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Eglise paroissiale Notre-Dame, ancien prieuré de Bayon

Dossier IA33008747 inclus dans Village de Bayon-sur-Gironde réalisé en 2015

Fiche

Vocables Notre-Dame
Dénominations église paroissiale, prieuré
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive droite)
Hydrographies Gironde la Dordogne la
Adresse Commune : Bayon-sur-Gironde
Lieu-dit : Cadastre : 1819 B1 138 ; 2015 B 463

L'église de Bayon conserve des éléments du 12e siècle (porte occidentale, niveaux inférieurs du clocher, chevet, chapiteaux) ; elle a toutefois été largement remaniée et reconstruite au cours du 19e siècle. L'existence d'un prieuré dépendant successivement des abbayes de Bonlieu, de Saint-Vincent de Bourg et de l'ordre des Feuillants est attesté.

En 1660, un document indique que l'église a été "remise et restaurée par M. Eyquem, conseiller aux Aides". Il s'agissait de travaux à réaliser au chœur de l'église, "lequel menassoit ruine par trois grandes crevasses, depuis le toit jusques aux fondements, et laquelle réparation et dépense peut avoir bien cousté 3000 francs" (18 avril 1686). Il semble qu'une chapelle ait été construite au sud en 1640. Enfin une porte datée 1655 est mentionnée en 1975 par Dom Biron, dans le mur nord de l'église, donnant accès au cloître démoli.

En 1790, l'église est jugée trop exigüe : il est prévu de construire un bas-côté nord.

En 1792, on procède à des réparations à la toiture et au "ballet". En 1802, la situation s'est aggravée puisque la charpente de la voûte du sanctuaire s'est écroulée ; les toitures et le lambris de la nef sont également en mauvais état. Rien ne semble avoir été engagé et des travaux sont finalement réalisés en 1837-1838. C'est aussi semble-t-il à cette époque que le sol a été exhaussé : un témoignage daté de 1840 indique que "il fallait descendre quelques marches pour descendre dans l'église (...). Peu importait que ce pavé fut revêtu d'inscriptions, comme on l'a assuré (...) ; et c'est sur un carrelage rougeâtre, en terre cuite, dont l'exhaussement a détruit l'harmonie générale des proportions, que l'on promène ses pas. Des fragments du banc intérieur qui ne s’élèvent plus que de quelques décimètres au-dessus du sol indiquent de quelle quantité l'exhaussement a eu lieu. La porte d'entrée y a aussi perdu ses proportions ; les colonnes qui supportent l'arc roman ont été enfouies en partie".

A partir de 1842 est évoquée la possibilité de construire une chapelle au nord, en pendant de celle existant au sud.

Léo Drouyn visite l'église les 2 et 3 octobre 1851. Il réalise plusieurs dessins, notamment une vue de la façade occidentale avec les maisons qui s'y trouvent encore accolées au nord.

En 1860, des projets d'agrandissement sont proposés par l'architecte J. Hosteing, avec la construction de deux chapelles latérales formant croix latine avec la nef et le remplacement du lambris par une voûte. Le projet est retenu même si de nombreuses critiques y sont apportées par la Commission des Monuments historiques. A cette occasion, la question du couvrement d'origine de l'église est posé : l’historien et archéologue Félix de Verneilh (1820-1864) évoque un édifice voûté à file de coupoles quand l'architecte Charles Durand lui oppose une voûte en berceau. Selon ce dernier, une première voûte en berceau aurait existé : devenue trop lourde, elle aurait été remplacée par une voûte d'ogives avec contreforts. C'est également à cette époque que l'on s'interroge sur une "pierre tumulaire d'environ 0,90m à 100 carré, couverte de sculptures et présentant une grande analogie avec celles qui se trouvent dans la crypte de Saint-Seurin" : elle est alors entreposée à l'extérieur de l'église dans le cimetière adjacent (aujourd'hui, elle se trouve remployée en devant-d'autel).

Les travaux de l'église ne sont qu'en partie réalisés, faute de moyens : en 1865, les chapelles et la sacristie ont été construites, les fenêtres de la nef ont été remaniées, une croix romane a été installée au pignon de l'arc triomphal et l'abside a été restaurée. Des plaques commémoratives ont été insérées à la base des murs des chapelles nouvellement édifiées : elles évoquent Françoise Roux inhumée le 13 mars 1842, Marie et Jean-Baptiste de Saint-Cricq inhumés les 16 novembre 1840 et le 22 novembre 1845, Elisabeth Quimaud inhumée le 10 novembre 1847.

Les verrières ont été offertes par les paroissiens des différents hameaux de la commune, ainsi que par les familles de notables locaux (Eugène Cailleux, Eugène Grimard, Felix Fonteneau...). La verrière représentant saint Jean-Baptiste, donnée par Mme Vve Viaud, née Attié, est datée 1857. On trouve également sur cette verrière la signature du peintre-verrier Joseph Villiet et la date incomplète 186[?].

En 1873, un devis est établi par J. Hosteing pour la construction d'un clocher. L'état de l'ancien clocher est alors évalué : il présente des problèmes de structure, toutefois Léo Drouyn plaide en faveur de sa conservation. En 1874, la fabrique et le conseil municipal valident le projet de construction du clocher. En 1875, la Commission des Monuments historiques le rejette, tout comme le préfet. Il semble qu'un projet de restauration du clocher ait été demandé à l'architecte J. Mondet. En 1877, ses plans et devis sont approuvés ; M. Laroche est l'entrepreneur choisi tandis que le décor sculpté est confié à Jean Mora, artiste à Bordeaux, à qui l'on doit notamment la statue de la Vierge.

La même année, Mme Pierlot fait don d'une horloge des ateliers Borrel-Wagner à Paris (encore en place). Elle finance également la réalisation de la chaire, comme l'indique une inscription.

En 1890, les abords de l'église sont dégagés des bâtiments qui s'y trouvaient au nord, jouxtant le presbytère. Les augmentations et diminutions des matrices cadastrales indiquent ainsi que deux maisons (parcelles B135 et B136) sont vendues pour être démolies et que la parcelle B137 est utilisée pour aménager une place publique.

Le clocher de l'église a été restauré entre 2008 et 2014.

Période(s) Principale : 12e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Hosteing J., architecte, attribution par source
Auteur : Mondet Jean Jules,
Jean Jules Mondet (1834 - 1884?)

Architecte né à Bordeaux. Elève de MM. Labbé et Danjoy.


