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Église abbatiale Saint-Sever

Dossier IA40001727 réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

Genre de bénédictins
Précision dénomination église abbatiale
Vocables Saint-Sever
Dénominations église
Aire d'étude et canton Saint-Sever
Adresse Commune : Saint-Sever
Adresse : Place du Tour du Sol
Cadastre : 1809 K ; 1844 K ; 2015 AY 92 à 100

La fondation

Une charte conservée dans la cartulaire de l'abbaye fait mention de l'achat de terres par Guillaume Sanche, duc de Gascogne, dans le but d'y édifier une abbaye. Des fouilles effectuées en 1966 dans le chœur de l'abbatiale ont révélé des fondations correspondant certainement à une première construction.

Le parti pris monumental à sept absides échelonnées aurait été décidé du temps de Grégoire de Montaner, abbé de 1028 à 1072. L'appareillage des murs en soubassement du chevet se rattacherait à cette période ainsi que les fragments de mosaïques conservés dans le chœur.

Le chantier semble durer jusque dans le premier quart du 12e siècle. Des donations faites à l'abbaye et des achats de pierre en témoignent. Les nombreuses comparaisons stylistiques des chapiteaux sculptés indiquent une continuité du chantier pendant près d'un demi-siècle. Les chapelles hautes des deux absidioles nord seraient édifiées dans la continuité de ce chantier. De même, les deux collatéraux de la première travée de la nef à l'est seraient un vestige de l'édifice roman.

Les destructions successives

Aux 14e et 15e siècles, l'église subit de lourdes destructions. Aux incendies de 1360 et 1442 vient s'ajouter un tremblement de terre en 1372. Aucune source ne mentionne avec précision des travaux de restauration, si ce n’est un document évoquant Pierre de Fonc, cellérier et maitre d’œuvre de l’abbaye en 1359, sans pour autant détailler les travaux en question.

Les guerres de Religion affectent durement l’abbatiale : le chœur et une partie de l’absidiole latérale sud sont en ruine. En 1564, le parlement de Bordeaux exige qu’un quart des revenus de l’abbaye soit employé à sa reconstruction. Celle-ci intervient surtout suite à l'adhésion du monastère à la congrégation de Saint-Maur en 1645. Les achats de brique et de chaux en grande quantité entre 1651 et 1652 attestent des travaux menés. Trois plans conservés aux archives nationales rendent compte des réparations. Les collatéraux et les grandes arcades donnant dans la nef seraient des témoins de ces reconstructions. Selon Dom Du Buisson, moine de l'abbaye dans la seconde moitié du 17e siècle, la messe est dite sur le grand autel restauré en 1681.

La période révolutionnaire et le 19e siècle : les grands travaux

Dans un premier temps, la Révolution n’affecte pas l’église abbatiale qui continue d’être entretenue (travaux de vitrerie et de couverture en 1792). Utilisé comme grenier à grain et comme lieu du culte de "l’Être Suprême", l’édifice est conservé jusqu’à ce qu’il soit rendu au culte en 1795.

Au début du 19e siècle, le sanctuaire est restauré comme l’indiquent la date 1810 dans un cartouche sur l’arc triomphal et les dépenses de la fabrique : enduit, peintures, décors et baldaquin datent de cette période. L'abbé Dussault (1849-1875) fait reconstruire le portail monumental en 1864 et 1868. Comme témoignage du portail médiéval, il ne reste qu’une gravure publiée dans la Guienne Monumentale de Ducourneau datée de 1842. A l'extrême fin du siècle, le sculpteur Jean-Éloi Ducom, de Mont-de-Marsan, exécute de nombreux chapiteaux dans la nef restaurée (inscription au sommet d'un dosseret : SARRAUTON CURÉ / DUCOM SC. / 1897.

L'orgue est remanié en 1896 par Aristide Cavaillé-Coll en 1896. Il est inauguré en 1898.

Le 20e siècle

L’église est classée en octobre 1911 au titre des Monuments Historiques. Le conservateur Claude Brutails mène à cette occasion une campagne photographique. Sur ces documents conservés à la Médiathèque du Patrimoine, les parties hautes de la nef ne sont pas encore restaurées. Elles le sont en 1913. Une tribune aveugle est sculptée au-dessus des grandes arcades dans un style néo-roman. Sept oculus sont ouverts en partie supérieure pour remplacer les baies brisées dont le cadre est encore visible dans la maçonnerie extérieure du côté sud de l’église.

Le clocher est restauré dans sa partie haute en 1933 par l'architecte des monuments historiques Jules Kaehrling.

L'église fait l'objet d'une importante restauration depuis 2013 qui devrait s'achever en 2018.

