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Église paroissiale Saint-Barthélemy

Dossier IA40001615 réalisé en 2017

Fiche

Vocables Saint-Barthélemy
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Saint-Sever
Adresse Commune : Cauna
Cadastre : 2016 D 232

L'ancienne église paroissiale Saint-Barthélemy était située au milieu du cimetière. Dévastée et incendiée par des troupes protestantes lors de la campagne de Montgomery en 1569, qui ne laissèrent debout que les murs, elle fut démolie en 1804 et son titre paroissial transféré en 1822 à la chapelle castrale des barons de Cauna, au centre du bourg actuel. Celle-ci, appelée Notre-Dame de Piétat, reprit alors le vocable de Saint-Barthélemy. L'historiographie locale fait remonter la chapelle au moins au XVe siècle, datation que corrobore, d'une part, un relief aux armes de la famille baronnale de Marsan-Cauna, actuellement conservé sous le porche, dont le style correspond bien à la fin de l'époque gothique ; d'autre part, le testament de Louis, seigneur de Cauna (époux d'Étiennette de Castelnau), en date du 21 mars 1460, par lequel le testateur fondait une prébende en l'honneur de la Vierge "dans la chapelle de Notre-Dame". De cet édifice ne paraît toutefois subsister, outre le relief précité, que quelques éléments de l'ancien clocher-mur et des murs du vaisseau central de l'église actuelle. Celle-ci a subi au cours des siècles de multiples reprises et adjonctions. Les collatéraux sont construits à une époque indéterminée, peut-être au XVIIe ou au XVIIIe siècle. En juin 1846, à la demande du curé Seinpée soutenu par le baron Auguste de Cauna, un architecte de Saint-Sever (signature non déchiffrée) présente un projet de réfection complète du sanctuaire : le chevet plat, prolongé par une sacristie rectangulaire de même largeur, est remplacé par un chœur en hémicycle flanqué symétriquement de deux sacristies carrées. Des difficultés financières repoussent la réalisation jusqu'en 1856, date à laquelle les travaux sont "promptement achevés". En parallèle, l'ameublement et le décor de l'église sont entièrement renouvelés : nouveaux autels, lambris de chœur et peintures murales par le décorateur saint-severin Raymond Peyruquéou en 1865, etc. En 1889, un clocher-tour est substitué à l'ancien clocher-mur grâce à un legs de Mme et Mlle Despillos. L'édifice ne subit par la suite que des réfections intérieures : pose de verrières dans les collatéraux par l'Orléanais Gouffault en 1936, 1941 et 1952 ; remaniement des fenêtres hautes de la nef afin d'y placer des verrières décoratives de la maison Mauméjean en 1952.

Dates 1846, daté par source
1889, daté par source

L'église, dirigée sud-est / nord-ouest, comprend trois vaisseaux de trois travées communiquant par des grandes arcades en plein cintre sur piliers rectangulaires. Les collatéraux sont simplement plafonnés. Le vaisseau central, couvert d'une voûte en berceau à pénétrations, est prolongé par une travée de chœur barlongue et une abside semi-circulaire en cul-de-four, que deux sacristies carrées flanquent symétriquement. Le massif antérieur est constitué d'une tour-porche ouverte d'arcades en plein cintre sur trois côtés, adossée à un mur-pignon (vestige de l'ancien clocher-mur, avec porte en plein cintre à décor en relief). Dans la troisième travée du collatéral droit, le mur gouttereau présente les traces de deux arcades murées, en plein cintre, que la tradition locale associe à la sépulture des barons de Cauna.

L'édifice est entièrement bâti en moellon calcaire mêlé de lits de brique partiellement enduits, à l'exception des baies et des chaînes d'angle du clocher, en pierre de taille. Le vaisseau central et le chevet sont couverts d'un toit à long pans prolongé par une croupe ronde, les collatéraux par des appentis, le tout en tuiles creuses mécaniques ; le clocher est couvert d'une flèche octogonale sur égout retroussé de plan carré, en ardoises.