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architecte, attribution par source
Auteur : Villiet Joseph,
Joseph Villiet (1823 - 1877)

Peintre-verrier à Bordeaux.


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peintre-verrier, signature
Auteur : Mora Jean,
Jean Mora

Successeur de Léon Baleyre (décédé en 1873) pour la sculpture de Saint-Front de Périgueux, il travaille étroitement avec l'architecte Paul Abadie ; il est notamment l’auteur des sculptures de l'église Sainte-Marie de La Bastide à Bordeaux et des six statues des contreforts de l'église Saint-Michel à Bordeaux (vers 1868).


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sculpteur, attribution par source

L'église est construite selon un plan en croix latine composé d'une nef unique et de deux chapelles arrondies formant transept. Au nord-ouest, le clocher précédé d'un porche donne accès à l'édifice. Au sud-est, le chevet semi-circulaire est greffé sur le mur oriental de la nef.

Le porche présente une façade à pignon découvert, consolidée par 4 contreforts et percée d'une arcade en plein-cintre et d'un oculus. L'espace est ouvert latéralement par deux autres arcades identiques, et voûté d'une croisée d'ogives. La clé de voûte est sculptée du monogramme de la Vierge AM. Le clocher de base rectangulaire s'élève sur un plan carré et est couronné d'un niveau octogonal avec dôme surmonté de la statue de la Vierge à l'Enfant. Les niveaux intermédiaires présentent des baies géminées aveugles, des baies en plein-cintre, des horloges avec mitres en amortissement. L'ensemble est orné de colonnes à chapiteaux sculptés et de corniches à modillons sculptés.

Les murs latéraux de la nef sont percés de deux grandes fenêtres en plein-cintre et scandés de contreforts. Les deux bras de transept traités en absides semi-circulaires sont composés de 4 niveaux délimités par des cordons, percés de baies en plein-cintre et de baies géminées aveugles. Sur le mur sud est greffée la sacristie. Le mur nord est flanqué d'un bas-côté. Le chevet présente 7 pans scandés de colonnes et 3 registres : un solin de mur avec arcades aveugles en plein-cintre, fenêtres en plein-cintre à rouleau et archivolte, et baies géminées aveugles. L'ensemble est couronné d'une corniche à modillons sculptés.

La porte d'entrée présente un arc à claveaux en plein-cintre avec rouleau et archivolte sculptés de motifs de croisillons et d'étoiles ; l'arc repose sur deux colonnes à chapiteaux sculptés.

La travée de clocher présente des colonnes à chapiteaux sculptés à motifs de feuilles d'eau, de lions affrontés, de drapés et d'un reliquaire ou d'une châsse avec coquilles. Le bénitier a été aménagé dans un chapiteau antique en remploi.

La nef voûtée d'ogives s'organise selon deux travées. Les colonnes sur lesquelles reposent les voûtes sont dotées de chapiteaux avec de petits culots sculptés de têtes humaines.

Le transept est formé de deux absides avec autels secondaires.

Le chœur conserve des chapiteaux historiés ainsi qu'une plaque de chancel d'époque mérovingienne insérée en devant-d'autel.

Murs calcaire pierre de taille
moyen appareil
Toit tuile creuse, pierre en couverture
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements voûte d'ogives
cul-de-four
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
croupe polygonale
dôme polygonal
Techniques sculpture

Représentations lion, feuille d'eau, tête humaine, monogramme, étoile
Statut de la propriété propriété de la commune
Éléments remarquables chevet, chapiteau
Protections classé MH, 1922/01/12
inscrit MH, 2007/12/10
Précisions sur la protection

Le clocher et l'abside : classement par arrêté du 12 janvier 1922 - L'église en totalité, à l'exception des parties déjà classées (cad. B 463) : inscription par arrêté du 10 décembre 2007.

Annexes

  • Inventaire sommaire du décor de l'église

    Verrières

    -Nef, Travée 1, à droite : motifs de quadrilobes et de feuillages ; écusson : Plisseau, Les Androns, Rousset, Le Breuil ; à gauche : Le Bordieu, Naudot, Cot Eyquem, Tayac

    -Nef, travée 2, à droite : écusson : Laroque, Ile Cazau ; à gauche : Bayon, Le Luc, Peyringue, Coudar, Les Paillers

    -Transept droit : au centre : Saint-Vincent ; blason non identifié ; de part et d’autre, verrière à motifs géométriques avec quadrilobes et inscriptions : Donné par M. Eugène Grimard ; Donné par M. Eugène Cailleux.

    -Transept gauche : au centre : Saint-Louis (S. LUDOVICUS REX FRA) ; armoiries des familles Chasteigner (armes d’or à un lion passant de sinople, armé et lampassé de gueules – Couronne : de Marquis – Tenants : deux sauvages de carnation appuyés sur leurs massues et ceints de feuillage sinople – cimier : un lion issant de sinople, armé et lampassé de gueules – devise : Atavis et armis ) et Béchade (De gueules au chevron d'or chargé de trois quintefeuilles de gueules et accompagnées de trois tours d'or, au chef d'or à trois étoiles de gueules)

    -Chœur

    1- Vierge + écusson : A Marie Immaculée les dames de Bayon

    2- quadrilobe avec inscription : Donné par Mme Vve Roturier

    3- pas d’inscription

    4- saint Joseph + écusson : Donné par M. Felix Fonteneau

    5- saint Jean + écusson : Donné par Mme Vve Viaud, née Attié, MDCCCLXII

    6- pas d’inscription

    7-quadrilobe avec inscription : Donné par Mr J. Roturier, cap. de n.

    Chapiteaux

    Porche : motif de drapés arrondis ; feuilles d’eau ; lions affrontés ; arche d’alliance (ou reliquaire?) et coquilles.

    Entre le porche et la nef

    Mur ouest de la nef : culots sculptés

    1ère travée et 2e travées : motifs végétaux et têtes sculptées

    Chœur : David dans la fosse aux lions ? ; Adam et Eve

  • Documentation complémentaire

    AD Gironde, E supl 2455 non déposé.

    Bénédiction d'autels, 21 octobre 1660. "bénédiction des 3 autels de l'église ""remise et restaurée par M. Eyquem conseiller aux aides"".

    Mention du curé de Bourg et des religieux de l'abbaye, "lesquels, depuis longues années, font leurs offices dans l'église parroissièle, depuis que l'église de l'abbaye est en ruine" (novembre 1685).