Période(s) Principale : 2e moitié 11e siècle
Principale : 1er quart 12e siècle
Principale : 2e moitié 17e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Dates 1810, porte la date
1864, daté par source
1896, daté par source
1913, porte la date
1933, daté par source
Auteur(s) Auteur : Ducom Jean-Éloi,
Jean-Éloi Ducom (1854 - 1944)

Sculpteur né à Lesperon (Landes) en 1854, mort à Mont-de-Marsan en 1944. Élève du sculpteur Beaufort à Bourges, puis de l'École des beaux-arts à Paris en 1873 ; installé en 1876 à Mont-de-Marsan, où se déroula toute sa carrière.


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sculpteur, signature

L’église abbatiale est flanquée par les anciens bâtiments conventuels au sud. Son plan en croix latine comporte un profond chevet en abside et six absidioles échelonnées.

L'intérieur de l'édifice

La nef divisée en cinq travées est flanquée de collatéraux. L'ouverture vers ceux-ci s'effectue par de grandes-arcades brisées pour les quatre premières travées ouest et en plein cintre pour la dernière travée. Ces grandes-arcades sont surmontées d'une tribune aveugle décorée de fausses-fenêtres jumelées en plein cintre, ornées de goudrons. Les arcades reposent sur des chapiteaux sculptés. La partie supérieure des murs de la nef est percée d'oculus pourvus d'un réseau de flammèches, de polylobes ou de quadrilobes. La nef est couverte d'une voûte en berceau avec arcs doubleaux. Les doubleaux reposent sur des colonnes engagées surmontées d'un chapiteau sculpté. Ces colonnes prennent appui sur des piles cruciformes, à l'exception des trois piles du sud-ouest, circulaires. Les collatéraux sont voûtés d'ogives pour les quatre premières travées ouest percées de baies brisées. Les ogives de la troisième travées sont à listel. La dernière travée est voûtée d’arête et percée d'une baie en plein cintre.

Les bras du transept sont pourvus d'une tribune accessible par des escaliers en vis dans des tourelles d'angle. Des colonnes surmontées de chapiteaux sculptés ferment les tribunes vers la croisée du transept. Elles desservent des chapelles hautes côté est et les étages des collatéraux côté ouest. L'escalier en vis menant à la tribune nord se poursuit en partie supérieure pour mener au clocher.

Six absides, de part et d'autre du chevet, ouvrent sur les bras du transept. Les voûtes d'arête des quatre absides latérales reposent sur des colonnes engagées ou libres surmontées de chapiteaux sculptés. Les deux absides flanquant le chœur sont voûtées d'un arc en plein cintre avec doubleaux. Un arc-triomphal sépare le chœur du transept. A son sommet se trouve un cartouche avec la devise bénédictine « PAX » et la date de 1810, encadré d’une frise végétale. Il est surmonté d'une verrière dans une baie en anse de panier. L’abside du chevet est décorée d’un baldaquin monumental soutenu par huit colonnes de faux marbre vert. De part et d’autre de l’entrée de l’abside se tiennent deux pilastres corinthiens supportés par des atlantes à mi-corps barbus et bras croisés autour de la tête. L’abside principale est voûtée en cul-de-four.

L'extérieur de l'édifice

L’édifice est aujourd’hui en presque totalité dégagé, à l’exception du flanc nord de la nef où des maisons sont encore adossées. Le soubassement des absidioles est composé de moellons plats allongés et de briques disparates séparés par des joints épais. Le reste de l'église est construit en pierre de taille de moyen appareil layé et portant par endroit des marques de tâcherons. Les arcs boutants de la nef et le clocher sont entièrement en pierre de taille. La toiture est en tuile creuse à l’exception de celle du chevet surmontée d’un lanternon, l'ensemble étant couvert de tuiles plates en écaille.

De large contreforts prolongés par des colonnettes renforcent les absidioles dont la corniche est formée d'une frise de godrons et billettes. Le chevet est renforcé par des pilastres surmontés de vases d'amortissement. Un clocher rectangulaire ajouré de baies campanaires en partie supérieure se place à l'extrémité du bras nord du transept. Il est percé en rez-de-chaussée d'une porte précédée d'un perron et surmontée d'un tympan sculpté.

Des arcs boutants et des contreforts enserrent les collatéraux. Les murs de la nef sont couronnés d'une corniche à modillons.

La façade principale, dont la composition générale est pyramidale, reflète l'organisation intérieure. La travée axiale, composée d'un portail monumental ménagé dans un massif en avant-corps surmonté d'un triplet de baies, est couronnée d'un fronton-pignon. Les rampants des murs de part et d'autre prolongent la pente du pignon. Les travées latérales sont percées d'une fenêtre en plein cintre au premier niveau, éclairant les bas-côtés, et d'une baie en partie supérieure destinée à éclairer les galeries.

encadré des fenêtres en plein cintre des bas côtés dont les voussures reposent sur des colonnettes ; des contreforts encadrent le premier niveau. Le second registre trois fenêtres hautes en plein cintre avec voussures décorées de godrons soutenues par des colonnes ; un pignon triangulaire.

