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Église paroissiale Notre-Dame-de-l'Assomption

Dossier IA40001585 réalisé en 2014

Fiche

Œuvres contenues

Vocables Notre-Dame-de-l'Assomption
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Mugron
Adresse Commune : Doazit
Cadastre : 2014 H 282

Les trois églises que compte la commune de Doazit (églises Notre-Dame du bourg, Saint-Jean d'Aulès et Saint-Martin du Mus) ont fait l'objet de plusieurs études historiques depuis les années 1930. L'actuelle église du bourg, tardivement dédiée à Notre-Dame-de-l'Assomption, était à l'origine la chapelle des seigneurs de Doazit, dont le premier connu, Odon, est cité dans les Recogniciones Feodorum de 1274 - le siège de l'archiprêtré était à Saint-Jean d'Aulès, ravalé après la Révolution au rang de simple annexe.

Les opinions divergent sur la chronologie des campagnes de travaux de Notre-Dame, l'édifice n'étant bien documenté qu'à partir du XVIIIe siècle. Selon J.-Fr. Massie (1976), qui se fonde sur l'épaisseur des murs et sur des traces de reprise, la partie la plus ancienne, c'est à dire la chapelle seigneuriale, correspondrait aux trois travées orientales de l'actuel collatéral nord, que cet auteur date du XIIIe siècle. Le vaisseau sud, aux murs d'une moindre épaisseur, aurait été ajouté dans un style gothique tardif seulement après le saccage de l'église par les troupes protestantes des capitaines Sénégas et Montamat en 1569. Jean Cabanot (1987), au contraire, considère le chevet à pans et le vaisseau sud comme le noyau de l'ancienne chapelle castrale, qu'il date du XIIIe siècle, tandis qu'il fait du collatéral une adjonction tardive, non datée toutefois.

Si l'hypothèse de J. Cabanot est la plus plausible, force est de constater que l'édifice a subi de nombreuses reprises qui en ont considérablement altéré l'aspect. La datation que propose cet auteur pour les voûtes du vaisseau sud, "qui offrent tous les caractères du XIIIe siècle", paraît ainsi bien précoce : le décor des clefs de voûte, par exemple, ne semble pas antérieur à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle. Il est donc probable que le vaisseau du XIIIe siècle n'a reçu son voûtement qu'à une époque voisine de la construction du collatéral, après la fin de la Guerre de Cent Ans, époque où l'augmentation de la population locale et le retour de la paix entraînèrent de nombreux agrandissements d'églises, en Chalosse comme ailleurs.

Si les siècles "classiques" ne semblent pas avoir apporté de modifications significatives à l'édifice, le XIXe siècle l'a en revanche profondément marqué. Dès 1835-1838, on projette un agrandissement de l'église, désormais insuffisante, par l'ajout d'une travée supplémentaire à l'extrémité occidentale des deux vaisseaux. Le projet connaît alors un début de réalisation, mais celle-ci n'est menée à bien qu'en 1866-1869. Cette campagne comprend aussi le déplacement de l'entrée principale nord vers la deuxième travée ouest et le percement a novo de la totalité des baies (à l'exception des deux fenêtres gothiques à remplage du chœur), qui sont aussitôt garnies de verrières par le Toulousain Rigaud. Parallèlement, un premier décor peint est exécuté dans le sanctuaire et les chapelles - il sera refait dès 1905 par le Bordelais Leduc. Quelques adjonctions mineures avaient toutefois précédé les grands travaux de 1866-1869 : un réduit étroit destiné aux fonts baptismaux est aménagé en 1841 sur le flanc sud du vaisseau principal, entre deux contreforts ; la sacristie est largement agrandie vers 1860 de manière à empâter l'extrémité orientale des deux vaisseaux ; la tour du clocher (datée de 1619 par J.-Fr. Massie sans sources avérées) est percée d'une porte en 1821 et dotée d'une tourelle d'escalier une décennie plus tard ; sa flèche est refaite en 1910 sur un dessin de l'architecte Lauga.

L'ensemble de l'édifice a été restauré en 1974.

Période(s) Principale : 13e siècle
Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle, 3e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1866, daté par source
1910, daté par source
Auteur(s) Auteur : Lauga A.,
A. Lauga

Architecte en Chalosse (Landes) au début du XXe siècle ; travaille à Doazit en 1910 et à Banos en 1912.


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Auteur : Dutilh Raymond,
Raymond Dutilh

Maçon à Doazit, documenté en 1788.