Murs calcaire moellon enduit
brique
Toit tuile creuse mécanique, ardoise
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements lambris de couvrement
voûte en berceau
Couvertures toit à longs pans croupe ronde
appentis
flèche polygonale
Techniques vitrail
sculpture
sculpture
Représentations pilastre, croix
Précision représentations

La porte d'entrée sous le porche, vestige de l'ancienne église, présente un arc en plein cintre et des impostes moulurées ; l'arc est amorti d'une croix latine sur socle et, de part et d'autre, de sortes de pilastres sommés de boules.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Extrait du procès-verbal de l'état des églises du diocèse d'Aire, dit verbal de Charles IX (5 octobre 1571)

    Source : "Recherches historiques sur l'influence du protestantisme dans la province d'Auch pendant la seconde moitié du XVIe siècle. Procès-verbal de l'état des églises du diocèse d'Aire en vertu des Lettres clauses de Charles IX, roy de France, en date du 5 octobre 1571", Bulletin du Comité d'Histoire et d'Archéologie de la province ecclésiastique d'Auch (Revue de Gascogne), t. 1, 1860, p. 461-462 (orthographe modernisée).

    "CAUNA LAGASTET. L'Eglise de Cauna et son annexe de Lagastet est à la présentation de l'abbé de St Sever et l'Institution à L'Eveque D'Aire en est curé Me... prêtre du dit lieu qui y réside et fait le service divin et administre les sacremens comme auparavant les troubles — les dites églises ont été ruinées par les gens du sieur de Montaman es derniers troubles — les ornemens livres joyaux pillés et emportés. Massacre 2. — Me Bernard de Deyries, Dominique de Brosto ont été prisonniers et tous tués et biens pillés par les gens du capitaine Estopignon et Bougues."

  • Extraits du registre de la paroisse de Cauna (avec "Notice historique sur la paroisse de Cauna-Lagastet" par le curé Jean François Régis Gaulin), Archives diocésaines de Dax (communiqué par Michèle Tastet-Brethes)

    [p. 1] "Lorsque les protestants envahirent tout ce pays, ils brûlèrent les églises de Cauna et de Lagastet. L'incendie épargna seulement les murs de ces deux édifices. L'église dite de St Barthélemy était située au cimetière actuel. Plus tard, elle fut entièrement démolie et la chapelle du bourg devint église paroissiale. Les protestants en renversant les églises firent disparaître tous les registres et autres écrits qui existaient à cette époque. C'est au commencement du 17e siècle que nous voyons reparaître les cahiers contenant le nom de personnes baptisées, mariées ou ensevelies au cimetière de St Barthélemi de Cauna et dans celui de Lagastet. Ces divers documents nous aideront à connaître les noms des curés qui se sont succédé depuis 1617 jusqu'à nos jours. [...]"

    [p. 6-7] "M. l'abbé Seinpée [...] a succédé à M. Du Sault en 1834. [...] Sous l'administration de ce digne prêtre, des travaux ont été exécutés à l'église. Aidé par Madame la baronne de Cauna, mère de M. Auguste de Cauna, par feu Madame Matran qui ont donné chacune 1000 francs et par un domestique du château nommé Lap... qui donna 100 francs, il acheta le maître-autel qui est tout en marbre. [...] M. Seinpée a quitté la paroisse en 1848 et est devenu curé doyen d'Amou. [...] M. Lagüe successeur de M. l'abbé Seinpée est né à Roquefort. [...] Il a resté à Cauna et a gouverné cette paroisse pendant trois ans. Il a continué l'œuvre de son prédécesseur et enfin Mgr Lannéluc l'a nommé en 1851 curé doyen de Hagetmau. Il n'a pas eu le temps de faire exécuter de grands travaux dans l'église. Toutefois, il a acheté le petit autel de marbre qui est à la chapelle de St Joseph. Il est mort archiprêtre de Dax en 1877. [...]"

