef est partiellement abattue et remontée avec les anciens moellons ;

- six nouvelles fenêtres sont percées ;

- une nouvelle façade est élevée dotée d’un portail en pierre de Bourg, avec rose et niches aux angles en remplacement de l'ancien porche ;

- à l'intérieur, une fausse-voûte en lambris et une nouvelle tribune sont établies.

En 1888, le cimetière est déplacé du pourtour de l’église ; des vestiges du mur de clôture sont conservés dans la maçonnerie du sud de la nef.

En 1963, les sols de l’église ont été refaits à neuf et, en 1975, la sacristie a fait l’objet de travaux. Enfin, plusieurs campagnes de restauration par les Monuments historiques ont été entreprises, notamment la dernière, au début des années 2010, concernant les enduits de la sacristie et du chœur.

Période(s) Principale : 1er quart 13e siècle
Principale : limite 16e siècle 17e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Secondaire : 11e siècle
Secondaire : 18e siècle
Dates 1846, daté par source
Auteur(s) Auteur : Girard Jean,
Jean Girard

On retrouve ce Girard en 1848 pour la restauration du presbytère de Saint-Hilaire-de-la-Noaille, canton de La Réole.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, attribution par source

L'église est isolée au centre de la commune, entourée de quelques bâtiments à proximité du château de Malleret.

Elle se compose d'une nef unique prolongée en retrait par la tour quadrangulaire du clocher, dont le rez-de-chaussée, contreforté aux angles, est occupé par le chœur. La sacristie forme une abside dans le prolongement. Au nord, une construction en appentis englobe la tourelle d'escalier hors-œuvre menant au clocher. Au sud et proche de la façade, est accolée une remise, probable ancienne chapelle des fonts. La façade ouest, avec porte d'entrée, se compose de deux contreforts d'angle surmontés par des niches couronnées d'une corniche rampante moulurée. Une rose est percée dans le tympan du fronton surmonté d'une croix en pierre. L'ensemble est bâti en moellon avec des assises de petit appareil pour les parties basses du mur sud de la nef, la pierre de taille étant réservée au portail, aux encadrements et aux pilastres.

À l'intérieur, le vaisseau unique est couvert d'une fausse-voûte en berceau brisée lambrissée, retombant sur une corniche moulurée ; les six baies sont ménagées dans des lunettes. L'entrée s'effectue par le massif de la tribune au revers de la façade. Deux autels, dans les murs latéraux de la nef, sont consacrés à Marie et à Jésus. Dans le mur sud, à droite de la porte menant à la remise, se trouvent les vestiges peints de la litre avec les armoiries de la famille d'Alesme. L'accès au chœur se fait par un arc triomphal en arc brisé dont les nervures retombent sur des piliers circulaires à chapiteaux de style roman. La voûte d'ogive du chœur présente des culots sculptés. La baie axiale romane conserve, dans l'embrasure, les traces d'un faux appareillage et d'une litre. Par ailleurs, une plaque de marbre commémorant les soldats morts au combat, signée par Th. Ricaud, a été apposée dans la nef.

La sacristie est percée de trois fenêtres et possède un évier dans le mur sud.

L'escalier hors-œuvre suspendu et à jour central menant au clocher est en pierre de taille.

Le clocher laisse apparaître une charpente ancienne à tenons mortaises, et assemblages chevillés pour le beffroi.

Murs calcaire petit appareil
moellon
Toit tuile creuse
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements fausse voûte en berceau brisé
voûte d'ogives
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
toit en pavillon
appentis
croupe ronde
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis avec jour, en maçonnerie
États conservations restauré
Techniques sculpture
peinture
Représentations pilastre, rosace, croix, chien, palme, armoiries, tête d'homme, litre funéraire, feuille, crosse
Précision représentations

Armoiries peintes de la famille d'Alesme : de gueules, au bandeau d'or, accompagné d'un croissant d'argent, au chef-cousu de sable, chargé de trois molettes d'or.

Culots des retombées de voûtes est :

- en forme de tête humaine yeux et bouche ouverts, coiffé d'un bandeau.

- culot en forme de tête de chien ou de fouine surmonté de feuilles et de crosses (vestiges de polychromie).

Culots des retombées de voûtes ouest :

- Têtes humaines surmontées de feuilles et de crosses.

Chapiteaux de l'arc triomphal :

- feuilles et tailloir en doucine (vestiges de polychromie).

Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé MH partiellement, 1925
protection totale, 2006
Précisions sur la protection

Seuls l'abside et le clocher ont fait l'objet d'une protection au titre des Monuments Historiques le 24 décembre 1925.

