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Église paroissiale Notre-Dame-de-l'Assomption

Dossier IA64002765 réalisé en 2018

Fiche

Œuvres contenues

Vocables Notre-Dame-de-l'Assomption
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton La Bastide-Clairence (commune)
Adresse Commune : La Bastide-Clairence
Lieu-dit : Cadastre : 2016 A 437
Précisions

Édifiée trois ans après la fondation de la bastide, l'église est consacrée à la Vierge de l'Assomption en 1315 par l'évêque de Pampelune Arnaud de Puyana, avec l'accord de Bernard de Viele, évêque de Bayonne. Un confrérie dédiée à saint Nicolas s'y installe dès 1366, dont le rôle majeur était l'organisation des funérailles et les hommages aux défunts de la paroisse. Le portail d'entrée à décor tardo-gothique inséré sous un porche probablement contemporain, témoigne d'un chantier réalisé dans la seconde moitié du 15e siècle.

En 1688, l'architecte Philippe Barthe, qui travaille à la cathédrale de Bayonne, construit deux sacristies. Un décor peint est également réalisé au 17e siècle, qui subsiste en partie occulté sous le plafond actuel de la nef.

Au 18e siècle, l'édifice présente un état de grande faiblesse : une première visite est effectuée par l'évêque de Bayonne en 1737, quelques réparations sont à faire mais leur description n'est pas très développée. Son état alarmant est confirmé à la suite de la visite effectuée en 1768 par Philippe Marie de Hureaux, qui détaille l'état de délabrement de l'édifice, l'évêque de Bayonne ordonne sa reconstruction. La célébration des offices est alors interdite, l'évêque proposant de les faire célébrer dans la Maison Mourique. Le 5 avril 1769 est présenté le devis estimatif et les plans des travaux de réédification de l'église par Jean Bidart, architecte à Hasparren. Le projet est approuvé en 1771 par l'évêque et par la communauté ; le corps de Ville participe financièrement à ces travaux. Un acte notarié du 10 décembre de cette même année désigne le maître maçon Pierre Dibarbourre, sieur de Derreca, maître maçon de Jatxou, comme adjudicataire chargé de la réédification du sanctuaire en 1771. Plusieurs campagnes sont menées jusqu'en 1776. Le chœur et la nef sont presque entièrement restaurés, un troisième niveau de galeries ainsi que la chaire sont créés. Une partie du décor intérieur subsisterait également de cette période.

L'époque révolutionnaire a amené son lot de destructions : le 13 juin 1792, les armes de Navarre surmontant le porche sont martelées. Le 25 janvier 1794, le citoyen Vincent Pouchan, ex-curé jureur, présidant l'assemblée, constate que "le local des séances se trouve encore souillé d’un nombre infini de bénitiers et d'un fonts baptismal, il s’offre à faire disparaître "ces signes affreux" ; en 1796, les quatre cloches sont fondues.

Au début du 19e siècle, l'état de l'église est fortement dégradé, comme en témoigne en 1830 Pierre de Manchoulas, architecte à Bayonne, auteur d'un rapport sur l'élévation des murs latéraux qui "présente un aspect peu rassurant". Quatre ans plus tard, une souscription produit 300 francs pour la réparation de l'église. Au milieu du 19e siècle, la paroisse de La Bastide est considérée comme l'une des plus ferventes du diocèse.

Le 12 mai 1850, décision est prise de démolir le clocher qui menace de s'écrouler, reconstruit en forme de tour carrée. Le décor de terres cuites architecturales de la façade, issu de la manufacture Virebent Frères, à Toulouse, date de la même période. Ce chantier est réalisé sous l'autorité de l'abbé Saint-Guily, qui entreprend également le réaménagement du chœur néo-classique.

La fausse-voûte de la nef étant devenue dangereuse, un projet est élaboré en 1937 par l'architecte Henri Barrès pour la remplacer par un plafond à caissons. Les travaux, financés par une souscription ayant permis de collecter 10 000 francs dans la paroisse, complétés par un emprunt de 22 705 francs voté par délibération du 10 avril 1938 du conseil municipal, ont été réalisés par le charpentier du village, Sylvain Dhospital, et le staffeur Émile Fraisse.

La deuxième moitié du 20e siècle apporte quelques modifications intérieures. Les travaux de restauration réalisés de 1995 à 1999 ont surtout concerné la façade et le clocher, avec les décors en terre cuite ainsi que les décors peints intérieurs.

Période(s) Principale : 1er quart 14e siècle , (détruit)
Principale : 3e quart 18e siècle, 4e quart 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates 1315, daté par source
1715, porte la date
1937, daté par source
Auteur(s) Auteur : Barthe Philippe,
Philippe Barthe

Architecte à Bidache (d'après La Bastide Clairence, Jakintza, p. 93).


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architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Bidart Jean,
Jean Bidart

Architecte à Hasparren au milieu du 18e siècle, connu pour avoir dirigé les travaux de reconstruction de l'église de La Bastide-Clairence de 1769 à 1775.


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architecte, attribution par source
Auteur : Dibarbourre Pierre,
Pierre Dibarbourre

Maître maçon à Jatxou (64), attesté dans le 3e quart du 18e siècle.


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maçon, attribution par source
Auteur : Barrès Henri,
Henri Barrès

Architecte notamment connu comme auteur de plusieurs villas à Pau et au Pays basque dans l'entre-deux-guerres.


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architecte, attribution par source

L'église, située dans la partie haute du village, orientée au sud-est, présente un plan allongé à nef unique et à chevet plat encadré des sacristies. Elle est entourée au droit du chevet et sur ses longs côtés de galeries extérieures couvertes en appentis, dont le sol est constitué de pierres tombales organisées en deux lignes : l'une longeant les murs gouttereaux de l'édifice et l'autre le bord extérieur des galeries.

En façade, l'élévation tripartite pyramidale ouvre en son premier niveau par trois arcs en plein-cintre. L'arcade centrale, de dimensions plus importantes, est encadrée par deux contreforts en moyen appareil terminés en glacis. Les deux arcades latérales sont surmontées d'une niche abritant une statue, couronnée d'un fronton en attique. La base du clocher-tour carré, délimitée par un entablement au-dessus de l'arc central, est encadrée par deux pyramidions de briques, alors que deux autres pyramidions surmontent les angles de la façade. L'étage du clocher comporte une niche plus importante que les deux autres, abritant une statue de la Vierge, sainte patronne de la paroisse. Elle est surmontée par l'horloge. Un cordon sépare le deuxième du troisième niveau composé du beffroi orné de pilastres corniers en brique et percé sur ses quatre faces d'une baie campanaire en plein-cintre en brique. L'entablement est souligné par des modillons soutenant la corniche en-dessous du toit en pavillon. L'ensemble de la façade présente un décor en terre cuite architecturale, apportant une touche polychrome.