    [p. 7-9] "M. Jean François Régis Gaulin a pris possession de la cure de Cauna le 7 du mois d'Août 1852. Étant né à Renung le 28 Mai 1821 [...], M. Gaulin a évangélisé la paroisse pendant 31 ans [...]. Il s'éteignit le 23 Août 1882. [...] (les deux dernières phrases ajoutées d'une autre main). Entraînés par l'exemple de M. Auguste de Cabannes, baron de Cauna, les habitants de Cauna se sont imposé des sacrifices pour agrandir et embellir leur église. Depuis 40 ans on s'apercevait qu'il était nécessaire de prolonger le sanctuaire, mais les ressources manquaient ; toutefois, quand le zèle pour la maison de Dieu pénètre dans les âmes, les difficultés les plus grandes disparaissent bien vite. Pour exécuter le projet d'agrandissement, il y fallait trouver de quoi représenter une valeur de sept mille francs environ. / M. de Cauna et Madame la baronne de Cauna sa mère donnent de l'argent ; les principaux habitants les imitent ; les colons portent les matériaux et les travaux commencés en 1856 sont promptement achevés. En attendant qu'on puisse s'occuper de l'embellissement du nouveau sanctuaire et de la construction d'un clocher, il fallait un ostensoir ; M. de Cauna et Madame de Cauna en achetèrent un en vermeil et fort beau, il a coûté six cent cinquante francs. Il fallait un dais, des ornements, et grâce au secours généreux des habitants de Cauna, les confrères du S. Sacrement ont pu acheter ces divers objets. Le dais a coûté 450 f., une écharpe de bénédiction 120 f., une seconde écharpe 90 f., un ornement blanc aux galons et sujet or fin 200 f., un ornement en drap d'or cinq cent dix francs. Des aubes, des nappes d'autel et un calice en vermeil ont été acquis moyennant six cents francs environ. / Il faut compter les frais que l'on fait pour carreler l'église. Pour les nefs seules, on a dépensé 752 francs et pour le sanctuaire près de 250 francs. / [p. 8] Nous oublions de dire qu'une personne a acheté le petit autel de marbre de la chapelle de la Ste Vierge, il a coûté 400 francs. Tous ces travaux, tous ces achats ont été exécutés depuis l'année 1853 jusqu'en l'année 1862. Nous ne comptons pas une foule de petits dons qui ont été faits à l'église. Remercions donc M. Auguste de Cabannes, baron de Cauna, Madame de Cauna, née de Borda, mère de M. Auguste, remercions Mademoiselle Jeanne Laluque et son frère Jean Laluque, tous deux à Passepay. / N'oublions pas M. Duran Guillaume, ni feu Jean Daugreilh [...]. Enfin, remercions tous nos paroissiens, ils seront tous, nous l'espérons, récompensés dans le ciel des sacrifices qu'ils se sont imposés. [A la suite, ajouté d'une autre main :] Depuis 1865 et jusqu'en 1879, achat 1° d'une chape en drap d'or (600 f.), payée par les confrères du T. S. Sacrement - 2° d'un dais blanc (350 f.), payé par la confrérie - 3° d'un calice vermeil (270 f.), don particulier mais qu'on se réserve de retirer si on le juge à propos - 4° d'une chappe (sic) blanche à galons d'or et brochée en or (260 f.), don particulier avec la réserve de pouvoir le retirer - 5° d'une chappe (sic) noire et d'un ornement noir avec galons d'argent, de 500 f. don particulier fait avec la même réserve que les deux précédents - 6° d'une étole pastorale blanche (120 f.), et d'une étole pastorale noire (50 f.), les deux données sous réserve. / Depuis la même année 1865, des travaux ont été exécutés à l'église paroissiale de Cauna, consistant en peintures murales et placement de boiseries au sanctuaire, le tout au prix de 1000 f., dons particuliers. / En 1893, fut donnée par les prêtres de Buglose une mission aux frais d'une personne de la paroisse, une mission en souvenir de laquelle on érigea sur la place de l'église une statue de l'Immaculée Conception."

    [p. 17-18] "Notice sur la paroisse de Cauna, conformément au programme envoyé par Mgr Delannoy, évêque d'Aire et de Dax. [...] / La paroisse de Cauna possède 4 confréries très-florissantes : celles du St Sacrement, du St Rosaire, du St Scapulaire et enfin le Tiers-Ordre de St François. / La confrérie du St Sacrement possède en ce moment une petite réserve provenant de plusieurs sources [...]. Avec ces ressources, les confrères entretiennent le vestiaire de l'église [...]."

