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Domaine de Pachan, actuellement siège de la Fédération départementale de chasse

Dossier IA33007950 réalisé en 2015

Fiche

Précision dénomination domaine viticole
Destinations siège d'association ou d'organisation
Parties constituantes non étudiées écurie, grange, jardin, étang, logement
Dénominations chai, cuvage
Aire d'étude et canton Sud Médoc Estuaire
Adresse Commune : Ludon-Médoc
Lieu-dit : Pachan
Adresse :
Cadastre : 1843 B3 526 - 531 ; 2013 B 421
Précisions


Pachan est cité comme une île relevant du domaine du roi au début du 17e siècle. En 1608, Jean Dunoyer se voit accorder un bail pour l"'île, sable et gravier dans la Gironde", qui contient environ 10 journaux (3 hectares). Sur la carte de Claude Masse, levée en 1723, Pachan est un marais dit "l'île de la Maqueline", sans construction apparente.

Au milieu du 18e siècle, la famille Pontet, propriétaire de Pontet-Canet à Pauillac, possède Pachan par le biais de Pierre. Les terrains sont soumis régulièrement aux submersions en hiver, au point "qu'une barque de la contenance de 15 tonneaux pouvoit floter partout". Sur la carte de Belleyme vers 1770, Pachan est indiqué sur la terre ferme, entouré de quelques vignes et bordé d'arbres tout comme les métairies voisines du Casse et du Ribon. Toutefois, l'insularité de Pachan est encore mentionnée jusqu'en 1783 (C 2313). Le logis (détruit après 2003) ainsi que l'écurie possèdent des baies en arcs segmentaires et une base en moellon enduit qui pourraient correspondre à des constructions de la seconde moitié du 18e siècle.

Le premier plan cadastral (vers 1810 ?) montre un grand corps de bâtiment donnant sur un jardin au sud et une aile en retour à l'ouest. Une allée mène jusqu'au fleuve où un peyrat est représenté sur le second plan cadastral de 1843. À cette époque, les dispositions sont semblables à l'exception d'agrandissements effectués sur des bâtiments de dépendance au nord (anciennes écuries ?). Les bords de Garonne sont plantés d'oseraies et de bois qui servent respectivement aux travaux de la vigne et au maintien de la digue. Les parcelles de vigne sont, en surface, équivalentes à celles des terres labourables, des prés et des bois.

Au début du 19e siècle, le domaine de Pachan est racheté à la famille Pontet par Guillaume Lawton (1753-1835), courtier en vins. Dans la 2e moitié du siècle, son fils Théodore (1794-1869) opère des aménagements ou des constructions, notamment pour les métairies qu'il a ajoutées au domaine :

- 1864 à la chambre neuve (qui ne semble être qu'une dépendance en 1843) ;

- 1865 au Ribon ;

- 1872 et 1885 au Casse.

Théodore Lawton est propriétaire jusqu'à sa mort en 1869 : son neveu Daniel (1820-1879) lui succède. Les attentions sont portées dès 1854 sur le logis et les parties viticoles : des reconstructions sont fortement taxées sur le registre des augmentations/diminutions (parcelles B 527-528).

Ces constructions ne sont plus visibles puisqu'en 1892, 5 constructions sont entreprises sur ces mêmes parcelles, qui correspondent sans nul doute à l'agrandissement du logis, à l'arrière, aux deux grands chais et à la réalisation des deux cuviers actuels, de type médocain (à étage). Ces bâtiments n'apparaissent pas sur le plan du domaine de la veuve Lawton, Georgina-Élisée Guestier (1826-1899), ce qui attesterait d'un état entre 1879 et 1892. Les dimensions impressionnantes des bâtiments témoignent du succès des vins de palus après le phylloxera. Les techniques de lutte contre l'insecte sont d'ailleurs évoquées sur le plan : un hangar abritant la pompe pour noyer les vignes, proche du peyrat, et les "pièces de Riparia" "vigne américaine" (ou vigne des marais, à haut rendement) utilisée comme porte-greffe. Un puits artésien est également mentionné.

Les ouvrages du Cocks et Féret de 1868 et 1874 renseignent sur la production du domaine qui s’élève en moyenne à 60 tonneaux. Après la construction des cuviers et sans doute une augmentation de la surface du vignoble, des productions record sont atteintes : 400 tonneaux (1893 et 1898) et encore 350 en 1904.

En 1945 (vue aérienne), les chais à l'ouest sont en partie ruinés ; ils sont détruits avant 1956.

Le domaine produit des artichauts dits "de Macau" puis du maïs en monoculture lors de sa vente à la Fédération des chasseurs de la Gironde en 1999. En 2003, des travaux sont engagés :

- destruction du corps de logis ;

- remaniements des dépendances ;

- construction d'un bloc administratif et réaménagement des deux cuviers.

Les travaux de ce dernier sont réceptionnés en 2004 d'après les plans de l'agence d'architecture Audouin-Lefeuvre. Par la suite, le site a été classé Réserve de chasse et de faune sauvage.

