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Domaine de Ducru-Ravez

Dossier IA33007776 inclus dans Île de Macau réalisé en 2014

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination château viticole
Appellations Ducru-Ravez
Parties constituantes non étudiées écurie, orangerie, logement de contremaître
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Sud Médoc Estuaire
Adresse Commune : Macau
Lieu-dit : Ducru-Ravez
Adresse : 119 chemin du Bord de l'Eau
Cadastre : 1843 A4 644 , 645 ; 2013 A 639
Précisions


Des bâtiments sont représentés à cet emplacement sur le plan de la palu de Macau de 1776 : ils appartiennent à M. Lagravel. Avant la Révolution, le domaine passe à la famille Ducru.

La disposition des bâtiments en U n'évolue pas sur le plan cadastral de 1843.

Dans l'édition de 1868 de l'ouvrage de Cocks et Féret, la veuve Ravez est la deuxième productrice de l'île -90 à 120 tonneaux- pour des terres situées derrière Plaisance : il s'agit de Marie-Louise dite Zéloé Ravez, fille du négociant Bertrand Ducru, mariée à Antoine Ravez en 1830.

En 1868, l'architecte Louis-Michel Garros propose un projet de reconstruction d'une "maison d'habitation". L'élévation comprend un grand corps de logis central à quatre niveaux et toit en ardoise sur lequel vient s'appuyer, à l'arrière et perpendiculairement, un grand chai/cuvier encadré par deux pavillons.

Les bâtiments de dépendance sont réalisés, mais la construction de la demeure, sans doute trop ambitieuse, est abandonnée. L'habitation est placée dans le pavillon sud.

La famille Ducru-Ravez est également propriétaire du château Ducru Beaucaillou jusqu'en 1866, date à laquelle ce domaine passe entre les mains de la famille Johnston, qui fera également appel à l'architecte Louis-Michel Garros pour transformer la chartreuse des Ducru-Ravez.

En 1869 et 1870, Ravez fils (Alfred) fait bâtir une habitation dans la parcelle voisine : il s'agit sûrement du "Chalet" mentionné sur le plan de 1904. Aux chais et cuvier viennent s'ajouter une écurie, une maison de contremaître et un parc avec deux orangeries.

À la mort de la veuve Ravez, un héritage par les filles donne la propriété aux Pichard de Latour puis aux Carbonnier de Marzac dont le marquis est commanditaire d'un plan du domaine dressé en 1904. En 1938, le représentant de commerce Pierre-Noël Saugeras rachète pour 145000 francs les bâtiments et pièces de fond (près de 24 hectares). L'acte mentionne une chapelle qui semble aujourd'hui disparue.

Durant la seconde moitié du 20e siècle, la vigne n'est plus cultivée et remplacée par des bois.

Depuis le début des années 2010, une partie des bâtiments est en cours de restauration (orangerie, corps de logis).

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1868, daté par source
Auteur(s) Auteur : Garros Louis-Michel,
Louis-Michel Garros (1833 - 1911)

Louis-Michel Garros (1833-1911) est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Paris. Il installe son agence au 14 rue Lecoq à Bordeaux. Son fils Alexandre (1867-1953) prend sa suite, suivi par son propre fils Louis (1895-1956). Michel, fils de Louis, né en 1923, fait de même.


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architecte, attribution par analyse stylistique

La demeure de Ducru-Ravez se situe au sud de l'ancienne île de Macau sur les bords du fleuve. L'ensemble est entouré de canaux ou fossés au nord et au sud ; à l'ouest une grande parcelle de bois s'étend vers le canal de la Maqueline.

Le logis est intégré à un ensemble viticole composé de plusieurs bâtiments : il constitue l'aile sud greffée à un vaste bâtiment de plan longitudinal abritant chais et cuvier ; une autre aile est disposée symétriquement au nord, servant de logement.

Orienté est-ouest, le logis présente une façade principale percée de 5 travées et rythmée de jambes harpées. La travée centrale en légère saillie forme pignon. Les ouvertures sont encadrées de jambes harpées. L' enduit ocre rose recouvre une maçonnerie en moellon. À l'intérieur, le vestibule donne accès aux pièces du rez-de-chaussée et un escalier tournant en pierre dessert l'étage.

