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Demeure, puis hôtel de voyageurs dit "hôtel de France"

Dossier IA24003056 réalisé en 2014

Fiche

Dossiers de synthèse

L'édifice forme l'angle d'un "moulon" délimité par les rues principales Saint-Jacques et Saint-Pierre, au sud-ouest de la place des Cornières ; il est bordé par la rue Saint-Jacques à l'est, de la Justice au nord et par un "carreyrou" au sud. Le bâtiment présente un plan en L, complété au sud-ouest par une petite cour intérieure ; il compte deux étage carrés et, compte tenu de la pente naturelle du terrain vers l'ouest, une petite cave en soubassement.

Une demeure médiévale importante

Les aménagements les plus anciens sont cantonnés dans la moitié sud de l'édifice. La construction de l'enveloppe - des moellons de calcaire blancs bien équarris et correctement assisés - est plutôt soignée (surtout au sud), même si des reprises ultérieures l'affectent par endroit. La porte en arc brisé côté "carreyrou" et le cordon régnant qui marque l'angle sud-est se rattachent à un premier état de l'édifice, rapidement modifié : les grandes baies à croisée aujourd'hui disparues sont un ajout de la fin du Moyen Âge, de même que la petite porte conservée au premier étage de l'élévation sud et sans doute aussi la grande arcade du rez-de-chaussée (remaniée) et le placard mural. Ces grandes fenêtres à croisée de l'élévation est semblent contemporaines d'un remarquable ensemble découvert au troisième niveau de l'édifice en 2014 : la jouée d'une cheminée monumentale, ornée de deux rangs de moulures, est encore en place dans la montée vers le comble et supporte des fragments de peintures murales. Sur la face du manteau apparaissent de manière très lacunaire la manche d'une tunique, le plissé d'un long manteau et les poignets de deux mains levées. En outre, tout un plafond peint semble encore en place à ce niveau : trois poutres maîtresses peintes de fleur de lys, de damiers et d'un réseau de lignes (faux appareil ?) parcouru de fleurs sont visibles, ainsi que de nombreuses solives aux arêtes chanfreinées. Des ais d'entrevous complètent cet ensemble, apparemment conservé dans toute la moitié sud du bâtiment mais probablement assez dégradé vu l'état de certains bois. Au même niveau dans le mur ouest, les contours d'une niche (porte de latrines ?) suggèrent l'existence d'équipements domestiques immobiliers.

Dès la fin du Moyen Âge, donc, la demeure présente un développement particulièrement important : il convient de restituer la moitié sud de l'édifice pourvue de deux salles d'apparat aux étages, dont les quelques traces de décors peints soulignent la grande qualité. L'emprise de cette demeure vers le nord n'est cependant pas restituable, du fait des remaniements ultérieurs. L'imposant mur de refend contre lequel est adossée l'ancienne cheminée monumentale formait-il la limite initiale de la demeure ? Cette hypothèse est peu probable au vu des logiques de lotissement - parcelles intégralement bâties, importance de l'alignement sur la rue, etc. - observés partout ailleurs dans la bastide pour cette époque.

L'Extension ou reconstruction de la fin de l'époque moderne

La moitié nord est très marquée par une campagne de reconstruction de la fin de l'époque moderne : la très belle maçonnerie semble contemporaine des fenêtres segmentaires (linteau en trois pièces, avec une clef centrale à crossettes) regroupées en travées sur les élévations est et nord. L'accès principal, à l'est, est marqué par une travée de baies montant de fond et liées entre elles ; il donne accès à un vestibule qui accueille un imposant escalier en charpente à plusieurs volées, rambardes très ouvragées et décorations pendantes. Le programme de la moitié nord est difficilement lisible suite aux nombreuses divisions induites par la reconversion en hôtel ; subsistent plusieurs petites cheminées, dont une ornée d'un décor de faux marbre, et des consoles de section triangulaire pour le plafond du premier étage. Tous ces ajouts dessinent une demeure complexe et vaste, connaissant peu d'équivalent dans Monpazier.