    Décès à Bordeaux de Louis Eyquem, conseiller à la Cour des Aides ; son corps est transporté à Bourg et inhumé dans l’église des Récollets. "Comme il avait restauré le cœur de nostre église, il a esté convenable de mètre icy en mémoire le jour de son trespas, veu mesme qu'il avoit esté de nostre confrérie, joint les charités et bienfaits que nostre dite église a souvent receu de sa maison" (24 février 1664).

    Inhumation "dans le presbitère et sanctuaire de nostre église" de Marguerite de Labrousse, veuve de Louis Eyquem, conseiller à la Cour des Aides ; le droit de sépulture dans ce lieu a été accordé à M. Eyquem et à ses descendants par Mgr de Béthune, "en conséquence de la despense que feu Monsieur et Madame d'Eyquem avoient fait pour restaurer le cœur de nostre église, lequel menassoit ruine par trois grandes crevasses, depuis le toit jusques aux fondements, et laquelle réparation et dépense peut avoir bien cousté 3000 francs (18 avril 1686).

    AM Bayon-sur-Gironde, Registre de délibérations de la commune, 1790. Délibération sur les moyens à prendre pour réunir au cimetière de l'église de Bayon le nombre de 25 pieds de long sur 12 de large nécessaire pour former un bas-côté joignant la nef de la dite église, 1790/12/12.

    Fond étroit possédé par feu M. Daleau prieur de Bourg et qui faisait partie des quéruages (?) Commun entre lui et le sieur Lauranseau, curé ; nécessité d'agrandir l'église, trop petite pour recevoir la population si considérable de la commune ; bas-côté à construire au nord.

    AM Bayon-sur-Gironde, Registre de délibérations de la commune, 1790. Délibération sur les réparations urgentes de l'église, 1792/09/19.

    Pierre Simon maçon habitant de la paroisse de Samonac qui a entrepris la couverture de toute l'église compris le ballet.

    AM Bayon-sur-Gironde, Registre de délibérations de la commune, 1790. Cloche fondue et signes féodaux effacés, [deux décade de la 2e décade de la ?? année de la république].

    Considérant que la loi du 23 juillet dernier porte qu'il ne sera laissé qu'une seule cloche dans la paroisse et que les autres seront mises à la disposition du conseil exécutif, arrêté que sous 15 jours la petite cloche sera descendue et envoyée au district pour être fondue et convertie en canon. Un membre a ensuite observé qu'il restait encore des marques de féodalité dans notre église (bancs sortis et donnés à la communauté) ; toutes les armoiries ou signes féodaux seront effacés des ornements de la susdite église.

    AM Bayon-sur-Gironde, Registre de délibérations de la commune, 1790. Avance faite par le citoyen Armengaud pour la croix qui a été faite dans la paroisse ; couverture de la nef de l'église à faire, 1793/06/14.

    AM Bayon-sur-Gironde, Archives de la fabrique. Inventaire de tous les objets appartenant à la ci-devant église de la commune de Bayon, 18 floréal an 2 (07/05/1794).

    Liste de 46 objets.

    AM Bayon-sur-Gironde, Registre de délibérations de la commune, 1790. Sur l'état de l'église : travaux à engager, 17 thermidor an 10 (05/08/1802).

    Charpente existante sur la voûte du sanctuaire s'est écroulée au point que la voûte est à découvert, le lambris existant sous la charpente de la nef menace ruine par l'effet de la quantité des eaux pluviales qui tombent journellement dessus, attendu le mauvais état de la couverture : il doit être pourvu de suite au recouvrement de la dite église pour profiter de la belle saison.

    AD Gironde, 2 O 775. Conseil de fabrique : Compte de l'ouvrage que Landard a fait à l'église de Bayon, 1832/11//04.

    Une Sainte Table en fer dans la même forme qui est posée devant le grand autel de l'église de Bourg, d'une longueur de 6 m à 23 frcs 50 le mètre ; mandat de paiement le 1832/11/11.

    AD Gironde, 2 O 775. État de la souscription volontaire faite dans la commune de Bayon et prélevé à domicile par M. le maire, l'adjoint et le curé : Réparation de la voûte du sanctuaire, 1833/11/04.

    Réception des travaux faits à la toiture de l'église le 12 juin 1838, par le sieur Morpin suivant PV du 5 novembre 1837.

    AD Gironde, 2 O 775. Mandats de paiements : Réparations à l'église, 1832-1838.

    Journées engagées à la réparation de l'église par Bourdeaux aîné maçon (1832/11/11) : taille et pose de deux marches en pierre dure entre la nef et le sanctuaire pour l'appui de communion, carreler la sacristie, griser le lambris, crépir les anciens murs, faire l'arrière-voussure de Marseille aux deux vitraux de la sacristie, recouper des anciennes moulures qu'il y avait au rez-de-chaussée ; réparation à la charpente par Dupuy menuisier (1835/02/15), réparation à la charpente par Fleuranseau (1838/06/22).

    AD Gironde, 2 O 775. Lettre du curé au ministre de l'Intérieur : État de l'église, 1834/02/18.

    L'église est dans le plus triste état ; la toiture a été endommagée par deux orages successifs, les eaux pluviales pénètrent dans son enceinte, la charpente menace ruine, les vitraux sont brisés, la chaire n'existe qu'à demi, la tribune tombe en lambeaux, les escaliers qui y conduisent inspirent par leur vétusté des craintes bien fondées pour les paroissiens qui ont coutume de s'y placer, son sol a besoin d'être carrelé dans son entier, son extérieur est dans un état de délabrement complet ; la commune a refusé de voter les fonds nécessaires à des travaux alléguant la perte de récoltes consécutives occasionnées par la grêle (...) ; demande de secours.

    AD Gironde, 2 O 775. Délibération du conseil de fabrique : État des réparations à faire à l'église, 1834/04/06.

    Toiture de l'église fortement endommagée par l'orage de 1829 et 1830 ; charpente pourrie ; toiture et charpente du clocher en ruine ; lambris de la nef pourri ; vitraux brisés ; escalier et plancher de la tribune tombent de vétusté ; sol irrégulier ; les trois portes et le mur du cimetière n'existent plus et laissent l'entrée libre aux animaux domestiques du voisinage ; le dôme de la chaire et l'autel de la chapelle ont croulé de vétusté.