A l'est du logis, l'écurie est un bâtiment à étage de plan rectangulaire. La travée centrale forme pignon orné d'une tête de cheval sculptée. Construit en moellon, il présente des encadrements de baies et des jambes en pierre de taille. Sur la façade latérale, des arcades en brique et pierre encadrent les ouvertures. A l'étage, le plancher et la charpente sont conservés : cet espace permettait le stockage du fourrage.

Au sud-est, un bâtiment avec une tour quadrangulaire s'inspirerait, semble-t-il, du clocher de l'église de Macau. Il s'agirait de l'ancien logement du contremaître.

Au nord, deux orangeries sont construites en pierre de taille calcaire et ouvertes d'arcades alternant brique et pierre.

La partie arborée, de l'autre côté de la route et en bord de Garonne, conserve de beaux spécimens de cyprès chauves.

Murs calcaire moellon enduit
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré, en rez-de-chaussée, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans
toit à deux pans noue
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Techniques sculpture
Représentations cheval, guirlande, feuillage
Précision représentations

Le fronton de l'écurie est orné d'une tête de cheval encadrée de guirlandes de feuillage.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extrait de l'acte de vente du domaine de Ducru-Ravez, 1938 (archives privées)

    Conservation des hypothèques

    1er juillet 1938

    Pardevant Me Jean Lenderoin et Me Ernest Gendreau notaires à Bordeaux soussignés.

    Ont comparu : Madame Marie-Thérèse Louise Yvonne Joséphine de Carbonnier de Marzac, sans profession, épouse assistée et autorisée de Monsieur le comte Jean-Marie Joseph Jacques de Chérade de Montbron, propriétaire avec lequel elle demeure au château de Puymartin commune de Marquay (Dordogne) et actuellement domiciliés au château La Tour à Pondaurat (Gironde).

    Nés savoir : Madame de Chérade de Montbron à Marquay (Dordogne) le vingt et un février mil neuf cent. Et Monsieur de Chérade de Montbron à Marcellus le vingt-quatre juin mil huit cent quatre-vingt-quatorze.

    Madame Chérade de Montbron mariée sous le régime de la séparation de biens aux termes de son contrat de mariage reçu par Me Gaussel notaire à Bordeaux le vingt-deux juin mil neuf cent vingt.

    Laquelle a, par ces présentes, vendu en s’obligeant à toutes les garanties de fait et de profit à Monsieur Pierre-Noël Saugeras, représentant de commerce demeurant à Bordeaux rue Louis Mie n°25, né à Bordeaux le vingt et un avril mil huit cent soixante-quinze, ici présent et qui accepte les immeubles dont la désignation suit :

    DÉSIGNATION.

    Premièrement. Une propriété dénommée « Ducru-Ravez » sise commune de Macau (Gironde) comprenant maison de maître, [V] bâtiments d’exploitation divers, vignes, terres, prés et autres natures de fonds y compris le cheptel vif composé d’un cheval et le cheptel mort et le matériel attaché, ladite propriété d’une superficie approximative de vingt-quatre hectares paraissant figurer au plan cadastral révisé de la commune de Macau sous les numéros 558 à 571, 633 à 644 et 646 à 648 de la section A et confrontant dans son ensemble : du nord au fleuve de la Garonne, de l’est à Madame Seguin, du sud à M. Georges et à divers par une ligne brisée, et à l’ouest par une ligne irrégulière à M. Jean Denis et au domaine de Narot (sic).

    Deuxièmement. Les meubles et objets mobiliers garnissant la maison de maître à l’exception de ceux-ci-après désignés. Telle que ladite propriété s’étend, se poursuit et comporte avec ses aisances et dépendances, sans aucune exception ni réserves telles que celles indiquées ci-après. Étant spécifié que ne sont pas compris dans la présente vente mais sont au contraire expressément réservés par la venderesse :

    Premièrement. Les vins en chais et en cave.