L'arcade centrale ouvre sur le porche voûté d'une croisée d'ogives donnant sur le portail sculpté. A l'intérieur, de part et d'autre de l'entrée, deux puissantes colonnes en calcaire, disposent chacune d'un bénitier incorporé en bague. La nef est entourée de trois étages de tribunes ou "galeries" en charpente. Elle est couverte d'un plafond à caissons. Au premier niveau, une rangée de corbeaux engagés dans les murs gouttereaux servait probablement de supports aux aisseliers soutenant le dans une configuration ancienne le premier étage de tribunes.

Le chœur à décor néo-classique est couvert d'un plafond en anse de panier et d'un chevet à fausse-voûte plein-cintre.

Murs grès moellon
calcaire moyen appareil
brique
Toit tuile creuse
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements voûte d'ogives
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
toit en pavillon
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier droit, en charpente
Énergies
Techniques décor stuqué
peinture
vitrail
céramique
Représentations raisin, vigne, buste humain, animal, pinacle, blason
Précision représentations

Portail : la deuxième archivolte est sculptée de rinceaux, de grappes de raisins, d'animaux et de personnages ; la dernière archivolte, reposant sur des piédroits aux motifs de pinacles, était originellement sculptée mais le décor n'est plus identifiable.

Les caissons du plafond de la nef sont décorés de blasons peints.

Statut de la propriété propriété de la commune

Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 1993/04/03

Annexes

  • Extraits de délibérations sur l’église Notre-Dame de l’Assomption

    Compilation de toutes les mentions concernant l'église dans les archives,

    par G. S. de la commission archives.

    1- Ancien Régime

    En juin 1681 (Reg. BB1): Quittance générale à Domenjon de Marion pour les travaux à l'église.

    Le 10 mai 1688 : Construction des deux sacristies à l'église : Expertise par Philippe Barthe, architecte à Bidache, des travaux à y réaliser.

    "Après avoir examiné l'endroit, le Sr Barthe a trouvé bon qu'il faut faire 2 sacristies à droite et à gauche du maître autel, parallèles l'une à l'autre et pour cet effet les 2 autels seront avancés à 4 pieds de distance de la marche de pierre proche les bancs où on s'assoit. Il sera caissé 1 pied 2 pouces à ladite marche de pierre et le marchepied de chaque autel sera posé, après, contre lesdits autels. Le marchepied aura 2 pieds et demi de largeur sur 6 pieds de longueur, l'épaisseur de chaque autel aura 2 pieds 9 pouces, le dessus de l'autel aura de hauteur 3 pieds laissant le marchepied. Les sacristies qui seront derrière les autels auront chacune 10 pieds de longueur et 7 pieds de largeur qui seront fermées avec des aix de bois de chêne secs. Les autels seront alignés l'un à l'autre et les retables seront vernis comme ils sont présentement".

    Le 15 mars 1689, il est mentionné que "l'église Notre-Dame de la présente Bastide a un couvert fort grand et vaste. Elle a suffisamment de rente pour l'entretien de son nécessaire, sauf lorsqu'il y convient faire de notables réparations, lesquelles la Communauté a coutume de faire comme il n'y a pas longtemps qu'il en fut fait une de 500 livres environ".

    Le 24 juillet 1689: Réparation de l'horloge de l'église par Michel Lemor, horloger, de Garris :

    "Michel Lemor, horlogeur de Garris, a promis et s'est obligé de démonter l'horloge à cause de 2 dents qui sont fort usées, de changer la roue du compte et les pièces qui y sont, et de remettre des virolles dans les trous qui y sont cachés ,et retourner la lanterne de la roue courante de la sonnerie de l'un bout à l'autre, et de repasser la roue de rencontre et la dresser et échantillonner, et de repasser la grande la grande roue et la rendre ronde, de changer le balancier et le mettre en pendule, faire une roue neuve et 2 arbres pour la tenir et 2 lanternes, et l'aiguille et pendule et pièces nécessaires pour faire balancer la pendule".

    En 1689 : Construction du pilotis et de la chambre de l'horloge. En 1695 : Vente de chênes secs aux herms communs afin de réparer l'église "qui menace d'une ruine totale" et vente de 2 journées de terre près de "Constantin" en faveur de Damoiselle Catherine de Hariague, pour 30livres "applicables en la peinture et dorure du retable qui se dore actuellement en la présente église".

    En avril 1697 : Versement au marguillier* d’une somme "pour être employée à raccommoder l'hôtel de St Jean Baptiste de la présente église".

    *Marguillier = laïc s'occupant de la garde et de l'entretien de l'église.

    En novembre 1698 : Paiement d'une somme due au maire, somme qu’il dédiera à la remise à neuf à l'église de l'autel de St Jean.

    Le 8 août 1708 (Reg. BB2) : Permission pour Marie de Lacroix d'allonger son jardin de Hillollet "moyennant qu'elle a promis de bailler pour les services de l'église une paire de luminaires de valeur de 6 livres".

    En mars 1713 : Paiement de travaux de charpente et de charrois de chaux pour réparations de l’église.

    En décembre 1714 : Paiement de 9 quintaux de fer achetés pour faire les grilles des portes de l'église.

    Autres sommes à payer pour le transport du fer: "44 sols payés pour les droits de coutume de Bayonne suivant la billette, plus 10 liards payés à un homme pour porter ledit fer de chez le Sieur de Habains marchand à Bayonne, dans le bateau d'Urt, plus 22 sols payés au batelier pour le port dudit fer depuis Bayonne jusqu'à Urt, plus 40 sols payés à Arnaud de Betbeder, bouvier, pour le port d'Urt jusqu'à Labastide, plus 4 livres pour le voyage des Srs de St Jean maire et Delmas armurier qui est chargé de faire lesdites grilles* et qui fut à Bayonne pour faire le choix dudit fer".*

    Ces mêmes grilles qui seront enlevées en 1793 pour être fondues pour en faire des canons.

    En 1715 : Réparation du clocher de l'église.

    En mars 1719 : Réparations à faire au toit et au clocher (où sont 2 grandes cloches et 2 petites et une girouette), des 3 bénitiers et au cimetière. Mise en vente de chênes tauzins pour bois à brûler pour payer les réparations de l'église.