Annexes

  • Procès-verbal de visite de l'église du Pian, 1691.

    Visites pastorales

    Archives départementales de la Gironde, G 640

    Le Pian

    Et advenant le vingt neuvième aoust mil six cent quatre vingt onze, nous nous sommes transportés dans le lieu du Pian, ou étant arrivé nous nous sommes acheminé à l’église ou Mr. Jean Buisson curé nous a reçu. Et nous étant revêtu d’un surplis et d’une étols, avons ouvert le tabernacle que nous avons trouvé proprement étofé au-dedans et doré au dehors, et oté le Saint Sacrement qui y repose dans une custode d’argent, dorée au-dedans, et après avoir donné la bénédiction au peuple avons continué notre visite.Nous avons trouvé le grand autel tout régulier, il n’y manque rien. Dans le presbitère un prie dieu, qui servoit au seigneur qui etoit eclesiastique le seigneur laïque s’en est emparé, il a suplié V. S. pour le transport d’un commissaire afin de trouver une place propre pour le banq seigneurial et V. S. en a receu le procès verbal, on attent qu’elle en ordonne.L’autel dédié à Notre Dame et celuy de Saint Jean-Baptiste sont très propres. Les fonts baptismaux, il n’y a qu’un évier tout auprès, que nous estimons devoir être fermé.L’église a besoin de jour, on y en pourroit faire du côté de midi si on otoit une galerie qui conduit au clocher, et qui fait une très mauvaise figure d’autant mieux qu’on peut ? faire sur le lambris un passage propre si V. S. le permet, cela se fera sans fraix.Le cimetière a besoin qu’on relève quelques pierres et d’une croix qui y manque.La sacristie est très propre, et aussi bien que les ornemens pour toutes couleurs ? dont l’église se sert et le linge. Un calice dont la coupe est dorée au-dedans, une boete d’argent pour porter le Saint Viatique,une croix d’argent pour les processions.Nous avons visité une chapelle apellée Saint Jean de Rech, elle est située au milieu d’un bois, sans voisinage. Autresfois la procession dans les rogations y faisoit sa station. Présentement qu’il n’y a que les quatre murailles, on ne s’y arrête pas. Il n’y a au-dedans quelque forme d’autel et au dehors un tombeau, on dit qu’on dit être d’un suplicié, parce que c’est un lieu propre à ne prier pas toujours dieu. On souhaiterai que V. S. en ordonne la démolition d’autant que cette chapelle n’a aucun revenu et que toute la dévotion qu’on a pu y avoir autrefois, est éteinte.

    Reddition des comptes

    Ayant achevé notre visite, nous nous sommes retirés au porche devant la porte de l’église pour y vaquer à l’audition des comptes en présence de Mr. Jean Buisson curé et de Guillaume Vergne procureur d’office.Ou a comparu Jean Eyquem ouvrier la présente année, lequel nous a représenté un fort ancien livre de la fabrique où l’on n’a rien écrit depuis longtemps, et tout rompu de manière qu’il a fallu remonter et faire recherche des plus anciens et faire un livre nouveau pour y coucher tous les comptes suivans : Nous sommes remontés à l’année 59 [1659] pour examiner le compte de feu François Seguin que sa veufve Izabeau Seurin nous a représenté,par lequel nous avons trouvé que ledit Seguin étoit redvable de la somme de neuf livres quatre deniers. Et Izabeau Seurin sa veufve de la somme de douze livres pour l’ouverture de la sépulture de feu son mari. Du payement desquelles sommes nous avons déclaré qu’elle sera contrainte par toutes voyes deues et raisonnables, ce qui a été couché dans le livre nouveau de la fabrique. Fortin Gonineau ouvrier pour l’année 60, nous a représenté son livre que nous avons examiné, et trouvé que par la somme de quarante une livre sept sols qu’il avoit remise, il etoit plenement déchargé, ce qui été couché dans le livre nouveau de la fabrique. [V]A comparu Jacques Martin ouvrier en 61. Lequel nous a représenté son livre ce par la diligente supputation que nous avons faite,avons trouvé que la remise de vingt neuf sols qu’il a faite en sortant il est déchargé plenement et le livre en demeure chargé.