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Auteur : Massey François,
François Massey

Charpentier à Saint-Aubin (Landes), documenté en 1788.


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charpentier, attribution par source
Auteur : Lauqué Pierre,
Pierre Lauqué

Charpentier à Doazit (Landes), documenté en 1811 et 1829. Il appartenait à une famille de "cagots" ou "gésitains" de Chalosse.


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charpentier, attribution par source

L'église est érigée au cœur du village et enserrée sur ses côtés ouest et sud par un réseau dense de constructions. Elle est bâtie essentiellement en moellon calcaire enduit et en pierre de taille pour les contreforts et les encadrements de baies. La couverture est en tuiles creuses mécaniques, à l'exception de celle du clocher et de sa tourelle, en ardoise. L'édifice comprend deux vaisseaux de cinq travées, dont quatre anciennes (la travée occidentale est une adjonction de 1866, la deuxième a été presque entièrement reprise). Le vaisseau principal, au sud, beaucoup plus large, est couvert de croisées d'ogives simples, dont les nervures se fondent sans solution de continuité dans les piliers chanfreinés de la nef. Le mur sud de sa première travée (moderne) est dévié obliquement en raison de l'étroitesse de la rue qu'il longe. Un petit réduit baptismal rectangulaire est aménagé entre les contreforts de la troisième travée, tandis que la cinquième travée ouvre sur une chapelle quadrangulaire moderne (dédiée à saint Joseph). Le vaisseau est prolongé à l'est par un chœur à cinq pans, raidi par d'épais contreforts et percé, au centre par une rose moderne, sur les pans coupés par deux grandes fenêtres gothiques à remplages (seules baies anciennes conservées dans l'église). Sur le flanc sud du chœur s'appuie un clocher-tour quadrangulaire couvert d'une flèche polygonale et accoté à l'est par une tourelle d'escalier ronde coiffée d'une poivrière ; le rez-de-chaussée de la tour, couvert d'une croisée d'ogives à clef sculptée, servait probablement de chapelle. Un collatéral ouvre au nord sur le vaisseau principal par des grandes arcades brisées appareillées à chanfreins. Il présente un voûtement d'ogives hétérogène : la première travée moderne est couverte d'une simple croisée (mais des départs de nervures obliques montrent qu'un voûtement sexpartite était initialement prévu) ; les trois travées suivantes sont couvertes d'ogives sexpartites ; la dernière travée (chapelle de la Vierge) offre la composition la plus riche de tout l'édifice, avec liernes et tiercerons et cinq clefs de voûte ornées. L'extrémité orientale des deux vaisseaux est entièrement empâtée dans une vaste sacristie de plan irrégulier, agrandie au XIXe siècle.

Murs calcaire moellon enduit
calcaire moyen appareil
Toit tuile creuse, ardoise
Plans plan allongé
Étages 2 vaisseaux
Couvrements voûte d'ogives
Couvertures toit à longs pans croupe polygonale
flèche polygonale
Escaliers escalier hors-oeuvre
États conservations bon état, restauré
Techniques sculpture
vitrail
Statut de la propriété propriété de la commune (?)

Annexes

  • Extraits de documents concernant l'église Notre-Dame de Doazit

    AD Landes, 2 O 887 : Église, presbytère, cimetière, 1840-1936 :

    - 1853 (février) : fourniture de "bancs autour du chœur" et d'un "siège à trois places pour le célébrant", par Jean-Baptiste Capdeviolle, maître-menuisier à Doazit.

    - 1910-1912 : construction de la flèche par l'architecte Lauga.

    - 1938 : remplacement de l'horloge.

  • Extrait du registre des délibérations du conseil de fabrique de Doazit (1841-1872) concernant l'agrandissement de l'église, 1862-1872 (AP Doazit)

    1. "Délibération relative à l'insuffisance de l'église du bourg pour contenir la population, avons délibéré en conséquence pour son agrandissement.

