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Église paroissiale Saint-Jacques

Dossier IA40001592 réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

Vocables Saint-Jacques
Parties constituantes non étudiées cimetière
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Mugron
Adresse Commune : Laurède
Cadastre : 2014 A 260

La paroisse Saint-Jacques de Laurède, comme son vocable l'indique, est une création assez tardive liée au développement du pèlerinage de Compostelle au tournant des XIe et XIIe siècles - le village est à mi-chemin de la via Turonensis et de la via Lemovicensis. Longtemps le siège de l'ancien archiprêtré d'Auribat (partie nord de la Chalosse), l'église a probablement été érigée peu après la fondation de la paroisse, dans le courant du XIIe siècle. De cet édifice à vaisseau unique et chevet en hémicycle ne subsistent que ce dernier et certaines parties de la nef actuelle, ainsi qu'un linteau roman en remploi dans le mur gouttereau nord. L'aspect actuel du bâtiment résulte des nombreux ajouts et remaniements effectués au cours du temps. La Guerre de Cent Ans entraîne au XIVe siècle la construction sur l'élévation occidentale d'un clocher-tour fortifié (qui sera couvert d'une haute flèche d'ardoise aux XVIIIe et XIXe siècles). L'accroissement démographique consécutif à la fin du conflit et le début d'une remarquable prospérité économique, qui perdure à Laurède jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, rendant nécessaire l'agrandissement de l'église : elle est augmentée d'un collatéral au sud dans le courant du XVIe siècle (comme en témoignent le profil de ses voûtes et leurs deux belles clefs sculptées) et d'un autre au nord quelques décennies plus tard, sans doute au début du XVIIe siècle, époque où l'ancien vaisseau roman reçoit un nouveau voûtement. Celui du chœur, en anse de panier, n'est réalisé que vers le milieu du XVIIIe siècle. Au début du même siècle, l'entrée principale est enrichie d'une porte monumentale, comparable à celles des églises voisines de Saint-Martin de Caupenne ou de Poyartin. La sacristie pourrait avoir été construite à cette même époque. En 1769-1775, le curé Guy-Thomas Planter (1728-1793), issu d'une riche famille de notables montfortais (étudiée par Hervé Coudroy), fait exécuter par les frères Mazzetti, sculpteurs avignonnais d'origine tessinoise, le décor de stucs et le mobilier de marbre du chœur et des chapelles latérales, dédiées à la Vierge et à saint Michel - décor qui sera restauré et augmenté en 1837 par le stucateur François Perini, de Saint-Sever. Les dernières modifications interviennent au XIXe siècle, avec l'aménagement en 1825 (date portée) d'un vestibule au rez-de-chaussée du clocher et son prolongement au nord dans l'axe du collatéral ("chapelle" des fonts baptismaux) avec une nouvelle porte (graffitis de 1827, 1834 et 1835) venant remplacer celle qui ouvrait à l'extrémité ouest de la première travée du collatéral (murée). En 1867, de grandes fenêtres en plein-cintre sont percées dans les deux collatéraux, les petites baies rectangulaires anciennes étant murées (elles sont toujours visibles sur le mur gouttereau nord). Un petit porche est construit à l'angle sud-ouest dans ces mêmes années. Dès lors, l'édifice ne connaîtra plus que de simples restaurations, dont celle de 1906 par l'architecte V. Séron (clocher, horloge) et, dernière en date, celle de 2013-2015.

Période(s) Principale : 12e siècle
Principale : limite 14e siècle 15e siècle
Principale : 2e quart 16e siècle
Principale : 1ère moitié 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Dates 1825, porte la date
1906, daté par source
Auteur(s) Auteur : Perini François,
François Perini , né(e) Perini Francesco (1812 - )

Stucateur d'origine italienne, né Francesco Perini à Pellio Superiore (province de Côme), passé en France à l'âge de 14 ans en avril 1826 et installé à Saint-Sever (Landes).