    1663 : Guillaume Sescouze

    1664 : François Montignac

    1664 : Jean Destevé

    1664 : Jean Dhostein

    1664 : Pierre Dapujaud

    1665-6 : Jean Hostein

    1667 : Pierre Hostein

    1668 : Jacques Martin

    1669 : Pierre Lalande

    1670-1 : Pey Martin

    1672-3 : feu Guilhem de Seysounes

    1674 : Pierre Lussia

    1675 : Guilhem Hostein

    1676 : Héritiers de Bertrand Blancan

    1677 : Forton Renouil

    1678 : Laurens Duverger

    1679-80 : Pierre Montignac dit Lou Besson

    1681 : Sernin Blanchet

    1682 : Jean Hostein

    [fol. 2]

    1683 : George Gobineau

    1684-6 : Bertrand Martin

    1687-8 : Pierre Dupuy

    1689-90 : Barthelemi Lagrave

    1691 : Nous n’avons voulu examiner le compte de Jean Eyquem ouvrier pour la présente année, parce qu’il n’y a que trois mois qu’il est dans la charge et que toute sa récepte est couchée dans le livre nouveau de la fabrique. Nous avons trouvé dans le livre ancien qu’en l’année 1635, Jean Seguin ouvrier, Mr Spinassouze curé, avoir receu huict livres de monsieur Boucaud [1] conseiller du roy en Parlement de Guienne pour la rante qu’il doit à l’église. Et qu’en l’année 1645, Bertrand Blancan ouvrier avoit receu une pistole pour les lots et ventes dus à la fabrique par monsieur Boucaud, qui est dix sols par an. Spinassouze curé.

    Nous étant informé des ouvriers anciens, qui etoient présent, Jean Hostein agé de soixante-trois ans nous a dit que la maison de monsieur Boucaud payoit dix sols par an. En conséquence de ce qu’il s’estoit approprié une place commune où la fontaine prend son cours, laquelle place il avoit complanté, et pour ce il faisoit rante à l’église. Pierre Montignac agé de quarante-six ans, a dit qu’il avoit tousiours oui dire la même choze. Cependant la maison de monsieur Boucaud n’a payé depuis l’année 1645. Mr. Jean Guisson curé, nous a représenté que trois familles de la paroisse prétendant avoir leur sépulture sous le porche, causent beaucoup d’incommodité au public, parce que le porche n’étant pas [fol. 2V] pavé, on traine après son entrant dans l’église, ou terre ou boue après l’ouverture des fosses, et que les prétendant avoir droit par une possession immémoriale sont tellement jaloux de leur privilège, que quand il n’y auroit que trois mois de la sépulture d’un corps, avant même qu’il soit consommé, ce qu’on a veu souvent, ils font ouvrir la même fosse pour y faire un nouveau enterrement. Ce pourquoy il suplie V. S. attandu la grande incommodité du public et l’inconvénient de l’ouverture de la fosse, d’ordoner qu’ils feront choix d’un autre lieu dans le cimetière qui leur sera afecté, ou qu’ils feront paver ledit porche et l’entretiendront. Faute par eux, de descheoir de leur droit. La revenu de la fabrique consiste en un pré qu’elle possède d’un temps immémorial, et qu’on aferme vingt et cinq à trente livre par an. Tout le reste vient des colectes. Il n’y a aucun nouveau converti dans la paroisse.

    Charbonnel, curé de Bruges, vicaire-commissaire.

    [1] Pierre de Boucaud (1598-1659), d’une lignée de conseillers au Parlement, il fut proche de Louis XIV qui le dédommage a suite aux pillages de ses maisons dans Bordeaux et à la campagne pendant la Fronde. Il a épousé Isabeau de Bouldron en 1628.

  • Description de l'église et de la paroisse du Pian par Cirot de La Ville, 1867.

    [p. 247]

    Saint-Seurin du Pian, paroisse ainsi désigné dans un acte de 1335. Unie à la trésorerie de la collégiale dont elle dépendait, elle s'en séparait peu par la distance. On dirait qu'elle fut destinée à grouper, sous le même patronage, des églises voisines qui ne portaient pas le nom de saint Seurin, mais rendaient hommage à la suzeraineté de son Chapitre : Eysines, Saint-Aubin, Bruges, Le Taillan, Ludon, Macau, Canéjean, Cestas, Saint-Jean-d'Illac, Bègles par des fiefs de tous genres, maisons ou terres de toutes cultures ; Mérignac, par le moulin de Brachet ou de Saint-Seurin ; Parempuyre, par le droit de collation attribué à l'hebdomadier ; Saint-Médard-en-Jalles, par deux chapellenies dont le service se faisait dans la collégiale.

