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Demeure de Morange

Dossier IA33007948 réalisé en 2015

Fiche

  • Vue d'ensemble.
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  • Parties constituantes

    • cuvage
    • chai
    • écurie
    • fabrique de jardin
    • parc

Dossiers de synthèse

Précision dénomination château viticole
Parties constituantes non étudiées cuvage, chai, écurie, fabrique de jardin, parc
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Sud Médoc Estuaire
Adresse Commune : Ludon-Médoc
Lieu-dit : Morange
Adresse : chemin de Labarde
Cadastre : 1843 B2 371 , 374 ; 2013 B 304
Précisions


Les bâtiments figurent sur le plan du bourdieu de Madame Grenier levé au 18e siècle. Ce document mentionne des actes remontant à 1637 précisant une dépendance du fief de Gilet ; le propriétaire est M. l'abbé Denabre. Le bâtiment est un plan en U dont une des parties latérales est jointive à un fossé. Selon la chronique de Paul Duchesne, la maison appartenait à la famille de Morange dès le 17e siècle.

La demeure, en moellon enduit avec arcs segmentaires, peut correspondre à une campagne de construction de la fin du 18e siècle ou au début du 19e siècle.

La propriété passe par achat vers 1840 à Jean-Baptiste Fleuret, comte de La Vergne (né en 1807). Le plan cadastral de 1843 indique une construction disposée selon un axe nord-sud plus courte au nord qu'actuellement, et ne reprenant aucune disposition du plan du 18e siècle. En 1869, une construction est mentionnée (registre des augmentations/diminutions) et pourrait correspondre à l'ajout du cuvier et du chai dans le prolongement de l'habitation. Toutefois, en 1868 et 1874, la production de vin moyenne est de 90 tonneaux ; elle a doublé en 1893 : cette nette augmentation pourrait correspondre à la construction de nouvelles installations, donc du nouveau cuvier et des chais, pour traiter une importante vendange.

À l'écart, des bâtiments de dépendance en pierre de taille (remise, logements) sont sans doute construits en 1884 (registre des augmentations/diminutions) ; il sont aujourd'hui en ruine ou en mauvais état.

La propriété est peu à peu abandonnée au cours du 20e siècle ; le cuvier sert actuellement d'étable à vaches.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 18e siècle
Auteur(s) Personnalité : Fleuret Jean-Baptiste,
Jean-Baptiste Fleuret (1807 - )

Comte de La Vergne.

Croix de la Légion d'Honneur, président de la Société d'agriculture de Gironde, maire de Macau.


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habitant célèbre, attribution par source

La propriété est située dans les palus de Ludon, au sud de l'île de Macau.

Elle se compose d'un corps de logis à étage, dont la façade tournée vers le sud présente trois travées. Disposés perpendiculairement sur la façade postérieure, les bâtiments de dépendance comprennent :

- un bâtiment bas (logement) de 4 travées ;

- un chai percé en rez-de-chaussée de fentes d'aération dont l'encadrement présente une agrafe en brique et des angles arrondis ; le comble à surcroît est ouvert de jours circulaires en brique. deux travées forment pignon avec portes hautes d'accès au comble ;

- en retour d'équerre au nord se trouve le cuvier en rez-de-chaussée ouvert par les mêmes fentes verticales et jours circulaires (élévation latérale nord à 10 travées). La façade-pignon principale est soignée : la porte en arc segmentaire s'inscrit dans un encadrement en plein-cintre à bossage un-sur-deux intégrant un jour semi-circulaire. Deux imposantes baies de décharge encadrent la porte et sont surmontées d'une table décorative circulaire. Aux angles, les pilastres forment un ressaut au niveau du bandeau horizontal du chai. Le pignon ouest est traité de manière identique (malgré la fermeture des ouvertures) ;

- au sud du cuvier et accolé au chai se trouve un bâtiment en bois ;

- au sud de ce dernier, une ancienne grange-étable (?) disposée est-ouest est percée de baies cintrées à agrafes ;

- accolé au sud, un bâtiment bas servant de remise (?) est ouvert par une série d'arcades sur une galerie formant portique. A l'intérieur, d'autres arcades plus massives divisent longitudinalement les pièces dont l'une possède une cheminée à hotte droite (18e siècle).