    "Sur ce qui a été représenté que l'église de cette ville est en un très grand désordre, partie de la muraille du cimetière étant tombée hier, partie des murailles, boisages, toit et le clocher de l'église étant pourris, menaçant ruine ».

    Le 1er janvier 1723 (Reg. BB4) : Cahier des charges détaillé pour les travaux de remise à neuf de l’horloge du clocher et des balustres de 2 balcons.

    En janvier 1726 : Réparation du toit de l'église.

    Le 26 septembre 1728 (Reg. BB5) : Paiements faits au forgeron pour fourniture de fer pour la clochette de l'église. En 1728: Délibération au sujet de la réparation du maître autel de l'église "qui menace ruine. […] Attendu que aucun des charpentiers de la présente bastide n'a osé entreprendre ce travail, […] il sera fait recherche de quelque bon maître capable de faire ledit travail".

    En 1732 : Réparations au toit de l'église.Le 4 septembre 1735 (Reg. BB6) : Rapport d'expertise de l'état du toit de l'église.

    Visite de l’évêque à La Bastide Clairence du 1er octobre 1737 (Document aux AD64)

    « Le premier jour d’octobre 1737, nous nous serions rendus sur les sept heures du soir dans la Paroisse Notre-Dame de la Bastide de Clerence. Et le lendemain, deuxième jour indiqué par notre mandement pour la visite de ladite Paroisse, Nous aurions été conduits processionnellement sous le Dais porté par les jurats à la porte principale de l’Eglise, par le Sieur Jean Pierre Lombard, curé, et autres ecclésiastiques ; où, après avoir été reçus avec toutes les cérémonies prescrites par le Rituel, et donné au Peuple la Bénédiction Episcopale, Nous aurions dit la Sainte messe, fait annoncer le motif de notre visite par le Sr Daguerre, l’un de nos missionnaires, administré la confirmation aux Enfants que nous avons jugé suffisamment instruits, donné l’absolution générale Et fait publier une indulgence de quarante jours, récité les prières accoutumées pour les défunts, donné la bénédiction du très St Sacrement avec le Ciboire et tout de suite procédé à la visite des lieux saints et choses y contenues : laquelle faisant, Nous avons remarqué qu’il manque une pierre sacrée à l’autel de St Nicolas ; Que celles de tous les autres autels doivent être rapprochées du bord, Qu’il n’y a que deux nappes à chacun ; Que plusieurs (xxx) manquent de quelques (xxxx) ; Que tous les crucifix de (xxxx) sont malpropres Et les autels poudreux ; Que la serrure du tabernacle est rompue Et que le Sr curé n’a pas l’attention d’en garder la clef; Que tous les vitraux au sanctuaire ainsi que le lambris ont besoin de réparation, Et la piscine d’un écoulement libre ; Qu’il y a des Rituels à relier Et quelques ornements à rapiécer ; Que le Sr curé ne suivroit pas les formules prescrites par le Rituel d’Auch pour coucher sur son registre les baptêmes, mariages et sépultures ; que les comptes de la fabrique (*) ne seroient pas rendus et arrêtés dans la forme convenable, Que les maîtres d’école ne seroient pas approuvés et les sages-femmes n’auroient pas prêté le serment requis ; Que les linge et ornements resteroient ordinairement dans la maison du marguillier : Et le Sieur Daguerre que nous aurions député pour visiter la chapelle de St Bernard, quartier de la hargou(**), fondée d’une messe pour les dimanches et fêtes nous auroit rapportée que la pierre de l’autel n’est pas enchâssée ; Qu’il n’y a que deux nappes ; Que les fenêtres manquent de vitraux ; Que l’autel a besoin d’être nettoyé ; le mur extérieur de la chapelle recrépi, le clocher réparé en quelques endroits ; Que l’ornement rouge et violet manque de bourses et que celle qui sert mérite d’être renouvelée.

    Fait et arrêté à la Bastide les jours et an que dessus en présence dudit curé et autres personnes dont plusieurs ont signé avec nous le présent procès-verbal.

    Signé : j.b. Ev. de Bayonne, Lombard curé, Daguerre, Saint Jean prêtre, Habains prêtre, Ducamp prêtre, Darrieux, Marmont, Lalanne prêtre, Doyhaçabal »

    (*) Fabrique de l’église = Conseil paroissial.

    (**) Quartier de Lahargou = actuel quartier de la Chapelle.

    Le 29 juillet 1739 (Reg. BB7) : Constat des réparations à faire à l'église, au clocher et aux cloîtres. Détail des travaux à exécuter (nombre de planches et des milliers de clous à fournir).

    Sont cités: la seconde galerie du côté de l'école, l'autel de St Nicolas, "le surciel de l'église ou tourounade (ou tourounat)", les balustres des deux galeries, la muraille de la sacristie qui doit être rebâtie, les cordes des lampes et les petites cloches près des autels qui doivent être raccommodées.

    En août 1739 : Réparations à faire à l'église (toit de l'église, clocher et galeries) et vente de chênes pour paiement de ces travaux. Les travaux de charpente seront adjugés à Arnaud de Héguie, charpentier à La Bastide et les travaux de maçonnerie à François de Héguie, maçon à La Bastide.

    En mars 1740 (Reg BB8): Crépissage intérieur et extérieur et blanchiment.En mars 1740 et en mai 1741 : Rapport d'expertise des réparations effectuées à la charpente de l'église (toit de l'église, clocher et galeries).

    En juin 1743 (Reg. BB19) : Réparations les murailles de l'église.En octobre 1743 : Vente de 2 ormeaux « qui sont situés dans le cimetière de l'église de cette ville […] et qui endommagent extrêmement, l'un par l'obscurité qu'il cause à l'église, notamment aux autels, et l'un et l'autre faisant rompre les murs du cimetière par leurs racines."

    En 1743 : Blanchiment de l'église à la chaux. En 1744 : Réfection du toit de l'église et du clocher.

    Le 17 mai 1744: Les réparations à faire portent sur le toit, le clocher et les murs.

    "Le clocher est en pain de sucre et couvert de picons de bois sujets à la pourriture […] Le dedans de l'église a besoin de grandes réparations.. Les murs n'étant de pierre, les lambris se ruinent plus vite, et sur le haut au-dessus des autels, les parois qui ferment l'église sont ébranlées et marquent une chute prochaine; et ils ne peuvent se réparer, il faut les refaire et changer les colonnes en boisage usées".

    Exposition en vente de chênes : "Les chênes seront coupés sur les lieux et la latte sera travaillée sous les cloîtres de l'église paroissiale de cette ville, pour en tirer des picons pour recouvrir le toit de l'église ».