    AD Gironde, 2 O 775. Lettre au grand vicaire par le desservant ; Rq : il paraît que le porche de cette église qui en masque l'entrée devrait tomber (…) : Projet de construction à l'église, 1842/02/01.

    Réparation barbare menée en 1831 ; plan de l'église et de la chapelle qui existe : bâtie au midi en 1640 cette dernière est assez bien. Il s'agirait d'en construire une autre au nord parallèle et parfaitement semblable, voûtée avec arêtes, ouverte dans l'église par un plein cintre entre deux contreforts et dans un mur entièrement uni des deux côtés. Son pignon comme celui de l'autre s'élevant à peine jusqu'à une haute fenêtre placée au-dessus jusqu'à une haute fenêtre placée au-dessus ne doit ni effleurer les belles bordures qui la décorent ni masquer en rien l'édifice qui devient par là régulier au dehors et en dedans. M. l'architecte Lacourrière envoyé ici pour exploration scientifique aurait constaté même l'opportunité du projet ce qu'il m'avait promis s'il n'avait pas reconnu plus tard qu'il n'avait pas alors mission pour ça (...). Maintenant un motif puissant c'est l'agrandissement de l'église dont la capacité depuis 50 ans n'est plus en rapport avec la population actuelle. L'industrie des carrières et de la navigation ont considérablement accru le nombre des habitants, comme l'indiquent ces blanches maisons multipliées le long du fleuve. Une annexe qui ne peut avoir d'autre église, l'augmente encore depuis 8 ans de plus de 400 âmes. Nos temples enfin sont plus que des monuments à étudier : ce sont des églises avant tout : leurs sculptures même ne sont pas faites pour la froide admiration des curieux.

    AD Gironde, 2 O 775. Séance du conseil municipal : Grosses réparations à l'église, 1846/05/11.

    Construction qui se détériore principalement dans sa base ; pièces à changer dans la charpente ; murs lézardés, pierres désunies ; chapelle à construire pour agrandir l'édifice. Commune déjà engagée dans les travaux de restauration du presbytère.

    AD Gironde, 157 T1 A. Courrier de Ch. Deschamps fils, 1854.

    Mentionnant 3 feuilles de dessin pour un projet de chapelle destiné à agrandir l'église.

    AD Gironde, 2 O 775. Notes du le projet d'agrandissement de l'église de Bayon, [1860].

    2e examen de la commission ; documents fournis : une façade latérale sur laquelle sont figurées les dispositions projetées ; une coupe transversale de l'état actuel ; une coupe longitudinale de l'état actuel. M. Hosteing, auteur du projet ; nouveau devis proposé le 14 avril 1860 ; pb concernant la pente de la toiture, erreurs dans les dimensions.

    AD Gironde, 2 O 775. Délibération de la fabrique : Travaux à exécuter à l'église, 1860/05/06.

    État déplorable du lambris qui recouvre la nef de l'église et qu'une inscription qui s'y lit encore fait remonter à 70 ans, c'est-à-dire à 1790 ; l'église a besoin d'être agrandie (population de la paroisse : 1400 habitants) ; plan dressé par M. Hosteing aîné consistant en l'addition de deux chapelles latérales ou absides secondaires sous forme de croix latine et la construction d'une voûte en remplacement du vieux lambris ; travaux à réaliser en deux temps faute de moyens : chapelle nord et voûte puis chapelle sud.

    AD Gironde, 2 O 775. Commission des Monuments historiques : Lettre de A. Labbé au Préfet, 1860/06/18.

    Remarques sur le projet de restauration de Hosteing : pb du peu de pente des pignons et de la couverture qui semble se poser directement sur les voûtes.

    AD Gironde, 2 O 775. Commission des Monuments historiques : Lettre de A. Labbé au préfet, concernant projet d'agrandissement de l'église, 1860/08/22.

    Avis favorable malgré de nombreuses critiques : pb de la toiture et de la charpente, pb des colonnes engagées des absides projetées sur la façade extérieure paraissent maigres ; elles devraient être renforcées par des pilastres latéraux et seraient ainsi plus en harmonie avec les dispositions de l'abside centrale ; pb de dimensions inexactes dans le devis.

    AD Gironde, 2 O 775. Commission des Monuments historiques : Projet de travaux à exécuter à l'église de Bayon, 1861/05/31.

    Église sans doute voûtée à l'origine au vu de l'épaisseur des murs (1,20m) et de la puissance des contreforts (2m de large et 0,90 de saillie, espacés de 6,50m d'axe en axe) : voûte en berceau? File de coupoles? Le clocher porte encore la trace irrécusable du scellement d'un faitage supérieur de 0,70m environ au faitage actuel, le supplément de hauteur suffit pour rendre possible la construction d'une voûte en arc d'ogive. La charpente a donc été baissée ; les murs de la nef l'ont été aussi et d'une quantité semblable. Nous en avons vu la preuve dans un retour de cordon de couronnement sur le pignon du grand arc et qui venait évidemment couronner les murs de la nef ; conclusion : une 1ère voûte en berceau mais trop lourde donc a créé des désordres ; reconstruction d'une voûte d'ogives avec contreforts.

    AD Gironde, 2 O 775. Commission des Monuments historiques : Lettre au préfet, 1861/06/05.

    Questionnement à propos du couvrement de l'église : hypothèse des files de coupoles (rejetée) ; pb de l'évaluation et de l'imprécision du devis de l'architecte.

    AD Gironde, 2 O 775. Lettre de la commission des Monuments historiques au préfet : Pierre tumulaire enlevée dans l'église, 1861/08/25.

    Pierre tumulaire d'environ 0,90m à 100 carré, couverte de sculptures et présentant une grande analogie avec celles qui se trouvent dans la crypte de Saint-Seurin ; on suppose que ces pierres sont de l'époque mérovingienne ; pdt les travaux de l'église, pierre déplacée et mise avec les débris ; 30 juillet 1862 : la pierre est toujours dans le cimetière au milieu des débris.

    AC Bayon-sur-Gironde, Archives de la fabrique. Procès verbal, 1861/09/15.

    Compléter la restauration de l'église par l'adjonction d'une seconde chapelle semblable à celle qui est en ce moment en voie de construction, et conformément au plan qui en a été dressé dès l'année dernière par l'architecte choisi par la fabrique M. Hosteing aîné à cette époque, la commune étant dans l'incapacité la plus absolue de lui venir en aide, la fabrique y supplée de son mieux par son zèle (...). Reste maintenant la chapelle du sud dont la construction n'importe pas moins tant au point de vue du besoin d'agrandissement de l'église que comme moyen de faire disparaître des constructions de mauvais goût qui la dégradent et empêchent de procéder à la restauration de la partie qui offre le plus d'intérêt ; demande de secours de l'Etat.