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 21e siècle
Dates 1854, daté par source
1892, daté par source
2003, daté par tradition orale
Auteur(s) Auteur : Audouin-Lefeuvre,
Audouin-Lefeuvre

Agence d'architectes créée en 1987 à Bordeaux par Gérard Audouin et Eric Lefeuvre.


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agence d'architecture, signature

Le domaine de Pachan est situé sur l'ancienne île du même nom, en bordure de Garonne dans les palus de Ludon, entre la Maqueline au nord et la Jalle de Capet au sud.

L'ensemble dépendant du siège de la Fédération de chasse se compose :

- de bâtiments d'accueil à l'ouest formant un L avec toitures débordantes ;

- d'un bloc au nord du siège formé des anciennes écuries en rez-de-chaussée, avec baies en arc segmentaires et d'une habitation à étage et escalier extérieur en bois, le tout en moellon enduit.

Enfin, les bâtiments du siège rassemblent les deux anciens cuviers à étage et une extension contemporaine.

Les cuviers sont disposés selon un axe nord-sud. Les deux vaisseaux parallèles présentent des pignons ouverts en rez-de-chaussée d'une porte centrée et à l'étage d'une large porte haute en arc segmentaire permettant le chargement de la vendange. Les aisseliers sculptés et chantournés supportent les pannes de la toiture débordante. Une galerie couverte à l'est s'étend sur toute la longueur de l'élévation et remploie d'anciennes colonnettes en fonte. L'intérieur est occupé par une salle de conférence (vaisseau est) et par un salon-observatoire (vaisseau ouest).

L'extension moderne est un parallélépipède conçu sur pilotis circulaires en béton ; elle est ouverte au centre par un puits de lumière dégageant un espace pour l'escalier suspendu. Les bureaux, à l'étage, communiquent avec une partie des cuviers.

Alentours, de vastes marais et plans d'eau ont été créés pour la faune locale.

Murs calcaire moellon enduit
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans croupe
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier droit, suspendu
États conservations restauré
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extrait de l'Histoire de la famille Lawton recueillie par le Conservatoire de l'Estuaire

    http://estuairegironde.net/doc/docu/lawton-histoire-famille.pdf

    Par Daniel Lawton.

    Domaine Pachan et îles de l’estuaire

    Pour revenir à l'estuaire, je peux dire que mon père, né en Médoc au château Cantenac Brown, chez son grand père Armand Lalande (député de la Gironde), fut toujours attiré par cette région. Comme courtier en vins il allait dans les îles de la Gironde qui étaient alors couvertes de vignes, crise du phylloxéra oblige ; j'ai connu la fin de cette période quand nous allions ensemble à Patiras dans la famille Fonsale, à l'île du Nord chez les Arsène-Henry et les Lesca. De plus nous avions une propriété à Ludon, le domaine de Pachan, devenu aujourd'hui le siège de le Fédération des Chasseurs, où nous avions des vignes de palus et un haras où est né un fameux pur sang prénommé Aigle Royal, vainqueur du Derby du Midi en 1900. L'île Verte nous fascinait également et nous entretenions des relations étroites avec ses propriétaires, la famille Fouret, qui dans les années 1930-1939 venaient nous chercher à Soussans au port de Fumadelle, pour des journées inoubliables dans ce merveilleux domaine que Pierre Benoit a si bien décrit. Tous mes souvenirs d'enfance sont liés à cet estuaire et c'est pourquoi je le traverse souvent avec le bac Lamarque-Blaye, toujours avec une mémoire nostalgique.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Plan cadastral napoléonien de Ludon levé en 1843.

    Archives départementales de la Gironde : 3 P 256
  • Registre des augmentations/diminutions de Ludon (1851-1891)

    Archives départementales de la Gironde : Non coté
  • Registre des augmentations/diminutions de Ludon-Médoc (1883-1896).

    Archives communales, Ludon-Médoc
Documents figurés
  • Carte particulière du 54e carré de la générale des côtes du Bas-Poitou, Pays d'Aunis, Saintonge et partie de la Basse-Guyenne, par Claude Masse, 1724.

  • Carte de Belleyme, planche n°20, levée entre 1762-1778.

  • Plan cadastral napoléonien de Ludon, 5e feuille à part de la section B, levé vers 1810.

    Archives départementales de la Gironde : 3 P 256
Bibliographie
  • BRUTAILS Jean-Auguste. Mélanges, Bordeaux : Impr. de Gounouilhou, 1913.

    p. 173
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1868 (2e édition).

    p. 103
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1893 (6e édition).

    p. 129
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898, revue et augmentée de 450 vues de châteaux viticoles (7e édition).

    p. 132
  • PIRAULT Céline. Plan de gestion du Domaine de Pontet-Pachan, travail documentaire et historique issu d'un stage à la Fédération départementale des chasseurs de la Gironde, juillet 2008, archives de la FDC 33.

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes Médoc-Estuaire - Grollimund Florian