    En septembre 1744 : Nomination d'experts pour vérifier les réparations faites au toit de l'église et paiement du tuilier, des 37 bouviers qui ont travaillé aux charrois de la tuile, des clous, plomb et ferrements. Compte-rendu de l'expertise des réparations faites à la charpente du toit de l'église et au clocher. Détails des travaux réalisés par Arnaut de Héguye maître jeune de la maison Martin, avec description du clocher à cette époque (1800 lattes de bois ont été nécessaires pour la réfection du toit de l'église). Paiement d'un déblayeur et du cloutier ayant travaillé aux réparations de la charpente de l'église et de l'expert, de la chaux fournie, des ferrements fournis pour la réparation du toit.

    Le 31 août 1750 (Reg. BB14), paiement du charpentier pour avoir recouvert l'église.

    En janvier 1753 (Reg. BB15) : Refus de Mgr l'évêque de participer aux travaux de construction du chœur et du cancel.

    Le 4 février 1753 : Assemblée capitulaire au sujet du projet de réédification de l'église: Nomination d’un syndic aux fins de consulter des avocats pour constitution d'un mémoire sur les obligations des gros décimateurs et projet de vente de bois et terres appartenant à l'église pour subvenir à cette dépense. " Il est douloureux de voir l'état actuel de l'église paroissiale qui par sa vétusté menace une ruine prochaine".

    Le 8 décembre 1753 : Assemblée capitulaire au sujet de la réédification de l'église:Compte-rendu du mémoire réalisé par 2 avocats sur les obligations des gros décimateurs. Avis rendus par les avocats:

    "1/ Les gros décimateurs doivent participer à la réédification du chœur et du cancel avec les revenus de la fabrique* de l'église.

    2/ Nomination d'un syndic pour faire une requête auprès de Mgr l'évêque et l'inviter à venir lui-même sur les lieux pour constater l'état de l'église.

    3/ Le syndic est autorisé à faire les actes nécessaires en cas de refus des gros décimateurs.

    4/ Constat que la Communauté ne peut disposer de pièces de terre appartenant à l'Église.

    5/ Constat que la Communauté ne peut disposer des capitaux de legs faits à l'église.

    6/ Question posée sur la contribution des habitants des quartiers du Labourd aux travaux de la nef de l'église (travaux à la charge de la Communauté)."

    *Fabrique de l'église = Conseil paroissial qui gère les biens de la paroisse.

    En décembre 1754 : Changement de l'horloge de l'église.

    Le 19 février 1755 (Reg. BB16): Délégation de Lombart pour se rendre à St Jean Pied de Port pour délibérer sur la répartition des travaux de réparation de l'église paroissiale (nef et sanctuaire).

    La réparation de la nef est à la charge de la commune et celle du sanctuaire, à la charge des gros décimateurs.

    Le 20 décembre 1755 : Mise en adjudication des réparations de l'église et conditions. Le 28 décembre 1755 : Démarche du Lieutenant de Bailli auprès du Sieur Durdos, Subdélégué de l'Intendant à St J. Pied de Port, qui transmettra la requête à l'Intendant, au sujet de la mise en adjudication des travaux de réparations de l'église.

    En novembre 1757 (Reg. BB17) : Lettre à Mgr l'évêque de Bayonne au sujet de réparations à faire au sanctuaire de l'église "afin que, en continuant, on puisse travailler à celles à faire dans la nef qui regardent la Communauté".

    En janvier 1758 : Pourvoi devant la Cour du Parlement pour faire condamner Mgr l'Évêque et le Sr curé (en qualité de gros décimateurs) à faire réparer et décorer le sanctuaire de l'église paroissiale.

    Le 30 novembre 1768 (Reg. BB19) : Nomination de 2 experts maçon et charpentier pour constat de l'état de l'église "qui menace ruine".

    Le 5 avril 1769 (Reg. BB20) : Présentation du devis estimatif des travaux de réédification de l'église par Jean Bidart architecte à Hasparren (travaux sur la nef, le sanctuaire et la sacristie et projet d'agrandissement du sanctuaire). État des lieux de l'église (dimensions, configuration, dégradations).

    Les devis comportent la description précise des travaux à effectuer (matériaux à utiliser, tâches à réaliser). Le Sr Bidart remet 4 devis estimatifs (un pour la nef, un pour le sanctuaire, un pour l'augmentation du sanctuaire et un 4ème devis pour une nouvelle sacristie).

    "Copie du procès-verbal de l'église de Labastide fait par M. l'abbé Dehureaux en vertu de la commission de Monseigneur l'évêque de Bayonne. L'an 1768 et le 30 novembre, nous, Philippe-Maux Dehureaux prêtre licencié en droit canon chanoine de l’Église cathédrale official et vicaire général, commissaire député par Monseigneur l'Evêque de Bayonne en vertu de son ordonnance du 28 du présent mois pour faire la visite de l'église paroissiale de Labastide Clairence, vérifier l'état actuel de la dite église et en dresser procès-verbal, nous nous serions rendu dans la dite église au son du clocher revêtu d'un surplis et d'une étole, accompagné du sieur Haramboure prêtre que nous avions pris pour notre secrétaire d'office et aurions procédé ainsi qu'il en suit.

    Aurions vu d'abord que le porche ou vestibule de l'église sur lequel porte le clocher est bâti en bonnes pierres de blocage et est en bon état ; après quoi ayant rentré dans l'église, nous en aurions fait prendre le toisé par M. Bourgès maçon qui nous a rapporté qu'elle forme un carré long dedans œuvre de 82 pieds de long sur 37,5 de large, que les murs qui en font l'enceinte sont élevés de 15 pieds et épais de 4 pieds, qu'ils sont construits de terre, lézardés et « supplombés » en plusieurs endroits. Le même Bourgès aurait rajouté que le toit étant en double talure, il a fallu construire sur le gros mur du fond une paroi pour en soutenir le faite et que la dite paroi est bâtie de bois, foin et terre glaise.

    Aurons observé que le lambris qui règne depuis la porte d'entrée jusqu'au fond de l'église est extrêmement défiguré parce qu'il est affaissé en plusieurs endroits en raison de la pourriture ou faiblesse des poutres et poutrelles qui le soutiennent, soit que les taches qu'on fait les gouttières, qui selon le témoignage des prêtres habitués, sont si nombreuses, qu'ils sont obligés quelquefois de quitter l'autel où ils ont commencé à dire la messe pour aller la continuer sur un autre autel où ils retrouvent le même inconvénient qu'ils ont voulu éviter.