Les ultimes ajouts du 19e siècle, les reprises du début du 20e siècle

la première moitié du 19e siècle semble marquée par l'ajout d'une aile, sans doute de service, au nord-ouest, assise sur une cave voûtée. Le rez-de-chaussée du bâtiment initial et de cette aile est doublé, du côté de la cour intérieure, d'un couloir largement ajouré de grandes arcades et surmonté d'une galerie.

Les baies de l'élévation tournée vers la rue de la Justice ont connu plusieurs reprises au début du 20e siècle. C'est également à cette époque que les grandes fenêtres à croisées sont démontées, vendues, et remplacées par de grandes baies à encadrement rectangulaire très simple.

Appellations hôtel de France
Destinations hôtel de voyageurs
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Monpazier (commune) - Monpazier
Adresse Commune : Monpazier
Adresse : 21 rue Saint-Jacques
Cadastre : 1845 SU 566 ; 1986 AC 126

La superficie de l'édifice actuel recouvre deux "ayrals" du parcellaire médiéval. Bien que l’emprise exacte de l’édifice soit difficile à établir pour le Moyen Âge, la qualité des aménagements restituables témoigne de son importance dans le paysage urbain. La tradition orale rattache cette demeure à la famille de Biron, mais aucune source ne vient confirmer cette propriété.

La partie sud-est de la parcelle a manifestement été construite au tournant des 13e et 14e siècles, comme le montrent une porte couverte d’un arc brisé côté "carreyrou" et, dans l’angle sud-est, les vestiges d’un cordon régnant haut placé. De grandes fenêtres à croisée, coiffées d’un larmier, ont été ajoutées à la fin du 15e ou au tout début du 16e siècle. Simplement connues par des cartes postales anciennes, ces croisées ont été vendues pour être remplacées au 20e par de grandes baies sans caractère particulier. Une cheminée monumentale et un décor peint, sans doute contemporain des croisées, ornait une salle du deuxième étage. Aujourd'hui masqué et uniquement visible dans les combles, ce décor a été redécouvert à l'occasion de l'opération d'inventaire, en 2014.

Il est difficile d’établir l’ancienneté de la moitié nord de l’édifice, dont aucun aménagement ne permet de le rattacher à la bâtisse médiévale. La parcelle d'angle était cependant vraisemblablement lotie dès cette époque, en conformité avec les logiques d’occupation du sol constatées par ailleurs dans la bastide. Des reprises dans les maçonneries des façades de cette partie nord, percées de fenêtres en arc segmentaire, plaident en faveur d'une campagne de reconstruction partielle intervenue au 18e siècle, ce que confirme un bel escalier de cette époque en place à l'intérieur. Une dernière modification intervient au début du 19e siècle, lorsqu'une aile est ajoutée au nord-ouest.

Période(s) Principale : limite 13e siècle 14e siècle
Secondaire : limite 15e siècle 16e siècle
Principale : 18e siècle
Secondaire : 1ère moitié 19e siècle
Secondaire : 1ère moitié 20e siècle
Murs calcaire moellon
Toit tuile creuse
Étages sous-sol, 2 étages carrés
Couvrements voûte en berceau
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans croupe
Escaliers escalier dans-oeuvre, escalier tournant à retours sans jour, en charpente
États conservations remanié
Techniques peinture
Représentations personnages, fleur de lys, fleur, damier
Précision représentations

Sur la face du manteau de la cheminée en partie visible dans les combles apparaissent de manière très lacunaire la manche d'une tunique, le plissé d'un long manteau et les poignets de deux mains levées. Tout un plafond peint semble encore en place à ce niveau, orné de fleur de lys, de damiers et d'un réseau de lignes (faux appareil ?) parcouru de fleurs.

Le décor peint de l'ancienne salle d'apparat, bien que très lacunaire, fait de cet édifice un témoin essentiel de l'architecture patricienne de Monpazier pour la fin du Moyen Âge. Seule une restauration attentive de cette salle permettrait d'en retrouver les caractéristiques et la nature de son décor.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables cheminée, salle
Sites de protection secteur sauvegardé
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Commune de Monpazier - Quost Baptiste