À l'écart au sud-est se trouvent d'autres bâtiments de dépendance :

- d'anciens logements ouvriers (?) dont la partie centrale est effondrée, à baies aveugles et corniche denticulée ;

- plus à l'est, un bâtiment bas servant de remise et de hangar (?). L'une des pièces comporte une bibliothèque.

Dans le jardin, un puits maçonné à superstructure ainsi qu'un ancien puits artésien sont conservés. La statue d'un Christ en plâtre et un buste de Molière agrémentent le jardin.

Murs calcaire moellon enduit
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans croupe
États conservations mauvais état
Techniques sculpture
Représentations agrafe, denticule, cercle
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Premières méthodes contre le phylloxéra par le comte de La Vergne, 1878

    Résultats obtenus par l’application du sulfocarbonate de potassium au traitement des vignes phylloxérées.

    M. le comte de La Vergne fait une communication sur le phylloxéra et il présente, à ce sujet, un pal perfectionné de son intervention, pour l’emploi du sulfure de carbone. Il s’exprime à peu près en ces termes :

    « Après une expérience entreprise en juin 1875, dans une vigne phylloxérée du Médoc, sur ma demande à M. le Ministre de l’Agriculture, par les soins de M. Mouillefert avec la direction de M. Dumas, et sous les yeux du préfet et des principales notabilités agricoles de la Gironde, j’en fis une nouvelle en juillet et août 1876, sur deux applications de sulfocarbonate de potassium, à la dose de 50 grammes dans 10 à 12 litres d’eau par mètre carré, le sol étant préalablement mouillé au moyen d’une pompe, comme il l’est par des pluies. Ce traitement avait démontré qu’il est possible :

    1) De rendre partout le sulfocarbonatage des vignes très-praticable et presque suffisamment économique en utilisant l’eau que la pluie fournit au sol ;

    2) D’augmenter son efficacité par deux opérations convenablement rapprochées, en prévenant ainsi les conséquences résultant de la résistance des œufs aux insecticides et en troublant les foyers d’émigration.

    Le 25 septembre 1876, je découvris une tache phylloxérique dans mon vignoble de Morange. M. E. Blanchard, membre de cette Compagnie, assistait à cette découverte. Cette tache fut explorée immédiatement avec un soin extrême. Elle fut soumise à l’examen d’une Commission composée des maires et des principaux propriétaires des communes de Ludon et de Macau. Elle a été vue par une Commission de la Société d’agriculture de la Gironde et par une Commission de la Ligue médocaine contre le phylloxéra. Elle présentait, en septembre 1876, des ceps malades ou atteints à divers degrés.

    L’un d’entre eux, le premier envahi, n’avait poussé, en 1876, que quelques brindilles dont la plus développée avait 12 centimètres de longueur et 27 millimètres de circonférence à la base. Toutes ses racines étaient mortes ; quelques radicelles encore vivantes, qui partaient du collet, avaient un axe principal jusqu’à quelques centimètres dans l’intérieur du sol. Les ceps qui le suivaient immédiatement, au nombre de huit, avaient des sarments bien développés, mais leurs feuilles étaient jaunissantes, alors que celles de tous les autres ceps dans la même parcelle étaient très-vertes. Plusieurs de leurs racines étaient mortes ; d’autres, en plus grand nombre, étaient mourantes ou gravement malades. Celles qui paraissaient encore saines étaient littéralement couverte de phylloxéras […].

    Toutes ces observations faisaient prévoir que, si ce foyer était abandonné à lui-même, on verrait, en 1877 ou en 1878, le premier cep atteint complètement mort, les huit ceps à la suite vivant à peine, et les vingt derniers envahis manifestement malades.

    La vigne à laquelle cette tache appartient fut plantée en 1874, sur une étendue de 3 hectares. Elle est parvenue aujourd’hui à sa cinquième année. Les plants étaient des boutures sous vieux bois qui provenaient d’une parcelle du vignoble de Cantemerle où tous les ceps paraissaient encore aujourd’hui indemnes. Cette plantation n’a donc point importé le phylloxéra à Morange. Les recherches les plus actives et les plus minutieuses, en 1876, 1877 et 1878, n’ont pu faire découvrir, ni sur les ceps atteints, ni sur les autres du même vignoble, aucune feuille portant des galles […].