    L'an 1862 et le 5 du mois d'octobre, premier dimanche du dit mois, le conseil de fabrique de l'église paroissiale de Doazit, dûment convoqué au prône de la messe du dimanche précédent s'est réuni dans le presbitère [sic] du dit lieu, en séance ordinaire et sous la présidence de M. B. Bellocq, desservant, étant présents M.M. l'abbé Tachoires, Jn Canton négociant, Julien Sansoube, Étienne Beyris et Jean Fautoux propriétaires. / Mr le président après avoir ouvert la séance, a appelé l'attention du conseil sur l'objet suivant. / L'église paroissiale de Doazit est insuffisante pour la population de la paroisse, cette insuffisance se fait sentir chaque dimanche, mais surtout aux fêtes principales, où un grand nombre de personnes sont obligées de stationner hors de l'église, qui ne peut les recevoir. Tout le monde reconnait la nécessité absolue de l'agrandissement de la dite église, il est urgent de construire une nouvelle travée pour procurer aux habitants de la paroisse l'espace que réclame la population toujours croissante. Mais pour fournir aux frais de cette construction si nécessaire et si urgente, la caisse de la fabrique n'a point de fonds disponibles. Ses revenus sont totalement absorbés par les dépenses ordinaires, ainsi que le constate le budget de 1863.

    Le décret du 30 décembre 1809, prévoyant le cas ou les ressources des fabriques sont insuffisantes pour des construction[s] ou de grosses réparations, reconnait nécessaire, statu[e] (article 92) que les communes sont obligées de suppléer à l'insuffisance des revenus des fabriques. En conséquence, M. le président propose au conseil de prendre une délibération, tendant à ce qu'il soit pourvu par la commune aux frais de la susdite construction.

    Le conseil considérant la nécessité de l'agrandissement de l'église, et l'impossibilité où se trouve la fabrique de pourvoir à cette dépense, approuve la proposition de M. le président, et décide, à l'unanimité, qu'une demande de secours sera adressée à la commune. Il charge M. le trésorier de présenter l'expression de ses vœux à M. le maire qui voudra bien les communiquer au conseil municipal, à la session prochaine. Dans le cas ou la commune elle même se trouvant sans ressources, ne pourrait venir en aide à la fabrique, le conseil ose espérer que M. le Préfet daignera lui prêter son bienveillant concours, pour obtenir du gouvernement les secours nécessaires, en faveur d'une paroisse qui s'est toujours montrée l'une des plus dévouées à S.M. l'Empereur Napoléon B.

    Aucun autre objet de délibération n'ayant été proposé, le présent procès verbal a été dressé en séance et ont signé, après lecture faite tous les membres présents. / Fauthoux, Canton, B. Bellocq, Tachoires, Sansoube, Beyris."

    2. "L'an 1864, et le 2 du mois d'octobre premier dimanche du dit mois, le conseil de fabrique de l'église paroissiale de Doazit, dument convoqué au prône de la messe, s'est réuni dans le presbitère du dit lieu en séance ordinaire, et sous la présidence de Mr Bernard Bellocq, curé de Doazit. Étaient présents M.M. l'abbé Tachoires, prêtre habitué, et Canton, Julien Sansoube, et Beyris Caupos, et Fautoux.

    Mr le président après avoir ouvert la séance a appelé l'attention du conseil sur les objets suivants.

    1° L'église du bourg de Doazit est loin d'être assez spacieuse pour la population de la paroisse, tous les habitants s'accordent pour reconnaître la nécessité d'agrandir cette église, dont l'étroite enceinte est presque toujours insuffisante, mais surtout aux principales fêtes de l'année, ou un grand nombre de personnes n'y pouvant trouver une place convenable, sont obligées de se tenir dehors, pendant les offices.

    2° Outre cet agrandissement si nécessaire, cette église demande de grandes réparations, dans toutes ses parties qui attendent, depuis long temps, la propreté et la décence qu'exige la maison de Dieu. Les ressources de la fabrique, à peine suffisantes pour les dépenses ordinaires, ne lui permettent point de fournir à celles que nécessiteraient cet agrandissement et cette restauration. Pour suppléer à cette insuffisance, le conseil de fabrique de concert avec le conseil municipal, a adressé au gouvernement une demande de secours. On ne peut savoir encore l'accueil fait à cette demande par S. E. le ministre des cultes. Dans le cas où elle serait favorablement accueillie, le subside accordé n'atteindrait point un chiffre assez élevé pour parer à tous les frais. On a donc ouvert une souscription dans la paroisse, la plupart des habitants de Doazit ont déjà concouru ou promis de concourir à cette œuvre en témoignant une bonne volonté qui mérite les plus grands éloges. Mais quel que soit le produit de cette souscription, la somme qu'elle fournira sera loin de suffire aux dépenses nécessaires. / Après cette souscription on a eu recours à une loterie, mais le succès n'a point répondu aux espérances que ce nouveau moyen avait faits concevoir d'abord. Le chiffre fourni par cette loterie ne peut encore être définitivement fixé. Mais il est facile de prévoir qu'il n'offrira point les ressources suffisantes pour l'objet auquel il sera consacré. Quel moyen reste-t-il donc pour mener à bonne fin les travaux que demandent l'agrandissement et la restauration de l'église. Mr le président n'en connaît point d'autre que celui qu'il va proposer au conseil.