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stucateur, attribution par source
Auteur : Séron V.,
V. Séron

Architecte municipal de la Ville de Dax (en poste en 1895), agent-voyer de l'arrondissement de Saint-Sever (travaille aux églises de Nassiet et Castaignos-Souslens en 1893, Aubagnan et Monségur en 1894, Castel-Sarrazin en 1898, Banos en 1900-1901, Morganx et Saint-Aubin en 1901, Lahosse en 1902-1904, Amou en 1903 et Laurède en 1906).


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architecte, attribution par source

L'église, autrefois entourée par le cimetière, est un édifice à trois vaisseaux de deux travées, précédés par un étroit vestibule en partie plafonné et en partie couvert de croisées d'arêtes, occupant au centre le rez-de-chaussée du clocher-tour fortifié adossé à l'élévation occidentale. Les vaisseaux, séparés par des grandes-arcades en arc brisé sur piliers rectangulaires, sont voûtés de croisées d'ogives aux nervures épaisses. Le vaisseau central ouvre à l'est sur un chœur en hémicycle de même largeur que lui, couvert d'un berceau surbaissé et d'un cul-de-four en lattis de bois et stuc. Une grande sacristie carrée s'adosse au mur nord du chœur dans le prolongement du collatéral. Un petit porche carré couvert d'un lambris moderne en pin est accolé à l'extrémité sud-ouest de la nef, protégeant une porte classique à pilastres et refends (IM40005782). L'édifice est bâti en moellon calcaire enduit, à l'exception du clocher, en pierre de taille, et de la sacristie, en moellon et brique mêlés. Il est couvert de tuiles creuses, sauf le clocher coiffé d'une flèche octogonale sur égout carré en ardoise, et le petit lanternon couronnant le chevet, aussi en ardoise. Des contreforts en pierre de taille raidissent le pourtour des élévations. Sur le mur gouttereau du collatéral nord sont visibles les traces d'une porte et de trois petites fenêtres rectangulaires murées.

Murs calcaire moellon enduit
calcaire pierre de taille
Toit tuile creuse mécanique, ardoise
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements voûte d'ogives
voûte en berceau segmentaire
cul-de-four
Couvertures toit à longs pans croupe ronde
flèche polygonale
États conservations restauré
Techniques vitrail
sculpture
peinture
Représentations ornement végétal, masque
Précision représentations

Deux clefs pendantes à graine ou pomme de pin dans le collatéral nord (XVIIe siècle) ; deux clefs circulaires plates dans le collatéral sud (XVIe siècle), respectivement sculptées d'un masque feuillu (1ère travée), de deux petites rosaces et de deux quatre-feuilles (2e travée).

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 2004/12/03

Annexes

  • Extraits de documents concernant l'église et son mobilier (AD Landes, 2 O 1047)

    - 1837 (8.5) : délibération du conseil municipal concernant des travaux projetés à l'église. "Les trois autels sont dans le plus mauvais état, toutes les dorures sont entièrement fanées [...]."