    [p. 20-21] "Bâtiments religieux. / La paroisse de Cauna possède deux églises servant actuellement au culte, l'église de Cauna dans la commune du même nom, et l'église de Lagastet, située dans la commune d'Aurice. Il n'est pas facile de déterminer l'époque de l'érection de l'église de Lagastet. Mais tout porte à croire qu'elle remonte très haut. [...] / L'église actuelle de Cauna ne fut pas toujours église paroissiale. Toutefois, avant d'acquérir ce titre, elle servait depuis plusieurs siècles au culte. Érigée sous le vocable de N.D. de Pitié, elle est appelée dans les registres tantôt chapelle du bourg, tantôt chapelle du château. Elle existait au XVe siècle, car en 1460, Louis, seigneur de Cauna et époux d'Étiennette de Castelnau, avait fondé par testament du 21 mars une prébende en l'honneur de la Vierge Marie dans la chapelle de N. Dame afin d'y célébrer présentement et à perpétuité deux messes par semaine. Ce fut sous Mr Cazaux, vers 1802 ou 1803, qu'on cessa d'aller à l'église paroissiale située au milieu du cimetière actuel et que la chapelle du bourg devint église paroissiale. Depuis cette époque, tous les offices se firent dans cette église qui prit le nom de St Barthélemy, titulaire de l'ancienne. Cette translation ne se fit pas sans difficulté. Les habitants de Cauna, très-attachés à l'église du cimetière, à l'ombre de laquelle reposaient leurs morts, auraient voulu la conserver. D'un autre côté, cette église saccagée par les protestants et n'ayant jamais été bien réparée était une véritable étable de Bethléem. Aussi tous les évêques d'Aire s'en étaient plaints et en avaient même ordonné la fermeture. Mr Cazaux exécuta les ordres épiscopaux. Aujourd'hui, il ne reste aucune trace de cette église. / Il y a à Cauna deux cloches et une à Lagastet. Les habitants de Lagastet attribuent une grande vertu à leur cloche contre les orages. Lorsqu'en 1854, on la transporta à Dax pour la refondre, deux marguilliers furent délégués par la population pour surveiller le travail et empêcher le fondeur de changer la matière. / L'église de Cauna se compose de 3 nefs. Celle du milieu a 26 mètres de long et 8 de large. La voûte qui est un simple plafond a la forme d'une anse à panier. Les deux bas-côtés communiquent avec la nef principale par 3 ouvertures en forme d'arc. Leurs voûtes sont des plafonds unis. L'autel de la chapelle de gauche est dédié à N.D. de Lourdes et celui de [p. 21] la chapelle de droite à St Joseph. / Le chœur n'a pas d'arc triomphal. La voûte qui ressemble à celle de la nef est peinte en bleu d'azur et semée d'étoiles d'or. Les murs du chœur sont également peints et une boiserie de 1m60 de haut les entoure. / L'autel principal est en marbre et porte deux anges adorateurs en bois. Cette église a servi pendant plusieurs siècles de lieu de sépulture aux familles de Cauna et de Compaigne. Le côté gauche était réservé à la famille de Cauna, et celui de droite à la famille de Compaigne. On voit encore aujourd'hui à l'autel de St Joseph la pierre tumulaire du dernier rejeton de la famille de Compaigne. A gauche, c'est à dire dans la chapelle de la Ste Vierge, se trouvent deux arcades qui donnaient entrée au caveau de la famille de Cauna. Le dernier membre enterré dans ce lieu est messire noble Clair-Joseph de Cabannes Cauna, mis en prison en 1793-94. Il mourut à Cauna le 25 avril 1811, âgé de 61 ans."

    [p. 21-23] "Histoire de la paroisse. / Origine. La paroisse de Cauna doit remonter très haut. Déjà au XIe siècle, les vicomtes de Marsan portaient le titre de seigneur de Cauna. Il est probable que quelque membre reçut les terres de Cauna pour fief dominant, et c'est ainsi que Cauna devint le berceau de la famille de Cauna. [...] / Guerres de Religion. Les protestants portèrent dans la paroisse de Cauna et Lagastet la mort et la désolation. Les prêtres furent massacrés et les églises saccagées. [...]"

    [p. 23] "Clocher. Depuis longtemps, la paroisse était on ne peut plus humiliée de n'avoir pour clocher qu'un pan de mur tombant de vétusté. Enfin, en 1889, grâce à un legs de 3000 f. laissé par Madame et Mademoiselle Despillos et un secours de 2500 f. donné par l'État, nous avons pu bâtir un gracieux clocher surmonté d'une flèche. / Le clocher construit, le pasteur a senti le besoin de donner une sonnerie nouvelle à la paroisse. Pour aboutir à cette fin, on a refondu les vieilles cloches et on en a acheté une nouvelle. En ce moment, la paroisse possède 3 cloches ; la première pèse 534 kilos, la seconde 272 et la troisième 166. La première de ces cloches a été bénite par Mr l'abbé Pérès, curé de la paroisse, le 5 janvier 1890 ; et les deux autres par Mr l'abbé Sarrauton, archiprêtre de St Sever, le 9 février 1890."