    Mr l'abbé P. Bellocq a déjà fait beaucoup de sacrifices pour la restauration des églises des deux quartiers du Mus et d'Aulès, à force de temps, de patience et d'argent, il est parvenu à mettre dans un état convenable ces deux églises, auparavant si pauvres et si délabrées. Maintenant, il serait disposé à faire tous les sacrifices possibles pour la restauration et l'embellissement de l'église du bourg. Mais il désirerait que le conseil de fabrique voulût bien consentir et s'engager à lui rembourser les sommes qu'il aurait avancées, et pour lesquelles il n'exigerait jamais aucun intérêt. Ce remboursement pourrait s'effectuer par annuités de cent francs ou de cent cinquante francs, au fur et à mesure que la caisse de la fabrique aurait des fonds disponibles. Mr l'abbé s'engage, en même temps à présenter tous ces comptes au conseil en lui fournissant une note exacte de toutes les recettes et de toutes les dépenses et en lui faisant connaître le chiffre définitif produit par la souscription et la loterie, dont il est parlé plus haut. Après cet exposé, Mr le président a demandé au conseil son avis sur la proposition qu'il venait de lui soumettre.

    Le conseil, considérant la nécessité de l'agrandissement et de la restauration de l'église du bourg, / Vu l'insuffisance des ressources de la fabrique pour l'exécution de tous ces travaux, / Vu les facilités qui lui sont accordées pour le remboursement des avances qui auront été faites, / Est d'avis, à l'unanimité, d'accepter la proposition que Mr le président lui a soumise. En conséquence il s'engage à rembourser à Mr l'abbé P. Bellocq, par annuités de cent ou de cent cinquante francs, toutes les dépenses déjà faites et qui se feront encore, pour tous les travaux d'agrandissement, de restauration et d'embel[l]issement de l'église du bourg.

    Aucun autre objet de délibération n'ayant été proposé, et personne ne demandant la parole, Le présent procès verbal a été dressé, en séance et ont signé, après lecture faite, tous les membres présents. Fait à Doazit, les jours, mois et an que dessus, / B. Bellocq, Beyris, Tachoires, Fauthoux, Sansoube, Canton."

    3. "1872. Arrêté de compte de la fabrique rendu par le trésorier pour l’année 1871. /Acceptation du legs fait par feu Jean Pierre dubernet à la fabrique de Doazit. / Emploi de la somme du legs pour payer les travaux faits à l’église. / Reconnaissance des avances faites par Mr l’abbé Pierre Bellocq pour la restauration et agrandissement de l’église à partir du 2 8bre 1864. / Renouvellement triennal de trois membres sortant de droit et nommination [sic] du président du secrétaire, et d’un membre du bureau des marguilliers et Budget de 1873 relaté.

    L’an mil huit cent soixante douze, le sept du mois d’avril dimanche de Quasimodo, le conseil de fabrique de la paroisse de Doazit dument convoqué au prône de la messe s’est réuni dans le lieu ordinaire de ses séances, sous la présidence de Monsieur Bernard Bellocq, curé de la dite paroisse, étant présents M.M. Broca Perras Maire, Beyris (Étienne), Fautoux (François), Laloubère (Pierre), Barbe (Grégoire) et Canton (Jean).

    Monsieur le président ayant ouvert la séance a commencé par annoncer au conseil qu’il a reçu de Monsieur Dubernet de Ste Colombe, huit cent quatre vingt six francs cinquante centimes, montant du legs fait à la fabrique par feu Monsieur son oncle, Jean Pierre Dubernet, Monsieur le président a proposé, en conséquence au conseil d’employer cette somme au payement des travaux exécutés à l’église à partir du mois de décembre dernier, Le conseil considérant la nécessité de ces travaux, pour le payement desquels il n’y a point d’autres ressources, approuve la proposition de Monsieur le président, et décide à l’unanimité que le montant du legs de Monsieur Dubernet recevra la destination proposée. [...]

    Après cette dernière opération, Monsieur le président a présenté au conseil l’exposé suivant.