    AC Bayon-sur-Gironde, Archives de la fabrique. Extrait du registre de délibérations de la commune, 1861/10/02.

    Par une délibération du 24 mai 1860, le conseil de la fabrique a obtenu l'autorisation de réparer et d'agrandir l'église par deux chapelles latérales ; faute de moyens, seule la voûte et une chapelle furent entreprises ; souhaite compléter les travaux mais pas de ressources : la commune ne peut venir en aide à la fabrique en raison de l'emprunt contracté de 13200 frcs pour le chemin de la Reuille (n°99) ; demande de secours au préfet.

    AD Gironde, 2 O 775. Commission des Monuments historiques : Lettre de Ch. Durand à propos de la pierre sculptée, 1862/07/04.

    AD Gironde, 2 O 775. Mémoire des travaux exécutés pour la restauration et l'agrandissement de l'église de Bayon, par J. Hosteing, 1865/03/18.

    Matériaux pour construction des chapelles nord et sud et de la sacristie : pierre de Bourg ou de la Roque de Thau ; ouvertures dans les vieux (?) des deux arcades des chapelles et le remplissage du vide de l'escalier ; fenêtres de la grande nef construites dans les vieux murs ; croix romane du pignon de l'arc triomphal ; charpentes de la nef et des chapelles ; restauration de l'abside : ouverture de cinq arcatures basses, ouverture de 3 fenêtres dans le vieux mur, construction de deux crédences.

    AM Bayon-sur-Gironde, Archives de la fabrique. Règlement des comptes relatifs à l'érection du grand autel de l'église de Bayon, 1869/04.

    Payé à M. Laroche, à Poussielgue, orfèvre à Paris, Maurice carreleur, Sourigues menuisier, Bernard maçon.

    AM Bayon-sur-Gironde, Archives de la fabrique. Règlement pour l'autel de la très Sainte Vierge, 1869/05.

    Payé à Mme veuve Larroque, Poussielgue orfèvre à Paris, Puy menuisier.

    AM Bayon-sur-Gironde, Archives de la fabrique. Devis : construction du clocher, J. Hosteing architecte, 1873/09/25.

    Travaux à faire pour la reconstruction du clocher et prolongement de la nef de l'église de la commune de Bayon ; démolition des anciennes toitures, charpentes du clocher et acôtés, démolition des vieux murs du clocher et des 2 accôtés du clocher ; mention de l'étage octogone du clocher et de la flèche ; charpente de la nef est en bois de sapin du nord ; couverture en tuiles creuses de Gironde ; carrelage en grands carreaux de terre cuite de Gironde taillés brut et posés en damier ; grille de la tribune en fer forgé portant enroulements ; croix du clocher et paratonnerre ; sculpture : fleuron de la flèche sur pierre de Frontenac, clochetons en pierre batarde du pays, chapiteaux des clochetons et des fenêtres de l'étage octogone (...), clefs des deux voûtes du clocher et de la nef avec armoiries, pattes des bases sur pierre dure, motif du tympan de la porte d'entrée sur pierre batarde.

    AD Gironde, 2 O 775. Lettre du curé de Bayon à l'archevêque sur la construction du clocher, s.d.

    D'après quelques rumeurs : "on ne veut pas de notre clocher, on n'en veut pas parce que M. Hosteing en est l'architecte, on n'en veut pas surtout parce que cela est trop bien : ces curés veulent tous des cathédrales (le mot a été dit), ils prennent une influence trop grande.

    AD Gironde, 2 O 775. Commission des Monuments historiques : Rapport de la sous-commission chargée d'examiner l'église de Bayon au sujet d'un projet de reconstruction du clocher, s.d.

    Examen par Léo Drouyn, Marioneau et Paul Couran : suite à des travaux exécutés il y a quelques années, l'église de Bayon a subi des modifications considérables ; deux chapelles latérales ont été construites entre l'abside et la nef et forment transept. On a agrandi les baies de l'abside et augmenté leur nombre. Les murs de la nef ont été surhaussés. Le lambris en bois a été remplacé par une voûte en pierre. Le style de ces parties modernes est en harmonie avec celui des parties anciennes. Le vieux clocher est resté à peu près intact. On a seulement changé aux arcs des fenêtres quelques voussoirs ruinés et construit une voûte en pierre au-dessus du soubassement qui forme porche intérieur. Cette voûte ne produit qu'une faible surcharge et cependant elle semble avoir augmenté le mauvais état des piliers. Celui de ces piliers qui forme l'extrémité du mur à droite en entrant dans la nef s'écrase d'une manière assez apparente pour qu'il y ait nécessité de le reconstruire en sous-œuvre sans trop tarder. Le mur extérieur avait éprouvé les accidents de même nature et l'on a été contraint à une époque qui paraît ancienne de diminuer la largeur de la porte pour supporter par de nouveaux piédroits une partie du cintre qui s'écrasait. Toutes ces maçonneries sont du reste construites en pierre molle et très peu résistante. Les pierres de l'extérieur sont cependant plus fermes et couvertes d'une mousse grise qui les met à l'abri de l'action des agents atmosphériques. Cet extérieur présente seul un intérêt archéologique. C'est la partie qu'il faudrait conserver. Si l'on s'y détermine, on devra, après avoir reconstruit en sous œuvre le soubassement, reconstruire l'intérieur dans les étages au-dessus sans toucher une seule pierre extérieure. Ce travail serait fait de manière à lier l'ancienne et la nouvelle maçonnerie mais on prendrait des précautions spéciales pour éviter les tassements qui occasionneraient des ruptures. Tout cela est possible, ce serait néanmoins dispendieux, puis bien des obstacles s'y opposeront sans compter le mauvais vouloir de ceux qui auront à exécuter ou à diriger l'exécution. Aussi doit-on peut-être tout en déplorant la perte d'un monument qu'on aurait voulu conserver reconnaître la nécessité de le démolir et déclarer que la reconstruction ne peut plus avoir d'intérêt au point de vue spécial où se place la commission des monuments historiques ; note de Léo Drouyn : "je n'ai pas vu l'église de Bayon avec la commission parce que le jour qu'elle avait choisi pour faire cette visite j'étais malade, mais je connais ce monument, je le connaissais avant les restaurations qui lui ont enlevé tout son caractère ancien. Le clocher seul reste debout et cependant il n'est pas à l'intérieur tel que je l'ai vu autrefois. Néanmoins je crois que malgré son mauvais état, il faut le conserver. Des armatures en fer suffiraient pour le maintenir encore bien longtemps et cette opération couterait moins cher que celle proposée dans le rapport ci-dessus et surtout moins cher qu'une reconstruction. Trop de clochers ont été démolis depuis trente ans sous le prétexte qu'ils n'étaient pas solides ; essayons de conserver celui de Bayon et je suis persuadé que cet essai réussira".