    [p. 28-29] "1898 [...]. Clocher de Lagastet. Un gracieux clocher remplaçant un pan de mur a été construit durant le cours de cette année à Lagastet. 2920 f. ont été dépenses à cette construction. Sur cette somme, 1000 f. avaient été légués à cette église par Madame la baronne de Toulouzette, et 1000 f. ont été donnés par Madame veuve Escalier, de St Sever, dont le mari avait été fait héritier par le comte Lamarque. Rien n'obligeait cette dernière à faire cette générosité. Mr le comte Lamarque avait laissé, il est vrai, par testament 2000 f. à l'église de Lagastet, mais c'étaient les héritiers du domaine de Lagastet (Gd Séminaire d'Aire, hospice et bureau de bienfaisance de St Sever) qui devaient payer ce legs. L'État n'ayant pas approuvé cette donation, Madame Escalier, pour compenser cette perte faite par l'église de Lagastet, a donné les 1000 f. dont il est question plus haut. Rien, je le répète, ne l'y obligeait, puisque son mari n'avait pas hérité du domaine de Lagastet. Le refus de l'État d'approuver le legs fait par Mr le comte Lamarque était basé sur la non-existence légale de l'église."

    [p. 43] "1912. [...] C'est pendant cette année que j'ai [le curé Vincent Pérès] pu, grâce à la générosité des familles Daugreilh et Désarthes, faire repeindre l'autel de la Ste Vierge (250 f.), changer le chemin de la croix (200 f.) et acheter un petit harmonium (135 f.) destiné à former les filles, petites et grandes, aux chants de l'église."

    [p. 47-48] "Divers actes. / [...] Autel privilégié, chapelle de la Ste Vierge. François Adolphe Adélaïde Lannéluc, par la miséricorde divine et le grâce du Saint Siège apostolique Évêque d'Aire, vu la supplique qui nous a été adressée par M. Gaulin, curé de Cauna, doyenné de St Sever, aux fins d'obtenir pour son église de Cauna le privilège dont il est question aux articles 363, 364, 365 des statuts en faveur de l'autel dédié à la très sainte Vierge [...] , nous déclarons privilégié l'autel dédié à la très sainte Vierge dans l'église de Cauna. [...] Donné à Aire [...] le 27 octobre 1855. [...]"

    [p. 48] : "Travaux exécutés dans l'église de Cauna depuis l'an 1854 jusques. / Une personne a fait don d’un autel de marbre pour la chapelle de la Ste vierge. Cet autel donné en 1854 a coûté 400 francs. / En 1855 on a fait carreler les 3 nefs de l’église. Les frais se sont élevés à 752 francs ; pour ce travail, M. de Cabannes, baron de Cauna (Auguste) a donné 150 francs. / Un peu plus tard, c'est à dire en 1856 M. Auguste de Cauna et sa mère ont donné à l'église un ostensoir en vermeil du prix de 655 francs ; sur cette somme, la confrérie du St-Sacrement a donné 100 francs. / En 1856 ont commencé les travaux d’agrandissement du sanctuaire, projetés depuis longtemps. Ces travaux, ainsi que la construction des deux sacristies latérales ont coûté environ 7000 francs. Tous les habitants de Cauna, mais surtout M. de Cauna (Auguste) et sa mère ont contribué à cette construction. Les vitraux ont été placés en 1857, les vitraux seuls ont coûté 1500 fr. / En 1858, on a acheté un dais aux draperies rouges avec sujets et galon or fin. Ce dais à coûté 450 francs. M. Dusault, ancien curé de Cauna, archiprêtre de St Sever, l'a vendu à la fabrique de Cauna."

    [p. 49] "Érection de la confrérie du St Sacrement" par Dominique Marie Savy, évêque d'Aire, le 20 juin 1831.

    [p. 50] "Érection du St Rosaire" par Louis Marie Olivier Epivent, évêque d'Aire le 24 octobre 1862.

    [p. 53] "1922. [...] Pendant l'année 1922, j'ai [le curé Vincent Pérès] j'ai pu échapper, avec l'argent de la paroisse, un beau tapis rouge pour le maître-autel et des tentures noires pour les services funèbres : coût le tout 460 f."

    [p. 57] "1926 [...]. Jubilé de 1926. L'année sainte dans la paroisse a été clôturée par une retraite prêchée par le P. Jouanton, missionnaire à N. Dame de Bétharram. [...] Le lendemain 26 décembre, deux statues de Ste Anne et de St Vincent de Paul ont été bénites et placées à l'entrée du chœur. Sur 630 f. qu'on coûté ces statues, 200 ont été donnés par Marie Darrieutort, bonne au château."

