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Dépendances et logements de Château Margaux

Dossier IA33003358 inclus dans Château Margaux réalisé en 2010

Fiche

Appellations cour des artisans, rue des vignerons
Parties constituantes non étudiées logement, grange, serre, écurie, remise, forge, puits, hangar agricole
Dénominations ensemble agricole
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Margaux
Lieu-dit : Château Margaux
Cadastre : 1826 B 28 à 31 ; 2009 OB 18, 19

Louis Combes semble avoir conçu et réalisé le château et les bâtiments qui l'entourent entre 1802 et 1810. Un bâtiment modeste existait probablement à l'emplacement de la cour des artisans et figure sur une carte du cours de la Garonne datée de 1759. Le procès-verbal d'estimation du château réalisé en mai 1796 mentionne, sans les situer vraiment, les "bâtiments pour le logement des agriculteurs, parcs, granges, hangars" et fournit un descriptif détaillé de leur contenu : "étant passés dans les hangars et parcs nous avons huit charrettes à bœuf, huit courbes et huit cabats avec leurs ferrures" et dénombrer sept paires de bœufs et deux vieux chevaux de charrue. Ces bâtiments semblent être à cette époque en mauvais état.

Sur le plan du domaine réalisé en 1816, apparaissent les nouvelles constructions réalisées par Louis Combes qui distingue nettement bâtiments de vinification et bâtiments de ferme et logements. Des plans témoignent de projets de Louis Combes non réalisés : il projetait notamment de construire une imposante volière sur un plan circulaire au sud de la grange, à l'emplacement de l'actuel parking des visiteurs. Il a également travaillé sur un projet de porterie monumentale.

Édouard Guillon décrit des bâtiments en 1866 : "Les servitudes sont complètement isolées du château et en dehors de la grille ; elles forment un vrai village, composé d´échoppes uniformes, où logent une trentaine de familles, au milieu desquelles trône la maison élégante du régisseur : viennent ensuite les écuries, les étables, les remises, les granges, les hangars, les serres, les orangeries et autres servitudes ; tout cela est neuf, vaste et largement agencé".

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle
Dates 1811, daté par source
Auteur(s) Auteur : Combes Louis

Les bâtiments de servitude sont situés au sud-ouest du château, à l'opposé des bâtiments de vinification. Ils sont composés d'une cour des artisans, d'un alignement de logements pour les ouvriers viticoles (rue des vignerons), de la maison du régisseur, d'une cuisine des vendanges et de dépendances agricoles (écurie, grange, hangar).

La cour des artisans regroupe une forge, une menuiserie, une serre ainsi que des remises et hangars utilisés aujourd'hui en ateliers techniques (électricité...). Au sud, un hangar, adossé à la façade postérieure de la cuisine des vendanges s'ouvre sur la cour par une série de colonnes. Au centre de la cour, un édicule abritait un puits artésien. La façade principale de la cuisine des vendanges donne au sud et est percée de trois vastes portes en plein-cintre. L'aile orientale de la cour des artisans est également composée de la maison du chef de culture qui présente un étage carré et une façade au sud organisée selon trois travées.

L'alignement de bâtiments qui forment la rue des vignerons est composé au nord d'une écurie puis d'une série de logements pour les ouvriers viticoles. L'ensemble était complété de l'autre côté de la rue par une étable-grange avec un hangar. Au sud, un pavillon carré à étage voisine avec une des entrées du domaine à piliers. Il s'agissait peut-être du logement du gardien.

Murs calcaire
enduit
pierre de taille
Toit tuile creuse
Étages en rez-de-chaussée, comble à surcroît, 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
croupe
États conservations bon état
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extraits des archives du château

    Collection particulière. Archives du château. Boîte 36-37.

    -Du 6 au 11 prairial an 4 (du 25 au 30 mai 1796). Procès verbal d´estimation du domaine de château Margaux dans les communes de Margaux, Soussans, Cantenac, Arsac et Labarde (provenant de d´Argicourt, émigré).

