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Église paroissiale Saint-Julien

Dossier IA33004805 réalisé en 2011

Fiche

Vocables Saint-Julien
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Saint-Julien-Beychevelle
Adresse : place Saint-Pierre
Cadastre : 1825 C1 147 ; 2011 C2 452

Deux paroisses co-existaient sur l'actuel territoire de la commune de Saint-Julien-Beychevelle : Saint-Julien et Saint-Mambert (aujourd'hui sur la commune de Pauillac).

L'église de Saint-Julien a été construite par l'architecte Auguste Bordes en 1847-1848. Elle remplace une église dont l'"état défectueux contrastait avec la prééminence qu´exerce au nom de cette commune la qualité supérieure des vins qu´on y récolte". Cette dernière avait toutefois fait l'objet de nombreux travaux : construction d'un clocher (1825), réparations de ce même clocher (1844). L'Album vignicole de Gustave de Galard en offre deux représentations vers 1835.

Une plaque commémorative indique qu'en 1804 la famille Duluc (château Branaire) a fait construire et décorer une chapelle.

En 1845, l'agrandissement de l'église est décidé et réalisé par Charles Burguet. Finalement, une reconstruction complète est proposée en 1847 et menée par Auguste Bordes et l'entrepreneur Pascal Mascarros.

Dès 1873, des travaux de réparations sont nécessaires. A partir de 1875, une sacristie est construite par E. Bonnore, architecte, et M. Fourcaud, entrepreneur. En 1877, le décor peint intérieur est réalisé par Bonnet et Vincent. Une plaque commémorative située dans la chapelle nord du transept indique qu'en 1888, Amélie Heine (Château Beychevelle) a financé le décor d'une partie de l'église. L'une des verrières du choeur est signée Joseph Villiet.

En 1892, la flèche de l'église montre quelques signes de faiblesse, auxquels M. Bergerot remédie en 1893, puis en 1899.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Dates 1847, daté par source
Auteur(s) Auteur : Bordes Auguste, architecte, attribution par source
Auteur : Mascarros Pascal, entrepreneur, attribution par source
Auteur : Burguet Charles,
Charles Burguet (1821 - 1879)

Élève de son oncle Jean Burguet (1783-1848), architecte à Bordeaux et auteur de l'hôpital Saint-André, puis d'Hippolyte Lebas (à l'atelier le 8 octobre 1842), il est admis en 1843 à l’École des Beaux-arts de Paris. Il devient architecte de la Ville de Bordeaux en 1850, et architecte des Monuments historiques et des Bâtiments civils de Gironde ; membre fondateur de la Société des architectes de Bordeaux, président en 1870 et 1871.


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architecte, attribution par source
Auteur : Fourcaud, entrepreneur, attribution par source
Auteur : Bonnet Jean-Henri, peintre, décorateur, attribution par source
Auteur : Vincent René Louis Gustave, peintre, décorateur, attribution par source
Auteur : Bonnore Jean-Édouard,
Jean-Édouard Bonnore (19/10/1820 - )

FERET Edouard, Statistique générale de la Gironde, Personnalités et notables girondins. De l’Antiquité à la fin du XIXe siècle, Bordeaux, 1889, p. 82 :

"BONNORE (Jean-Edouard)