    Aurions ensuite examiné les lausses ou carreaux de l'église et les aurions trouvés morcelés exceptés ceux du sanctuaire qui nous ont paru en assez bon état.

    Ce fait, nous serions entrés dans le chœur ou cancel, lequel suivant le toisé du même Bourgès maître maçon, a 21 pieds de profondeur sur 37,5 de large comme le reste de l'église et aurions vu que le second ordre de l'architecture du maître-autel penchait sensiblement du côté gauche et que la paroi contre laquelle il est appuyé est trouée et menace d'une prochaine ruine. A côté de di celui sont 2 petites sacristies faites de simple plancher, contre lesquelles sont adossées 2 chapelles dont les peintures et autres ornements nous ont paru extrêmement flétris, qu'on nous a dit avoir été fondées par 2 familles qui ne sont plus dans le cas d'y nommer personne en raison de la perte de fonds sur lesquels étaient établis les revenus des chapelains desservants. Elles sont séparées de 2 autres chapelles adossées aux murs latéraux de la nef, par les bancs des jurats qui tiennent lieu de balustrade.

    Et nous étant enquis de la négligence indécente qui y paraît ainsi que dans les autres autels, il nous a été répondu que les revenus de la fabrique (de l'église), qui ne montent qu'à une somme de 60 ou 80 livres annuellement ne permettaient pas de les mieux orner. De quoi et de tout ci-dessus, avons dressé procès-verbal fait en présence du sieur curé de Labastide, du sieur Lombart, des sieurs jurats, qui ont signé à l'original avec nous, jour, mois et an susdits, ainsi signé Dehureaux commissaire, Lartigue curé, Darrieux prêtre, Noguès prêtre, Habains prêtre, Vergès prêtre, J.M. Habains ancien curé de St Mard, Lombart lieutenant du bailly, Marmont jurat, O. Sarhy jurat, Castagnet jurat, Montolieu jurat, Lambert procureur du Roi et Haramboure secrétaire.

    Vu par nous subdélégué soussigné le procès-verbal de visite de l'église paroissiale de Labastide Clairence en date du 30 du mois de novembre dernier par M. Dehureaux vicaire général.

    Vu aussi l'ordonnance expédiée au bureau de l'Intendance le 1er du mois passé portant que par un architecte ou expert à ce entendu et par nous nommé, il serait dressé un devis estimatif des réparations à faire à la nef et autres à la charge de la Communauté ainsi qu'elles sont indiquées dans le procès-verbal.

    Nous subdélégué, nommons pour expert le sieur Bidart architecte du lieu de Hasparren, à l'effet de dresser un devis estimatif des réparations dont s'agit, pour, au rapport du dit devis, être procédé ainsi qu'il appartiendra.

    Fait à St Jean Pied de Port le 11 février 1769."

    Signé DURDOS subdélégué.

    Le 27 octobre 1769 : Proposition de mise en sécurité provisoire de l'église et projet de construction d'une nouvelle église. Interdiction par l'Évêque de célébrer la messe dans l'église délabrée et proposition que le service ait lieu dans la maison Mourique du Sr Ducamp.

    L'église menace ruine, une partie du cloître qui soutient le sanctuaire s'est écroulée…

    Le 6 janvier 1770 : Rapport de visite et devis estimatif des travaux de réédification de l'église présenté par le Sr Gleize (ou Oleize?), architecte des Ponts et Chaussées :

    « Le porche ou vestibule à l’entrée de l’église est construit en voûte sur 4 gros piliers de chaux et sable et en pierre taillée et est en bon état. Ce porche supporte le cloître dont la flèche est couverte en bois […] L’intérieur de cette église est sombre et sans aucun ornement, les parois sont noircies par les humidités, mal carrelées et presque sans jour ; il a été pratiqué deux ouvertures au pan de bois auquel la maître-autel est adossé ; l’une et l’autre sont sans vitre et une partie d’un trumeau de pan de bois qui a croulé donne le principal jour. Il y a encore deux autres jours au plafond qui répondent à deux frontispices, partie sans vitres. Ces deux jours sont si mal entendus qu’ils laissent pleuvoir dans le sanctuaire […]

    Le maître autel est adossé à ce pan de bois, mais l’inclination qu’il a pris venant dans l’église où les vents du midi le poussent, ont fait dévoyer le retable de cet autel […] de sorte que le haut est hors d’aplomb de plus d’un pied. Le maître-autel est entre deux chapelles adossées à des cloisons en planches de 7 à 8 pieds de hauteur qui laissent, au-dessus, un vide jusqu’au plafond , qui fait très mauvaise figure […] Toutes les décorations de ces autels qui étaient originairement fort simples sont aujourd’hui entièrement dégradées par le laps de temps et par les gouttières […]

    Le corps de cette église, trop petit en lui-même pour contenir le peuple, est entouré de deux rangs de galerie, une au-dessus de l’autre, une tribune dans le fond.Les parois de l’église sont lézardées en plusieurs endroits sur toute leur hauteur mais il y en a une, horizontale, sur presque toute la longueur sur le côté gauche, qui menace d’une chute prochaine. Toutes ces parois en général ont un faux plafond vers le dehors et, poussée par le poids de la charpente qu’elles supportent, on a tout à craindre de la solidité de ces parois qui sont trop ruinées pour être réparées […]

    Le dévoiement des chevrons de la charpente des combles forme des saillies et bosses sous les lambris du plafond […]

    Le carrèlement de la nef est très désordonné et aurait besoin d’être remanié […] mais cet article regardant en partie ceux qui ont des places et des sépultures dans l’église, il est à présumer qu’il faudrait que les particuliers vinssent à un accord ».

    On trouve ici le descriptif détaillé de l'église (mesures, matériaux).

    L'architecte des Ponts et Chaussées propose la démolition puis la reconstruction de l'église. "Les ouvrages faits à la nef seront à la charge de la Communauté. Ceux de la construction du chœur ou cancel seront à la charge des gros décimateurs".

    En février 1770 : Examen du projet de plan fait par le Sr de Gleize, architecte des Ponts et Chaussées.

    En juin 1770 : Décision de maintenir l'église sur l'emplacement de l'ancienne.

    En avril 1771 : Approbation par l'Évêque et par la Communauté du nouveau plan de construction de l'église dressé par le Sr Bidart architecte, plan qui prévoit des réductions du sanctuaire.

    En août 1771 : Conditions de l'adjudication des travaux de réédification de l'église.

    En décembre 1771 : Vente de terres communales incultes et de vieux arbres et de demande d'emprunt pour la construction de l'église.