    (...) la maison du cultivateur, composée d´un bâtiment à double corps de logis, à deux étages élevés, deux pavillons aux angles, entouré de fossés, en bon état, les cours et allées d´entrée, bâtiments pour le logement des agriculteurs, parcs, granges, hangars, chais et cuvier, ces derniers objets ayant besoin des plus grandes réparations, une partie des bâtiments de cours tombant en ruine, jardin, terres labourables, parc des tilleuls, fontaine, lavoir, vivier, vignes hautes et à l´araire (?), prés partie ensemencés en froment, port ou havre, maison et jardin du batelier, moulin à vent, maison et jardin du meunier, matte de rivière au devant des dits moulin et bâtiment du port, le tout tenant commune de Margaux, de la contenance de deux cents vingt un journaux dix neuf règes dix carreaux.

    Les maisons, usines, moulin, port et havre valaient en 1790 en revenu annuel la somme de cinq cents quatre vingt huit livres dix sept sols neuf deniers (...).

    Ensuite nous avons procédé à l´expertise des vaisseaux vinaires, bétail et outils aratoires, à laquelle expertise nous nous sommes adjoints et fait assister du citoyen Jean Dejean charpentier de haute futaye, habitant de la commune de Margaux et nous étant transportés dans le cuvier et dans le chai, nous avons trouvé 23 cuves dont 14 cerclés en fer, lesquelles nous avons évaluées à la somme de 6292 livres.

    Quatre maits en bois avec leurs vis, clefs, ferrements et deux vis de fer : 861 livres.

    Dans le chay nous avons trouvé 11 gargouilles et 28 douils : 681.

    15 cannes et bidons (?), 10 entonnoirs, cinq houillettes, 20 comportes et 45 bastes : 125.

    2 jeux (?) de cuivre pour les cuves avec un petit enclume de tonnelier : 56.

    une échelle à gradin pour les cuves et deux échelles à main : 36.

    et étant passés dans les hangars et parcs nous avons 8 charrettes à bœuf, 8 courbes et 8 cabats avec leurs ferrures y compris les deux charrettes courbes et cabats que nous avons vu dans les bâtiments de Virefougasse et de Ninotte, que nous avons évalué le tout à la somme de 1464 livres.

    Deux herses avec leur pince de fer : 50.

    7 paires de bœufs tous (?) âgés et de rechange, y compris ceux de Virefougasse et de Ninotte : 2450 livres.

    Deux vieux chevaux de charrue avec la charrette et la charrue hors de service, deux colliers et une selle que nous avons évalués à la somme de 312 livres.

  • Documentation complémentaire

    PETIT LAFITTE, Auguste. Excursion viticole et oenologique du cours d'agriculture de Bordeaux à Margaux (Médoc), le jeudi 23 septembre 1869. Bordeaux : impr. A. Pérey, 1869.

    "Accueillis par M. Desmirail, administrateur, par M. Monneyres, chef des cultures (...). Ce fut l´eau qui frappa d´abord notre attention, l´eau que débite à 240 litres par minute, et par un tuyau de 20 cm, un puits artésien creusé il y a quelques années au milieu d´une cour de service. Ce puits, dont la profondeur est de 77 m, présente le curieux phénomène de subir tous les jours au même moment, vers 11h12 un instant d´arrêt. A part cela, l´eau qu´il fournit en abondance est claire, limpide et accuse, à l´odeur et au goût, la présence d´une certaine proportion de fer. Les établissements destinés à la fabrication et à la conservation du vin répondent en tous points, par leurs dimensions et leur agencement, à la grande et légitime renommée du crû. En ce moment, tout y était en activité : de nombreux attelages y conduisaient les raisins cueillis par les vendangeurs ; des hommes dans le costume pittoresque que commandent ces opérations l´égrappaient, le foulaient et comme l´eussent dit les poètes, des pressoirs s´échappait par flots un moût fluide et vermeil. 19 cuves de capacité uniforme attendaient ce moût, qu´on y versait pour le recouvrir ensuite et ne laisser d´autre issue au gaz, dégagé de la masse en fermentation, qu´un tube recourbé et plongeant dans l´eau. Ce sont ces mêmes opérations, aujourd'hui sans doute plus calmes, plus perfectionnées, plus calculées, qui commandaient jadis tant de joie et tant de gaieté, et qui ne s´accomplissaient chez les Hébreux, chez les Grecs, chez les Romains, et partout où a dû passer la vigne pour venir jusqu'à nous, qu´avec l´accompagnement des chansons et des instruments de musique. Du pressoir, nous passâmes dans le chai, construction dont le plafond est soutenu par un double rang de colonnes, et où sont disposées, comme des soldats pour une revue, ces barriques bordelaises, si faciles à distinguer dans les grands entrepôts de Paris, par leur solidité et leur élégance, de toutes celles des autres contrées viticoles de la France (...). Du chai, nous fûmes conduits au caveau. Il était éclairé comme aux jours où l´on y fait d´importantes réceptions, où l´on conduit, dans ce lieu habituellement si calme et si paisible, quelques hauts personnages, quelque grand connaisseur, désireux d´étudier dans ses produits, classés et étiquetés l´histoire du grand crû (...)".