Architecte, né à Lesparre (Gir.) le 19 octobre 1820. Élève de Jules Bouchet à Paris, sous le patronage de Visconti, archit. Fixé à Lesparre en 1852, architecte de l’arrondissement et de la ville de Lesparre, du lazaret de Trompeloup ; a été membre correspondant de la commission des monuments historiques de la Gironde. A fait édifier ou restaurer dans les arrondissements de Lesparre, de Blaye et de Libourne 24 églises dont 18 neuves ; ce sont celles de Lesparre, Carcans, Vendays, St-Vivien (les nefs, l’abside et le clocher, monument historique de 1re classe, vient d’être reconstruite, sous la direction de M. Bonnore, aux frais de l’Etat) ; Verdon, Talais, Grayan, Naujac, Ordonnac, Potensac, St-Girons, Pugnac, Saugon, Donnezac, St-Androny, St-Caprais, Néac, St-Christoly-de-Médoc (façade principale, monument historique). Nous pourrions énumérer plus de vingt mairies, écoles ou presbytères et un grand nombre de maisons bourgeoises ou châteaux parmi lesquels nous citerons : le château de Sipian, à Valeyrac (V. son dessin, tome II, p. 511) ; château du Port, à M. Eycart de Morin, à St-Vivien ; château de P. Bert, à Talais ; château Troussas, à M. Ph. Brannens, à Valeyrac. Citons encore le portail du cimetière de St-Estèphe et les plans d’un nouveau lazaret projeté à Padarnac, etc. Auteur de : Quatre vues pittoresques de la vieille église de Soulac, avec notice descriptive et hist., Bx, s. d., in-f°, 2pp. de texte et 4 lith."


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architecte, attribution par source
Auteur : Villiet Joseph,
Joseph Villiet (1823 - 1877)

Peintre-verrier à Bordeaux.


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peintre-verrier, signature

L'église est située sur une plateforme qui rattrape la dénivellation naturelle du terrain : si la façade occidentale est de plain-pied avec la place Saint-Pierre, la partie orientale de l'édifice est installée sur un niveau de soutènement délimité par un mur de moellons (au sud et à l'est). L'église présente un plan en croix latine avec 3 vaisseaux, un transept prolongé par deux chapelles de plan polygonal, un chœur avec déambulatoire et une sacristie dans l'axe du chœur. Les volumes intérieurs sont parfaitement lisibles à l'extérieur avec un échelonnement des différentes parties de l'édifice. L'église est dotée d'un clocher, surmontant la façade occidentale, de plan carré à angles coupés et à flèche polygonale. Le premier niveau est percé de quadrilobes, le second de triple arcatures trilobées surmontées de gâbles ; une balustrade délimite la plateforme sur laquelle repose la flèche en maçonnerie, percée d'ouvertures en forme de flammes. La façade occidentale forme pignon avec deux décrochements correspondant aux bas-côtés. Elle est rythmée verticalement par des contreforts surmontés de pinacles. Les rampants de la toiture sont soulignés par une frise d'arcatures. Le portail principal est composé d'une porte trilobée avec deux rangs de voussures abritant des statuettes et surmontée d'un gâble en accolade et pinacles avec choux frisés sculptés. Sur les murs latéraux de la façade, deux niches trilobées et surmontées d'un gâble avec choux frisés abritent des sculptures de saints (Saint Jean-Baptiste et sainte non identifiée). Deux portes trilobées à gâble permettent également l'accès à l'église sur les flancs nord et sud. Ces façades latérales sont scandées de contreforts surmontés de pinacles. Le chevet s'articule autour du volume du chœur auquel viennent se greffer les bras et chapelles de transept, le déambulatoire et la sacristie. Les baies du premier niveau (bas-côtés) sont géminées tandis que les baies du second niveau (fenêtres hautes) sont trilobées. A l'intérieur, une première travée abrite de part et d'autre du clocher les fonts baptismaux au nord et l'escalier menant à un niveau de tribune au sud. Cette travée donne sur la nef par une large baie trilobée encadrée de niches avec statues. Au-dessus, la tribune ouvre sur la nef par trois baies trilobées surmontées d'un arc brisé. La nef est composée de cinq travées et de trois vaisseaux. Elle est rythmée par de grandes arcades trilobées et des colonnes engagées qui présentent des chapiteaux à motifs végétaux ou géométriques, parfois habités d'animaux. L'ensemble est voûté d'ogives. Chaque bas-côté abrite un confessionnal sous la forme de trois niches lambrissées et surmontées de gâbles avec choux frisés. Le décor du confessionnal du bas-côté nord n'a semble-t-il pas été réalisé et les gâbles sont juste ébauchés. La travée de transept est dotée à ses extrémités de deux chapelles à cinq pans : au sud, elle abrite l'orgue et au nord une chapelle dédiée à la Vierge. Deux portes trilobées donnent accès à un espace de circulation autour du chœur et à la sacristie. Ce passage est ouvert sur le chœur par de grandes arcades trilobées. L'abside à cinq pans est précédée d'une étroite travée voûtée d'ogives.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit calcaire en couverture, ardoise
Plans plan en croix latine
Étages 3 vaisseaux
Couvrements voûte d'ogives
Couvertures flèche en maçonnerie
toit à longs pans
appentis
flèche polygonale
croupe
pignon découvert
Escaliers escalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour
Techniques sculpture
Représentations pinacle armoiries quadrilobe accolade croix feuille oiseau raisin vigne griffon
Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • ARCHIVES