    Quoiqu’il en soit, dès la découverte du phylloxéra dans mon vignoble, je me disposai à le combattre. Je mis à profit les premières pluies de la fin de l’automne et je fis, par arrosage, deux applications, à vingt jours d’intervalle, de sulfocarbonate de potassium, à la dose de 60 grammes dans 10 litres d’eau par mètre carré. Je renouvelai cette opération à la fin du mois de juillet suivant, en profitant d’une pluie. Jusque là, on n’avait plus trouvé de phylloxéras ni sur les racines ni sur la tige des ceps, ni sur le sol de la tache. Bien que le foyer reconnu n’occupât qu’environ 1 are de terrain, le sulfocarbonate y fut appliqué sur une étendue de 4 ares. Le traitement de cette première année eut pour effet une amélioration manifeste.

    Le cep, d’abord mourant, produisit plusieurs sarments, dont le plus développé avait atteint une longueur de 35 centimètres, à la pousse du printemps, et de 90 centimètres à celle de l’automne […].

    Voulant faire une expérience pure, au double point de vue de l’efficacité et de l’emploi pratique du sulfocarbonate de potassium, je me suis dispensé scrupuleusement de seconder son action, soit par des engrais, soit par une submersion plus ou moins prolongée, soit par toute culture particulière […].

  • Notes sur les maladies de la vigne et le comte de La Vergne

    Dès l'arrivée de l'oïdium vers 1850, Jean-Baptiste Fleuret, comte de La Vergne, croix de la Légion d'Honneur, membre de la Société d'agriculture de la Gironde, met en place le traitement par le souffrage des vignes. Il invente à cette occasion un soufflet qui se compose "d'une tuyère courbe, portant à son orifice une petite grille en toile métallique qui sert à diviser le souffre, et à sa base un petit ressort mû par une vis, au moyen de laquelle on ferme plus ou moins l'orifice par lequel sort la poudre, pour modifier à volonté la quantité de souffre qu'on projette en faisant jouer le souffler" (Cocks et Féret 1868, p. 41-42).

    En septembre 1876, Morange est touché par le phylloxéra. Le comte de La Vergne, membre de la Société d'agriculture de Gironde, est le premier à rendre compte des essais probants de la submersion du vignoble combinée au traitement au sulfocarbonate du chimiste Jean-Baptiste Dumas. Ce dernier a préalablement testé son procédé sur le vignoble voisin de l'Ermitage (M. de Georges). Cette solution précède l'arrêté du 11 décembre 1878 sur l'autorisation de circulation des plants américains, point de départ de la replantation du vignoble.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Plan cadastral napoléonien de Ludon levé en 1843.

    Archives départementales de la Gironde : 3 P 256
  • Registre des augmentations/diminutions de Ludon (1851-1891)

    Archives départementales de la Gironde : Non coté
Documents figurés
  • Carte de Belleyme, planche n°20, levée entre 1762-1778.

  • Plan du bourdieu de madame Grenier, fief de Gillet, représentant le château l'Ermitage 1790.

    Archives départementales de la Gironde : 2 Fi 475
Bibliographie
  • Compte rendu général du congrès international phylloxérique de Bordeaux (Gironde) octobre 1881, Bordeaux : Féret et fils, 1882.

    p. 237-242
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1868 (2e édition).

    p. 103
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898, revue et augmentée de 450 vues de châteaux viticoles (7e édition).

    p. 132
  • DUCHESNE Paul. La chronique de Ludon-en-Médoc. Bordeaux : Rousseau frères, 1960.

Périodiques
  • DE LA VERGNE (comte de), "Résultats du traitement de la vigne contre le phylloxéra par le sulfocarbonate", Société royale et centrale d'agriculture, Paris : Bouchard-Huzard, 1878.

    p. 299-306
  • FROIDEFOND Henri. "Rapport à M. le préfet de la Gironde sur les travaux concernant la maladie de la vigne, dite du phylloxéra, qui ont été exécutés en 1878", Société d'agriculture de la Gironde, Bordeaux : Imprimerie de Crugy, 1879.

    p. 36
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes Médoc-Estuaire - Grollimund Florian