    [p. 65] "Avril 1936. Mon ministère [du nouveau curé Fourcade] débute par une mission de quinze jours. [...] Magnifique clôture de mission. Inauguration du vitrail "La Crucifixion". / [...] Décembre 1936. [...] A l'église, réparations des peintures du chœur, des bas-côtés et des petites chapelles. Merci aux souscripteurs."

    [p. 67] "30 décembre 1942. - L'an dernier, deux autres vitraux ont été posés à notre église : l' "Annonciation" et l' "Apparition de N.S. à Ste Madeleine". Après celui de "Crucifixion", inauguré comme souvenir de mission 1936, il fut installé aussi le vitrail "Épiphanie". Qu'il serait souhaitable qu'on change les verres simples des autres ouvertures en d'autres vitraux pour terminer d'orner l'église un peu plus convenable déjà : le chœur repeint, 4 vitraux neufs dans les bas-côtés. La série complète des 8 vitraux représenterait les principales scènes de la Vie de N.S. : 1°) Annonciation ; 2°) Épiphanie ; 3°) Atelier de Nazareth ; 4°) Baptême du Sauveur par St Jean Baptiste ; 5°) le Bon Pasteur et la brebis égarée sur ses épaules ; 6°) le Xt et l'hostie ; 7°) Crucifixion ; 8°) Apparition à Ste Marie Madeleine. Mais les temps deviennent durs et le seront davantage. On ne voit pas clair, mais l'on espère toujours et secrètement car il ne faut pas trop parler (les oreilles ennemies écoutent), on souhaite ardemment la libération du Pays. [...]"

    [p. 70] (nouveau curé : Laurent Brèthes) Pâques 1951. [...] Pour abriter les soutanes et aubes des enfants de chœur, sur les plans de M. le curé, Claude Lucbéreilh a façonné et installé le meuble-placard placé au fond de la sacristie, côté route nationale. [...] Septembre 1951. Pour mettre un peu d'ordre dans l'église et ranger à l'abri de la poussière des livres qui traînaient sur les chaises et les bancs, Claude Lucbéreilh a bien voulu fabriquer une petite armoire-bibliothèque qui a pris place devant l'harmonium."