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1792 : contributions mobilières et foncières : Inventaire des objets précieux (en argent) dans église, 19 octobre 1792.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1792 : contributions mobilières et foncières : Fourniture (d´huile) que Jean Gautier, marchand, a fait à la lampe du Grand hotel, depuis l´année 1791 et 1792, 7 novembre 1792.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1792 : contributions mobilières et foncières : Cloches de l'église, juillet 1793.

    En vertu du décret du 3 juillet 1793 : chaque commune ne retiendrait plus en son pouvoir qu´une seule cloche ; nous nous sommes transportés en la cour de la cure des dites communes (Saint-Julien et Senessan) où une des deux cloches que nous avions fait descendre du clocher y étoit depuis quelque temps ; après avoir pesé la dite cloche, avons reconnu que son poids était de 370 livres.

    AD Gironde, 2 O 3267 : État des travaux exécutés par le sieur Bernard dit la Tendresse, entrepreneur de bâtisse pour la construction du clocher de l´église de la commune de Saint-Julien, 17 septembre 1825.

    AD Gironde, 2 O 3267 : Travaux de charpente : démontage de la charpente de la cloche, rabaissée pour recevoir une cloche, Grenier, fournisseur, 1826.

    AD Gironde, 2 O 3267 : Horloge placée dans le clocher de l´église, par Vaucher, horloger, 1827.

    AD Gironde, 2 O 3267 : Compte de travaux de charpente à l´église, faits par Eyllon ? Charpentier, 12 février 1832.

    AD Gironde, 2 O 3267 : Compte d'ouvrage du couvreur Berthan, 12 septembre 1840.

    Moi Berthan couvreur ay fait pour la commune l´an 1839 par ordre de M. Lagarde, adjoint au maire de St Julien, savoir réparation faite à l´église, avoir réparé à neuf la tour du clocher (...) ;

    plus avoir relevé la tour de la lanterne qui est sur le grand autel ;

    plus avoir garni la trape (?) en ardoise ;

    plus avoir fermé plusieurs gouttières sur l´église et avoir fourni 110 tuiles creuses.

    AD Gironde, 2 O 3267 : Mémoire des réparations de maçonnerie faites au clocher de Saint-Julien de Reygnac en 1844 par Bernard, 12 novembre 1845.

    Ces travaux ont reçu un commencement d´exécution mais suspendus ensuite par le projet d´agrandissement de l´église.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1844 : Délibération prise par le conseil le 18 juin dernier pour voter une contribution extraordinaire pour la dépense de l´agrandissement de l´église de St Julien, 24 décembre 1845.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1844 : Lettre à M. Burguet architecte à Bordeaux : plan et devis des travaux à exécuter pour restauration de l´église, 31 janvier 1846.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1844 : Demande de secours du CG pour achever la reconstruction de l´église : demande d´intervention du préfet, 30 mai 1846.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1844 : Modifications apportées au plan de l´église suite à l´étude du dossier par l´architecte sollicité par le conseil de fabrique, 4 octobre 1846.

