Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Eglise paroissiale Saint-Pierre-ès-Liens

Dossier IA24002094 inclus dans Village de Thonac réalisé en 2011

Fiche

Vocables Saint-Pierre-ès-Liens
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Vallée de la Vézère - Montignac
Adresse Commune : Thonac
Cadastre : 1813 D1 32 ; 2015 D1 187

Selon Bernard Fournioux, la création de la paroisse remonterait entre le Ve et le VIIe siècle, c'est-à-dire à la première période d'évangélisation du territoire autour de Montignac caractérisée par des églises fondées sous le vocable de Saint-Pierre-ès-liens. Toutefois, aucune fouille archéologique n'est venue à ce jour confirmer cette datation dont l'ancienneté ne repose pour l'instant que sur la désinence latine du nom de la paroisse (la finale domaniale celto-latine -acum évoquant une occupation du sol à l'époque gallo-romaine) et sur la dédicace de l'église au proto-martyr Saint-Pierre-ès-liens, tout comme les églises de Montignac, Bars et le Cern.

Un premier édifice cultuel aurait donc été construit lors de cette première période d'évangélisation. Rien ne semble subsister de celui-ci, ni de ceux qui lui ont succédé au cours des siècles suivants. Le mur du chœur de l'édifice actuel conserve un jour vertical en plein-cintre, une baie axiale à grande embrasure intérieure (malheureusement "restaurée" récemment) qui pourrait remonter au XIIe siècle, seul vestige d'un édifice antérieur. La paroisse, qui est attestée comme faisant partie de l’archiprêtré de Sarlat dans un Pouillé du XIIIe siècle (Gourgues), faisait aussi partie du territoire de l'importante châtellenie de Montignac. Lorsque l'archiprêtré est érigé en diocèse de Sarlat en 1317, la paroisse de Thonac est intégrée dans l'archiprêtré d'Audrix, du diocèse de Périgueux. Les bénéfices de la paroisse dépendent de l'abbaye de Saint-Amand-de-Coly en 1411.

L'église actuelle semble être le fruit d'une reconstruction complète au milieu ou au cours de la seconde moitié du XVe siècle. Le portail en arc brisé à longs claveaux, doté de deux moulures toriques reposant sur des bases prismatiques dans l'ébrasement, la fenêtre au-dessus à double chanfrein concave et remplage (vestiges) ou encore les autres jours à chanfrein droit des murs gouttereaux en sont les marqueurs chronologiques les plus évidents. D'ailleurs, une grande partie de la maçonnerie de ce nouvel édifice cultuel semble constituée de pierres en remploi, moellon équarri ou pierres de taille de différents gabarits, certaines rubéfiées (signe évident d'un incendie violent), autant de caractéristiques communes aux édifices de la reconstruction de l'après-guerre de Cent Ans dans la vallée de la Vézère. A ce moment, l'édifice était on ne peut plus simple : une église de plan rectangulaire (environ 14,5 x 8,0 m) orientée à l'est, dotée d'un clocher-mur percé de quatre baies campanaires en arc brisé à l'ouest et couverte en lauze.

Une première modification importante est apportée à l'édifice après 1541, date à laquelle Jean II de Losse acquiert la paroisse de Thonac du roi de Navarre Henri II d'Albret. Seigneur de Peyretaillade à Thonac, celui-ci a à cœur d'étendre son domaine et ses pouvoirs sur le territoire ; grâce à cette acquisition, il devient de facto le patron de l'église paroissiale. Selon toute vraisemblance, c'est son fils Jean III de Losse qui érige, entre 1580 et 1602, au sud de l'église une chapelle seigneuriale de plan rectangulaire (environ 13 x 3,40 m), ouverte sur la nef et le chœur du sanctuaire par deux grandes arcades en plein-cintre. Conformément à ses vœux, Jean III de Losse est inhumé dans sa chapelle en 1602.

La partie supérieure du clocher-mur fait l'objet de travaux probablement au XVIIIe siècle : le fronton chantourné qui surmonte les quatre baies campanaires date probablement de ce siècle. Le 9 avril 1815, d'une "cloche défectueuse" pesant 309 kilos, le conseil de fabrique décide de la refondre pour en faire trois, avec addition de métal, pesant 446 kilos. La plus petite des trois est refondue le 24 novembre 1886 par la maison Vauthier de Saint-Emilion et livrée à la fabrique le 27 mars 1887.