    AM Bayon-sur-Gironde, Archives de la fabrique. Délibération pour la construction du clocher, 1874/01/27.

    Poursuite des travaux interrompus faute de moyens : construction du clocher et agrandissement nécessaire : M. Hosteing, architecte.

    AM Bayon-sur-Gironde, Archives de la fabrique. Extrait du registre de délibérations du conseil de fabrique, 1874/01/27.

    Délibère sur le projet de l'achèvement de l'église dont les travaux furent interrompus il y a huit ans pour être repris lorsque les ressources de la paroisse le permettraient. Le plan et le devis de ce travail consistant dans la construction du clocher et un agrandissement absolument nécessaire de l'église sont présentés par M. Hosteing architecte demeurant à Bordeaux qui a dirigé les premiers travaux avec un soin qui lui a mérité la confiance de la paroisse. Plan et devis approuvés. Vœu de choisir un entrepreneur local parce que "dans la paroisse même de Bayon se trouvent de nombreuses carrières de pierres et qu'un grand nombre de souscripteurs, propriétaires de carrières, paieraient leur souscription en matériaux et en journées" ; financement des travaux déjà réalisés et ceux à venir par la fabrique et les paroissiens.

    AM Bayon-sur-Gironde, Archives de la fabrique. Extrait du registre de délibérations de la commune, 1874/01/31.

    Projet de l'achèvement de l'église avec construction d'un clocher et agrandissement absolument nécessaire de l'église : accord à l'unanimité.

    AD Gironde, 2 O 775. Commission des Monuments historiques : Notes sur le projet de construction d'un clocher à l'église de Bayon par Charles Burguet, architecte rapporteur, 1874/03/11.

    Valeur archéologique et artistique reconnue ; église qui possède déjà un clocher de plan carré dont la valeur ne paraît pas moindre que celle du reste de l'édifice ; reconstruction d'un clocher pas évidente.

    AD Gironde, 2 O 775. Commission des Monuments historiques : Extrait du PV, Hosteing, architecte, Burguet, rapporteur, 1874/03/11.

    Demande de faire procéder à un rapport détaillé de la situation du clocher actuel ; interdit en attendant la démolition du clocher.

    AM Bayon-sur-Gironde, Archives de la fabrique, Lettre de J. Hosteing, architecte, au maire concernant le projet de reconstruction du clocher de l'église, 1874/04/06.

    Rapport sur la nécessité de ces travaux : L'église de Bayon, il est vrai, est un des plus beaux types de l'architecture romane, dans le département de la Gironde, aussi la commune de Bayon a-t-elle fait les plus grands sacrifices pour le conserver. Elle demande aujourd'hui à compléter son œuvre par la reconstruction du clocher. Le caractère de cet ancien monument a été dénaturé par l'addition d'un étage de maçonnerie du plus mauvais goût, d'un porche devant la façade, et d'une dépendance au sud ; l'intérieur a aussi perdu tout son caractère ancien, par suite de réparations faites et qui ne datent pas d'une époque très reculée ainsi que l'a écrit M. Lamothe, secrétaire de la commission des Monuments historiques, dans un rapport sur l'église de Bayon (compte-rendu des travaux de la dite commission des monuments historiques pendant l'année 1847-48, page 12). La construction du nouveau clocher ne dénature pas le caractère de l'église ; il est la continuation de la restauration commencée en 1862, et autorisée après un avis favorable de la commission des monuments historiques, qui n'a été donné qu'après une étude faite sur les lieux par Messieurs Burguet et Durant, architectes, et membres de la dite commission, et l'avis également favorable de M. l'architecte diocésain ; ce dernier est joint au dossier. Quant au reproche du peu d'espace donné par la construction proposée, il faut remarquer, M. le Maire, qu'une travée plus grande aurait été une faute, vu déjà la longueur de la nef et son peu de largeur ; cependant, cet agrandissement vous donne, y compris la tribune, 40 mètres carrés, ce qui paraît répondre à vos désirs, aussi bien qu'à ceux de M. le curé de Bayon, lequel affirme que cet agrandissement, joint à celui qui a été procuré en 1862, par la construction des deux chapelles latérales, est suffisant pour les besoins du culte. Enfin, M. le Maire, le clocher actuel de l'église de Bayon a non seulement perdu tout son caractère, comme le dit fort bien M. Lamothe, dans son rapport cité plus haut, mais encore les murs du clocher sont dans un état de dégradation complète, et hors d'état d'être restaurés ; cette dégradation est telle qu'en frappant sur les pierres qui en font un revêtement très mince, ces pierres s'enfoncent dans le garnissage des murs et le mortier tombe en poussière ; j'ajoute que ce dernier est à ce point détérioré, que par les temps de pluie l'eau suinte en abondance dans l'intérieur de l'édifice. La démolition de cette ruine est donc indispensable non seulement pour compléter le monument, mais encore pour éviter des accidents fâcheux que pourrait occasionner la chute de cette ancienne construction, dans un avenir plus ou moins prochain. Il est peut-être bon aussi, pour faire apprécier à Messieurs les membres de la commission des travaux publics, combien ce clocher dont le caractère semble être plus ancien que l'église doit offrir peu de solidité, il est peut-être bon, dis-je, de leur faire connaître qu'il paraît certain à M. le curé de Bayon que cet édifice a été transporté pierre par pierre d'un emplacement situé près du fleuve où était primitivement l'église de Bayon ; cette opinion de M. le curé s'appuie sur les documents divers qu'il a compulsés, soit aux archives départementales, soit aux archives de l'archevêché, soit enfin à celles de Bourg. ceci, M. le Maire, nous explique ce que j'ai eu l'honneur de vous dire, à savoir que le clocher de l'église de Bayon ne fait point corps avec le reste de l'église, mais y est simplement adossé et presque sans liaisons.