    L'église primitive du Pian était située dans le village de Louent où passait la voie romaine, près d'un cours d'eau appelé le Reiche et sur un petit monticule dont les flancs explorés ont laissé apparaître un grand nombre de tombeaux en pierre. La petite église actuelle, sur un plateau voisin, offre deux grosses colonnes soutenant l'arc triomphal, qui, à en juger par leur entablement, me paraissent avoir résisté à la retouche ogivale du sanctuaire. Son unique travée dont les arètes reposent sur des consoles à têtes grimaçantes porte un clocher quadrilatère ouvert sur chaque face par une croisée. Des trois qui donnaient jour au sanctuaire, celle du fond a été bouchée par la construction de la sacristie. En 1610, le maître-autel offrait une image de saint Seurin, et dans son ordonnance après la visite de cette église, le Cardinal de Sourdis veut qu'il soit fait un devant d'autel blanc pour servir à la fête solennelle du Patron. Il y avait de plus les autels de Notre-Dame, de saint Jean, de saint Jacques, de sainte Catherine et de saint Antoine placés dans la nef que la visite de Monseigneur de Béthune déclare lambrissée. Une grande tribune en occupait l’extrémité. Cette nef a été entièrement refaite en 1840. Elle a pour ornements les autels de Notre-Dame et de sain Jean, trois croisées de chaque côté et quatre statues placées dans les niches à hauteur des croisées, une rosace au-dessus de la tribune et un grand tableau de saint Ursule. Il est regrettable qu'on n'ait pas réservé une de ces statues au patron de la paroisse. Le maître-autel nouveau, en marbre blanc, portant au-dessus de son tabernacle un ciborium en bois, sorti des ateliers de M. Laroque, s'harmonise avec les peintures qui elles-mêmes s'accordent avec le style de l'abside dont elles décorent les murs. Un seigneur de Sénéjac, ancien domaine du maréchal d'Ornano au Pian, le chanoine de Saint-Seurin Chatard, dont le tombeau a été recouvert par le nouveau dallage, repose au pied de l'autel de Saint-Jean. Le même nom est rappelé par la cloche sur laquelle on lit : "Faite l'an 1780, étant curé Mr. DERGASTE. Parrain, Mr. Pierre-Eusèbe CHATARD. Marraine comtesse Joséphine-Caroline DE VALLBRICK marquise D'ALESME. Jean CRICQ fabricien. AMPOULANGE FECIT". L'église a vingt-sept mètres de long sur huit de large. La fête de saint Seurin s'y célèbre le dimanche qui la suit.

    [p. 248]

    À un carrefour voisin, vers l'ouest, se dresse une croix en pierre composée d'une base cylindrique, d'un fût et d'une croix grecque. Tout cela est grossier, mais a reçu les empreintes du temps et conserve une légende qu'on n'entend pas sans émotion. Pendant la Révolution, quelques-uns de nos nouveaux iconoclastes renversèrent cette croix. Mlle de Lamouroux, de sainte mémoire, réfugiée alors dans sa propriété voisine, ne cessa pas de venir faire sa prière quotidienne sur les débris qui étaient restés adhérents au sol. Touchés de cette piété persévérante, les profanateurs eux-mêmes recueillirent les morceaux épars et rétablir le monument tel qu'il est.

    En faisant quelques pas de plus du même côté, on arrive à l'humble habitation où Mlle de Lamouroux passa les jours mauvais de la Terreur, où elle conçut le plan et écrivit la règle de son admirable maison de la Miséricorde ; à l'obscur réduit où des prêtres, déguisés en charbonniers, venaient célébrer la Sainte-Messe. Ces faits ne m'ont pas paru m'éloigner de mon sujet puisqu'ils se sont passés à l'ombre d'un clocher de Saint-Seurin.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Visites pastorales du cardinal de Sourdis, 1610-1613.

    Fol. 138-139 Archives départementales de la Gironde : G 636
  • Visites des archevêques dans les paroisses du diocèse, 1683-1703.

    Le Pian (1691), p. 9-11 Archives départementales de la Gironde : G 640
  • Culte, église : réparations à l'église du Pian, devis estimatif de l'architecte J. Girard en 1846.

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 2680
Bibliographie
  • BOULOGNE Stéphane, Le Pian-Médoc : l'église. D.E.S. de sauvetage urgent, SRA de Bordeaux, 1995.

    DRAC Aquitaine, Bordeaux
  • CIROT DE LA VILLE, Abbé. Origines chrétiennes de Bordeaux. Bordeaux : Dupuy, 1867.

    p. 247-248
  • GASSIES Éric, Le Pian Médoc : église Saint-Seurin. Rapport de surveillance archéologique. SRA de Bordeaux, 1994.

    DRAC Aquitaine, Bordeaux
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes Médoc-Estuaire - Grollimund Florian - Beschi Alain