    Les bas-côté de l´église ont été élargis ; la nef a subi la même influence ; les sacristies ont été diminuées ; les croisées ont été agrandies, leur nombre augmenté ; la flèche repose sur les murs qui s´élèvent du sil sans porte à faux ; l´avant ? au lieu d´être en charpente et plâtre sera en brique.

    Nouveaux plans.

    AD Gironde, 2 O 3267 : Projet de souscription pour la complète reconstruction de l´église de Saint-Julien, 28 mai 1847.

    Nous soussignés propriétaires de la commune de St Julien et membres de la fabrique de l´église, convaincus que la restauration projetée de l´église ne répondra pas au vœu général, puisqu´assise sur ses anciens fondements, elle ne s´harmonisera pas avec la place, qu´elle conservera son clocher déjà en mauvais état et de mauvais goût, qu´elle blessera à toujours l´œil de l´observateur et que dans l´avenir on aura infailliblement du regret de ne l´avoir pas reconstruite entièrement (...).

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1849-1870 : Construction d´un mur au levant de l´ancien cimetière sur le terrain duquel se trouve construite l´église nouvelle, 25 mars 1849.

    Le mur dont il est question aura une forme demi-circulaire ainsi qu´il est porté sur le plan dressé à cet effet et qui sera déposé à la mairie pour y avoir recours au besoin.

    Les tourelles au levant de l´église se trouveront à la distance de 3m 50cm du mur de clôture du côté intérieur, il y aura en conséquence cette même distance de chacune des deux tourelles au dit mur de clôture ; ce mur de clôture construit en dehors de l´ancien cimetière se trouvant rétréci d´une petite distance, le chemin servant seulement à l´usage d´une faible partie du bourg, conservera une largeur de 4m 70cm et seulement dans une étendue de deux ou trois mètres ; il conservera partout ailleurs une largeur beaucoup plus considérable.

    Le conseil adopte de plus que les deux issues des deux côtés de l´église seront également fermées, qu´à cet effet il devra être construit un mur de soutènement, sur lequel sera placée une grille en fer dans laquelle seront conservées une porte de chaque côté.

    Il est indiqué que des grilles provenant de l´ancienne église ont été concédées à l´administration communale par la fabrique de l´église pour avoir la destination ci-dessus indiquée, conformément au plan.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1849-1870 : Dépenses concernant la construction de l´église, 16 mai 1849.

    Mémoire ou compte de l´entrepreneur adjudicataire des travaux de l´église de St Julien : compte réglé par l´architecte de l´église et s´élevant à la somme de 86257,17 fr.

    Construction plus chère que prévue, causes : fouilles du terrain, des excavations et caveaux qu´il renfermait, de l´obligation où l´on a été par suite du recul de l´église de descendre en contrebas du chemin qui passe au levant de l´église, des modifications apportées à la charpente, de celle du sanctuaire, de l´armature de la flèche, des dalles et tuyaux de descente.

    Mention que cette commune a déjà fait reconstruire il y a peu d´années, le presbytère, qu´elle vient de faire bâtir un édifice qui n´est même pas encore achevé et devant servir de salle d´asile et de mairie.

    AD Gironde, 2 O 3267 : Paiement de M. Pascal Mascaras pour la construction de l´église, 31 mars 1850.

    AD Gironde, 2 O 3267 : Tableau donné par l´État à l´église de St Julien : le Christ apparaissant à Saint-Pierre à sa sortie de Rome, de Paul Balze, 10 mai 1850.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1849-1870 : Construction d´un mur autour de l´église, 18 juin 1851.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1849-1870 : 17 août 1851 : adjudication passée en faveur du sieur Frénac pour la construction d´un mur d´enceinte autour de l´église nouvellement construite à St Julien, à l´effet de préserver cet édifice de toutes dégradations possibles, 19 octobre 1852.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1870-1883 : Somme affectée aux réparations les plus urgentes de l´église du bourg de St Julien, 1er septembre 1873.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1870-1883 : Examen des travaux exécutés au clocher ; projet de construction d´une sacristie, 17 novembre 1874.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1870-1883 : PV de réception des travaux récemment exécutés à l´église par le sieur Frénac, 8 janvier 1875.