  • Extraits d'ouvrages

    - GUILLON, Édouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, t. 3.

    Extraits.

    "C´était au XIVe siècle, un château fort, qui paraît avoir été la propriété des ducs d´Aquitaine. Au XVe siècle, il était à la famille de Montferrant et relevait de la châtellenie de Blanquefort ; en 1447, messire François De Montferrant, premier baron de la Guyenne, était seigneur de "La Motte Margaux". Après la conquête française, Montferrant fut exilé et le château de Margaux fut donné à noble homme Thomas de Durfort, qui le garda une trentaine d´années et le vendit, le 25 mars 1480, à Jehan Gimel, citoyen de Bordeaux. Dix ans après, Jehan Gimel était mort, et à la convocation faite au château de Puy-Paulin, en 1491, figura le sieur Lamotte de Margaux, "qui estait mineur" et probablement son fils ; il fut dispensé de fournir un archier (...).

    Un écrivain œnologue a représenté le château de cette époque comme un donjon superbe, entouré d´épaisses murailles, flanqué de courtines, de tours et de contreforts, isolé du terre-plein par un fossé de 25 à 30 mètres de large, communiquant par de vastes canaux à la Gironde et ayant résisté à des sièges et à des assauts réitérés... L´imagination a joué un grand rôle dans cette description fantaisiste. L´histoire est muette sur ces assauts et ces fortifications, et la description la plus ancienne du château Margaux dit que c´était "un bâtiment à double corps de logis, élevé de deux étages, ayant deux pavillons aux angles et entouré de fossés en bon état".

    Dans le XVIe siècle ce château était à la famille d´Aulède, et quelques-uns de ses membres sont qualifiés "barons de Margaux". L´un d´eux s´allia à la famille de Lestonnat et ajouta ce nom au sien. Pierre d´Aulède de Lestonnat fut baron de Margaux dans la première moitié du XVIIe siècle et testa en 1653. son fils, Jean-Denis d´Aulède de Lestonnat devint, par sa mort, baron de Margaux et se maria, en 1654, à la demoiselle Thérèze de Pontac, dame de Haut-Brion, alliant du même coup l´un des premiers crûs du Médoc, avec le premier crû des Graves.

    M. d´Aulède fut un homme remarquable ; il était chevalier, baron de Margaux, seigneur de Haut-Brion et du Cros dans Loupiac, conseiller du roi et président à mortier : en 1672, il fut nommé premier président du Parlement de Guyenne et prêta son serment le 30 juillet, devant toutes les chambres assemblées. (...). Ce fût là [La Réole] que le premier président, qui avait deux filles, maria l´une d´elles, Catherine d´Aulède, à François-Joseph, comte de Fumel ; le mariage eut lieu le 2 août ; la jeune épouse reçut une dot de cent mille livres. Six ans après son mari fut assassiné à La Réole et la laissa veuve avec quatre enfants.

    M. Denis d´Aulède de Lestonnat mourut en 1694, et sa fille Catherine devint dame de Margaux ; puis Louis de Fumel, son fils aîné devint, comme héritier de sa mère, baron de Margaux, seigneur de Haut-Brion et autres lieux (...). Ce seigneur habita souvent son château de Margaux, testa à celui de Haut-Brion, le 21 septembre 1749 et mourut le 10 décembre. Il laissa trois fils : Louis, qui mourut garçon, à 30 ans, ; Félix de Fumel, qui fut évêque, et Joseph de Fumel, le plus illustre des seigneurs de Haut-Brion et de Margaux. (...). Il se maria, en 1748, avec une demoiselle de Conty, dont le père était seigneur d´Argicourt, en Picardie. Il en eut une fille, nommée Marie-Louise-Elisabeth de Fumel, qu´il maria avec le chevalier du Barry, dit comte d´Argicourt, de la famille de sa mère et qui était capitaine des Suisses du comte d´Artois. Il est probable que château Margaux fut donné en dot à sa femme, car il en jouissait du vivant de son beau-père, M. de Fumel. On attribue à d´Argicourt la restauration du château, dont il laissa cependant les servitudes en assez mauvais état (...).