    Le deux octobre mil huit cent soixante quatre, le conseil de fabrique de la paroisse de Doazit reconnaissant la nécessité d’agrandir et de restaurer l’église du bourg, prit, à l’unanimité, une délibération par laquelle il autorisait Monsieur l’abbé Pierre Bellocq à faire exécuter tous les travaux nécessaires pour l’agrandissement et la restauration de la dite église ; cette autorisation fut accompagnée d’une promesse formelle. Le conseil s’engagea, d’une voix unanime, à rembourser, par annuités, mais sans intérêt, à Monsieur l’abbé (Pierre) Bellocq toute[s] les avances qu’il serait obligé de faire pour l’exécution de ces travaux, Monsieur l’abbé Pierre Bellocq s’engagea de son côté, à présenter au conseil le compte détaillé de toutes les dépenses, avec le chiffre exact de toute[s] les sommes que produiraient le secours accordé par le gouvernement, la loterie d’un tableau, approuvée par Monsieur le Préfet, et la souscription qui devait être ouverte dans la paroisse, Après ces engagements, pris de part et d’autre, Monsieur l’abbé P. Bellocq mit la main à l’œuvre, disposé à faire tous les sacrifices qui seraient en son pouvoir pour mener à bonne fin les travaux dont il était chargé. A force de soins, de peines et de patience, il est, enfin, à peu près, parvenu au but de ses désirs, Les deux nefs de l’église ont été agrandies d’une travée ; deux autres travées ont été complètement reconstruites ; les voûtes et les nervures avec les piliers et les arceaux, ont été entièrement grattées, et enduites de nouveau ; le carrelage a été renouvelé ; quatorze fenêtres, neuves, ont reçu des vitraux peints, ainsi que les deux anciennes fenêtres, géminées, du sanctuaire ; toute la nef collatérale a été peinte et décorée, un autel de marbre blanc, avec six chandeliers et une croix de cuivre doré, orne la chapelle du St Rosaire, dont la voûte a reçu une riche décoration ; enfin le bas de tous les murs de la nef collatérale et des piliers a été revêtu d’une boiserie, peinte et vernie, d’un mètre de hauteur.

    Il reste bien encore, plusieurs travaux à exécuter, pour la restauration et l’ornementation complètes de l’église, mais la fabrique n’ayant point de ressources, et celles de Monsieur l’abbé P. Bellocq se trouvant épuisées, il faut attendre que la providence vienne au secours de leur détresse, pour leur procurer le moyen de fournir aux frais considérables qu’exigeraient ces derniers travaux, Dans cette attente, Monsieur l’abbé Pierre Bellocq, voulant remplir sans plus de retard, l’engagement qu’il a pris, vient présenter ses comptes au conseil de fabrique, et le prie de procéder immédiatement à leur vérification.

    Après cet exposé, Monsieur le président propose au conseil d’agréer cette demande, et de vérifier sur le champ les comptes que lui présente le directeur des travaux exécutés à l’église, à partir de l’année 1864 jusques au 7 avril 1872.

    Le conseil s’empresse d’accepter la proposition de Monsieur le président, et procède à l’apurement des dits comptes. Après examen et vérification faite du tout, le conseil reconnait que le total des dépenses, jusques au 7 avril 1872, est de quinze mille deux cents trente six francs, cinquante six centimes, ci 15236f, 56c et que le chiffre des recettes, jusqu’au dit 7 avril est de huit mille cinq cent trente francs, quinze centimes : 8530f, 15c. D’où résulte, entre les sommes reçues et celles qui ont été dépensées, la différence d’un déficit de six mille sept cent six francs quarante un centimes, ci 6706f, 41c.

    Cette vérification terminée, Monsieur le président fait observer au conseil que de cette somme de 6706f, 41c il faut déduire 351 francs, que monsieur l’abbé P. Bellocq n’a point payés, mais qu’il porte en compte pour faire figurer le total exact des dépenses. Ces 351 f. sont le prix de bois de charpente et de pierre de taille, fournis par la commune, à laquelle la fabrique doit les rembourse. Ce remboursement est déjà fait en grande partie, La commune a reçu, d’abord, 160f,96 centimes, valeur de matériaux fournis pour l’établissement des sœurs. Un second paiement de cinquante francs a eu lieu en 1869, Il reste donc encore à payer 140f00 c, dont le remboursement s’effectuera par annuités de cinquante francs, à partir de cette année. La dite somme de 351f étant ainsi défalquée des 6706f,41c portés en déficit, le chiffre des avances faites pour l’église par Monsieur l’abbé P. Bellocq, se trouve réduit à 6355f,41c.