    Extrait archives Darrieux (document conservé à l’Abbaye de Belloc) :

    Le 11 mars 1772 : reconstruction de l’église :

    « Nous Sr Pierre de Cournan, subdélégué de l’Intendant de Bayonne, procédant en exécution d’un arrêt du Conseil d’Etat du 24 septembre 1771 qui autorise et confirme l’adjudication, par nous faite le 14 août précédent, des ouvrages à faire pour la réédification de l’église paroissiale de la communauté de La Bastide Cl. en faveur de Pierre d’Ibarboure, Sieur de Veras ( ?) du lieu de (patssou ?) , moyennant la somme de 12100livres.

    Pour payer cette somme, il sera procédé par l’Intendant, à la vente et adjudication des communaux [xxxx] de ladite communauté de La Bastide Cl et de vieux arbres pour le produit en être employé à [xxxx] de l’adjudication. L’arpent et 18 carreaux du quartier de la Pereire sont rendus à Angélique de Habains, veuve Darrieux, pour 129 livres ».

    Le 28 mars 1773 (Reg. BB21): Descriptif des travaux de l'église à réaliser :

    « Art. 1/ Les lausses (lauzes) de la nef, compris les tombeaux qui y sont doivent être refaits .

    Art. 2/ La porte principale d'entrée doit être refaite, autant au pilier qui est au milieu, fournir les portes neuves ferrées et placées.

    Art. 3/ Deux rangs de marches entre la sacristie et la nef en pierres de Bidache.

    Art. 4/ L'auvent du cloître du côté de la rue avec les ouvertures nécessaires.

    Art. 5/ Dix piliers du côté du levant sur lesquels le toit du cloître doit appuyer."

    Art. 6/ Tirer la terre depuis la sacristie jusqu'au mur du cloître, faire un nouveau mur dans cette partie, les piliers nécessaires, la couverture et un canal pour détourner les eaux.

    Art. 7/ Le donjon sur lequel le clocher est placé doit être recouvert. Réparer aussi le clocher et le mur du cloître.

    Art. 8/ Rétablir les 2 appentis à droite et à gauche de l'église. Faire 2 piliers pour les soutenir.

    Art. 9/ Le lambris de la nef doit être peints.

    Art. 10/ Les galeries et tribunes, la balustrade et les portes doivent être peintes".

    Utilisation de la maison Mourique pour le service divin pendant les travaux de l'église, travaux de l'église qui ont duré 4 ans et 4 mois.En 1774 : Demande à l'évêque de pourvoir à la décoration du sanctuaire et des autels de l'église.Travaux de construction des fonds baptismaux, d'une nouvelle loge pour l'horloge, de 3 tombeaux pour les curés et prêtres de la paroisse.Décembre 1744: Assemblée capitulaire mentionnant l'état de dégradation de l’église :

    « L'église marque son antiquité, on ne doute point qu'elle ne soit aussi ancienne que la Bastide qui est une colonie de 500 ans.[...] Cette église immense qui devrait être renouvelée depuis ses fondements, dont les murs sont bâtis de terre à cause de la rareté de la pierre sans doute, vu qu'elle manque en ce lieu, quoique fait de montagnes, et dont le toit descend jusqu'à être touché de la main; il a fallu cette année, pour éviter la chute du toit et du tourounat, y faire des réparations qui vont à plus de 1200 livres ».

    En octobre 1776 : Assemblée capitulaire des habitants concernant les ouvrages et décorations à faire au sanctuaire et chœur de l'église.

    En novembre 1776 : Travaux de réfection du toit de l'église, des cloîtres et du clocher.

    Et en septembre 1779 (Reg. BB22) : Requête à l’Intendant pour assujettir les paroissiens du Labourt (quartier La Côte) à contribuer à la dépense engagée pour la reconstruction de l'église :

    "Le Sr de Lombart lieutenant du Bailli a dit que l'église paroissiale de cette ville a dû être reconstruite de fond en comble […]. Quoique l'église soit située en Navarre, un grand nombre de maisons sises sur le territoire du Labourt en dépendent pour le spirituel. Aussi, ces maîtres et maîtresses propriétaires de ces maisons possèdent dans l'église et le cimetière indépendant des emplacements considérables avec un droit exclusif. Ces paroissiens se refusent de contribuer à la dépense faite par la Communauté de Labastide".

    Extrait archives Darrieux (document conservé à l’Abbaye de Belloc) :

    «Le 7 février 1781, l’église de La Bastide tombant en ruines, on la fit reconstruire il y a quelques années en gardant la même dimension pour la longueur et la largeur. Le sanctuaire était auparavant fermé par le banc des officiers municipaux qui répondait au côté de l’évangile et par les bancs et sièges des maisons nobles Darrieux et de Colombots et des notables qui se situaient au côté de l’épître, les bancs des [xxxx] avec dossiers et séparés par le passage de la nef au sanctuaire.L’enceinte du sanctuaire était fort spacieuse : outre le maître-autel, elle en contenait deux autres. La sainte communion s’administrait sur un marchepied qui était entre les bancs [xxx] et les trois autels, dans toute la largeur du sanctuaire, sans balustre comme on en rencontre dans toutes les églises, pour la communion du clergé, deux servants tenaient une longue nappe d’un bout à l’autre.

    Il était tout naturel de rétablir tout simplement les bancs dans leur ancienne place et de continuer la communion dans l’intérieur du sanctuaire mais cela n’a pu être fait encore et les officiers municipaux n’ont encore que des chaises à la place des bancs.La difficulté [xxxx] vient de ce que quelqu’un imagina de rejeter les bancs du sanctuaire, quoiqu’il soit devenu plus spacieux, par la suppression des deux autels.

    [xxxxx] On est demeuré dans l’état, attendant la visite de Mgr l’évêque. Elle a eu lieu cette année mais le prélat n’a rien déclaré. [xxxxxxx] Le Sieur Darrieux expose la requête joint pour rétablir la Sainte Table où elle était avant la reconstruction de l’église, faute de quoi lui permettre de rétablir son banc sur l’emplacement où il l’avait ».

    En 1787 : Réparation du toit du clocher de l'église.

    Le 1er septembre 1790 (Reg. 1D1) : Réparations au toit et au vitrage de l'église, vitrage "qui était presque tout cassé".

    Le 7 octobre 1790 : Rapport au sujet du mauvais état de la charpente du toit de l'église."Le boisage qui soutient le toit se disjoint et menace de tomber".

    Les charpentiers chargés de l'expertise déclarent "qu'il n'est pas prudent de faire célébrer le service divin dans ladite église".