    [p. 75-78] "1952. Dès les premières semaines de cette année nouvelle dans l'esprit du curé de Cauna s'élaborent divers projets d'embellissement et de restauration de l'église. Les huit ouvertures de la nef centrale appellent, pour remplacer les fenêtres disparates et disloquées, des verrières de couleurs qui tamiseraient la lumière trop crue du jour et donneraient ainsi à l'église un cachet plus recueilli, plus favorable à la prière. / Le projet est soumis à la municipalité qui approuve, à divers artistes verriers à qui sont demandés maquettes, prix, suggestions. Devis et maquettes en main, le choix se porte sur les propositions de la maison Mauméjean, de Paris, qui suggère par lettre du 24 janvier des verrières mosaïques dont les maquettes rallient tous les suffrages. La commande est aussitôt transmise. / Mais comment financer cette entreprise ? M. Le curé faisant confiance à la Providence et à ses paroissiens envoie une lettre à toutes les familles de la Paroisse pour annoncer une souscription paroissiale et parcourt les foyers en mendiant du Seigneur. [...] La paroisse s'intéresse tout de même à l'église, la souscription dépasse même les prévision des plus optimistes. [...] / Dès lors, puisque ces projets semblaient si visiblement encouragés par la Providence et par la générosité de la paroisse, M. le curé caresse un autre rêve : continuer la série des vitraux [p. 76] à sujets évangéliques amorcée lors de la mission de 1936, continuée en 1941. Notre église possédait déjà, dans les nefs latérales 4 vitraux, ainsi disposés : côté autel de St Joseph : "L'annonciation", "L'adoration des mages" ; côté autel de la Sainte Vierge : "L'apparition à Marie-Madeleine" et "la crucifixion". En 1942, M. l'abbé Fourcade souhaitait que viennent prendre place aussi dans les quatre autres ouvertures 4 autres sujets qui auraient complété cette série et reproduit les principales scènes de la vie de N.S. J.C. et il suggérait : "L'atelier de Nazareth", "Le baptême de N.S.", "Le bon Pasteur et la brebis égarée sur ses épaules", "Le Christ et l'hostie". L'actuel curé de Cauna rêve... car pour mener à bien ce projet il faudrait encore plus de 280.000 f. (70.000 par vitrail) en plus des 100.000 f. que nécessitent les verrières de la nef centrale. Longues hésitations ! Faut-il jouer d'audace ? Il le croit finalement et passe commande des 4 vitraux (13 février 1952 - 7 avril 1952). / Cependant, une modification est apportée au projet de M. l'abbé Fourcade : "Le bon Pasteur" n'aurait peut-être pas été assez suggestif, assez parlant pour les fidèles. J'ai [le curé Laurent Brèthes] préféré choisir un sujet de vitrail qui mette davantage l'accent - puisqu'il doit prendre place au-dessus du confessionnal - sur la contrition et l'humilité que l'on doit apporter au tribunal de la pénitence. C'est pourquoi une maquette de "la Pécheresse" aux pieds de Jésus chez le Pharisien a été demandée à M. Gouffault, d'Orléans, chargé de l'exécution des vitraux. / Les verrières de la nef centrale sont parvenues à Cauna le samedi 29 mars. Se posait alors la question de leur installation. La municipalité a bien voulu accepter de prendre à se charge les frais de maçonnerie que nécessitait leur pose : il s'agissait en effet d'égaliser toutes les ouvertures, de dimensions diverses, de démolir la corniche de la nef qui n'avait rien d'esthétique et risquait plutôt de tomber un jour ou l'autre. Les travaux ont commencé le vendredi 4 avril, de sorte que les cérémonies des Rameaux et de Pâques se sont déroulées dans une église transformée en chantier, au milieu des échafaudages. / Les verrières en place, les murs recrépis, la municipalité a bien voulu ensuite faire rebadigeonner par l'entreprise Amédée Priam toute l'église, sauf le chœur, en ton coquille d'œuf, murs et voûtes. Grâce à la complaisance de la municipalité diverses modifications ont été en même temps apportées à l'intérieur de l'édifice exécutées par les mêmes ouvriers : / 1. La chaire qui était accrochée au 2e pilier de gauche (côté de la route) a été supprimée ainsi que l'escalier de pierre qui y donnait accès. / 2. Les boiseries qui enrobaient la base des piliers ont été remplacées par un revêtement de ciment. / 3. Les avant-chœurs des autels de St Joseph et de la Sainte Vierge ont été réduits de 1m20 environ pour faciliter les processions du St Sacrement dans l'église. / 4. Les fonts baptismaux ont été entièrement transformés. Le confessionnal qui occupait la moitié de la place a été transporté à la vieille sacristie. La cuve qui était reléguée dans un coin a pris la place qu'elle méritait et a été installée au centre de la place fermée par la grille de bois, sur un large socle de ciment blanc. Enfin, elle est fermée par un couvercle de chêne airé. Ainsi, le baptistère qui ne sera plus désormais un dépotoir de croix mortuaires et de carcasses de dais recouvre toute sa dignité et inspirera par sa propreté un peu plus de respect pour ce sacrement qui fait les enfants de Dieu et de l'Église. / 5. Les statues ont toutes été déplacées et repeintes en ton pierre : celles du Sacré-Cœur et de Ste Thérèse de l'Enfant Jésus occupaient l'entrée du chœur ; celles de Ste Jeanne d'Arc et de St Antoine de Padoue étaient scellées sur les premiers piliers à l'intérieur de la nef centrale ; celles de Ste Anne et de St Vincent encombraient les chœurs des autels de St Joseph et de la Ste Vierge. Seul a été remis à la même place après avoir été repeint en ton pierre le crucifix placé sur le deuxième pilier à l'intérieur de la nef centrale. Toutes les statues ont été placées sur des socles en chêne ciré uniformes. / 6. Pour remplacer la chaire, M. Claude Lucbéreilh, menuisier à Cauna, a construit deux ambons qui ont pris place à l’entrée du chœur. Ainsi le prédicateur, ou le lecteur dans les messes communautaires auront l’incomparable avantage de parler toujours face au public et d’être vu de tous les assistants. / 7. Les balustrades de la table sainte ont été supprimées devant les autels de la Sainte Vierge et de St Joseph. Celle du sanctuaire a été rognée aux deux extrémités de la largeur des ambons. Un regret cependant ici : de n’avoir pas fait confectionner dans le genre des deux ambons une double table sainte massive en bois de chêne ciré pour avoir ainsi un bel ensemble (ambons - table sainte) de même style.Le projet n’est pas abandonné cependant et pourra être exécuté un peu plus tard. / 8. Pour tenter de défendre l’harmonium contre l’humidité de l’église une nouvelle estrade à claire voie a été fabriquée également par Claude Lucbéreilh. / Tous ces travaux et transformations touchaient bientôt à leur fin lorsque le samedi 24 mai sont parvenus à Cauna les 4 vitraux précités qui étaient en place (installés, comme les verrières de la nef, par M. Georges Marsan, forgeron à Cauna) le jour de Pentecôte. Enfin tout était terminé le mercredi 18 juin. Il ne restait plus qu'à inaugurer solennellement notre église rajeunie, restaurée, embellie. A l'occasion de l'adoration perpétuelle, le jeudi 19 juin, Mgr Saint-Germain, vicaire général de Mgr Mathieu, nous fit l'honneur de venir bénir toutes ces innovations et présider cette fête de l'inauguration. [...]