    Le conseil fidèle aux engagements qu’il a pris dans sa délibération du deux octobre mil huit cent soixante quatre, et reconnaissant que la fabrique est redevable à Monsieur l’abbé (Pierre) Bellocq de six mille trois cents cinquante cinq francs quarante un centimes, décide que cette somme lui sera remboursée par annuités de cent cinquante francs, à partir de l’année mil huit cent soixante treize. Après cette décision du conseil, le présent procès verbal a été dressé en séance, et ont signé, après lecture faite, tous les membres présents approuvant treize mots rayés nuls ci dessus, fait à Doazit les jour mois et an sus dits / Laloubère, Barbe, B. Bellocq, Beyris, Fauthoux."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Église, presbytère, cimetière, 1840-1936.

    Archives départementales des Landes : 2 O 678
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique, 3 mars 1906.

    Archives départementales des Landes : 70 V 108/7
  • Église : acquisition d'un maître-autel, 1874.

    Archives départementales des Landes : 70 V 108/4
  • Legs à la fabrique (Jeanne Ricarrère, 1888-1889).

    Archives départementales des Landes : 70 V 108/8
  • Livre de compte de la fabrique des églises Saint-Jean d'Aulès et Notre-Dame du bourg de Doazit (1729-1793).

    Archives paroissiales, Doazit
  • Registre de comptes et délibérations de la fabrique des églises de Doazit (1811-1833).

    Archives paroissiales, Doazit
  • Registre des délibérations de la fabrique des églises du bourg de Doazit et du Mus (1834-1840).

    Archives paroissiales, Doazit
  • Registre des recettes et dépenses de la fabrique de l'église du bourg de Doazit et de Saint-Martin du Mus (1839-1872).

    Archives paroissiales, Doazit
  • Registre des délibérations de la fabrique de l'église du bourg de Doazit (1841-1872).

    Archives paroissiales, Doazit
  • Livre de compte de la fabrique de Doazit (1872-1923).

    Archives paroissiales, Doazit
Bibliographie
  • "État de l'argenterie remise au district de Saint-Sever". Archives parlementaires 1787-1860. Tome LXXXIV. Paris, 1962.

    p. 341
  • CABANOT Jean, MARQUETTE Jean-Bernard, SUAU Bernadette. Guide pour la visite de quelques églises anciennes de Chalosse. Amis des Églises anciennes des Landes. Dax : Barrouillet, 1987.

    p. 22
Périodiques
  • D'ANGLADE Alain. "Les Foix-Candale, barons de Doazit en Chalosse". Bulletin de la Société de Borda, 1952.

  • MASSIE Jean-François. "L'église Notre-Dame de l'Assomption du bourg de Doazit". Bulletin de la Société de Borda, 1976, n° 361.

    p. 23-40
  • MASSIE Jean-François. "Les origines du bourg de Doazit". Bulletin de la Société de Borda, 1974, n° 352.

    p. 399-423
Multimedia
  • PRIAM Jean-Pierre, BELLOCQ Dominique. Registre paroissial. Notices, histoire, usages, faits divers, 1838-1850. Document en ligne : http://dzt-isto.chez-alice.fr/notice.htm

  • FERRÉ Joseph. Regards sur le passé. Monographie historique de Doazit. 1940. Document en ligne : http://dzt-isto.chez-alice.fr/dzt_jf1.htm

  • LAMAIGNERE Raphaël. Doazit aux trois églises. Essai de reconstitution de l'histoire locale religieuse d'après les documents officiels, par l'Abbé Raphaël Lamaignère de Doazit, curé de Saint-Aubin. 1941. Document en ligne : http://dzt-isto.chez-alice.fr/dzt_rl.htm

  • DUBEDOUT Philippe. Archiprêtré et archiprêtres de Chalosse. 1993. Document en ligne : http://dzt-isto.chez-alice.fr/22_archi.htm

  • DUBEDOUT Philippe. Les clés de voûte des églises de Doazit. 1996. Document en ligne : http://dzt-isto.chez-alice.fr/30_voute.htm

  • DUBEDOUT Philippe. Les cloches de Doazit. 1996. Document en ligne : http://dzt-isto.chez-alice.fr/32_cloch.htm

  • DUBEDOUT Philippe. Les Doazitiens de la Révolution. Document en ligne : http://dzt-isto.chez-alice.fr/15_revol.htm

Liens web

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