    Le 3 décembre 1790 : Proposition au sujet des réparations de l'église : Un "homme de l'art", le Sieur Lusca est appelé pour évaluer les travaux à réaliser.

    2- Période révolutionnaire

    Le 5 novembre 1793 : Envoi de 3 cloches au chef-lieu du District. (1D2):

    « ...le défaut de canon pour combattre la Tyrannie coalisée contre la liberté, a mis la Convention dans la nécessité de décréter qu'il ne soit laissé qu'une seule cloche par paroisse et que les autres servent pour être fabriquées en canon ».

    Le 12 germinal de l’an 2 : Envoi du mobilier de l'église au District à Mont Bidouze (St Palais)

    Le 12 floréal de l’an 2 : Arrêté portant que les grillages en fer de l'église seront enlevés et envoyés au chef-lieu du District « pour être convertis en armes pour terrasser les despotes des tyrannies coalisées contre nous, ou être employés aux besoins des armées ou de l'agriculture ».

    Le 9 fructidor de l’an 3 (Reg. 1D3) : Arrêté portant que les meubles et effets existant encore dans l'église de cette commune seront envoyés à l'administration du district. La municipalité de Labastide a déjà procédé à l'envoi des meubles et effets de l'église au District, à l'exception d'un calice et sa patène, un ciboire, le tout en argent et qui étaient cachés ainsi que 2 armoires que la municipalité avait jugées à propos de ne pas envoyer car "de mince valeur et que si elle était déplacée, elle serait mise hors service." Le tout restant devra être envoyé au district et les vieilles armoires mises en vente sur place.

    Le 1er et 2 vendémiaire de l’an 3 : Procès verbal du Conseil municipal concernant l'acquisition, location ou réparation des bâtiments destinés au culte et fixation de la pension au curé et au vicaire. Il est précisé que la commune n'a pas de presbytère et qu'elle propose au curé une indemnité qui se rajoute à son traitement provenant du gouvernement. Idem pour le vicaire.

    Le 22 fructidor de l’an 10 : Constat de l’état de l'église :

    "La réparation de l'église, non vendue par l'État, qui, quoique construite depuis 30 ans, menace ruine par l'effet d'une mauvaise construction et dont la voûte en bois et sa toiture, après avoir fait écarter les murs, crouleraient entièrement sans 7 étais".

    Le 23 messidor de l’an 11 : Réparation de l'église.

    "Le toit et la voûte en planche de l'église construite à neuf, il y a environ 28 ans, menace de tomber incontinent sans 7 forts étais qui soutiennent le toit au centre […]. En effet le toit trop plat fait écarter et s'affaisser les murs de l'église [...]. Le Conseil est d'avis de renvoyer les réparations de l'église jusqu'après la guerre [...]. L'église est tellement pauvre qu'elle ne peut se donner les meubles nécessaires, tout ayant été emporté pendant la révolution".

    Le 8 fructidor de l’an 13 : Augmentation du traitement du curé à 300F, conformément à arrêté préfectoral du 15 messidor an 13.Le 2 décembre 1809 (Reg. 1D4) : Coût des réparations de l'église : 6 333 F 77 cts.

    3 - Époque contemporaine

    Le 15 septembre 1819 : Dépense de couverture des cloîtres de l'église.

    Le 1er mai 1824 : Réparation de poutres et des galeries de l'église.

    Le 15 mai 1825 : Réparation du clocher de l'église « qui menace ruine ».

    Le 29 juillet 1826 : Budgétisation des travaux de réparation de l'église.

    Rapport du 9 avril 1830 sur l'état de l'église de La Bastide (dans les feuillets libres en fin de registre).

    Rapport fait par Pierre Manchoulas, architecte expert nommé par le maire de Labastide :

    « L'église dont il s'agit est bâtie sur un parallélogramme de 28 m de longueur sur 15 mètres de largeur, l'élévation des murs est de 11 m.Les murs latéraux présentent un aspect assez peu rassurant, je crois pouvoir assurer que le moindre danger. Ce qu'il y a de vrai, c'est que les murs ne sont plus dans la situation dans laquelle ils furent bâtis ; la charpente de la couverture qu'on fit lorsque les murs ont été élevés les a chassés en dehors de leur aplomb. En effet celui qui fut chargé de cette charpente n'ayant aucune idée de la stabilité des corps et bien moins sans doute de la poussée des voûtes, crut pouvoir se servir des courbes qui forment le plafond de la nef, pour y appuyer le poids de toute la couverture, mais bientôt ce poids extrême fit baisser le sommet des lignes courbes, pendant que les extrémités chassèrent les murs.Aussi depuis 20 ans que la nouvelle charpente est faite, aucun mouvement dans les murs n'a été remarqué. Cette dernière charpente ayant allégé de tout le poids de l'ancienne la charge que supportaient les courbes et empêché qu'elles ne s'étendissent davantage ?… Il est urgent de tenir suspendue toute la charpente de la voûte en boulonnant les cintres aux pierres qui lient les ferrures de la couverture. Afin de pouvoir vérifier plus tard si les murs ont cessé de faire mouvement, il sera dit dans quel état ils se trouvent et de quelle manière il a été procédé à leur vérification. »

    Le 8 juin 1834 : Recherche de fonds pour réparation de l'église. Cotisation volontaire et demande de subvention au Préfet.

    Les 10 et 27 mai 1838 (Reg. 1D5) : Demande de secours au préfet pour réparations du toit de l'église.

    Le 4 mai 1839 : Secours pour réparation de la voûte de l'église.

    Le 10 février 1840 : Devis et souscription pour la réparation toiture de l'église.

    Le clocher est démolit et reconstruit :

    Le 12 mai 1850 : Réparations au clocher de l'église (avec description du clocher tel qu’il était à cette époque).

    "Ce que l'on appelle le clocher de l'église, qui consiste en une mauvaise charpente toute vermoulue et déchevillée recouverte d'une sorte de ruche confectionnée en bardeaux, est au moment de tomber et présente un danger public imminent […] Que le clocher proprement dit n'a jamais existé et que les murailles qui devraient le soutenir ne se sont jamais élevées au dessus de la toiture qui recouvre la nef ..."

    Le 8 août 1852 : Reconstruction du clocher de l'église. Le vieux clocher est démoli et le nouveau matériel arrivé.

    Le 25 octobre 1852 : Secours de 2 000 Francs accordé à la Commune par l’État pour la reconstruction du clocher de l'église : "Les travaux de maçonnerie touchent à leur fin. Le bois de charpente est en partie préparé".

    Le 22 novembre 1931 (Reg. 1D8) : Devis de réfection du clocher de l'église = 8 800 Fcs. Demande subvention départementale.