    Récapitulation des divers travaux exécutés par les ouvriers locaux : / Entreprise Amédée Priam (ouvriers : Albert Hervé, Charles Brettes, Léopold Cazenave, Jn Bte Lafitte, Jn Bte Lamaison). Maçonnerie des ouvertures de la nef centrale, Revêtement des piliers des fonts baptismaux, des murs des autels latéraux, Déblaiement des avant-chœurs des autels latéraux, scellement des marches, demi-cintres en ciment sous les ambons, Estrades en ciment des autels latéraux, Socle du baptistère et carrelage, Carrelage du porche et rapiéçage de carrelage à l’intérieur de l’église, Démolition de la corniche de la nef, de la chaire… Badigeon général dans toute l’église sauf le chœur. / Claude Lucbéreilh, menuisier à Cauna : Deux ambons neufs, Couvercle de la cuve des fonts baptismaux, Estrade de l’harmonium, ajustage des portes du baptistère, 7 socles de statues en chêne. / Roger Marsan, forgeron à Cauna : Installation des 8 verrières et 4 vitraux, Installation de 3 cadres grillagés extérieurs, Descellement et scellement de fers pour statues. / René Fauthoux Révision de toiture. /

    Comptabilité de ces divers travaux : Facture Mauméjean 96.220 f., transport S.N.C.F 2.951 f. / Facture Gouffault 283.728 f., transport S.N.C.F. 1.970 f. / Facture Lucbéreilh (pour menuiseries de l'église 12.000 f. / Bois chêne fourni par Roger Mars à Montaut 3.000 f. / Facture P. Benoit, Maylis 2.000 f. / 401.869 f. / Factures A. Priam et R. Marsan 236.000 / 637.869 f." [suit la liste des souscripteurs paroissiaux, le plus important étant la "famille de Cauna, au château" (70.000 francs)]

    Pièces annexées au registre :

    - "Département des Landes, 2me arrondissement, commune de Cauna. Alongement (sic) du sanctuaire de l'Église, démolition de l'ancienne sacristie et construction de deux sacristies indispensables, projet dressé par l'architecte soussigné sur demande de la commune en date du / St-Sever le 20 juin 1846." "Plan général de l'Église." Signature illisible.

    - "Souscription pour la refonte des cloches de Cauna. 1889".

    - "Église de Cauna. Détail pour vitraux." Schéma pour l'installation des verrières des fenêtres hautes de la nef par la maison Mauméjean de Paris en 1952.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Registre paroissial de Cauna et de son annexe Lagastet (1882-1991), monographie paroissiale de l'abbé Gaulin.

    Archives diocésaines, Dax
  • Réponse à la circulaire de mai 1905 concernant l'église et le presbytère.

    Archives départementales des Landes : 70 V 91/3
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique (1906).

    Archives départementales des Landes : 70 V 91/7
  • Dons et legs à la fabrique (1865-1899) : Pierre Dunoyer (1865), Jeanne Despillos (1870-1885), Jeanne Soubaigné veuve Despillos (1883-1884), Marie Justes (1892-1896), Catherine Bergalonne (1899), Catherine Lamoulère (1899), Jeanne Castets (1900), Françoise Ducamp (1904-1905).

    Archives départementales des Landes : 70 V 91/8
Documents figurés
  • Projet de réfection du sanctuaire et de construction de deux sacristies à l'église de Cauna, 20 juin 1846.

    Archives diocésaines, Dax
  • Vue intérieure de l'église de Cauna entre 1904 et 1921. Carte postale, J. Harté, éditeur.

Bibliographie
  • TASTET-BRETHES Michèle. Chronique d'une paroisse landaise : Cauna et Lagastet au XIXe siècle. Master 2 d'histoire. Université Michel-de-Montaigne - Bordeaux III, 2010.

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