    AD Gironde, 2 O 775. Commission des Monuments historiques : Projet de reconstruction du clocher, Ch. Burguet rapporteur, 1875/02/06.

    Rejet du projet de reconstruction du clocher.

    AM Bayon-sur-Gironde, Archives de la fabrique. Délibération pour le clocher, 1875/10/18.

    Plan et devis dressé par M. Mondet pour la restauration du clocher, suite au refus du préfet : démolition de l'étage supérieur, lequel est sans caractère, pour être remplacé par une construction en harmonie avec le reste du monument : reprise de l'ancien clocher, c'est-à-dire dans le remplacement des matériaux détériorés, raccordement des sculptures, chapiteaux, colonnes, détruits par le temps ; projet adopté, souscription lancée.

    AD Gironde, 2 O 775. Commission des Monuments historiques : Rapport relatif à un projet dressé par M. Mondet, architecte, pour la restauration du clocher de Bayon, 1875/12/14.

    Projet de façade et de clocher présenté par Hosteing : destruction du clocher actuel et édification d'une œuvre nouvelle tout à fait différente de l'ancien édifice. Nouveau projet demandé à un autre architecte : ne s'occupe pas de la partie inférieure du clocher mais propose l'édification d'un étage nouveau et plus élevé en remplacement de l'étage moderne, sans style, qui avait été ajouté au clocher primitif ; or nécessité d'une reprise en sous-oeuvre du clocher, donc projet à revoir par l’architecte.

    AM Bayon-sur-Gironde, Archives de la fabrique. Devis et plan de M. Mondet approuvés, 1877/06/21.

    Proposition de M. Laroche, entrepreneur de bâtisses à Villeneuve qui se charge de faire le ravalement ; la partie sculpturale a été confiée à M. Mora artiste à Bordeaux et auteur de la statue de la Vierge ; un 3e devis pour la charpente, toiture et voûte du porche a été soumis au conseil : M. Laroche s'en charge également.

    AM Bayon-sur-Gironde, Archives de la fabrique. Délibération du conseil de fabrique, 1877/11/25.

    Lettre de Mme Veuve Auguste Pierlot, propriétaire du domaine de l'île Cazeau : après avoir fait don à la paroisse d'une magnifique horloge des grands ateliers de M. Borrel-Wagner à Paris, finance aussi les travaux d'installation.

    AM Bayon-sur-Gironde, Archives de la fabrique. Délibération pour le dégagement de l'église de Bayon, 1890/04/13.

    M. le maire avait l'intention de dégager l'église paroissiale en achetant l'ancien prieuré qui marque la façade de ce magnifique monument ; demande concours de la fabrique approuvée.

    AD Gironde, 156 T1 A. Courrier de Ch. Marionneau, 1890.

    Mention de 2 cloches ; la plus ancienne venant d'une commune voisine après 1789 ; envoi de 2 dessins de l'église ;

    1/ en caractère gothique : T(croix) IHS Maria je suis faitte pour la paroisse de St Seurin de Cobueras en bourgez 1584 ;

    2/ parrain & marraine 1780 messire Desaignes de Sales ancien cape d'infanterie Baron de Labardemont seigneur de Sales, Tayac & autres lieux - Marie Gabrielle de Fourneau son épouse - bénite par Pierre Jean de Pelletan de Laman. Jean curé de Bayon, syndic Martin Compon Trumeau m'a faite à Bordeaux.

    AM Bayon-sur-Gironde, Archives de la fabrique. Livre des recettes de la confrérie du St Sacrement établie dans l'église de Notre-Dame de Bayon, canton de Bourg, par l'ordonnance de monseigneur l'archevêque de Bordeaux en date du [ ], s.d.

  • Documentation sur le prieuré de Bayon, dépendant du prieur de Bourg

    AD Gironde. E suppl 2455 – GG2. Inhumation de Marguerite Faucon dans l'église, "comme ayant titre de sépulture donné par feu M. Souëf, prieur de Bayon, tant que ce bénéfice estoit uny à l'abbaye de Bourg" (24 février 1664.

    AM Bayon-sur-Gironde, Registre de délibérations de la commune, 1790. Délibération du directoire du district de Bourg, 1790/12/05.

    Concernant les meubles et effets du sieur Daleau, prieur de Bourg : scellés posés sur chay et maison du dit feu sieur Daleau ; cuvier avec deux pressoirs, un fouloir, deux barriques de piquette rouge dont les fûts appartiennent à sieur Martin Roux, deux ovales, un grand douillat ou gargouille, une canne (ou caisse ?) cerclée en fer, une mesure de Bourg cerclée en fer, 19 barriques cantonnières, 5 bastes, 3 barriques (?) de piquette rouge dont seulement les fu (sic) appartiennent au dit prieur, 4 pelles, 4 cuves, une écoulant 20 barriques, la 2e écoulant 16 à 17 barriques et la 4e écoulant 6 barriques, 2 douillats pour les cuves ou pressoir, une dale (?) et deux échelles ; petit chay du vin : 2 barriques de piquette rouge, dont les fu seulement appartiennent au prieur et entrant dans la fournière : une vieille cantonnière ; dans le chay : une cantonnière, un tonneau piquette rouge, 2 autres barriques piquette blanche dont les fu des 2 dernières seulement appartiennent au dit prieur, 4 barriques piquette blanche dont les fu seulement du prieur, un entonnoir, 7 barriques piquette rouge fu et lie et une cantonnière ; grand chay : 4 douillats, un entonnoir, une barrique de piquette dont el fu au dit prieur, une barrique entier (?) de lie plus une barrique vide, deux barriques de vin blanc, deux tierssons vin rouge, huit (?) barriques un tiers vidange, deux cantonnières, 33 barriques neuves, 22 autres barriques de vidange et 3 barriques vin rouge fut et lie ; chambre haute : 2 [?] et un grand pot de fer, 6 mauvaises cantonnières et une grande table ; grenier de la chambre haute.

    AM Bayon-sur-Gironde, Registre de délibérations de la commune, 1790. Inspection des scellés sur les biens de feu Daleau, 1790/12/15.

    Chais et cuvier dépendant du prieuré de la présente parroisse (Bayon) ; mention du grand portail du cuvier qui prend jour au levant sur la cour, qu'une autre porte qui est au nord du dit cuvier et qui communique à l'escalier des appartements au-dessus.