    Outre son domaine, M. d´Argicourt avait droit de haute, moyenne et basse justice sur toute l´étendue de sa paroisse et il conserva ce droit jusqu'à la Révolution ; puis lorsque celle-ci devint menaçante, il abandonna Élisabeth sa femme, la seigneurie de Margaux, sa place de colonel de cavalerie et partit pour l´étranger.

    Pendant la Terreur, M. Joseph de Fumel fut arrêté (...). Son domaine de Margaux fut saisi par l´État et affermé par cinq maisons anglaises, moyennant 24000 francs par année, à la charge par elles de pour voir à tous les frais. Enfin, M. d´Argicourt ne rentrant pas, les agents du domaine le mirent en vente, et le 6 prairial an IV, les experts Bichon et Lalande, assisté du citoyen Leydet, procureur de la commune et de la citoyenne Laure Fumel, adjudicataire, allèrent estimer le domaine et le château. Ils firent de leur expertise un procès-verbal où le château est appelé la Maison du cultivateur ; il y est parlé de ses fossés, de ses pavillons, mais non des pièces intérieures : il y est dit que les servitudes sont en mauvais état et que les chais et cuviers "ont besoin des plus grandes réparations". Dans ce cuvier étaient des pressoirs, 23 cuves, 20 douils et 11 gargouilles ; ailleurs, dans les parcs et les granges, étaient de beaux immeubles par destination, parmi lesquels 14 bœufs et 8 charrettes.

    Le domaine s´étendait sur les communes de Margaux, Cantenac, Labarde, Arsac et Soussans ; il y avait un jardin, un parc de tilleuls, un lavoir, un vivier, un moulin à vent, un île sur la Gironde et des prairies, terres, vignes, bois et landes. Le tout fut estimé un million, quarante-huit mille huit cent treize francs, et le 16 prairial suivant, la citoyenne Laure Fumel l´acheta pour cette somme, sans qu´il y ait eu adjudication.

    La nouvelle propriétaire du château Margaux, Melle Augustine-Laure de Fumel, descendait de cette famille et était veuve du baron de Brane, qui fut, de son vivant, conseiller au Parlement de bordeaux. Elle épousa plus tard, M. Langsdroff, négociant à Bordeaux et ce dernier dirigea pendant quelque temps l´un des plus beaux vignobles de la Gironde ; mais sous le Directoire, M. d´Argicourt étant parvenu à se faire rayer de la liste des émigrés, rentrant en France. Alors, il prit des arrangements avec Mme Langsdroff, sa parente, et le château Margaux fut vendu en 1802 à M. Bertrand Douat, marquis de La Colonilla, qui le paya 651000 francs (...).

    Le marquis de La Colonilla le démolit et éleva à sa place le château actuel qui est une espèce d´édifice grec, avec frontispice, des colonnes, des sculptures et une avenue digne d´un palais. Il le possédait en 1826, et cette année là il contracta, avec une maison américaine, un abonnement de dix années pour la vente de ses vins ; par suite de ce contrat, non-seulement le commerce de Bordeaux n´eut rien à voir dans ce cellier de premier ordre, mais le commerce européen en fut complètement privé.

    Après la mort de M. de La Colonilla, le château fut vendu, en 1836 à M. Aguado, marquis de Las Marismas, pour la somme de 1300000 francs, et ce nouveau propriétaire afferma aussi sa récolte trois fois pour neuf ou dix ans (...).

    Le château Margaux, qu´un poète a appelé "l´un des trois rois du monde" s´élève dans une vallée, à la jonction des graves et des palus ; il est tout à fait moderne et n´a conservé aucune trace des édifices qui l´ont précédé. Sa structure élégante se compose d´un corps de logis rectangulaire, élevé de plusieurs étages et n´ayant, comme ornements externes, qu´un portique grec, soutenu par quatre colonnes et devant lequel se développe un superbe escalier.