    AD Gironde, 2 O 3267 : Devis pour construction d´une sacristie, E. Bonnore, architecte, 8 septembre 1875.

    AD Gironde, 2 O 3267 : Compte pour la construction de la sacristie de Saint-Julien faite par M. Fourcaud entrepreneur général sous la direction de M. E. Bonnore, architecte à Lesparre, 10 mai 1877.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1870-1883 : Traité de gré à gré avec les sieurs Bonnet et Vincent, pour effectuer des peintures décoratives et autres réparations à la voûte et à l´intérieur de l´église paroissiale, 15 novembre 1877.

    AD Gironde, 2 O 3267 : PV réception définitive sacristie, 2 décembre 1877.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1870-1883 : Ouragan qui a occasionné à la couverture de l´église des dégâts tels qu´il est nécessaire d´y faire des réparations urgentes pour préserver les peintures murales et les plâtres de l´intérieur, 20 février 1879.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1870-1883 : Travaux de réparation de la couverture de l´église terminés par le sieur Castagnet, couvreur, 8 février 1880.

    AD Gironde, 2 O 3267 : Rapport de Bergerot architecte sur les réparations urgentes à faire à l´église, 15 décembre 1892.

    La flèche bâtie ainsi que l´église depuis plus de 50 ans n´a pas été l´objet d´aucune réparation. Cette flèche d´une hauteur de 60 pieds au-dessus de la galerie, est construite d´une façon très légère en pierres de petit Bourg, n´ayant à la base que 0,27 cm d´épaisseur ; cette base elle-même n´a pas de pinacles ni de contreforts aux angles pour en assurer la stabilité : aussi le constructeur a jugé prudent de l´amener à l´intérieur d´une charpente s´élevant sur toute la hauteur de la pyramide. Cette charpente en bois de sapin est pourrie sur les deux faces nord-ouest du côté de la rivière et surtout en face des ouvertures de la flèche ; il y a nécessité de consolider la dite charpente.

    La flèche elle-même a ses joints intérieurs et extérieurs complètement dégarnis sur moitié au moins de la surface ; les deux pans nord-ouest regardant la rivière ont en outre des pierres entièrement désagrégées par les vents venant de la mer.

    La face sur laquelle est scellé le conducteur du paratonnerre a subi des désordres graves qui sembleraient occasionnés par un coup de foudre arrivé par suite du mauvais fonctionnement de l´appareil (...).

    Les pinacles des bas-côtés construits en pierres de petit appareil reliées entre elles par des goujons en bois de sapin de 0,015 de diamètre, ont aussi les joints dégarnis de mortier et les faces du côté nord-ouest rongées et désagrégées (...).

    La toiture en ardoises des bas-côtés a un besoin urgent d´être remaniée pour mettre les voûtes à l´abri de la pluie.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre 1884-1885 : Marché gré à gré pour réparation du clocher : observations présentées par M. Bergerot, architecte, auteur du devis du projet des réparations à faire au clocher de l´église paroissiale, 9 juillet 1893.

    AD Gironde, 2 O 3267 : Devis estimatif des travaux à exécuter à l´étage du beffroi de l´église de Saint-Julien, Bergerot, architecte, 3 septembre 1899.

    Les travaux exécutés pendant l´année 1893 n´ont été faits qu´à la flèche et aux pinacles des bas-côtés, l´étage du beffroi qui supporte la flèche n´a été l´objet d´aucune réparation. Les murs sont lézardés sur les trois faces, les joints des pierres sont dégarnis de mortier sur les deux faces, il y a des pierres qui sont entièrement désagrégées par les vents soufflant de la mer ; la galerie au-dessus de l´étage du beffroi faite en pierre tendre est en grande partie à refaire.

    AD Gironde, 3 O 3267 : Certificat de réception définitive, restauration de l´étage du beffroi, 7 mai 1899.