    - 1837 (13.12) : Devis estimatif d'ouvrages à faire à l'église, par François Périni, stucateur à saint-Sever, 13 décembre 1837. "Réparations à faire au sanctuaire. / Les quatre pilastres du sanctuaire, avec leurs arceaux qui font le tour de la voûte, la frise et lambroisure [sic] de la croisée à droite, les deux niches vis à vis, les quatre corniches, dont les deux encadrant les tableaux, l'autre la croisée et la quatrième la parallèle vis à vis la croisée, les intervalles de l'un cadre à l'autre et la corniche qui encadre le grand panneau du milieu de la voûte seront piqués pour enlever la superficie afin de bien faire prendre le mortier et le bien préparer pour recevoir le stuc. [...] / Blanchissage des sculptures du sanctuaire. [...] Pour peindre à l'huile vis à vis la croisée un trophée d'ornement de l'église [...]. / Dorure du sanctuaire. Pour redorer la grande gloire au milieu de l'autel, le baldaquin, et refaire en neuf les quatre draperies et les dorer... 180. / Pour redorer à l'entablement de l'autel et du sanctuaire les six médaillons, les chiffres des médaillons, les branches de laurier et les quatre fleurs qui sont au milieu de la frise à l'aplomb des pilastres... 40. / Pour redorer au tabernacle les feuilles de vigne, les épis de froment, le petit baldaquin, le cadre de la porte, les palmes du tombeau et les deux guirlandes au coin... 50. / Pour changer les baguettes dorées des deux tableaux qui sont vis à vis et les remettre neuves dorées au luisant... 20. / Pour réparer la dorure des deux statues et les repeindre en neuf...150. / Pour réparer les mains de deux adorateurs et faire les doigts aux escayoles (*) bien luisant comme le marbre... 10. / Pour réparer en même matière tous les morceaux sortis au tombeau du sanctuaire... 12. / Pour consolider le derrière de l'autel qui menace de tomber et autres raccordage [sic]... 15. / Pour peindre toute la boiserie du sanctuaire y compris les deux morceaux qui vont finir aux deux capelles [sic] donnant 30 mètres carrés... 72. / Chapelle Notre-Dame. Pour démolir le tombeau de cette chapelle et consolider le fondement et reconstruire le marbre bien aplombé de niveau... 18. Pour refaire le stuc de cette chapelle... 24. Pour réparer et blanchir les ornements de la chapelle... 5. / Dorure de la chapelle. Pour redorer les cœurs, les guirlandes et des deux arabesques à côté du tableau... 30. / Chapelle Saint-Michel. La même réparation qu'à celle de Notre-Dame excepté la démolition du tombeau qui n'a besoin que d'être mastiqué aux jointures... 6. 59. / Chaire à prêcher. Pour peindre la chaire à l'huile et redorer toutes les corniches au-dessous de lapui [sic] et décrasser les autels, dorures de dessus... 50. [...]" [S'y ajoutent des réparations à l'église elle-même]

    (*) De l'espagnol escayola, plâtre.

    - 1866 (17.12) : devis de Gustave-Pierre Dagrand, peintre-verrier à Bayonne, pour des verrières destinées à l'église de Laurède. "Devis pour les verrières [...] de l'église de Laurède. / 1 vitrail au sanctuaire représentant St Jacques... 137 f. 60. / Pour les 2 fenêtres de la nef en grisaille avec les bustes de St Joseph et de la Ste Vierge... 430.80. / 2 fenêtres de la nef en grisailles... 394,90. / 2 roses de la nef en grisailles... 86.35. / 1 fenêtre à 2 travées, aux fonts baptismaux, en grisaille... 48.05. / 1 fenêtre de la tribune en grisaille... 66.00. [...]" Total des frais (avec châssis maillés) : 1.517,94 francs.

    - 1867 (24.1) : signature du contrat entre Dagrand, peintre-verrier à Bayonne, et le maire Jean-Baptiste Larrieu, pour la fourniture des nouvelles verrières.

    - 1906 : restauration de l'horloge et du clocher par l'architecte V. Séron.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Église, cimetière, presbytère (1814-1933).

    Archives départementales des Landes : 2 O 1047
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique, 6 mars 1906.

    Archives départementales des Landes : 70 V 178/6
  • Legs à la fabrique : Jeanne Lafosse (1898).

    Archives départementales des Landes : 70 V 178/7
Documents figurés
  • Vue d'ensemble de l'église depuis le sud-est avant restauration. Diapositive, 1992.

    Archives départementales des Landes : 1338 W 196
Bibliographie
  • CABANOT Jean, MARQUETTE Jean-Bernard, SUAU Bernadette. Guide pour la visite de quelques églises anciennes de Chalosse. Amis des Églises anciennes des Landes. Dax : Barrouillet, 1987.

    p. 32-35
  • LAVIEC Catherine. L’œuvre des Mazzetty dans les Landes. T.E.R. d'histoire de l'art, Université de Bordeaux III, 1987.

    p. 41-45
Périodiques
  • CHOBAUD Hyacinthe. "Autels à Dax et Laurède par les frères Mazzetty". Mémoires de l'Académie de Vaucluse. Avignon, 1936.

Liens web

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