Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Demeure dite la maison-forte d'Albret

Dossier IA24001323 inclus dans Ville de Montignac réalisé en 2011

Fiche

  • Façade est.
    Façade est.
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • jardin d'agrément

Dossiers de synthèse

Appellations maison-forte d'Albret
Parties constituantes non étudiées jardin d'agrément
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Vallée de la Vézère - Montignac
Adresse Commune : Montignac
Lieu-dit : quartier de la Pégerie
Adresse : 1 rue de la Pégerie
Cadastre : 1813 D 26 ; 2011 AP 293

Située sur l'artère principale du faubourg de la rive gauche de la Vézère à l'époque médiévale, cette maison de notable, appelée improprement "la maison-forte d'Albret", est datée sur critères stylistiques du début du XVe siècle (Garrigou-Grandchamp). Elle présente un long mur gouttereau sur rue autrefois largement ouvert au rez-de-chaussée par une porte et deux grandes arcades autrefois ouvertes sur rue et munies de murs bahuts : à l'origine, deux échoppes encadraient la porte centrale. Les longs claveaux en pierre blanche de ces ouvertures se découpent sur le reste du mur appareillé en pierre calcaire blond doré. Alliant fonctions commerciale et domestique, la maison comprenait au-dessus des échoppes du rez-de-chaussée deux niveaux d'habitation (premier et deuxième étages carrés). Une seule grande fenêtre (une croisée) au deuxième étage, ainsi que les côtés du bâtiment, où sont percées de petites fenêtres à linteau délardé en accolade (au deuxième étage) et des portes en arc brisé à grands claveaux (au rez-de-chaussée et au premier étage), sont restés intacts. La grande fenêtre et les portes possèdent une caractéristique commune : une petite base tronconique taillée dans le chanfrein concave de l'ébrasement (portes) ou comme culot (moulure en larmier pour la fenêtre). Deux cordons moulurés (en partie ou entièrement bûchés par endroits) placés à hauteur d'appui de fenêtres animaient les deux étages supérieurs, chacun ouvert par deux grandes fenêtres ; les deux fenêtres et le cordon mouluré du premier étage, tout comme les arcades du rez-de-chaussée, se détachaient du reste du mur par leur appareillage en pierre calcaire blanc. Les autres ouvertures ont été modifiées à plusieurs reprises, notamment les deux fenêtres sur rue du premier étage : de plus petites dimensions, elles présentent un linteau en arc segmentaire caractéristique du XVIIIe siècle et une feuillure pour accueillir des volets extérieurs. A l'intérieur, si la demeure a conservé sa structure (consoles portant les poutres de rive, poutre transversale au rez-de-chaussée) et quelques aménagements au deuxième étage (niches en plein-cintre, coussièges de fenêtres, portes à chanfrein droit), les cloisonnements et les cheminées ont été modifiés. Une seule cheminée d'origine, à piédroits et manteau à listels, est restée intacte, mais elle a été déplacée du deuxième étage au rez-de-chaussée et poncée, de sorte qu'elle paraît neuve. Le corps de logis est couvert par un toit à longs pans entre deux pignons qui portent les souches des cheminées. La charpente, homogène (exception faite de modifications mineures), est à chevrons formant ferme, qui portaient autrefois de la lauze (cf. photographie ancienne) : 2 chevrons, 1 entrait, 1 faux-entrait par ferme. Chaque ferme est renforcée par des jambettes en partie basse et par des aisseliers en partie haute (assemblés aux faux-entraits). Les fermes principales sont munies d'un poinçon court pendant. Le contreventement est assuré par une panne faîtière et une sous-faîtière qui sont liées aux poinçons courts et par des liens. La numérotation (en chiffres romains) de la charpente est cohérente et continue, de I à XIII ; elle est gravée sur les jambettes, les chevrons, les aisseliers et les poinçons. La largeur des chevrons oscille entre 15 et 17,5 cm et l'espacement entre eux entre 53 et 59 cm. Cette charpente offrait un vaste espace de stockage (75 m²) en haut de la maison ; une porte ouvrant sur le vide (au sud) servait à monter les denrées depuis la cour (trou de boulin pour la poutre et le treuil au-dessus de la porte). Un corps de logis secondaire de plan rectangulaire double en partie le corps principal côté jardin. Deux chaînes d'angle pris dans la maçonnerie du mur gouttereau côté jardin indiquent l'étendue originelle du bâtiment : une tour de plan presque carrée, contre laquelle était adossée une souche de cheminée, formait retour sur le jardin ; elle abritait peut-être les offices de la demeure, ainsi que des pièces de stockage, comme le suggère une large arcade aujourd'hui murée qui ouvrait le rez-de-chaussée. Ce corps de logis a subi des modifications récentes : les fenêtres côté jardin et au rez-de-chaussée ont été entièrement recréées. La maison appartenait en 1713 à Jean Labrousse, sieur du Rocq et de Lascaux (depuis 1711). Les armoiries de cette famille et d'une famille alliée (non identifiée) se voient sur une taque de cheminée datée de 1715 et au-dessus du porche de l'entrée (pierre de remploi). Un siècle plus tard (cadastre ancien de 1813), la maison est encore entre les mains de Jean Labrousse (deuxième ou troisième du nom), avocat et premier suppléant de la justice de paix de Montignac. Tout comme l'ancien fief de Lascaux, la maison est passée à la famille Darblay, puis aux La Rochefoucauld-Montbel. Ce sont ces derniers qui ont vendu la maison à la famille des propriétaires actuels dans les années 1930.