Le 1er novembre 1898, la tribune occidentale de l'église s'effondre sous le poids des personnes s'y trouvant pendant l'office. Suite à ce grave accident, les autorités municipales décident d'engager d'importants travaux de réparations, après avoir rejeté l'idée d'un agrandissement de l'édifice et approuvé le projet de restauration de l'architecte Bleynie : l'escalier extérieur en pierre menant à la porte d'accès à la tribune est démoli, la porte est murée (avec les lauzes de la couverture de la nef), la tribune est supprimée, la nef est recouverte d'un faux-plafond à voussures en lattis, la charpente est réparée et la couverture en lauze remplacée par des ardoises de Brives. Les travaux s'élèvent à la somme de 3 500 francs.

Période(s) Principale : 5e siècle, 7e siècle , (?) , (détruit)
Principale : 12e siècle , (détruit)
Principale : milieu 15e siècle, 2e moitié 15e siècle , (?)
Secondaire : milieu 16e siècle, 2e moitié 16e siècle , (?)
Secondaire : 18e siècle
Secondaire : limite 19e siècle 20e siècle
Dates 1900, daté par source

De plan rectangulaire (environ 14,5 x 8,0 m) orientée à l'est, l'église comprend une nef et un chœur continus, formant un seul volume couvert d'une fausse voûte en berceau en anse de panier de plâtre, une chapelle latérale couverte d'un plafond également de plâtre adossée au sud du sanctuaire et de même longueur que lui et une petite sacristie de plan carré adossée au mur gouttereau nord du sanctuaire. A l'extérieur, les hauts murs sont dépourvus de contreforts. De type clocher-mur, la façade occidentale est percée d'un portail en arc brisé à longs claveaux, doté de deux moulures toriques reposant sur des bases prismatiques dans l'ébrasement. Elle se termine par un bahut percé de quatre baies campanaires en arc brisé surmonté par un large fronton chantourné lui même percé d'une baie campanaire en plein-cintre et couronné par une croix en pierre. L'édifice est couvert d'un toit à longs pans, la chapelle sud d'un toit en appentis en prolongement de la pente du toit de la nef. L'ensemble est couvert en ardoise.

Murs calcaire pierre de taille
calcaire moellon
Toit ardoise
Plans plan rectangulaire régulier
Étages 1 vaisseau
Couvrements voûte en berceau en anse-de-panier
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
Statut de la propriété propriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • Mémoires envoyés au seigneur d’Albret par les officiers ordinaires des châtellenies et autres lieux de la vicomté de Limoges et comté de Périgord (1502)

    Mention de "monseigneur de Peyretaillade [Losse]" comme seigneur de la paroisse de Thonac (1502). Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : E 669
  • Commune de Thonac (XIXe-XXe siècles).

    Dossier église (1898-1930) Archives départementales de la Dordogne : 12 O 645
Documents figurés
  • Plan cadastral ancien de la commune de Thonac, 1813.

    Section D, 1ère feuille Archives départementales de la Dordogne : 3 P3 6119 à 3 P 3 6125
  • Plan du bourg de Thonac levé en mai 1863 par Deguerey. Ech. 0,002 par mètre (AD Dordogne. 12 O 645).

    Archives départementales de la Dordogne : 12 O 645
  • Extrait du plan du bourg de Thonac dressé le 27 septembre 1878 par Requal. Échelle de 0,002 par mètre ; le nord est à droite (AD Dordogne. 12 O 645).

    Archives départementales de la Dordogne : 12 O 645
Bibliographie
  • GOURGUES Alexis de. La Dordogne. Dictionnaire topographique du département. Paris : Res Universis, 1992, fac-similé de l'édition de 1873 (Monographies des villes & villages de France).

    Pages 7, 283 et 323
  • CARLES Alcide. Dictionnaire des paroisses du Périgord. Bayac : Editions du Roc de Bourzac, 1884, réédition 1986.

    p. 122
  • BERTHELÉ Joseph, BRUGIÈRE Hippolyte. Exploration campanaire du Périgord. Périgueux : Impr. de la Dordogne, 1907.

    Pages 155, 160, 524 et 567.
  • FOURNIOUX Bernard. Montignac au Moyen âge : histoire du peuplement et de l’occupation du sol. Périgueux : Bernard Fournioux, 2002.

    Pages 12-15
Périodiques
  • LAROCHE, Philippe. "Testament de Jean de Losse, seigneur de Bannes. 1580". Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord. Tome XVII, 1890, p. 130-134.

Liens web

(c) Conseil départemental de la Dordogne ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Pagazani Xavier - Becker Line