    Deuxièmement. Tous les meubles et objets mobiliers se trouvant dans le salon de la maison de maître, les tableaux et gravures, un trumeau situé dans une chambre au-dessus de la salle à manger, le linge, l’argenterie, la vaisselle, la verroterie, la literie et les objets du culte se trouvant dans la chapelle. Étant ici indiqué que sur une superficie d’environ deux hectares la vigne a été arrachée il y a trois ou quatre ans et que la prime d’arrachage prévue par la loi a été allouée à Madame de Marzac qui était alors propriétaire dudit domaine.

    ORIGINE DE PROPRIÉTÉ :

    Premièrement. La propriété présentement vendue appartient en propre [fol. 2] à Madame de Chérade de Montbron venderesse, pour avoir été recueillie par elle avec d’autres biens dans la succession de madame Louise Jeanne Joséphine de Pichard Latour, sa mère, sans profession veuve de Monsieur le marquis Marc Paul Louis de Carbonnier de Marzac, décédée ab-intestat en son domicile au château de Puymartin commune de Marquay (Canton de Sarlat, Dordogne) le vingt juillet mil neuf cent trente-six et dont elle était la seule enfant unique héritière, ainsi que ces faits et qualités sont constatés par un acte de notoriété dressé à défaut d’inventaire après le décès de ladite dame par Me Cosse notaire à Marquay (Dordogne) le vingt-sept juillet mil neuf cet trente-six.[…]

    Antérieurement ladite propriété appartenait en propre à madame la Marquise de Carbonnier de Marzac sus-nommée pour avoir été recueillie par ladite dame dans la succession de madame Marie-Louise Amélie Zéloé Ducru ou Du-Cru sa grand-mère sans profession veuve de monsieur Antoine Arnaud Sophie Auguste Ravez, décédée en son hôtel à Bordeaux rue du Loup 78 le huit mars mil huit cent quatre-vingt et dont elle était héritière pour moitié ainsi que le constatent tant un acte de notoriété dressé par Me Rabion le dix-huit mars 1880 que l’intitulé de l’inventaire dressé par le même notaire le vingt-neuf avril de la même année. Et plus spécialement pour lui avoir été attribué en pleine propriété dans le partage de la succession de ladite dame veuve Auguste Ravez passé devant ledit Me Rabion le dix-neuf juin 1880, partage qui a eu lieu sans soulte. Il est indiqué que monsieur le Marquis de Marzac et madame de Marzac née de Pichard Latour étaient mariés sous le régime de la communauté de biens réduite aux acquêts aux termes de leur contrat de mariage reçu par Me Rabion et son collègue notaires à Bordeaux le vingt-sept novembre 1876.

    Autrefois ladite propriété appartenait en propre à madame Marie-Louise Amélie Zéloé Ducru, veuve de M. Antoine Arnaud Sophie Auguste Ravez avec lequel elle s’était mariée sous le régime dotal avec société d’acquêts aux termes de leur contrat de mariage passé devant Mes Dubois et Saint-Marc notaires à Bordeaux le sept décembre 1830, au moyen de l’attribution qui lui en avait été faite en pleine propriété sans [fol. 2V] soulte à sa charge aux termes d’un acte passé devant Me Grange-Neuve et son collègue notaires à Bordeaux le quinze avril 1854, contenant entre Gustave Ducru et ladite dame veuve Ravez le partage des successions confondues de M. Bertrand Ducru et de madame Marie Duluc leurs père et mère, dont ils étaient les seuls enfants et héritiers.

    PRIX : 145 000 francs.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Matrices cadastrales : Augmentations et diminutions, 1853-1890.

    Archives départementales de la Gironde : 3P
  • Archives privées du Domaine de Ducru-Ravez, contenant documents figurés, et actes notariés.

Bibliographie
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1868 (2e édition).

    p. 107
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1893 (6e édition).

    p. 136
Périodiques
  • DANTARRIBE Cécile. Le « Château Garros » en Médoc et Biterrois dans la seconde moitié du XIXe siècle". Livraisons d'histoire de l'architecture, n°4, 2e semestre 2002.

    p. 108
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