    Le 17 janvier 1907 (Reg. 1D7) : Bail de 18 ans pour la jouissance gratuite de l'église.

    Année 1936 : voûte de l’église :

    Travaux de renforcement à prévoir "pour prévenir tout danger pouvant provenir de son effondrement".

    Le 13 décembre 1936 :

    "Ce distingué technicien (M. Vannes) affirme dans un mémoire écrit que l'état de l'église ne présente aucun danger immédiat. La charpente est solide. Mais les voliges du plafond sont vermoulues ; leur remplacement s'impose".

    Le Conseil municipal approuve l'avis de Mr Barrès spécialiste : il faut utiliser du staff "qui présente le triple caractère de solidité, de légèreté et de bon marché".

    La démolition pourrait être assurée par les artisans locaux. Le maire va traiter avec Mr Barrès et mettre les travaux en adjudication.

    Le 21 mars 1937 : Choix du procédé de staff à réaliser par Mr Fraisse staffeur spécialiste et financement du projet : le Conseil municipal, après exposé du rapport d'expertise* de M. Barrès, considérant que le mauvais état de la voûte constaté par cet architecte peut occasionner des accidents engageant la responsabilité de la commune et considérant que ce travail doit apporter une aide appréciable aux ouvriers du bâtiment de la région en chômage dans la proportion de 80% environ, décide la réfection de la voûte par Mr Fraisse staffeur spécialiste et considérant que la commune ne peut assurer la totalité de la dépense de 36 380 F elle sollicite une subvention du Ministère de l'Intérieur et décide de recourir à un emprunt.

    Le 18 juillet 1937 : Recherche de financement et traitement de gré à gré avec Mr Fraisse staffeur spécialiste.

    Avis de Mr Barrès : "Mr Barrès conclut au danger de l'effondrement complet de l'église en raison de la disjonction des assemblages des arcs dont quelques uns sont même entièrement séparés. Il en résulte une violente poussée sur les murs latéraux de l'édifice cultuel, murs qui sont aujourd'hui déplombés. La voûte s'est également disloquée. [...] Il n'est pas possible de réparer la voûte actuelle. Il faut alléger les murs et faire une voûte qui ne produise aucune poussée, ni faille sur elle, sur les murs latéraux. Un seul système de voûte s'imposait dans ce cas: c'est la voûte en staff. Ce matériau de plus en plus employé pour ce genre de travaux a le triple avantage d'être solide, léger et surtout économique. Il se prête admirablement à toutes décorations".

    Le 18 janvier 1937 : Financement du projet : La subvention demandée à l’État n'a pas été accordée. Le CM propose de demander une subvention à la commission départementale, de demander une participation volontaire aux fidèles de la circonscription ecclésiastique (au-delà de la commune, à Urt et Hasparren) et de contracter un emprunt (environ 20 000 F) à la Caisse de crédit des communes, gagé par une imposition extraordinaire sur 30 ans.

    Le 18 juillet 1937 : Devis estimatif :

    "1- Enlèvement de la voûte actuelle avec soin, y compris la descente des matériaux et le rangement sur la place à côté de l'église.

    2- Fermeture de tous les trous laissés par l'enlèvement des pièces de charpentes de la voûte, raccords des enduits.

    3- Renforcements des (fermes ?) de la charpente par la pose des colliers en fer.Délai d'exécution: 1 mois.Construction d'un échafaudage fixé sur piles et (?) comportant un plancher au niveau de la 3ème galerie.Construction dune voûte en staff dans la nef en remplacement de la partie actuelle en bois entre le grand axe sur colonnes côté sanctuaire et le mur côté clocher.

    Cette voûte d'une longueur de 19m50 sur 12m30 de largeur composée de :

    1/ Onze nervures de 14.00 environ de longueur développée, section de 0,12 x 0,20 environ;

    2/ Trois (suffites ?) intermédiaires pour rattraper les différences d'écartement des axes des poteaux des tribunes.

    3/ 72 caissons moulures, dimensions 1.65x 1.55 environ (?) à 08 environ."

    Le 10 avril 1938 : Produit des souscriptions = 10 000 F ; devis estimatif majoré de 8,75% ; part contributive de la commune augmenté de 2 000 F.

    Coût total devis estimatif = 33 705 F

    Appel d'offre aux maitres charpentiers de la commune pour travaux de démolition de la voûte de l'église.

    Le 26 février 1939 : Emprunt de 22 705 F au Crédit foncier de France pour la voûte de l'église.

    Le 9 juillet 1939 : Vote budget travaux supplémentaires par Sylvain Dhospital charpentier et Émile Fraisse staffeur.

    Le 4 décembre 1949 : Demande de subvention au sous-préfet pour réparations urgentes de la toiture des cloîtres de l'église, avec description précise de l'état de la toiture.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Visites par Jacques-Bonne Gigault de Bellefonds, puis par Guillaume d'Arche, évêques de Bayonne, dans l'église de Notre-Dame de La Bastide-Clairence, en 1737 et 1768.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : G 14
  • Minutes notariales, Darancette. Contrat d'entreprise des ouvrages et de la réédification de l'église et sanctuaire d'icelle de la ville de la Bastide Clerance à faire par Sieur Pierre Dibarboure adjudicataire. p.61-63, le 10 décembre 1771.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : 3 E 4727
  • Proposition de mise en sécurité provisoire de l'église et projet de construction d'une nouvelle église, 27 octobre 1769.

    Archives communales, La Bastide-Clairence : BB20
  • Reconstruction des voûtes, devis et plans de l'architecte Henri Barrès, 1935-1939.

    Archives communales, La Bastide-Clairence : 1M1-2
Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien de La Bastide-Clairence, 1835.

    Archives communales, La Bastide-Clairence : 1G1
Bibliographie
  • DARNERE F. La Bastide Clairence au XIVe siècle. T.E.R. Bordeaux : Université de Bordeaux, 1969.

    Service du patrimoine et de l'Inventaire, région Aquitaine : TU DAR
  • DUFOURCQ Pierre, Quelques étapes de l’Histoire de Labastide Clairence. Non publié, 1990.

  • LALANNE Guy (dir.). La Bastide Clairence. Ciboure : Jakintza, 2018.

  • LERCHUNDI Renée, Église Notre Dame de l'Assomption La Bastide Clairence, éléments de lecture de la voûte de la nef. Non publié, 2012.

(c) Commune de La Bastide-Clairence ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Larralde Alexandra
Alexandra Larralde

Chargée de l'inventaire général du patrimoine culturel de La Bastide-Clairence.


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