  • BORDES, Auguste. Histoire des monuments anciens et modernes de la ville de Bordeaux, par Auguste Bordes, ... ornée de magnifiques planches gravées sur acier par Rouargue aîné, de vignettes dessinées par Rouargue jeune, gravées par J. Quartley. Paris : chez MM. Bordes, 1845.

    "L´ancienne église de Saint-Julien de Reynac, malgré les réparations dont elle avait été l´objet, n´offrait aucun intérêt d´art : son état défectueux contrastait avec la prééminence qu´exerce au nom de cette commune la qualité supérieure des vins qu´on y récolte.

    La construction dont nous parlons, était peu susceptible de satisfaire les conditions de goût, les convenances de position et le sentiment de grandeur et de fortune des principaux habitants de ce pays ; il devenait donc utile de faire cesser cette incohérence, et en améliorant la localité, sacrifier à cette loi de la nature et à ce besoin social, qui excite vers la perfectibilité. Le projet de la réédification de l´église étant décidé, monseigneur l´archevêque insista pour le genre gothique, sous l´inspiration duquel j´avais composé les plans (...). Le plan de la nouvelle église de Saint-Julien comprend la division d´un porche, celle du baptistère et du dépôt des chaises ; il renferme une nef, deux bas-côtés, une croisière avec chapelles, un sanctuaire principal avec allées au pourtour, deux sacristies, etc, etc. L´élévation se distingue à l´intérieur par des colonilles à chapiteaux historiés, par des nervures, des guimberges, des croisées ogivales et trinomes, des rosaces ramifiées et par tous les détails sympathiques du mode gothique aux XIIIe, XIVe, XVe et XVIe siècles.

    A l´extérieur, les frontons, les corniches et couronnements dentelés, les pyramides, les flèches polygonales, etc., etc., expriment aussi, d´une manière technique, les formes et les moyens usités à l´époque du Moyen Age. Les travaux confiés à l´entrepreneur Pascal Mascarros ont été commencés en juin 1847 et terminés en 1848.

    La longueur totale de l´église est de 40 mètres, sa largeur de 15 mètres.

    Sa hauteur de 12 mètres.

    La hauteur du clocher est de 20 m 50.

    Celle de la flèche de 20 m 30.

    Ensemble 40 m 70c.

    Éloigné de Pauillac de 4 km, de Blaye de 8km, l´on aperçoit de ces deux villes le clocher élevé de cet édifice, d´où l´œil découvre un immense horizon, et vers le nord-est, la surface indéfinie de la Gironde, dont les rives sont distantes de plus de 8 kms".

  • Description sommaire du mobilier et du décor porté de l’église

    Sous la tribune, niches trilobées avec statues :

    - Au nord : Saint Jean-Baptiste en bois peint et Saint Jean-Baptiste Enfant en plâtre peint.

    - Au sud : Saint avec palme (Saint Julien ?) en bois peint et Vierge de l’Immaculée Conception en plâtre peint ?

    Fonts baptismaux (au nord), en pierre polychrome, deux vasques, couvercle en laiton peint, angelots portant des écus ; toile peinte Baptême du Christ.

    Niches ménagées dans le mur de la tribune : sainte Thérèse de Lisieux et sainte non identifiée.

    Chaire en bois.

    Confessionnaux dans les bas-côtés.

    Faux transept, chapelle sud : orgue et plaques commémoratives pour les enfants morts pour la France.

    Baies à deux lancettes et quadrilobe : vitrail avec armoiries et devise « ex urbe ejecit hostem » : armes de la famille du comte Duchâtel (coupé d’azur au château fort d’or, fascé d’or et de gueules, supports de deux lévriers d’argent, devise ex urbe ejecit hostem, timbrées d’une couronne de comte).

    Faux transept, chapelle nord : Vierge à l’Enfant et autel orné du monogramme AMS ; carreaux au sol avec colombes affrontées.