Période(s) Principale : 1er quart 15e siècle , (?)
Secondaire : 4e quart 15e siècle , datation par dendrochronologie
Secondaire : 18e siècle
Secondaire : 20e siècle
Dates 1476, datation par dendrochronologie
1490, datation par dendrochronologie

Située sur une artère principale du bourg de la rive gauche de la Vézère à l'époque médiévale, la demeure possède un long mur gouttereau autrefois largement ouvert au rez-de-chaussée par trois grandes arcades brisées. Les longs claveaux en pierre blanche de ces ouvertures se découpent sur le reste du mur appareillé en belle pierre blonde dorée. Deux cordons moulurés (en partie ou entièrement bûchés par endroits) placés à hauteur d'appui de fenêtres animaient les deux étages supérieurs, chacun ouvert par deux grandes fenêtres ; les deux fenêtres et le cordon mouluré du premier étage, tout comme les arcades du rez-de-chaussée, se détachaient du reste du mur par leur bel appareillage en pierre calcaire blanche. Une seule fenêtre subsiste intacte au second étage : munie d’un croisillon en pierre et d’un larmier retombant sur deux culots épannelés en partie supérieure, elle est en pierre blonde, comme le reste du mur, et tout comme le cordon de ce niveau et la fenêtre à gauche au même niveau (qui semble avoir eu les mêmes caractéristiques, avant d’être murée et entièrement bûchée de ses parties saillantes). La campagne de travaux qui a vu la création de cette fenêtre ne s’est pas limitée à elle : la hauteur des assises, l’appareillage et la couleur des pierres (blond terne) diffèrent au-dessus des fenêtres du premier étage qui ont d’ailleurs été, semble-t-il, en partie arasées (leur plate bande a une très faible hauteur) pour permettre la pose des assises supérieures. Il faut certainement mettre ces observations en rapport avec le fait que le mur pignon sud présente des traces de raccords très nettes à partir du premier étage entre la partie centrale (qui correspond aux cheminées intérieures), en moellons équarris, et les côtés, appareillés de la même façon qu’au deuxième étage du mur gouttereau sur rue. Un corps de logis secondaire (difficilement observable de la rue) est accoté au mur pignon sud du bâtiment principal ; il abritait peut-être les offices de la demeure, mais aussi des pièces de stockage, comme l’atteste la large arcade (aujourd’hui murée) qui l’ouvrait au rez-de-chaussée. Toujours au rez-de-chaussée, la fenêtre (une croisée) qui ouvre son mur oriental est d'une facture beaucoup plus récente.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise
Étages rez-de-chaussée, 2 étages carrés
Représentations armoiries
Précision représentations

Armoiries des Labrousse : D'or au chêne terrassé de sinople fruité de douze glands d'or.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables charpente

Références documentaires

Documents figurés
  • Extrait du plan de la ville et environs de Montignac le Comte, s.d. (vers 1750, avant 1758).

    Archives départementales de la Gironde : 2 Fi 1108
  • Plan cadastral ancien de la commune de Montignac, 1813 (AD Dordogne, 3P3 3210-3228)

    Section D, 1ère feuille, éch. 1/2500, 1813 (3 P 3/3217). Archives départementales de la Dordogne : 3P3 3210-3228
  • Plan d'alignement des rues de Montignac, 1835-1836 (AM Montignac).

    1ère feuille. Archives municipales, Montignac
Bibliographie
  • GARRIGOU-GRANDCHAMP Pierre. "Introduction à l'architecture domestique en Périgord aux XIIIe et XIVe siècles". Congrès archéologique de France, 1998. Paris : Société Française d'archéologie, 1999. P. 17-45.

    p. 39 (n° 6).
  • BELINGARD Christelle. Rapport : Analyse par dendrochronologie des bois de la charpente du 1 bis rue de la Pégerie, à Montignac (24). Limoges, avril 2015.

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Ferlier Ophélie - Pagazani Xavier