    AM Bayon-sur-Gironde, Registre de délibérations de la commune, 1790. Inspection des bâtiments 1791/08/16.

    Chay et cuvier du dit prieuré de Bayon : 2 pressoirs à vis et leur garniture, une fouloire carrée, 4 cuves cerclées en bios, un douil ou gargouille, 19 barriques cantonnières et 2 échelles à charger les cuves ; dans un petit chay au couchant 16 barriques vidanges de breuvage, 2 barriques cantonnières dont une défoncée des deux bouts, un petit tire-vin servant à mettre la cendre ; dans le chay à vin 6 douils grands ou petits, 18 barriques neuves, 7 barriques vidanges de vin, 31 barriques vidanges de breuvage, 6 barriques cantonnière, 9 basses ou comportes, 2 entonnoirs, 2 auvales, et une canne, 40 tains grands ou petits, dans les diverses chambres hautes 6 futailles cantonnières, un grand pot de fer, un vieux bois de [?] un tareau à percer les barriques, une hache à couper le marc (...).

    AD Gironde, 2 O 775. Lettre au préfet, 1833/03/01.

    Le prieuré de la commune de Bayon ayant été vendu en 1791 est aujourd'hui possédé par M. Dupouy médecin à Bordeaux, il existe au devant de la maison un morceau de terrain traversé par un sentier qui du presbytère conduit à l'église. Ce terrain est marqué au plan par la lettre G et se trouve désigné dans la commune par le nom de viager (?). Jusqu'au 29 décembre 1831, il a servi de passage au curé desservant sans aucun trouble mais à cette époque M. Dupouy ayant voulu s'en emparer et intercepter le moyen de communication qu'avait le presbytère avec le chemin public, l'autorité municipale arrêta l'entreprise, le procès verbal qu'il dressa à cet effet n'ayant reçu aucune suite, on crut l'affaire terminée. Cependant au mois de septembre 1832, une assignation est donnée au maire pour avoir fait aplanir le terrain qu'on venait de (?).

    AD Gironde, 2 O 775. Séance de délibération : litige concernant un terrain, 1834/10/31.

    Mention du PV d'adjudication du 5 mars 1791 portant vente en faveur du sieur Lataste du prieuré de Bayon au prix de 20000 livres : consistant en maison, chai, cuvier en bon état, une pièce de vigne dépendant du dit prieuré de la contenance d'environ 8 journaux, et une pièce de terre labourable et jardins en un tenant au-devant de l'église contenant 4 journaux ; PV de vente du domaine de la cure de Bayon du 10 mars 1791 en faveur de M. Lataste.

    COQUILLAS Didier. Les rivages de l'estuaire de la Gironde du Néolithique au Moyen-Age. Thèse d'histoire : Bordeaux 3, 2001.

    Prieuré, dont ne subsiste que l'église, dépendant tour à tour des abbayes de Bonlieu, Saint-Vincent de Bourg puis l'ordre des Feuillants. A l'origine, édifice roman (12e siècle) à nef unique charpentée de trois travées et abside, fermé à l'occident par un clocher-porche carré. L'ensemble fut endommagé pendant la Fronde au milieu du 17e siècle, puis restauré en 1660 (en particulier le choeur) (...).

  • Extraits d'ouvrages

    Société archéologique de Bordeaux, tome V, 1878, p. 72

    "M. le comte Alexis de Chasteigner annonce la récente découverte dans un contrefort de l'église de Bayon d'une auge en pierre du XIe ou XIIe siècle, ayant servi à une sépulture d'enfant. M. le curé de Bayon la lui ayant offerte, notre honorable collègue en fait don à la Société qui la fera déposer au Musée".

    BIRON, Dom Reginald. Guide archéologique illustré du touriste en Gironde. Bordeaux : Féret, 1928.

    repris par LAROZA Olivier (mgr). Guide touristique, historique et archéologique de la Gironde. Bordeaux : Féret, 1975.

    "Joli clocher formant porche, augmenté d'une étage, 1877, et surmonté d'une belle statue de la V. par Mora, laq. serait mieux ailleurs (...). Dans mur nord de l'église, trace d'une porte 1655, donnant accès au clître démoli. Dans mur S., pierre enchâssée, 1m03 de ht x 0m70 de large sans doute support d'autel gallo-romain. Dans le jardin, près de l'égl., côté S., colossal chapiteau corinthien ayant servi de fonts baptismaux. Dans l'église, beau tableau de la Ste Famille, attribuée à Poussin ou à l'un de ses élèves. Cloche 1584 provenant de Saint-Seurin-de-Bourg.

    Remarque : le tableau de la Sainte-Famille mentionné par Dom Biron ne se trouve plus dans l'église et n'a pas pu être localisé.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives de la Fabrique.

    Archives municipales, Bayon-sur-Gironde
  • Registre des délibérations du conseil municipal, 1790.

    Archives municipales, Bayon-sur-Gironde
  • Dossiers d'administration communale, Bayon-sur-Gironde. Biens communaux, édifices publics et travaux, 1826-1937.

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 775
  • Commission des Monuments historiques du département de la Gironde. Bayon-sur-Gironde. Travaux de restauration et d'entretien. Bâtiments municipaux, presbytères et monuments civils, 1839-1911.

    Archives départementales de la Gironde : 157 T1 A
Documents figurés
  • Commission des Monuments historiques du département de la Gironde. Albums de documents figurés.

    Archives départementales de la Gironde : 162 T 5
Bibliographie
  • BIRON Dom Reginald. Guide archéologique illustré du touriste en Gironde. Bordeaux : Féret, 1927.

  • BRUTAILS Jean-Auguste. Les vieilles églises de Gironde. Ouvrage publié sous les auspices de la Société Archéologique de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1912.

    p. 31-32
  • COQUILLAS Didier. Les rivages de l'estuaire de la Gironde du Néolithique au Moyen-Age. Thèse d'histoire : Bordeaux 3, 2001.

  • LARRIEU Bernard (Dir), DUCLOT Jean François (Dir). Léo Drouyn, les albums de dessins. Léo Drouyn en Haute-Gironde

    p. 88 Archives départementales de la Gironde : BIB MF 977 (12)
Périodiques
  • LAMOTHE L. "Etudes archéologiques : église romane de Bayon". L'Agriculture comme source de richesse, comme garantie du repos social (...), n°7, décembre 1840.

    En ligne sur Bnf/Gallica

Liens web

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