    Plaques quadrilobées avec inscriptions :

    -Plaque rectangulaire (1888) :

    HOC SACELLUM ET PRIMAM

    INTERIORIS TEMPLI PARTEM

    SUMPTIBUS SUIS PICTURIS

    EXORNAVIT DNA A. HEINE

    ANNO DOMINI

    MDCCCLXXXVIII

    Traduction :

    Dame A. Heine a orné de peintures, à ses frais, cette chapelle et la première

    partie de l'intérieur du temple, Année du seigneur 1888).

    Plaque quadrilobée (1804) :

    Hoc sacellum

    In honorem B. Mariae Virginis

    Et in memoriam maternae tutelae

    Joan Bapt. Mar. Jos. du Luc

    Et Mar. Ann. Gabr. Rit. du Luc nata de BOUQUER

    Conjuges

    Suis Sumptibus instrui et ornari curaverunt

    Ann Dom M DCCC IIII

    Traduction :

    Cette chapelle,

    En l’honneur de la sainte Vierge Marie

    Et en mémoire de la protection maternelle

    Jean Bpetiste Marie Joseph Duluc

    Et Marie Nane Gabrielle Rita Duluc née de Bouquer

    Epoux

    Se sont chargés à leurs frais de la construire et de l’orner.

    Année 1804

    Plaque quadrilobée :

    Pro hujus sacelli instructione

    Et secundum piam fundatorum voluntatem

    S. S. Missae sacrificium

    In sabbat qua. temp. in vigil assumpt.

    Et in domin. post fest. Immac. Concept. B. Maria Virginis

    Quotannis et in perpetuum

    Pro illis in hac ecclesia

    Celebrabitur

    Traduction :

    Pour la construction de cette chapelle

    Et selon la pieuse volonté des fondateurs

    Que soit célébré

    Pour ceux-ci dans cette église

    Le sacrifice de la sainte messe

    Le samedi au moment de la vigile de l’Assomption

    Et le dimanche après la fête de l’immaculée Conception de la sainte Vierge Marie

    Chaque année et à perpétuité.

    Verrière avec phylactère et devise « Ad Finem Fortiter omnia suaviter » du cardinal Donnet, archevêque de bordeaux (1837-1882).

    Verrière avec armes du pape Pie IX (1846 à 1878) : Écartelé en 1 et 4 d'azur au lion couronné d'or et en 2 et 3 d'argent aux deux bandes de gueules.

    Verrière du chœur :

    Saint Louis avec armes du cardinal Donnet.

    Saint Louis avec armes avec croissant.

    Saint Georges terrassant le dragon, armoiries avec cimier, épée et initiales BD ?, signature JV Bdx.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1792 : contributions mobilières et foncières.

  • AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre délibérations du conseil municipal 1844-1848.

  • AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre délibérations du conseil municipal 1849-1870.

  • AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre délibérations du conseil municipal 1870-1883.

  • AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre délibérations du conseil municipal 1884-1885.

  • AD Gironde, 2 O 3267 : Dossiers d'administration communale : culte, église, 1840-1940.

  • AD Gironde, 2 O 3267 : Projet de souscription pour la complète reconstruction de l´église de Saint-Julien, 28 mai 1847.

Documents figurés
  • GALARD, Gustave de. Album vignicole ou vues des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : s.d. [1835].

Bibliographie
  • BAUREIN Abbé. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Labottière (frères), imprimeur libraires, 1784, t.2.

    p. 124
  • BORDES, Auguste. Histoire des monuments anciens et modernes de la ville de Bordeaux, par Auguste Bordes... ornée de magnifiques planches gravées sur acier par Rouargue aîné, de vignettes dessinées par Rouargue jeune, gravées par J. Quartley. Paris : chez MM. Bordes, 1845.

  • BIRON, Dom Reginald. Guide archéologique illustré du touriste en Gironde. Bordeaux : Féret, 1927.

    p. 91
  • LAROZA, Olivier. Guide touristique, historique et archéologique de la Gironde. Bordeaux : Féret, 1975.

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