Murs calcaire moyen appareil
calcaire moellon
brique
Toit tuile creuse, tuile en écaille
Plans plan en croix latine
Étages 3 vaisseaux
Couvrements voûte en berceau brisé
cul-de-four
voûte d'ogives
voûte d'arêtes
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
croupe ronde
toit en pavillon
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie
États conservations restauré
Techniques peinture
sculpture
Représentations croix, Christ, saint Michel, ange
Précision représentations

Le portail ouest de l'église est composé d'une voussure à neuf rouleaux prenant appui sur des colonnes surmontées de chapiteaux sculptés. Le tympan est décoré d'une croix dans un cercle orné d'une frise végétale.

Le portail nord est composé d'une voussure à un rouleau prenant appui sur des colonnes surmontées d'un chapiteau. Le tympan sculpté représente un Christ dans une mandorle encadré d'anges, d'un saint Michel terrassant le dragon à l'ouest et d'une scène non identifiée à l'est.

Sous la frise de godron soutenant les toitures des absidioles se tiennent des modillons décorés d'animaux ou de figures humaines sculptées.

L’ensemble de l'édifice est peint d'un décor 19e siècle de faux joints dans la nef et le transept. Le décor est coloré dans les absidioles.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1911

Références documentaires

Documents d'archives
  • Acte d'achat de terres par Guillaume de Sanche, 988.

    Archives départementales des Landes : H 14 / 77
  • Manuscrit de Dom Du Buisson, fin du XVIIe siècle.

    Archives municipales, Saint-Sever : GG28
  • CABANOT Jean, PON Georges. Beatus de Saint-Sever. Manuscrit latin 8878 de la Bibliothèque nationale de France.

    Archives départementales des Landes : Br 4° 2861
Documents figurés
  • Plan de l'abbaye de Saint-Sever, 1647

    Archives nationales, Service des cartes et plans, Paris : CP/N/III/Landes/12
  • Plan de l'abbaye de Saint-Sever levé par le frère Luc Laborie, 1648. Encre et lavis.

    Archives nationales, Service des cartes et plans, Paris : CP/N/III/Landes/2/3
  • Plan de l'abbaye de Saint-Sever, 1659.

    Archives nationales, Service des cartes et plans, Paris : CP/N/III/Landes/2/2
  • Plan de l'abbaye de Saint-Sever levé par le frère Poumet, 1678.

    Archives nationales, Service des cartes et plans, Paris : CP/N/III/Landes/2/1
  • Plan cadastral napoléonien de Saint-Sever, 1809.

    Section K Archives municipales, Saint-Sever : 1 G 1
  • Plan cadastral napoléonien de Saint-Sever, 1844.

    Section S Archives municipales, Saint-Sever : 1 G 2
  • Façade ouest de l'église de Saint-Sever, Guienne monumentale, 1842. Lithographie.

    Archives départementales des Landes : 6 Fi 378
  • Plan et élévation du porche de l'abbatiale de Saint-Sever, 1861

    Archives municipales, Saint-Sever : IX M 1
  • Vue du choeur et du crosillon sud de l'église abbatiale de Saint-Sever, 1850

    Archives départementales des Landes : 6 Fi 78
  • Cartes postales anciennes, début du 20e siècle.

  • Campagne photographique de l'église abbatiale, 1911.

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine : 81/40/118
  • Coupe et élévation du clocher de l'église, Jules Kaehrling, 1933. Impression à l'encre.

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine : 81 /40 / 118
Bibliographie
  • CABANOT Jean. Les débuts de la sculpture romane dans le sud-ouest de la France. Paris : Picart, 1987.

  • PON Georges, CABANOT Jean. Chartes et documents hagiographiques de l'abbaye de Saint-Sever (988-1359). Dax : Comité d’études sur l’histoire et l’art de la Gascogne, 2010, 2 vol.

  • Saint-Sever, Millénaire de l'abbaye. Actes du colloque, 25-27 mai 1985. Mont-de-Marsan : Comité d'études sur l'histoire et l'art de la Gascogne, 1986.

  • ZABALLOS Yannick, Étude historique de l'ancienne église

    abbatiale de Saint-Sever. Monsempron-Libos : Ed. Fragile, 2011.

  • PON Georges, CABANOT Jean, Une abbaye au cœur de la Gascogne, Dax : CEHAG, 2014.

Périodiques
  • CABANOT Jean "Chapiteaux de marbre antérieurs à l'époque romane dans le département des Landes", in Cahiers archéologiques, 1972

    p. 1-18
  • CABANOT Jean, "Le tympan du portail nord de Saint-Sever : Le Béatus et le décor sculpté de l'abbatiale", in Ex Quadris lapidibus, La pierre et sa mise en oeuvre dans l'art médiéval. Turnhout : Ed. Brespols, 2011.

  • LAUFFRAY Jean, "L'abbatiale de Saint-Sever-sur-l'Adour, nouvelle campagne de fouille dans l'abside principales", in Cahiers archéologiques, 1968.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Commune de Saint-Sever - Ferey Marie