    L´intérieur du château est tout à fait grandiose, quoique peu étendu ; au rez-de-chaussée sont des pièces voûtées, des vestibules, des cuisines, des servitudes, des caveaux, tout ce qui est nécessaire à un grand ménage. A la hauteur du perron sont les appartements, salle de billard, salons, salle à manger ; le tout meublé avec un luxe asiatique, décoré de tableaux de maîtres, comme un musée ; le vestibule qui précède ces appartements est orné de statues et de panoplies.

    Au deuxième étage sont des chambres de maître, meublées avec goût, puis la bibliothèque qui possède de bons ouvrages et une pendule du 16e siècle ; au troisième étage sont des pièces peu intéressantes et un balcon d´où la vue s´étend sur Blaye, la Gironde et les coteaux du Bourgeais.

    Le château est isolé au milieu d´un océan de verdure et de fleurs ; en avant est une large allée qui va de l´escalier à une grille monumentale ; sur les autres côtés sont de vastes pelouses, des massifs d´arbustes, parmi lesquels circulent des allées sinueuses et sablées et le ruisseau qui y trace de gracieux contours ; à l´ouest, se dessinent les grands arbres du parc ; à l´Est, se déroulent des prairies qui s´étendent jusqu'à la Gironde. Toutes ces richesses végétales font de château Margaux un séjour ravissant.

    Les servitudes sont complètement isolées du château et en dehors de la grille ; elles forment un vrai village, composé d´échoppes uniformes, où logent une trentaine de familles, au milieu desquelles trône la maison élégante du régisseur : viennent ensuite les écuries, les étables, les remises, les granges, les hangars, les serres, les orangeries et autres servitudes ; tout cela est neuf, vaste et largement agencé.

    A l´est de la grille du château est le quartier vinicole, composé de quatre corps de bâtiments, entourant une cour ; là, sont les magasins de merreins et de cercles, les ateliers de tonnellerie, les cuviers et les chais. Le cuvier a des pressoirs en pierre et une vingtaine de cuves, écoulant de 12 à 15 tonneaux. Le chai est des plus curieux du Médoc, il est grand, très élevé, peut contenir 300 tonneaux en sôle, et est séparé en deux par une longue rangée de colonnes d´un bel effet : ce chai date au moins du siècle dernier.

    Autour du château s´étend une vaste propriété, consistant principalement en prairies et en vignes : le vignoble s´étend sur deux grands plateaux, séparés par le petit vallon où s´élève le château ; puis, il y a une infinité de petites pièces détachées dans les vignobles de Margaux, de Cantenac et de Soussans, parmi lesquelles, celle de Virefougasse, qui donne des produits hors ligne. Il y a enfin le vignoble de la Palus, qui se récolte à part. Château Margaux fournit annuellement de 80 à 100 tonneaux, premier vin, 15 à 20 tonneaux, vin de presse et 40 à 50 tonneaux, vin de palus. M. Franck a donné le relevé suivant, pendant les dix premières années du présent règne (...).

    Le domaine du château Margaux est un des plus beaux de la Gironde ; c´est le Petit Versailles de la contrée ; il trône au milieu des crûs secondaires qui l´environnent, comme un roi parmi ses vassaux".

    COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908 (8e édition).

    (...) En 1836, M. le vicomte O. Aguado, marquis de Las Marimas, en devint acquéreur ; son fils l´a vendu en 1879 à M. le comte Pillet-Will.

    COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1969 (12e édition).

    (...) Au XIIe siècle, connu sous le nom de La Mothe, il appartenait à la puissante famille d´Albret. Plus tard, il passa aux Montferrand, puis aux seigneurs de Durfort.

    (...) Au XXe siècle, le château et les 250 hectares qui l´entourent sont la propriété de la Société civile des vignobles Ginestet.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Collection particulière. Archives de Château Margaux. 1460-1900.

    Boîte 36-37
Documents figurés
  • BM Bordeaux. Fonds Delpit, cartons 52 et 59. Plans de Louis Combes , 1811.

  • Collection particulière. Château Margaux. Plan et suite du domaine de Margaux appartenant à M. le Marquis de La Colonilla, tableau indicatif et dessin d'un bâtiment agricole, 1816.

Bibliographie
  • GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crus. Bordeaux, 1866. Tome 3.

    p. 261-269
  • PETIT LAFITTE, Auguste. Excursion viticole et oenologique du cours d'agriculture de Bordeaux à Margaux (Médoc), le jeudi 23 septembre 1869. Bordeaux : impr. A. Pérey, 1869.

    p. 7-10
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Steimer Claire